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Contact: marcdhere.mdh@gmail.com 

 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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31 janvier 2010 7 31 /01 /janvier /2010 21:07

Pour revenir sous la barre des 3% des déficits en 2013, François Fillon s'engage à faire progresser la dépense publique à un rythme inférieur à 1% par an. Un effort jamais réalisé qui nécessite «une mobilisation nationale».

Interview réalisé par Olivier Auguste, Gaëtan de Capèle, Cyrille Lachèvre, Marie Visot.


Le Figaro du 29 01


LE FIGARO. - Vous allez envoyer à Bruxelles en début de semaine votre plan de redressement des finances publiques. Quelles sont vos solutions ?

François FILLON. - Avec le président de la République, nous sommes déterminés à faire des efforts sans précédent qui nécessitent une mobilisation nationale. Ce plan prévoit que les dépenses publiques globales progresseront à un rythme inférieur à 1% par an. Jamais un gouvernement n'aura fait autant. Concrètement, cela signifie un gel du budget des ministères et des efforts comparables pour les collectivités locales. Quant à l'objectif de progression des dépenses de l'assurance-maladie, il devra descendre sous les 3%. N'oublions pas que nous étions à 5 ou 6% il ya quelques années. S'agissant des effectifs de l'État, nous allons poursuivre le non remplacement d'un fonctionnaire sur deux jusqu'à la fin du quinquennat.


Les niches fiscales et sociales
ont commencé à être plafonnées. Allez-vous en supprimer purement et simplement ?

D abord, nous n'en créerons plus aucune. Nous devons nous interroger sur leur efficacité : certaines d'entre elles ne sont pas, ou plus, stratégiques. Nous limiterons les autres dans le temps - pour nous obliger à vérifier régulièrement si elles remplissent leurs objectifs - et réduirons leurs plafonds. Mais pas question d'alourdir le coût du travail.


Tout cela suffira-t-il pour revenir à 3% de déficit en 2013 ?

Oui,si nous parvenons à partir de 2011 à atteindre une croissance de 2,5% par an. Ce rythme me paraît crédible compte tenu de la stratégie de croissance que nous sommes en train de mettre en place. Nous affecterons les recettes de la croissance à la réduction du déficit. Ce qui nous permettra de le faire revenir à 6% du PIB l'an prochain, 4,6% en 2012. Et enfin 3% en 2013, si aucune nouvelle crise ne vient perturber cette trajectoire.


Comment comptez-vous faire participer les collectivités locales à cet effort ?

D'abord, je regrette que les régions et les départements gérés par des élus de l'opposition ne soient pas venus, jeudi, à la conférence nationale organisée par le président de la République. Cette conférence voulait marquer le début d'un processus commun autour d'un constat partagé : il faut mettre fin à 35 ans de déficit. Soit nous arrivons à résorber nos déficits dans le cadre d'un dialogue avec les collectivités locales, ce que je souhaite, soit l'État sera obligé de le décider seul ce qui serait dommage car notre démocratie a besoin de consensus sur les enjeux essentiels.


Les collectivités rétorquent que l'Etat ne cesse de leur transférer de nouvelles charges...

J'ai été élu local, j'ai moi même dit que c'était la faute de l'État.Alors aujourd'hui, on ne me la fait pas ! L'État soutient les collectivités locales. Et, sans les accuser de tous les maux, il n'est pas normal que leurs dépenses progressent depuis 2003 de plus de 6% par an hors transferts de compétences, et qu'elles continuent à embaucher massivement. Il faut qu'elles se fixent des règles équivalentes à celles que se fixe l'État.


Vous êtes donc favorable à une règle d'équilibre budgétaire contraignante?

L'idéal serait effectivement un accord sur une règle d'or, qui nous permettrait de revenir à l'équilibre à horizon 2020. Mais je ne suis pas convaincu qu'il faille en faire une règle constitutionnelle car changer la Constitution n'est pas chose facile.


Le débat sur les retraites s'est ouvert sur l'idée d'un changement radical de système. Y êtes-vous favorable ?

Je n'ai jamais cru à la remise à plat complète. Cette idée me semble non seulement une utopie mais la meilleure façon de ne rien faire. Aucun pays au monde n'a jamais changé brutalement de système. Le nôtre repose principalement sur la répartition ; avec le président nous nous sommes engagés à le préserver, il nous faut donc en ajuster les paramètres pour l'équilibrer. On peut retourner le problème dans tous les sens, et adopter un système par points ou par «comptes notionnels», cela ne changera rien aux contraintes démographiques et au vieillissement de la population : il nous manquera 100 milliards par an à l'horizon 2050.


La baisse des pensions est écartée. Qu'en est-il d'une hausse des cotisations?

Le Conseil d'orientation des retraites nous montrera, en avril, que la crise a aggravé la situation en réduisant les recettes et que l'allongement de la durée de cotisation, dont j'ai été l'un des artisans en 2003, n'a pas un effet suffisant sur les comportements : l'âge moyen de départ à la retraite augmente, mais très peu. La question sera donc posée, tout comme celle des cotisations. Le sujet a d'ailleurs déjà été abordé. En 2003, avait été acté le principe d'une hausse des cotisations retraite compensée par la baisse des cotisations chômage. La crise n'a pas permis de le faire fin 2008 mais la tendance démographique sur laquelle reposait cette «bascule» demeure. L'idée est donc toujours d'actualité. Je rappelle que le patronat l'avait validée en 2003.


Quand le chef de l'État affirme que «tout le monde sera concerné» par la réforme, parle-t-il uniquement de l'âge de départ et la durée de cotisation ?

Aucune question n'est taboue. Celle du calcul de la pension sur les six derniers mois de salaire, dans la fonction publique, se pose évidemment. Mais s'il y a des évolutions, elles devront tenir compte de la réalité des choses, et notamment du fait que les primes ne sont pas intégrées dans le calcul pour les fonctionnaires. Ces primes frôlent parfois 50% du salaire.


