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 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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8 octobre 2009 4 08 /10 /octobre /2009 15:07

Jean-Louis Caccomo
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Dès que l’économiste tente d’ouvrir la bouche, on lui renvoie immanquablement à la figure « et l’homme dans tout cela ! » ou encore « vous évacuez la dimension humaine ». Cet argument est tellement systématique que l’on ne prend même plus le temps de bien écouter l’économiste. C’est forcément un être sans cœur, antisocial et motivé par des sentiments égoïstes qu’il ne vaut pas la peine de débattre avec lui. Il est vrai qu’il faut avoir la vocation pour entreprendre des études d’économie et que cette vocation se fait de plus en plus rare, considérant la chute des effectifs des étudiants dans les filières de science économique.


Même si la théorie économique moderne a pris une forme totalement formalisée, il ne faut pas oublier qu’elle reste une science humaine par excellence. D’ailleurs, le langage mathématique est aussi le propre de l’homme (et il imbibe l’architecture comme la musique, la peinture ou la physique). Cependant, l’objet d’étude de l’économie ne saurait être un atome désincarné.

 

L’économie s’intéresse à l’homme, en prenant notamment en compte ce qu’il y a de plus fondamental dans la condition humaine : la conscience de soi (rationalité, décision, apprentissage), la capacité à innover et créer (c’est quasiment unique dans le monde vivant) et enfin l’appropriation (le sentiment de posséder légitimement les fruits de son travail). Toute organisation sociale ou politique qui ne tient pas compte de ces dimensions, ou qui prend les risques de les neutraliser, devient totalitaire, et donc littéralement inhumaine et contreproductive.

 

La conscience de soi implique la prise de conscience de sa propre mortalité. On se rend compte que notre temps est compté, donc il faut faire des choix. Le temps est la seule ressource qui soit marquée d’une rareté intrinsèque, et qui induit la division du travail qui implique elle-même l’échange (ce qui oblige l’homme à vivre en société). C’est de cette prise de conscience qui vient la valeur et les prix. Les prix ne sont que la traduction chiffrée du fait qu’il nous faut faire des choix, ce qui conduit à hiérarchiser nos priorités. En ce sens, l’argent c’est du temps (et non l’inverse). Le pouvoir d’achat, c’est le pouvoir d’acheter le temps des autres, car je ne peux pas tout faire tout seul (sauf à réduire considérablement mon niveau de vie). Car je n’ai tout simplement pas assez de temps devant moi. La conscience de soi implique aussi la rationalité. C’est une caractéristique humaine par excellence. L’araignée tisse sa toile en obéissant à un programme génétique. Le papillon de nuit se jette dans le feu, l’autre papillon le suit et se jette aveuglément. L’homme ne sait rien faire a priori, si ce n’est apprendre. S’il met le doigt dans le feu, il se brûle et en retire donc une information : c’est l’apprentissage. Il inventera la torche. C’est par l’apprentissage que le pré-homme a acquis la maîtrise du langage, des outils, de l’agriculture, de la chasse, qu’il est devenu homo sapiens.

 

L’homme est un créateur, un innovateur. L’araignée tisse toujours la même toile depuis des millions d’années. L’homme apprend sans cesse, et en apprenant, il innove sans cesse. Le premier homme a du se sentir bien démuni, bien handicapé face à la férocité des fauves, la vitesse des antilopes ou la puissance des mammouths. C’est ce handicap qui l’a poussé à innover. Car l’homme est le seul à détenir cette aptitude, qui lui permet d’apprendre pour s’adapter, transformant un handicap en innovation. La théorie économique en devenant une théorie de la croissance (La Richesse des Nations, l’ouvrage fondateur d’Adam Smith), en s’intéressant à la dynamique de l’économie, a mis l’innovation au cœur de ses analyses.

Car n’oublions jamais que ce n’est pas la pauvreté qu’il s’agit d’expliquer (la pauvreté, c’est l’état naturel qui s’impose à l’homme dès lors qu’il ne fait rien), mais la richesse qui est contre-nature, qui est exceptionnel (et que l’on peut perdre si l’on ne comprend plus comment fonctionne l’économie).

 

Enfin, le sentiment de propriété est lié à la conscience de soi. L’homme a spontanément senti qu’il était le propriétaire légitime des fruits de son travail. En partant à la chasse pour chercher sa nourriture, l’homme mettait sa vie en jeu. Il pouvait lui-même devenir le gibier de prédateurs plus dangereux. Ainsi, lorsqu’il revenait sain et sauf avec du gibier, il l’avait payé en prenant le risque (le prix du danger et de sa sueur).
L’appropriation découle de l’énergie dépensée dans le travail et du risque encouru à cette occasion. Ce sentiment légitime et naturel de propriété est un des éléments qui conditionne grandement les choix et les comportements des individus. Ainsi, les systèmes politiques qui respectent et protègent le droit de propriété encourage les gens à produire des richesses. Bien-sûr, pour protéger la propriété, il faut un environnement juridique et institutionnel (contrat, justice, police), et donc un certain environnement en termes de biens publics.
Pour financer ce bien public, il faut donc prélever des impôts dans une certaine mesure. Ces impôts seront justes et légitimes dans la mesure où ils permettent de financer un appareil permettant de protéger le fruit du travail. Ils seront par contre ressenti comme une spoliation à partir du moment où les impôts pillent les fruits du travail eux-mêmes.