Faut-il «piocher» dès maintenant dans le Fonds de réserve des retraites, comme le propose la présidente de la
Caisse nationale d'assurance-vieillesse ?

Le FRR, c'est l'État qui l'abonde, donc cela finit par se retrouver dans la dette. Cela peut être un outil pour passer un cap mais cela ne règle aucun problème de fond. Certains ont même proposé que le grand emprunt finance les retraites : c'est dire s'il était temps que nous posions la question des cours d'économie au lycée !


Les entreprises restent très tentées de pousser les seniors dehors…

C'est un problème fondamental. Si les Français sont réticents à augmenter la durée de la vie active, c'est surtout parce qu'ils ont peur du chômage. Le patronat ne peut pas nous demander d'allonger la durée des carrières et continuer à licencier les seniors. Il y a une légère amélioration mais il faut vraiment aller plus loin. Si besoin, nous prendrons de nouvelles mesures, pourquoi pas un bonus-malus sur les cotisations sociales. La question de la pénibilité sera aussi sur la table. Il ne faut pas en faire le point central du débat, mais elle doit être prise en compte, dans le cadre d'accords entre syndicats et patronat, ciblés sur des métiers précis, avec des critères objectifs comme l'espérance de vie.


Craignez-vous que les
remous internes au Medef vous compliquent la tâche sur les retraites ?

Je me garderai bien de les commenter mais nous avons besoin d'interlocuteurs qui tiennent leurs engagements. C'est plus facile quand ils sont rassemblés. Il faut en tout cas que la dynamique lancée sur la représentativité syndicale se poursuive, ce qui suppose de régler la question de la mesure de l'audience dans les TPE, et que les entreprises jouent le jeu sur la remontée des résultats aux élections professionnelles. Elles ne sont qu'une minorité à le faire. Ce n'est pas possible.


Partagez-vous
l'optimisme du chef de l'État sur l'emploi ?

Nous sommes effectivement dans une phase de ralentissement de la hausse du chômage. En 2010 nous aurons encore des hausses, mais elles devraient être de plus en plus faibles. Je pense vraiment qu'on assistera à une stabilisation puis à une baisse dans la deuxième moitié de l'année.


Faut-il prolonger certains dispositifs qui ont limité l'envolée du chômage l'an dernier, comme l'assouplissement du recours au
chômage partiel ?

Cette mesure a été très efficace. Elle fait partie d'un arsenal comme nous en avons rarement eu dans notre pays : conventions de reclassement personnalisé, contrats de transition professionnelle, exonération totale de charges pour les embauches dans les entreprises de moins de 11 salariés, fonds d'investissement social, et bientôt fonds de sécurisation des parcours professionnels qui concernera 700.000 personnes. Nous allons effectivement étudier, le 15 février lors du rendez-vous sur l'agenda social 2010, la possibilité de poursuivre certains des ces dispositifs.


Les mesures de l'an dernier en faveur du pouvoir d'achat (baisses d'impôt sur le revenu, allocation de rentrée scolaire majorée…) seront-elles reconduites ?

Elles avaient été prévues pour une année seulement, en riposte à la crise. Nous ne sommes plus dans la phase aigüe de la crise : 1,4% de croissance, ce n'est pas la même chose que -2,2% ! En revanche cette reprise est fragile donc nous serons prudents dans l'extinction d'autres dispositifs qui soutiennent l'activité, comme la prime à la casse qui est réduite progressivement ou le remboursement anticipé du crédit impôt recherche.


En intervenant dans les stratégies de Renault et de Total, la France ne prend elle pas le risque d'être taxée de protectionnisme ?

Renault fabrique 25% de ses voitures en France. PSA est à 47%. Les constructeurs allemands, eux, produisent 42% de leurs véhicules sur leur sol. Ce n'est donc pas être protectionniste que de demander à Renault de faire des efforts pour ne pas descendre sous la barre des 25%. On ne lui demande évidemment pas de produire tous ses véhicules en France. S'agissant de Total, le groupe est confronté à des surcapacités de raffinage mondiales qui le contraignent à ajuster sa production. L'État n'a pas à l'empêcher de s'adapter à la contrainte internationale. En revanche, j'ai reçu son président, Christophe de Margerie. Je lui ai dit que s'il devait y avoir une restructuration, elle devrait être entièrement compensée en termes d'emplois et s'inscrire dans le cadre du développement du port de Dunkerque qui est absolument stratégique pour la France.


Ces interventions suffisent-elles à définir une politique industrielle ?

Suppression de la taxe professionnelle, crédit impôt recherche, plan de soutien à l'automobile, création du fonds stratégique d'investissement, états généraux de l'industrie… Jamais depuis Pompidou un gouvernement n'a autant fait pour l'industrie. J'aimerais, maintenant, que cette politique industrielle soit relayée par l'Europe. Je note déjà certains progrès : lors du sommet extraordinaire du 11 février nous définirons avec nos partenaires les moyens de mettre en place des politiques industrielles mieux coordonnées. Je souhaite que l'initiative prise en France avec notre grand programme d'investissements d'avenir de 35 milliards d'euros soit relayé lui aussi : certains sauts technologiques ne pourront être faits qu'à l'échelle européenne. Je pense à l'énergie ou au véhicule du futur.


Querelles de personnes, échecs commerciaux… la filière nucléaire traverse une crise. Quels sont vos projets pour la relancer ?

D'abord, j'ai reçu la semaine dernière les dirigeants d'Areva et de Edf pour leur dire qu'il n'était pas acceptable ni supportable que des grandes entreprises publiques déballent leurs différents par voie de presse et cherchent à régler des questions commerciales en prenant l'opinion publique à témoin. Au-delà, s'agissant de l'avenir de la filière nucléaire, nous attendons le rapport commandé à Monsieur Roussely pour appuyer notre réflexion. Ce qui est certain, c'est que nous avons besoin de développer l'ingénierie nucléaire et que les capacités humaines dans ce domaine ne sont pas illimitées. Cela signifie que les différents acteurs capables de conduire un chantier nucléaire sont obligés de s'entendre pour partager la même ressource humaine. Faute de quoi l'État les obligera à s'entendre. Nous devrons également résoudre les problèmes d'organisation.


Quand Henri Proglio quittera-t-il Veolia ?

J'ai toujours défendu la solution consistant pour Henri Proglio à quitter progressivement la direction de Veolia. Je n'ai pas changé d'avis. En tant que président non exécutif, il continuera à incarner et représenter ce grand groupe français pendant un certain temps, dans le seul objectif de ne pas le déstabiliser. En revanche, le rapprochement entre EDF et Veolia n'est pas d'actualité.

  François Fillon,
interrogé par Le Figaro 
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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 08:00

Communiqué de La Gauche Moderne...


Le discours d’ouverture prononcé par le Président de la République, à l’occasion de la 40
ème édition du Forum économique mondial de Davos confirme l’actualité des mesures prônées par les États de l’Union Européenne et ceux de l’OCDE en matière de régulation et de moralisation du secteur financier.

 

Le Sommet de Davos vient ainsi confirmer l’importance des décisions prises lors du dernier Sommet du G20 en octobre dernier, qui a permis que le ralentissement économique né de l’explosion de la bulle spéculative des sub-primes ne passe pas du stade de la récession à celui de la dépression.

 

En appelant de ses voeux une gouvernance financière et économique plus juste, qui tienne mieux compte des équilibres géoéconomiques nés de l’émergence de nouveaux acteurs sur la scène économique et financière, Nicolas Sarkozy confirme qu’« anticipation » et « régulation » doivent aller de pair pour faire face aux crises de demain.

 

La présence à Davos des présidents brésilien, sud-africain et mexicain

conforte la France dans son action en amont, associant plus systématiquement les économies émergentes aux décisions qui auront de l’influence sur la santé économique et financière de la planète.

 

La Gauche Moderne, qui a réunit autour de ce thème le week-end dernier, des économistes et des responsables politiques progressistes, consciente que ce redressement implique également des réformes structurelles à prendre au niveau de chaque État, entend inscrire ses réflexions, comme son action dans cette perspective.

 

Jeudi 28 janvier 2010

La Gauche Moderne

www.lagauchemoderne.org

 

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15 décembre 2009 2 15 /12 /décembre /2009 15:36


Initiative contre les bonus excessifs (11 décembre)

 



La Gauche Moderne se félicite des mesures annoncées pour lutter contre la distribution de bonus excessif aux traders par les organismes financiers (au-dessus de 27 000 euros). Il est temps de donner des signes forts aux banques pour leur rappeler que les Etats les ont soutenues l’an passé, non pour redevenir des centres de spéculation mais pour financer la création de véritables richesses, seules garantes de l’avenir de notre société. Ce qu’il faut c’est aider les PME et les PMI, pas spéculer sur l’or, le pétrole ou le sucre.

Mais la France, seule, ne pouvait donner ces signes sans risquer d’affaiblir ses capacités concurrentielles de marché. En cela l’initiative commune avec le gouvernement britannique, qui a autorité sur la City, est un remarquable pas en avant.

Il faudra aller plus loin, associer tout l’Eurogroupe et toute l’Union à cette politique, à ce train de mesures qui n’est que la mise en œuvre conséquente des décisions du G20.

Aller plus loin, c’est aussi mettre en chantier une taxe, par nature minime, sur les transactions financières, outil de réorientation de l’épargne vers l’industrie, aujourd’hui véritablement aussi nécessaire, que possible.

La Gauche Moderne observe cependant qu’une campagne d’opinion s’exerce depuis quelques semaines pour infléchir l’orientation de l’exécutif, par divers moyens. Ici, certains exagèrent les perspectives et les rythmes de sortie de crise. Là, ils invoquent l’argument des déficits publics pour fragiliser l’idée de grand emprunt, qui distingue pourtant la mauvaise dette, du financement indispensable des investissements productifs. Elle y voit la manœuvre des conservateurs qui ressurgissent et qui, visent en réalité à affaiblir la stratégie mise en œuvre par le Président de la République pour réguler et refonder le capitalisme.

Au moment où l’Euro est dangereusement surévalué pour nos emplois, où la Grèce est en danger de faillite, on ne peut faire comme si rien n’avait eu lieu, et que la politique passée devait reprendre ses droits.

La France, grâce aux choix de ses dirigeants, est engagée dans une redéfinition du modèle de l’économie, plus tourné vers la création de vraies richesses que vers l’exploitation sans fin de bulles spéculatives qui éclatent régulièrement faisant des dégâts colossaux, que le monde du travail finit par payer.

La Gauche Moderne 

 

 

 

 

 

Redonner à la France un grand projet d’avenir (14 décembre)

                                                                                  

                                                                                  

 

La Gauche Moderne se réjouit de la feuille de route que le Président de la République a assigné à l’emprunt national, lors de la conférence de presse qui s’est déroulée aujourd’hui : investir pour accroître le potentiel de croissance économique de la France et orienter cet investissement autour de quelques priorités stratégiques, privilégiant les secteurs d’excellence, vitaux pour l’avenir de notre pays.

L’investissement sur l’avion du futur, le navire économe, Ariane, la recherche et le développement, l’enseignement supérieur sont autant d’exemples parmi tant d’autres des retombées positives que notre pays est en droit d’attendre pour retrouver foi en son avenir et en son talent.