 

En ce sens, la propriété est intimement liée à la liberté. Dans la mesure où l’esclave ne s’appartient pas lui-même, les fruits de son travail ne lui appartiennent pas. Il est dégradé de sa condition d’homme libre. Or, l’homme est par nature un être libre dans la mesure où ses choix vont grandement dicter sa vie. Les animaux agissent par instinct, les hommes doivent faire des choix. Dans les pays totalement collectivisés, où la propriété privée n’est pas autorisée, les hommes sont libérés du fardeau et de la responsabilité de faire des choix : parce qu’ils ne maîtrisent plus leur vie.
C’est le propre des sociétés totalitaires dans lesquelles l’économie est totalement planifiée et contrôlée par l’Etat ou le Parti unique. Mais ces sociétés se heurtent à une aspiration profonde, ancrée au cœur de la condition humaine depuis la nuit des temps : l’être humain ne peut se passer de la liberté, et donc de la propriété de soi, et donc de la propriété des fruits de son travail.

D’où l’idée centrale d’une Constitution dans les pays libres : protéger l’individu des risques d’abus de pouvoir par l’Etat. Protéger la démocratie d’elle-même : après tout, Hitler est arrivé au pouvoir démocratiquement. Or, la loi de la majorité est une loi dangereuse dont il faut précieusement cantonner l’application. On ne saurait généraliser la démocratie dans l’entreprise, à l’université, ou dans les familles sans propager du même coup le chaos.


Il se trouve que la réflexion sur les droits de propriété, les incitations, les signaux du marché, la frontière entre biens publics et biens privés est un aspect essentiel de la théorie économique. On le voit, l’homme dans ses aspirations les plus grandes, mais aussi parfois les plus contradictoires, est au cœur de la réflexion économique. Encore faut-il se donner la peine de bien comprendre toute la portée de ses enseignements.

 

 

Jean-Louis Caccomo,

 

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30 septembre 2009 3 30 /09 /septembre /2009 21:33
...Par Jean-Louis Caccomo...


Personne n’aime la « dictature du marché ». Pourtant, c’est une loi cruciale de l’économie. Personne n’aime vieillir, pourtant c’est une loi de la vie.


La dictature du marché est cependant préférable à la dictature du producteur ou même à celle du consommateur (sans parler de la dictature du prolétariat). Car la loi du marché, c’est la loi de personne car tout le monde y participe à sa manière. Neutraliser la loi du marché, c’est donc privilégier un côté du marché au détriment de l’autre. Mais au nom de quoi un côté serait-il plus légitime que l’autre ?

En effet, si le producteur avait tout pouvoir, alors il nous imposerait ses volumes de production, sa qualité et ses prix, sans que le consommateur ait son mot à dire. C’est le pouvoir de monopole qui est une position dominante, qui débouche toujours sur un abus de position dominante. Certes, il revendiquerait un prix « raisonnable » pour se garantir des revenus « raisonnables ». Mais qu’est-ce qui pourrait limiter sa raison et freiner ses ambitions s’il ne rencontre pas l’obstacle de la concurrence ? Ainsi, si l’on privilégie la loi du producteur, on sombre dans la surproduction.

 

Mais, la loi du consommateur n’est pas  préférable. Si l’on écoute le consommateur, il voudrait consommer la meilleure qualité possible au prix le plus faible, voire sans payer du tout. Telles sont bien les exigences de l’usager du service public. S’il avait tout pouvoir, le consommateur serait pareil à un enfant capricieux. Après tout, pour certains biens qui ne sont pas comme les autres et dont la liste s’allonge sans cesse, le consommateur voudrait les meilleurs services du monde sans débourser un sou, à l’instar de ce qui se passe dans la santé, la justice ou l’éducation. Mais si le consommateur ne paie rien, les producteurs ne pourront être rémunérés de sorte que les producteurs n’offriront rien. Ainsi, si l’on privilégie la loi du consommateur, on s’installe dans la pénurie.

 

Le marché existe précisément pour sortir de cette impasse dans laquelle on a vite fait de retomber à partir du moment où l’on cherche à en contourner ses lois. Et c’est à ceux qui prétendent qu’il existe une autre voie d’en apporter la preuve. Car si le marché n’est pas parfait (rien n’est parfait en ce bas monde), il a le mérite d’exister, ce qui n’est pas la moindre de ses qualités.

 

 

Jean-Louis Caccomo,

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14 septembre 2009 1 14 /09 /septembre /2009 20:25

Le Monde daté  15. 09...


L
a date de la remise du rapport de la Commission sur la mesure de la performance économique et du progrès social à Nicolas Sarkozy ne doit rien au hasard : lundi 14 septembre, soit un an après la chute de la banque américaine Lehman Brothers – événement qui a précipité le monde dans la crise – et quelques jours avant le G20 de Pittsburgh et l'assemblée générale des Nations unies, où les chefs d'Etat tenteront de s'accorder sur de nouvelles règles du jeu économiques. Dans son discours d'ouverture de la conférence internationale organisée lundi à la Sorbonne pour la présentation officielle du rapport, le chef de l'Etat a appelé à une révolution statistique qui permettra de "sortir de la religion du chiffre". M. Sarkozy entend d'ailleurs défendre ce message à Pittsburgh et aux Nations unies.

Le rapport, dont les trois maîtres d'œuvre ont été Joseph Stiglitz, Amartya Sen – deux Prix Nobel d'économie – et Jean-Paul Fitoussi, président de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), propose de développer de nouveaux instruments de mesure de la richesse des nations.

Idée-clé des travaux : mettre davantage l'accent sur la mesure du bien-être de la population plutôt que sur celle de la production économique. Ainsi, au produit intérieur brut (PIB), on préférera le produit national net (PNN), qui prend en compte les effets de la dépréciation du capital dans toutes ses dimensions : naturel, humain, etc.

En clair, mettre un terme aux aberrations du PIB : par exemple, il augmente en cas de catastrophe naturelle, grâce aux dépenses de reconstruction engagées, mais le coût de la catastrophe, lui, n'est pas comptabilisé.