L’idée de l’emprunt entraîne naturellement l’adhésion d’une formation soucieuse de voir prévaloir l’intérêt général et celui des générations futures.

Et même si La Gauche Moderne imaginait un montant plus élevé que celui finalement adopté - 35 milliards - afin de conforter un pacte national éprouvé par la crise, notre formation politique souscrit aux priorités annoncées par Nicolas Sarkozy, qu’il s’agisse de l’enseignement supérieur, de la formation, de la recherche ; de l’industrie, du numérique ou du développement durable.

Le Président a choisi de maintenir un cap volontariste qui requiert l’intervention de l’Etat afin de créer les conditions d’une reprise durable de la croissance. C’est le cœur de cette politique que nous avons choisi de soutenir, contre tous les conservatismes.

Nous réaffirmons qu’un emprunt n’a jamais appauvri une nation dès lors qu’il correspond à la construction d’un actif, d’au moins égal montant.

L’esprit de ce grand emprunt, qui allie l’intervention de l’Etat aux potentialités innovatrices des entreprises, de la recherche et de l’université, sera un levier pour restaurer la confiance et renforcer notre pacte républicain.

 

 

La Gauche Moderne

 

 

 

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14 décembre 2009 1 14 /12 /décembre /2009 14:05

Par Guillaume Guichard, Lefigaro.fr du 14 12 09
...

Le président Nicolas Sarkozy a dévoilé ses décisions concernant le grand emprunt de 35 milliards d'euros, dont 22 milliards seront levés sur les marchés. La priorité est donnée à la recherche et à l'enseignement, qui recevront 11 milliards d'euros.

«Nous devons préparer la France aux défis de l'avenir.» Pour cela, l'Etat va lancer un grand emprunt de 35 milliards d'euros, exclusivement destiné aux investissements, a annoncé Nicolas Sarkozy lundi 14 décembre. Un chiffre conforme aux recommandations de la commission Juppé-Rocard chargée de plancher sur le sujet.


Ce grand emprunt «déclenchera 25 milliards d'euros d'investissements venant du privé de l'Europe, des collectivités territoriales», selon le président. Au total, ce sont donc 60 milliards d'euros qui devraient être investis dans les 5 domaines prioritaires définis par le chef de l'Etat. Une des interrogations lors des réflexions sur le grand emprunt portait sur le mode de financement. Nicolas Sarkozy a tranché : l'Etat lèvera 22 milliards d'euros sur les marchés. Les particuliers ne seront pas sollicités, cela aurait coûté «un milliard» de plus, a justifié le chef de l'Etat. En outre, 13 milliards seront financés par les fonds d'aide remboursés par les banques.


La plus grande part du gâteau ira à l'enseignement supérieur
et à la recherche, «clé de notre compétitivité future», qui recevront respectivement 11 et 8 milliards d'euros, a détaillé le chef de l'Etat. Une dizaine de campus «d'excellence» recevront un financement exceptionnel (8 milliards).

Près de 1,3 milliard d'euros servira à accélérer le plan Campus, tandis qu'un milliard sera alloué à la mise en place d'un campus centré sur les hautes technologies à Saclay, en région parisienne, et regroupant les grandes écoles d'ingénieur parisiennes et les universités scientifiques.


«Nous voulons les meilleures universités du monde. L'autonomie sans argent ça ne suffit pas», a justifié Nicolas Sarkozy. Les universités «d'excellence» seront donc, pour la première fois, dotées de fonds propres. L'apprentissage recevra pour sa part 500 millions d'euros.

Concernant la recherche, 3,5 milliards seront alloués aux sociétés de valorisation, «interfaces entre les grands industriels et la recherche». Les secteurs de la biotechnologie et de la santé recevront 2,5 milliards. Cinq centres hospitaliers universitaires, dans un premier temps, recevront 850 millions d'euros. Un appel d'offre sera lancé dans les prochains mois. «Nous voulons concentrer les moyens dans un petit nombre d'équipes», a précisé Nicolas Sarkozy.


L'industrie et les PME n'ont pas non plus été oubliées, avec 6,5 milliards d'euros. L'automobile, l'aéronautique, le ferroviaire et l'industrie navale seront les principaux bénéficiaires de cette enveloppe. D'autre part, un milliard d'euros «sera réservé aux conclusions des Etats généraux», a ajouté Nicolas Sarkozy.

Par ailleurs, le chef de l'Etat a alloué 5 milliards d'euros pour les énergies renouvelables. Il s'agira de financer notamment le développement du réacteur nucléaire de 4e génération (1 milliard) et des énergies alternatives (2,5 milliards) via l'Ademe.


Le CEA sera rebaptisé pour l'occasion
. Il «y a un savoir-faire technologique inégalé dans le nucléaire, mais il nous permet de figurer au premier rang de la recherche mondiale dans le domaine solaire des biocarburants ou le stockage d'énergie», a poursuivi le président de la République. «Demain, je souhaite qu'il approfondisse encore ces orientations en faveur des autres énergies décarbonnées (...) Le CEA va donc devenir le commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives».


Enfin, 4,5 milliards d'euros seront dégagés à l'économie numérique, notamment pour la couverture du territoire en haut débit dont le plan sera présenté «dans les prochains jours », a promis le chef de l'Etat. D'autre part, 750 millions d'euros seront alloués à la numérisation du patrimoine culturel national (musées, bibliothèques…).

«Il n'est pas question de laisser notre patrimoine partir», a martelé Nicolas Sarkozy, sous-entendant qu'il ne voulait pas laisser ce chantier à Google, qui a pris une certaine avance dans la numérisation des fonds des bibliothèques, notamment


Le grand emprunt ne servira pas à financer les dépenses de fonctionnement, a assuré le chef de l'Etat. Les fonds mobilisés seront «clairement distincts du budget de l'Etat», a-t-il précisé. Et ils seront sous haute surveillance. René Ricol sera nommé commissaire général à l'Investissement, sous l'autorité du premier ministre. Un comité de surveillance sera aussi mis en place, présidé par Alain Juppé et Michel Rocard.

Guillaume Guichard
Lefigaro.fr

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13 décembre 2009 7 13 /12 /décembre /2009 17:10

Extrait d'un article paru dans Le Monde du 13 décembre
...


.......Dieu merci, la France est à l'abri de ces vents mauvais qui soufflent sur les marchés d'emprunts d'Etat. Pour preuve, Nicolas Sarkozy dévoilera lundi 14 décembre tous les détails de son grand emprunt. Jusqu'à lui donner un nom ? Nul n'ose sérieusement imaginer un seul instant qu'il puisse en porter un autre que le sien. A propos de l'"emprunt Sarkozy", donc, nous avons reçu de Michel Rocard la lettre suivante :


"L'article que vous avez publié sous le titre "J'emprunte donc je suis" appelle de ma part trois remarques.
La première concerne l'objet même de l'emprunt. Il est symptomatique que vous ne citiez qu'une seule fois les mots mêmes du président de la République : "financer l'avenir de la France", au début de l'article, pour n'y plus revenir ensuite, comme s'il n'y avait aucun problème à cet égard et s'il s'agissait là d'un mauvais alibi.


On eût souhaité lire sous votre plume votre avis sur le retard des universités françaises dans les classements mondiaux, sur les conséquences prévisibles de la baisse significative et constante du pourcentage d'étudiants s'orientant vers les sciences exactes, et sur le blocage faute de financements de programmes de recherche majeurs dans les sciences du vivant, dans les nanotechnologies, dans les énergies renouvelables ou dans la préparation d'objets moins énergivores pour nos déplacements urbains, notre chauffage ou nos activités maritimes, aériennes et spatiales.
C'est de ce diagnostic que dépend la possibilité pour la France de maintenir ou de reconquérir de fortes positions mondiales, ou d'être suiviste et importatrice (d'où la dette de demain, monsieur) dans ces domaines dont dépend notre avenir.


La seconde concerne la dette. C'est le monde entier que la crise bancaire financière et économique en cours a affecté d'une augmentation spectaculaire et dangereuse de l'endettement. Quelques pays sont en faillite pure et simple, Hongrie, Lettonie, Islande. Les Etats-Unis portent une dette ahurissante (37 trillions de dollars) mais c'est moins grave pour eux que pour d'autres, aussi longtemps que le dollar restera la monnaie du monde, à cela près que justement leur dette met en cause ce règne du dollar.


Aux limites de l'étranglement sont aussi l'Angleterre, l'Irlande, l'Espagne, l'Italie et la Belgique et quelques autres. Les deux pays qui ont le moins mal résisté sont la France et l'Allemagne, même si leur dette à toutes deux est en train d'approcher 80 % du PNB, ce qui est énorme, dangereux, mais moins que la moyenne. Nos deux Trésors publics restent notés AAA, sans annonce de modification prochaine comme ce vient d'être le cas pour l'Angleterre.
C'est justement cette situation comparative qui laisse à la France la marge de liberté de se poser la question de savoir s'il n'y a pas encore plus d'urgence à renforcer nos positions pour l'avenir, du moment que l'augmentation annuelle de notre dette est acceptable par les marchés. L'emprunt en représente 12 % ; les opérateurs considèrent ce niveau comme acceptable, précisément. Pour en discuter, il eût fallu relativiser et comparer. Votre papier eût été plus convaincant si vous l'aviez fait.


Ma troisième remarque me concerne personnellement. Vous écrivez :"Deux anciens premiers ministres, Rocard à gauche, Juppé à droite, qui il est vrai avaient pratiqué avec brio l'art du déficit quand ils occupaient leur poste..." Je ne peux ni ne cherche à parler au nom d'
Alain Juppé. Pour ce qui me concerne, il me faut rappeler quelques faits.


Je suis nommé le 10 mai 1988. Le budget de cette année a été arrêté par le gouvernement et la majorité précédente avec un déficit de 135 milliards de francs. Je l'exécute au milliard près. Je fais adopter pour 1989 un budget au déficit de 115 milliards, puis pour 1990 un budget au déficit de 100 milliards, tous deux exécutés au milliard près. Je fais adopter le budget pour 1991 avec un déficit de 90 milliards. Je quitte mes fonctions en mai, ce dernier budget sera exécuté avec un déficit majoré de près de 4 milliards. La récession de 1992 commençait en effet à se faire sentir fin 1991. Est-ce ce type de gestion que vous appelez "pratiquer avec brio l'art du déficit" ? Une meilleure mémoire vous aurait évité ce que, compte tenu justement de l'idée que je me fais des finances publiques et de la dette, je ne peux considérer que comme une insulte."

 


  Michel Rocard en réponse  à Pierre-Antoine Delhommais
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Published by Michel Rocard, en réponse au Monde - dans Economie et social
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1 décembre 2009 2 01 /12 /décembre /2009 17:08

Le Point.fr et l'agence Reuters
...


Nicolas Sarkozy estime que la priorité donnée à l'investissement dans le plan de relance a porté ses fruits, la France affichant "la plus petite récession" des grands pays européens.

Le chef de l'Etat, qui avait choisi la Seyne-sur-Mer (Var) pour faire le bilan de la mise en oeuvre de ce plan de 26 milliards d'euros lancé il y a un an, a exclu de mettre un terme aux mesures de relance pour étayer la reprise économique.

"On a cassé la spirale de la chute, mais c'est fragile", a-t-il dit.


Dans son intervention comme lors d'une rencontre auparavant avec des salariés de la Cnim, un groupe d'ingénierie dont il a visité un site de production, il a souligné que, en termes de décroissance et de chômage, la France s'en tirait mieux depuis le début de la crise que les grandes économies occidentales.