"SOUTENABILITÉ"

Quand M. Sarkozy annonce, en février 2008, la création de la commission, composée d'une vingtaine d'experts mondiaux, il vise trois objectifs : réconcilier les Français et, plus largement, les citoyens du monde avec les statistiques qui reflètent mal, selon eux, la réalité de leur vie quotidienne ; faire face à l'urgence écologique ; donner aux hommes politiques des instruments de mesure pertinents pour agir.


Les "douze recommandations" de la commission confirment l'inadéquation des systèmes comptables actuels, qui n'ont pas joué de rôle d'alerte vis-à-vis de la crise : "Lorsque les instruments de mesure sur lesquels repose l'action sont mal conçus ou mal compris, nous sommes quasiment aveugles."


Les experts insistent sur la nécessité de ne plus privilégier le court terme, en mettant en avant le concept de "soutenabilité", c'est-à-dire la capacité d'une économie à maintenir dans le temps le bien-être de sa population.

Pour autant, tout reste à faire. Pas question, en effet, que la France modifie sa comptabilité nationale en solo : le mouvement doit être international. Dès l'automne, des réunions sont programmées entre responsables d'instituts statistiques: Fonds monétaire international (FMI), Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), Insee, Eurostat, etc. Mais l'harmonisation risque de prendre beaucoup de temps.

Selon plusieurs membres de la commission, dont l'économiste français Jean Gadrey, le débat ne doit pas rester entre les mains des experts. D'où la volonté de lancer un débat public façon Grenelle de l'environnement, afin d'y associer la société civile.



Marie-Béatrice Baudet et Stéphane Lauer
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24 août 2009 1 24 /08 /août /2009 08:56

Nouvelle publication d'un article paru dans Le Figaro.fr du 15 06 09...

A Genève, devant le sommet de l'Organisation internationale du travail (OIT), le chef de l'Etat s'est engagé à ce que la France ratifie «à très bref délai» deux conventions internationales sur le travail. Voici ses principales déclarations.

Le discours de Nicolas Sarkozy devant l'Organisation internationale du travail était annoncé comme un des premiers temps forts d'une nouvelle «séquence politique» de son quinquennat. A Genève, le chef de l'Etat a défendu lundi après-midi, devant les 183 membres de l'organisation, créée en 1919 pour promouvoir le travail décent, une «révolution» sociale. Voici ses principales déclarations et propositions.


» Le rôle de l'OIT.
Nicolas Sarkozy a prôné lundi à Genève un renforcement du rôle de l'Organisation internationale du travail face aux grandes institutions financières. «Il faut que l'OIT puisse avoir son mot à dire auprès de l'OMC, du FMI et de la Banque mondiale », a expliqué le président de la République.

Le chef de l'Etat souhaite ainsi que les normes votées par l'OIT soient rendues obligatoires. «Une norme qui n'est pas obligatoire n'est pas une norme, c'est comme une feuille qui s'envole dans le vent», a-t-il insisté sous une nuée d'applaudissements.


De fait, la France prend «l'engagement de ratifier à très bref délai la Convention sur le travail maritime et la convention cadre sur la santé», car «quand on veut que les autres fassent la même chose que soi, mieux vaut faire soi-même ce qu'on doit faire en temps et heure», a ajouté Nicolas Sarkozy.


» La régulation de la mondialisation.
Nicolas Sarkozy a plaidé avec force lundi pour une régulation de la mondialisation. «Il faut changer de modèle de croissance, il faut réguler la mondialisation», a-t-il lancé, ajoutant que «le monde ne peut pas être gouverné par la seule loi de l'offre et de la demande» et appelant de ses vœux «un système de règles qui tire tout le monde vers le haut au lieu de tirer chacun vers le bas».

Le chef de l'Etat a en particulier souhaité que des règles internationales limitent le dumping social et environnemental. Pour les pays les moins développés, il a souhaité que ces règles s'accompagnent d'un renforcement de l'aide au développement.


«Il faut tout revoir», a encore martelé Nicolas Sarkozy, énumérant «la surveillance prudentielle des banques, la réglementation des hedges funds, les règles comptables, les modes de rémunération».



» Les décisions du G20.
Nicolas Sarkozy a tout à la fois défendu les décisions prises par le G20 le 2 avril à Londres, et enjoint à ne pas en réduire la portée. «Céder à cette tentation serait une faute historique», a-t-il lancé, appelant notamment les Etats-Unis à se montrer plus ambitieux.

«Je le dis à tous les chefs d'Etat et de gouvernement du G20 : c'est pour chacun d'entre nous une responsabilité historique d'aller au bout de ce que nous avons entrepris, c'est une responsabilité historique de ne laisser aucun groupe de pression, aucune bureaucratie, aucun intérêt particulier y faire obstacle.»


» La crise.
«Ce qui est irresponsable aujourd'hui, c'est de croire que la crise est une parenthèse et qu'après la crise, tout pourra recommencer comme avant», a déclaré le président français. «Cette analyse est absolument suicidaire.»

«La crise nous rend de nouveau libres d'imaginer. C'est le moment d'aller le plus loin possible», a encore estimé Nicolas Sarkozy.

Le Figaro.fr

Réaction de La Gauche Moderne:



Un discours fondateur pour sortir de la Crise


Lors de son adresse à la 98e session de la conférence internationale du travail, Nicolas Sarkozy a prononcé

un discours fondateur pour la réforme des institutions internationales que rend indispensable la Crise

mondiale que nous connaissons.


« La Santé, la Culture, la biodiversité, le climat, le Travail ne sont pas des marchandises comme les autres »

a t il dit, proposant une nouvelle architecture des instances internationales ou la liberté du commerce ne

peut être systématiquement placée au dessus de toutes les valeurs humaines et l’OMC le seul régulateur de

la vie et de l’avenir des sociétés.

Il a su proposer, au nom de la France, à la communauté internationale, un ensemble de mesures et de dispositions qui peuvent être prises très rapidement pour mettre fin dans les meilleurs délais aux ravages sociaux et civilisationnels que provoque la Crise dans le monde.


• Rétablir un juste partage de la richesse créée, juste partage, dont le manque est la cause première de la

crise, entraînant les autres, c’est aujourd’hui le chantier prioritaire pour que ne réapparaissent pas, à court

terme les mêmes problèmes, qui ont fait éclater la Crise.

• Mettre fin au dumping monétaire qui menace de faire éclater les systèmes sociaux des pays développés,

tout en maintenant les populations des pays émergents loin de la richesse qu’elles crées, est une autre urgence.

En concluant par ces mots graves :

« Ou nous aurons la raison ou nous aurons la révolte.

Ou nous aurons la justice ou nous aurons la violence.

Ou nous aurons des protections raisonnables ou nous aurons le protectionnisme. »

Nicolas Sarkozy a montré qu’il était bien l’homme d’État que la France attendait.

L’Europe peut s’enorgueillir
qu’il porte dans les instances internationales, la voix de la raison et du courage, la voix des valeurs sociales par lesquelles l’Europe s’est distinguée et qu’aujourd’hui elle doit apporter au monde.


Tel est le message dans lequel une gauche de son temps peut se reconnaître. Tel est le message, n’en doutons

pas dans lequel la gauche européenne saura se reconnaître.

Tel est le message dans lequel se reconnaît La Gauche Moderne, celui de la réforme juste !


La Gauche Moderne

16 juin 2009

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22 août 2009 6 22 /08 /août /2009 17:46

par Jean-Louis Caccomo
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Tout le monde s’accorde pour observer le dérapage structurel de la croissance de l'Etat toujours supérieure à la croissance du reste de l'économie du pays. Les experts officiels et les observateurs internationaux ont tout dit à ce sujet et c’était un thème de la dernière campagne présidentielle. Il n’est point besoin d’être un grand économiste pour comprendre qu’un tel dérapage, quand il n’est jamais corrigé, conduit mécaniquement à un alourdissement de la dette publique et à une diminution du taux de croissance structurel de notre pays de sorte que, prétexter d’attendre le retour de la croissance pour faire les changements qui s’imposent, est tout simplement une impasse.
La croissance est devenue structurellement plus faible dans les pays où le poids de l’Etat a dépassé un certain seuil jugé critique. Pire, l’appauvrissement a commencé lorsque qu’il a dépassé un nouveau seuil qui conduit au surendettement.


La communauté des économistes n’est pas par principe contre le rôle de l’Etat dans l’économie, même si des débats aussi légitimes qu’inévitables existent à propos de ses missions prioritaires. Rien ne sert d’être manichéen : la question n’est pas d’être pour ou contre l’intervention de l’Etat. Il s’agit plus judicieusement de juger de l’efficacité à terme de son action et de la soutenabilité des finances publiques. L’Etat aura beau jeu de faire la morale aux banques s’il se met lui-même dans une situation de cessation de paiement.


C’est pourquoi la théorie économique souligne l’importance de l’équilibre et de la stabilité, notamment de la stabilité des prélèvements et dépenses publiques (ou plus précisément de leur part dans le P.I.B), ce qui est une condition de la prospérité durable et non de la relance éphémère. En l’occurrence, la taille de l’Etat doit croitre en proportion de la taille de l’économie dont il fait inextricablement partie. Dans le cas contraire, l’Etat finit par phagocyter de l’intérieur l’économie. Et l’Etat n’a rien à gagner à asphyxier, au risque de la ruiner, l’économie qui le finance.

 

Pourtant, la conjoncture ne change jamais le cap. Quand la croissance est de retour, on nous explique, à grand renfort de propagande médiatique, que les réformes ne sont plus nécessaires (puisque la croissance est là) et que l'Etat se doit d'intervenir pour répartir les fruits de la croissance, cette dernière étant génératrices d'inégalités de performances, et donc d'inégalités de revenus. Rappelez-vous lorsque Jospin était premier ministre, les rapports officiels nous démontraient que la réforme des retraites en particulier, et de la sécurité sociale en général, n’était plus nécessaire grâce au retour de la croissance économique, source de cotisations accrues.


Quand survient une crise (et j'entends parler de crise en France depuis 1973), les mêmes entonnent le refrain de la « fin du capitalisme », de « l'illusion du libéralisme », et l'Etat intervient de plus belle pour réguler et relancer l'économie. Au passage, ce capitalisme que tout le monde décrie, tout le monde cherche à le sauver à la moindre panne de croissance.

 

Dans ces conditions, on ne sort jamais de l'intervention de l'Etat, que ce soit sous forme d'un accroissement des prélèvements publics ou d'un alourdissement de la réglementation. En France, on ne sait pas penser autrement ni agir autrement. Et comme les médias, malgré la multiplicité des chaines, des radios ou des journaux, tout comme l'éducation nationale, formatent nos esprits en ce sens au nom de la morale citoyenne, il est difficile d’aborder la réalité économique sous un autre angle.

 

 

Jean-Louis Caccomo,

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7 juillet 2009 2 07 /07 /juillet /2009 07:38


La chonique de Jean-Pierre Robin, Le Figaro économie du 29 juin - «Il est un principe quasi immémorial : on paie comptant ses dépenses récurrentes, pour se nourrir ou se divertir ; on emprunte seulement pour investir».