Au passage, il a légèrement ajusté la prévision de baisse du produit intérieur brut de la France pour 2009, qui ne serait plus que de 2 ,0% à 2,1% contre 2,25% anticipé officiellement., là où celle de l'Allemagne est estimée à environ 5%.


S'il a mis en avant l'efficacité du modèle français avec ses stabilisateurs automatiques, il n'a pas hésité à l'attribuer aussi à la politique mise en oeuvre depuis un an.

"Quand on voit que la France aura la plus petite récession, on doit quand même honnêtement se dire que la politique économique conduite y est pour quelque chose!", a-t-il déclaré.

"Regardez ce qui se passe ailleurs. Le pays qui s'en sort le mieux, c'est la France. Je ne dis pas ça pour me consoler ou pour être béat d'optimisme. Mais si on était le pays qui s'en sort le plus mal, on me le dirait matin, midi et soir ", a-t-il ajouté devant les salariés de Cnim.


"On n'a pas fait d'erreurs, on n'a laissé tomber personne", a encore dit Nicolas Sarkozy, qui a invité le week-end dernier son parti, l'UMP, à mener une campagne nationale pour les élections régionales de mars prochain.


Il a souligné sur ce point que la bonne résistance de la consommation des ménages justifiait la priorité donnée aux investissements dans le plan de relance, même si les ménages les plus modestes n'ont pas été oubliés avec des mesures comme les réductions d'impôt ou la prime de solidarité active.


De même, il a affirmé que la France avait été suivie par de nombreux autres pays avec la création d'une prime à la casse pour soutenir l'industrie automobile ou, pour ce qui est récemment de l'Allemagne, d'un médiateur du crédit pour favoriser le financement des entreprises par les banques.

"Je me réjouis que l'Allemagne prenne la même décision que nous, mais nous, nous l'avons prise l'année dernière ", a-t-il indiqué.


Le président de la République a une nouvelle fois défendu des mesures controversées comme le bouclier fiscal et la suppression de la taxe professionnelle, estimant qu'elles participaient à la compétitivité économique de la France.


"En aucun cas, je ne prendrai le chemin des augmentations d'impôt. Je veux juguler les délocalisations, améliorer la compétitivité de l'économie française, alléger le poids de la fiscalité qui pèse sur le travail", a-t-il assuré, ajoutant : "Je conseille aux collectivités territoriales d'adopter la même stratégie."

Celles-ci devront, selon lui, participer autant que l'Etat et la Sécurité sociale au rééquilibrage des finances publiques nécessaire une fois que la crise sera passée à l'arrière-plan et qui passe non pas par une hausse des prélèvements mais "une diminution des dépenses du passé".


Il s'en est pris implicitement sur ce point aux socialistes en déclarant : "J'observe que ce sont les mêmes qui hurlent contre les déficits qui, hier, voulaient doubler le plan de relance."


Edité par Yves Clarisse

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22 novembre 2009 7 22 /11 /novembre /2009 22:14

Notre ami, Claude Guignard, propose une réflexion à la Commission économique, de La Gauche Moderne...Quoique ce texte soit un outil de réflexion et de  travail,  je prends sur moi de  le publier...J'espère qu'il ne m'en voudra pas
...


La sortie de la crise actuelle commencée fin 2007 est la préoccupation des gouvernements de la planète en cette fin d’année 2009, bien plus que la température de la planète en 2030, qui est entachée d’ailleurs à peu près d’autant d’inconnues.

 

L’étude de la Grande Dépression n'est pas rassurante :

            La chronologie du déclenchement n’en est toujours pas élucidée en raison des causes multiples et interdépendantes. Et de plus seule la guerre de 39-45 a permis de sortir d’une léthargie de mini-reprises et mini- dépressions.

La leçon de cette grande dépression a certes été « ce qu’il ne faut pas faire,à savoir la politique du président républicain de l’époque, Hoover ».Ben Bernanke , le président de la FED, très bon connaisseur de la Grande Dépression, a donc mené la bonne politique,  alimenté le crédit, soutenu l’ industrie  et s’est refusé au protectionnisme , et a su  convaincre le président B. Obama.

Mais on est bien obligé de constater que ces mesures pertinentes n’ont pas permis de ramener l’économie américaine, et par voie de conséquence l’économie des pays industrialisés dans une situation stable de croissance. Or comme le démontre Daniel Cohen dans « La prospérité du Vice », la croissance est indispensable dans nos sociétés pour que les jeunes générations acceptent de continuer à financer les anciens (dont je suis) . Or tant que le chômage continuera  à augmenter, et cela à peu près partout dans le monde industrialisé, les déficits et les dettes des états vont atteindre dès 2010 des niveaux difficilement tolérables, leur poids sur les générations futures, détruisant à terme la cohésion sociale.

La grande différence par rapport à 1929,  est la perte de compétitivité des nations anciennement industrielles par rapport aux pays émergents (Chine-Inde) et cela va durer étant donnée leur réserve de gains, en productivité, mais aussi en services (cf sociétés de services informatiques hindoues, ou de recherches pharmaceutiques) et en  agriculture face aux nouveaux pays agricoles (Brésil, Argentine, Australie, Nouvelle Zélande, sans doute bientôt Ukraine) .

On va bientôt d’ailleurs mesurer les dégâts causés par l’abandon de l’industrie au profit des services (en particulier les services financiers, qui captent une part excessive du PIB), qui créent du confort mais peu de richesses. De même les réactions passionnelles et pas du tout argumentées économiquement (contre la malbouffe, contre les OGM et pour la promotion du bio, en fait importé en grande partie et au moins 30% plus cher) n’arrangent pas les affaires de notre agriculture.