Voici une histoire qui fait un malheur sur le Net : «Dans un village qui vit du tourisme, il n'y a plus de touristes à cause de la crise. Tout le monde emprunte à tout le monde pour survivre. Les mois passent, misérables. Arrive enfin un étranger qui prend une chambre. Il la paie avec un billet de 100 euros. L'hôtelier court porter le billet chez le boucher, à qui il doit justement 100 euros. Le boucher va aussitôt porter le même billet au paysan qui l'approvisionne en viande. Le paysan,à son tour, se dépêche d'aller payer sa dette à la prostituée à laquelle il doit quelques passes. La “pute” boucle la boucle en se rendant à l'hôtel pour rembourser l'hôtelier qu'elle ne payait plus quand elle prenait une chambre à l'heure. Comme elle dépose le billet de 100 euros sur le comptoir, le touriste, qui venait dire à l'hôtelier qu'il n'aimait pas sa chambre et n'en voulait plus, ramasse son billet et disparaît. Rien n'a été dépensé, ni gagné, ni perdu. N'empêche que plus personne dans le village n'a de dettes. N'est-ce pas ainsi qu'on est en train de résoudre la crise mondiale ?» (sic).


«Auteur inconnu», soulignent les internautes, tout heureux d'invoquer le génie créateur et collectif de la Toile. Dans sa simplicité et dans son apparente étrangeté, l'apologue rappelle un conte oriental. On comprend qu'il plaise. Sauf que l'histoire rapportée est vieille comme l'enseignement de l'économie. Elle fait partie des classiques de la pédagogie dans les facultés. Cela n'enlève pourtant rien à son mérite : elle éclaire merveilleusement la crise bancaire et économique que nous vivons. On s'étonne seulement que les chefs d'État du G20 et la gent politique n'aient pas le talent narratif des profs d'autrefois. Lesquels expliquaient ainsi le circuit économique, l'échange des marchandises, le rôle de la monnaie et la justification de l'emprunt…


L'«étranger», arrivant dans le village avec ses 100 euros, fait figure de sauveur. Il incarne le rôle des banquiers centraux qui ne cessent depuis près de deux ans d'apporter en masse des liquidités pour débloquer la situation. Miracle, l'argent frais d'un touriste permet à tous les villageois d'effacer leurs dettes. L'endettement des uns correspondant aux créances des autres, un effet de dominos vertueux s'est enclenché. L'«étranger» peut ensuite reprendre son billet de 100 euros sans mettre le système en danger : l'hôtelier, le boucher et le paysan ont recouvré leurs créances ; ils n'ont plus peur, ils sont à nouveau en mesure de se consentir mutuellement des crédits. C'est ce que songent à faire, dans un avenir plus ou moins proche, la Fed américaine et la Banque centrale européenne. Elles estiment même nécessaire de retirer les liquidités qu'elles auront distribuées si généreusement, une fois la situation apurée. Car il est à craindre que la machine de l'endettement reparte trop vite. En termes techniques et pompeux, les banquiers centraux parlent de «stratégie de sortie de crise».


La seconde leçon de la fable, qui fait les délices des internautes, porte sur la régulation du crédit, sans doute indispensable. «Tout le monde emprunte à tout le monde», est-il dit. Voilà qui serait plutôt sain : n'est-ce pas ce que vise EDF lorsqu'elle a lancé le 17 juin dernier son emprunt d'un milliard d'euros auprès des particuliers ? Dans un système libéral, les épargnants et les entreprises sont censés équilibrer spontanément leurs besoins respectifs de placement et de financement. De même, les banques devraient-elles théoriquement pouvoir exercer leur métier d'intermédiaires sans besoin d'une banque centrale qui les chapeaute. C'est la théorie de «la banque libre» dont l'économiste Friedrich Hayek s'est fait le partisan le plus incisif. Loin d'être une utopie, ce système a existé en Écosse et au Canada aux XVIIIe et XIXe siècles. Et même en France, avant que Napoléon crée la Banque de France (1800) et lui accorde le monopole d'émission des billets au-dessus de 500 francs. Tout est affaire de confiance.


Un tel dispositif, dérégulé et sans intermédiaire, ne fonctionne manifestement pas bien dans le village. L'hôtelier, le boucher et le paysan, sans parler de leur amie commune, étaient certes parvenus à se financer mutuellement «pour survivre». Mais arrive le moment où ils ne se font plus confiance. Sinon pourquoi s'empresseraient-ils de rembourser leurs dettes dès qu'ils ont du cash ? Ils pressentent que leurs ardoises ont atteint une limite et qu'il serait dangereux d'aller plus loin. On en devine la raison : tous les produits pour lesquels ils s'endettent sont des biens de consommation courante. Or il est un principe quasi immémorial : on paie comptant ses dépenses récurrentes, pour se nourrir ou se divertir ; on emprunte seulement pour investir, acheter son logis ou sa voiture dont l'usage s'étalera sur des années. Un principe qui vaut pour les finances domestiques et celles de l'État, fût-il royal : notre Ancien Régime a disparu faute d'avoir su maîtriser sa dette publique.


De cette fable et du succès qu'elle rencontre chez les internautes, on tirera une double morale. Point besoin de jargon pour comprendre le déroulement de la crise. Si nous voulons éviter de nouvelles mésaventures, il est urgent d'expliquer les principes du crédit à l'opinion publique. À la portée de tous.

Jean-Pierre Robin
Le Figaro économie

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5 juillet 2009 7 05 /07 /juillet /2009 16:11


L'éditorial de Gaëtan de Capèle, Le Figaro du 1er juillet.

Initié par François Fillon lors d'un bref séminaire gouvernemental dimanche dernier, le grand débat national sur les investissements prioritaires du pays pour les prochaines années démarre vraiment aujourd'hui à l'Élysée. Nicolas Sarkozy réunit l'ensemble des partenaires sociaux afin de recueillir leurs propositions sur la meilleure utilisation possible du futur emprunt d'État.


Ce premier rendez-vous est loin d'être anodin. Il témoigne d'un changement de mœurs profond des pratiques sociales en France, désiré et imposé par un président de la République qu'il devient de plus en plus acrobatique de caricaturer en ultralibéral adepte du passage en force. Jamais dans l'histoire les organisations syndicales n'ont été à ce point consultées sur les grands sujets nationaux. Depuis le début de l'année, elles ont été conviées à six reprises à l'Élysée, soit pour négocier (par exemple le volet social du plan de relance), soit pour être informées directement des initiatives internationales du chef de l'État (avant le G20 de Londres et avant son intervention devant l'Organisation internationale du travail). De mémoire de syndicaliste, un tel dialogue est totalement inédit. Ce qui, dit-on, a valu à François Chérèque cette remarque de son lointain et illustre prédécesseur à la CFDT, Edmond Maire : «En six mois, tu as vu davantage le président de la République que moi pendant la présidence de Mitterrand.»


Il faudrait bien sûr être naïf pour ignorer la dimension politique de cette ligne de conduite, surtout en période de crise aiguë où les nerfs du pays sont à fleur de peau. Mais elle ne saurait être réduite, comme on l'entend parfois, à un simple exercice de communication, loin s'en faut. Dès son entrée en fonctions, Nicolas Sarkozy a délibérément choisi de placer les syndicats devant leurs responsabilités, en leur proposant de passer d'une logique purement protestataire à une logique plus constructive de coproduction sociale. Ainsi, avant que la conjoncture se dégrade, les partenaires sociaux ont négocié directement plusieurs textes majeurs - sur la modernisation du marché du travail, sur la représentativité des syndicats… -, que le gouvernement a repris dans la loi.


De même, au plus fort de la crise, le gouvernement a adopté tout un arsenal de mesures pour protéger les ménages les plus exposés : suppression de deux tiers de l
'impôt sur le revenu pour 6 millions de contribuables, aide aux familles modestes ayant des enfants scolarisés, nouvelle convention d'assurance-chômage, développement de l'activité partielle, amélioration du traitement des chômeurs, création d'un fonds d'investissement social, plan d'urgence pour l'emploi des jeunes… Un grand nombre de ces mesures étaient préconisées par les syndicats eux-mêmes, qui n'en espéraient pas tant.


À présent sollicités pour dessiner l'avenir de la France, on attend d'eux autre chose que le catalogue poussiéreux - hausse du smic, maintien des effectifs dans la fonction publique, relance par la consommation… - qu'ils brandissent en toute occasion. Pour la première fois en France, le social va être considéré comme un investissement d'avenir. Le temps est à l'imagination et à l'ambition.

Gaëtan de Capèle
Le Figaro

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30 juin 2009 2 30 /06 /juin /2009 08:35

Par Jean-Louis Caccomo
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En toute logique, le taux d’intérêt à long-terme est supérieur au taux d’intérêt de court-terme : plus un investissement porte sur une longue-période, plus les risques encourus par l’investissement sont élevés et plus le rendement exigé est important [1]. Alors que la banque centrale fixe le taux à court-terme, ce sont les marchés qui déterminent les taux à long-terme de sorte qu’il existe une relation complexe entre les deux taux qui revient à se demander qui influence qui.

 

En effet, deux relations sont en cause. Tout d’abord, les taux à court et à long-terme devraient évoluer dans le même sens en vertu de l’effet de portefeuille. Par exemple, si la banque centrale augmente le taux court, les investisseurs délaissent les obligations pour se placer sur des actifs monétaires de court-terme. En conséquence, le cours des obligations chute et donc leur rendement – c’est-à-dire les taux à long-terme – augmentent. Dans ce cas, les taux à long-terme sont sensibles aux taux à court-terme.

Mais si l’on en croit l’effet Fisher, il y a aussi une relation inverse entre les deux taux en vertu du mécanisme d’anticipation. Si la banque centrale relève son taux directeur en vue de lutter contre l’inflation et si cette politique est crédible, les marchés peuvent parier sur une diminution de l’inflation dans le futur, ce qui fait baisser le taux à long-terme.

 

Ce second effet n’est pas inintéressant à méditer au moment où les taux longs semblent repartir à la hausse alors que les banques centrales réduisent les taux directeurs [Investir n° 1848, 8 juin 2009, page 4]. Cette situation ressemble à l’effet Fisher inversé : avec la baisse des taux directeurs dans le cadre d’une politique monétaire destinée à financer la relance, les marchés redoutent une reprise de l’inflation dans le futur, d’où une tension sur les taux longs.

 

Les taux sont donc des prix. A ce titre, ils obéissent à des logiques objectives qui dépassent les seules volontés individuelles ou politiques. A ce propos, la démagogie de certains députés peut parfois atteindre des sommets. Ainsi, à l’occasion du nouvel emprunt que le gouvernement a récemment décidé de lancer - et qui se traduit par une émission d’obligations -, certains ont émis l’idée de pratiquer un taux zéro pour les ménages les plus riches… Et l’on s’étonne encore de la fuite des capitaux qui pénalise notre potentiel de croissance à long-terme ? Evidemment, personne n’est forcé d’acquérir les obligations, encore moins les ménages les plus riches. Les placements constituent un marché (les marchés financiers). Pour qu’ils trouvent preneurs, il faut donc les rendre attractifs et c’est ce qui a probablement fait le succès de l’emprunt EDF. Les plus riches sont-ils à ce point idiots pour acquérir un placement qui ne rapporterait rien comme s’ils n’avaient pas d’autres choix ?