 

Le défit est un peu effrayant : il faut repositionner nos pays dans la compétition mondiale à terme, alors qu’on manque à la fois de temps et d’argent.

La aussi, l’histoire économique n’est pas encourageante : La Grande Bretagne, malgré Keynes, ne s’est jamais remise du choix de 1921 de sacrifier son industrie, déjà dépassée par l’industrie allemande, au profit de sa finance, en soutenant la livre par des taux d’intérêt élevé.

Que faire pour maintenir la cohésion nationale par un minimum de croissance, dans un environnement de plus en plus compétitif, alors qu’il faut repositionner ou réorienter industrie, services et agriculture et qu’il n’y a pas beaucoup d’argent.

 

1° Il faut toujours établir des raisonnements quantitatifs : se méfier des formules essentiellement rhétoriques, telles que rendre la recherche compétitive, créer des emplois avec les industries vertes : ( combien, 1 million ?, deux  millions, trois millions ? et par quels raisonnements ?)

Tout investissement  doit «  in fine » générer soit des gains de productivité permettant d’améliorer la compétitivité et/ou des produits compétitifs sur le marché international du futur.

La sélection des investissements, en distinguant bien le moyen terme et le long terme, doit se faire sur ces critères de compétitivité sur les marchés de demain, bien analysés en volume et en évaluant la part accessible pour notre industrie nationale.

Il est nécessaire de mettre à jour ce « tableau de bord » de notre économie.

Il faut absolument que les industriels concernés soient impliqués dans l’établissement des objectifs  et prennent des engagements, (comme c’est le cas pour Renault-Nissan, Peugeot et EDF sur la voiture électrique et hybride.)

2°) Il faut avoir un plan de sélection de nos activités (On ne pas tout faire) : industrielles, en agriculture, de services avec les études économiques qui permettent de contrôler l’équilibre budgétaire,  les résultats du commerce extérieur, les moyens de l’indépendance politique ( Budget de Défense), l’indépendance énergétique, entre autres.

3°) Il faut un minimum de coordination européenne, sans angélisme car nos amis sont aussi nos concurrents, mais éviter le manque de coordination France-Allemagne qui sévit dans le nucléaire : Siemens coopère avec les Russes, Areva avec les Japonais (Mitsubishi) et on envisage de vendre 40% d’Areva(La division TD= 35.000 personnes) à un de ses pires concurrents : General Electric ou Toshiba-Westinghouse ! Même si ce n’est pas fait, le discours des commerciux d’Areva ne doit pas être facile ! 

Il y a à mon avis urgence à commencer à réfléchir à cette problématique, et à la stratégie qui permettra d’associer politiques, nationaux et régionaux , aux experts industriels, agricoles, des services, de l’innovation.

Il n’a échappé à personne que le duo Juppé-Rocard, si estimables qu’ils soient, manquaient de support d’experts, et de réflexion dans la durée.

La méthode de la commission Attali m’a paru une formule propre à mobiliser les parties prenantes, tout en ouvrant sur l’étranger, et d’arriver à un résultat suffisamment consensuel et exploitable dans un temps raisonnable.

C’est donc cette démarche que je propose.

Claude Guignard

 
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10 novembre 2009 2 10 /11 /novembre /2009 22:02

Par Jean-Louis Caccomo
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Eternelle question, éternelle polémique : à quoi servent les experts, et plus particulièrement, les économistes ? A l’occasion de l’attribution du prix Nobel d’économie, cette interrogation déclenche à chaque fois la même polémique : l’économie est-elle une science ? Si c’est une science, pourquoi existe-t-il tant d’avis divergents et contradictoires ? Remarquons au passage que le débat est le propre de la science. On ne discute pas une idéologie ou les commandements d’une religion : on y adhère ou pas, on y croit ou pas. Mais cela ne se discute pas. Les sciences – qu’elles soient naturelles, exactes ou sociales - progressent dans le débat et la contradiction. Car la science est ouverte : ce qui semblait impossible hier peut s'avérer banal demain

Mais l’économie est traversée d’enjeux qui la dépassent. L’économiste doit-il pour autant participer aux débats publics au risque d’endosser un discours partisan qui décrédibilisera son message ou au contraire rester au-dessus de la mêlée et prendre le risque de n’être jamais entendu ou pris au sérieux ? [1]

 

Ce débat, déjà très ancien, a débouché en France sur une proposition de réforme de l’enseignement de la science économique face au constat de désaffection par les étudiants des filières de sciences économiques, au profit notamment des filières de formation plus appliquées en gestion et management (qui font le succès des écoles de commerce ou des I.A.E.). La critique majeure concerne l’évolution de la science économique vers une modélisation toujours plus abstraite qu’elle ne devient compréhensible que par les seuls experts alors même que les questions économiques interpellent chaque jour le citoyen. Et justement parce que le débat public baigne de considérations économiques, la science économique se doit d’être compréhensible par l’homme ordinaire, mieux intégrée aux débats publics et plus susceptible d’influencer les politiques [2].
Toutes les sciences utilisent la modélisation mais la modélisation n’est jamais neutre. Pourtant la modélisation oriente la décision et l’on oublie trop souvent que les résultats des modèles sont tributaires des hypothèses que l’on adopte pour les construire.


Depuis ses origines, l’économie modélisée se présente le plus souvent comme une technique de planification (à l’instar des matrices Léontieff en U.R.S.S.) ou de régulation, apportant de l’eau au moulin du dirigisme (planification autoritaire) ou de l’interventionnisme (régulation incitative). Par exemple, la théorie contemporaine de la croissance économique s’appuie sur des modèles très élaborés qui mettent en scène un « régulateur bienveillant » dont l’objectif est de corriger les défaillances du marché. On aura compris que l’Etat moderne s’identifie totalement à ce « planificateur bienveillant ». Pourtant, ces modèles reposent sur deux hypothèses cruciales qui tendent à devenir des postulats si l’on n’y prend garde : d’une part, que les défaillances observées sont bien imputables au marché ; d’autre part, que l’agent régulateur bienveillant existe réellement. Pour peu que l’on étudie sérieusement le fonctionnement de l’économie sur le terrain, l’on mesurera la fragilité de telles hypothèses.