On comprend pourquoi les finances publiques sont dans un tel état de délabrement quand ceux à qui nous les confions se permettent de tels défauts de raisonnements.

 

 

[1] A propos de la courbe des taux d’intérêt, voir Bito Christian [2009] Comprendre la gestion de portefeuille, Editions de Verneuil, Paris.

 

 

Jean-Louis Caccomo,

http://caccomo.blogspot.com/

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25 juin 2009 4 25 /06 /juin /2009 17:06

Par Nicolas Baverez, Le Monde daté du 23 06 09
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Certaines faillites d'entreprises, au-delà de la disparition d'une firme, comportent une dimension historique. En 2008, la liquidation de Lehman Brothers fut à la fois le révélateur et l'accélérateur de la crise financière. En 2009, le dépôt de bilan de General Motors, premier constructeur mondial durant soixante-dix-sept ans, illustre la violence de la récession, l'obsolescence du modèle de l'automobile et le déclin industriel des pays développés. La faillite de General Motors s'explique par nombre de traits spécifiques : l'accumulation de 88 milliards de dollars de pertes depuis 2005, une dette de 173 milliards de dollars, des régimes de santé et de retraite ruineux, un retard chronique de compétitivité, des véhicules médiocres qui ne se distinguaient que par le caractère extravagant de leur consommation. Pour autant, General Motors n'est pas une exception : les quinze premiers constructeurs mondiaux affichent pour 2008 des pertes de 41 milliards de dollars, sur fond d'une chute de 20 % du marché mondial, revenu de 68 millions de véhicules en 2007 à moins de 55 millions en 2009. Avec pour conséquence immédiate un effondrement de l'emploi (1,3 million de postes perdus pour les seuls Etats-Unis).


Si la bulle est d'abord financière, la récession est d'abord industrielle. Si la déflation trouve son origine dans le surendettement, sa diffusion s'effectue prioritairement par l'industrie : production et investissement en chute de 15 % et 30 % en un an ; hémorragie des effectifs qui entraîne une baisse de 3 % à 4 % de la part de l'industrie dans la main-d'oeuvre. Les groupes industriels du Nord se trouvent ainsi engagés dans une course de vitesse pour augmenter leur capital et diminuer leurs coûts afin d'échapper à l'étau mortel de l'effondrement de la demande et du crédit. Dans le même temps, les nouveaux géants du Sud - Chine, Inde, Brésil, Afrique du Sud - consolident leur leadership (trois des cinq premiers groupes mondiaux sont désormais chinois) et mettent à profit le trou d'air des pays développés pour prendre le contrôle d'actifs stratégiques, acquérir des technologies, sécuriser leur accès aux ressources rares.
La crise économique rappelle ainsi que l'industrie, même si sa part dans la richesse nationale et dans les postes de travail diminue, demeure déterminante pour l'emploi, pour la diffusion de l'innovation et les gains de productivité - clé de la croissance potentielle -, pour les échanges internationaux et la compétitivité.


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A l'exception de l'Allemagne et du Japon, qui ont restauré la compétitivité de leur appareil de production depuis la fin des années 1990 - ce qui les place en situation idéale pour bénéficier de la reprise -, la réindustrialisation s'impose comme une priorité pour le monde développé. Elle est un levier majeur pour la croissance, qui constitue le seul remède à la dette si l'on veut éviter l'inflation. Elle représente un vecteur de conversion des systèmes productifs à l'innovation et à un développement respectueux de l'environnement. Elle décidera de la résorption des déséquilibres qui minent les échanges et les paiements mondiaux.


En bref, le traitement des séquelles de la crise et le rétablissement de la compétitivité du monde développé dépendront largement de l'industrie. Les Etats-Unis ne s'y trompent pas et se mobilisent pour la reconfigurer.

Force est de constater que les obstacles à la réindustrialisation ne manquent pas dans les sociétés riches : coût élevé du travail et du capital ; multiplication des réglementations ; fiscalité élevée ; contraintes environnementales et hostilité des populations face aux installations à risques ; déplacement de la demande vers les pays du Sud. Mais l'Allemagne et le Japon démontrent qu'il reste possible de construire une base industrielle puissante et compétitive.


D'où la nécessité d'une nouvelle politique industrielle dont les principes doivent prendre en compte l'universalisation du capitalisme. La tentation protectionniste doit être écartée, car elle amplifierait la déflation et couperait l'industrie des marchés les plus dynamiques. Cela implique cependant d'engager des discussions sur la stabilisation du système monétaire international, grand absent du G20, afin d'enrayer la spirale des dévaluations compétitives, et de lier l'ouverture des échanges à un accord sur l'environnement lors de la conférence de Copenhague sur le climat, en décembre.


L'intervention des pouvoirs publics est indispensable mais doit être ciblée. Elle doit être centrée sur l'amélioration de la compétitivité à long terme, et pas sur la subvention à fonds perdus de surcapacités et d'activités obsolètes. L'Etat doit donner la priorité à la formation, à l'innovation et à la recherche, à la mobilisation de l'épargne longue vers l'investissement productif, à la réorientation des talents vers le secteur non financier, au redéploiement au sein de la mondialisation, à la prise en compte des exigences d'un développement durable. La renaissance de l'industrie ne résultera pas d'un retour au dirigisme, mais de la mobilisation des forces économiques et sociales en faveur de modes de production et de consommation neufs.


Nicolas Baverez
est économiste et historien.

 

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16 juin 2009 2 16 /06 /juin /2009 16:34

Le Figaro.fr du 15 06 09
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A Genève, devant le sommet de l'Organisation internationale du travail (OIT), le chef de l'Etat s'est engagé à ce que la France ratifie «à très bref délai» deux conventions internationales sur le travail. Voici ses principales déclarations.

Le discours de Nicolas Sarkozy devant l'Organisation internationale du travail était annoncé comme un des premiers temps forts d'une nouvelle «séquence politique» de son quinquennat. A Genève, le chef de l'Etat a défendu lundi après-midi, devant les 183 membres de l'organisation, créée en 1919 pour promouvoir le travail décent, une «révolution» sociale. Voici ses principales déclarations et propositions.


» Le rôle de l'OIT.
Nicolas Sarkozy a prôné lundi à Genève un renforcement du rôle de l'Organisation internationale du travail face aux grandes institutions financières. «Il faut que l'OIT puisse avoir son mot à dire auprès de l'OMC, du FMI et de la Banque mondiale », a expliqué le président de la République.

Le chef de l'Etat souhaite ainsi que les normes votées par l'OIT soient rendues obligatoires. «Une norme qui n'est pas obligatoire n'est pas une norme, c'est comme une feuille qui s'envole dans le vent», a-t-il insisté sous une nuée d'applaudissements.


De fait, la France prend «l'engagement de ratifier à très bref délai la Convention sur le travail maritime et la convention cadre sur la santé», car «quand on veut que les autres fassent la même chose que soi, mieux vaut faire soi-même ce qu'on doit faire en temps et heure», a ajouté Nicolas Sarkozy.


» La régulation de la mondialisation.
Nicolas Sarkozy a plaidé avec force lundi pour une régulation de la mondialisation. «Il faut changer de modèle de croissance, il faut réguler la mondialisation», a-t-il lancé, ajoutant que «le monde ne peut pas être gouverné par la seule loi de l'offre et de la demande» et appelant de ses vœux «un système de règles qui tire tout le monde vers le haut au lieu de tirer chacun vers le bas».

Le chef de l'Etat a en particulier souhaité que des règles internationales limitent le dumping social et environnemental. Pour les pays les moins développés, il a souhaité que ces règles s'accompagnent d'un renforcement de l'aide au développement.


«Il faut tout revoir», a encore martelé Nicolas Sarkozy, énumérant «la surveillance prudentielle des banques, la réglementation des hedges funds, les règles comptables, les modes de rémunération».



» Les décisions du G20.
Nicolas Sarkozy a tout à la fois défendu les décisions prises par le G20 le 2 avril à Londres, et enjoint à ne pas en réduire la portée. «Céder à cette tentation serait une faute historique», a-t-il lancé, appelant notamment les Etats-Unis à se montrer plus ambitieux.

«Je le dis à tous les chefs d'Etat et de gouvernement du G20 : c'est pour chacun d'entre nous une responsabilité historique d'aller au bout de ce que nous avons entrepris, c'est une responsabilité historique de ne laisser aucun groupe de pression, aucune bureaucratie, aucun intérêt particulier y faire obstacle.»


» La crise.
«Ce qui est irresponsable aujourd'hui, c'est de croire que la crise est une parenthèse et qu'après la crise, tout pourra recommencer comme avant», a déclaré le président français. «Cette analyse est absolument suicidaire.»

«La crise nous rend de nouveau libres d'imaginer. C'est le moment d'aller le plus loin possible», a encore estimé Nicolas Sarkozy.

Le Figaro.fr

Réaction de La Gauche Moderne:



Un discours fondateur pour sortir de la Crise


Lors de son adresse à la 98e session de la conférence internationale du travail, Nicolas Sarkozy a prononcé

un discours fondateur pour la réforme des institutions internationales que rend indispensable la Crise

mondiale que nous connaissons.


« La Santé, la Culture, la biodiversité, le climat, le Travail ne sont pas des marchandises comme les autres »

a t il dit, proposant une nouvelle architecture des instances internationales ou la liberté du commerce ne

peut être systématiquement placée au dessus de toutes les valeurs humaines et l’OMC le seul régulateur de

la vie et de l’avenir des sociétés.

Il a su proposer, au nom de la France, à la communauté internationale, un ensemble de mesures et de dispositions qui peuvent être prises très rapidement pour mettre fin dans les meilleurs délais aux ravages sociaux et civilisationnels que provoque la Crise dans le monde.


• Rétablir un juste partage de la richesse créée, juste partage, dont le manque est la cause première de la

crise, entraînant les autres, c’est aujourd’hui le chantier prioritaire pour que ne réapparaissent pas, à court

terme les mêmes problèmes, qui ont fait éclater la Crise.

• Mettre fin au dumping monétaire qui menace de faire éclater les systèmes sociaux des pays développés,

tout en maintenant les populations des pays émergents loin de la richesse qu’elles crées, est une autre urgence.

En concluant par ces mots graves :

« Ou nous aurons la raison ou nous aurons la révolte.

Ou nous aurons la justice ou nous aurons la violence.

Ou nous aurons des protections raisonnables ou nous aurons le protectionnisme. »

Nicolas Sarkozy a montré qu’il était bien l’homme d’État que la France attendait.

L’Europe peut s’enorgueillir

qu’il porte dans les instances internationales, la voix de la raison et du courage, la voix des valeurs

sociales par lesquelles l’Europe s’est distinguée et qu’aujourd’hui elle doit apporter au monde.


Tel est le message dans lequel une gauche de son temps peut se reconnaître. Tel est le message, n’en doutons

pas dans lequel la gauche européenne saura se reconnaître.

Tel est le message dans lequel se reconnaît La Gauche Moderne, celui de la réforme juste !


La Gauche Moderne

16 juin 2009

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