 

Toutes les polémiques qui traversent la science économique opposent ceux qui considèrent que la « main invisible » n’existe pas à ceux qui considèrent que le « planificateur bienveillant » est une chimère. Sans doute faut-il se résigner à admettre que ni la main invisible ni le planificateur bienveillant n’existent, ce qui n’empêche nullement le monde économique de tourner. Et pourtant elle tourne avait dit Galilée en son temps ! Et si le monde économique tourne, il faut bien développer les instruments adéquats pour le comprendre. Ou alors il tournera sans nous.

 

 

[1] Les réflexions de dix économistes sur ces questions déjà bien anciennes ont été réunies dans un ouvrage publié par Daniel Klein, professeur d’économie à Santa Clara University, en Californie sous le titre What Do Economists Contribute ? New York University Press, 1999.

 

[2] Lemieux P. « A quoi servent les économistes », Le Figaro-Economie du 19 janvier 2001.

 

 

Jean-Louis Caccomo,

http://caccomo.blogspot.com/

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25 octobre 2009 7 25 /10 /octobre /2009 20:41

Par Bernard Spitz, Le Monde du 23 10 09
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Certaines crises prennent la société au dépourvu. Si un renversement des années de croissance financière était prévisible, ses modalités, le moment de l'effondrement et ses causes précises l'étaient moins. D'autres transformations, elles, sont annoncées et inéluctables. Projetée à trente ans, la démographie est une science exacte. Nous connaissons l'évolution de la pyramide des âges et ses conséquences : la nécessité de repenser le financement et la nature même du système de retraites ; les charges sur notre système de santé ; l'obligation de concevoir avec lucidité nos devoirs envers nos aînés en fin de vie.

Chacun d'entre nous a pour perspective un espoir de vie plus long qu'il ne l'a jamais été. Nombre d'entre nous connaîtront aussi, au cours de leurs dernières années, une situation de dépendance physique ou mentale telle qu'une assistance extérieure leur sera nécessaire. Voudrions-nous l'oublier qu'autour de nous la complexité croissante des situations familiales viendrait nous le rappeler. Car en même temps que le nombre de personnes dépendantes est appelé à augmenter (de 50 % d'ici à 2040, pour atteindre 1,5 million de personnes), les liens et les solidarités intergénérationnels se distendent, abolissant beaucoup des réseaux de soutien traditionnels.

Pis encore, nous sommes loin d'avoir réparé la fracture qui réserve, dans la société française, l'essentiel des privilèges - sécurité de l'emploi, du salaire ; perspectives de carrière et d'avancement social - à une tranche étroite d'adultes âgés de 25 à 50 ans, voire 55 ans. A coups de stages non payés et de CDD, nous avons fait des jeunes la variable d'ajustement d'un système dont le déficit de fluidité affecte la créativité même de notre nation. Arrivés sur le marché du travail pendant et juste après les "trente glorieuses", les baby-boomers ne ménagent guère d'ouvertures aux générations qui les suivent, et pèsent de plus en plus sur les choix politiques. Ils font par ailleurs tomber le couperet - retraites, préretraites, restructurations - sur les "seniors", à qui la médecine et les évolutions des modes de vie ont pourtant accordé une forme physique impensable pour la génération de leurs parents.


Nation divisée

Ce gâchis économique, qui fait reposer l'essentiel de la productivité du pays sur une minorité, l'est encore plus au niveau social. Comment espérer préserver un sentiment de solidarité entre des générations dont la moitié s'estime flouée par l'autre ? Et pourtant, après avoir repoussé pendant des années la nécessaire refonte des retraites, seulement abordée depuis deux ans, comme de l'enseignement, qui se profile à peine, il importe de ne pas perdre de temps pour faire de la dépendance une priorité nationale. Le président de la République l'affirmait devant le Sénat le 18 septembre 2007, promettant "un nouveau droit à la protection sociale... mieux adapté à la diversité des situations individuelles... en développant l'assurance individuelle contre le risque de dépendance... non pas en substitution de la solidarité nationale mais en complément". Aborder de front la dépendance aurait deux vertus : réintroduire le long terme dans les grands choix de politique publique ; et fédérer sur un terrain commun une nation divisée. L'Etat, qui assure un minimum d'assistance décent, ne saurait prendre en charge toutes les situations individuelles, alors que les études montrent que nous refusons l'institutionnalisation de la fin de vie.

Or près d'un Français sur trois a déjà dans son entourage une personne dépendante. Pour ne pas devoir prendre dans l'urgence des décisions contraignantes, les chemins d'une solution passent par un partenariat entre le public et le privé, où les assureurs français peuvent apporter une expérience reconnue. Un système supportable pour les finances publiques pourrait passer par la création d'une couverture dépendance accessible à tous grâce à des aides ciblées pour les faibles et moyens revenus.


La France
est en pointe dans le domaine des contrats d'assurance-dépendance, qui existent chez nous depuis 1980. Il y en a 3 millions, alors que les Etats-Unis en comptent 7 à 8 millions. A cet égard, les travaux du sénateur Philippe Marini et de la mission commune d'information du Sénat, qui préconisent le développement de la couverture assurancielle du risque dépendance, au côté du pilier public de prise en charge, dans le cadre d'un système mixte de financement de la dépendance, fournissent un cadre de grande valeur. Cette réflexion sera approfondie en décembre lors des rencontres du Conseil d'orientation et de réflexion de l'assurance (CORA), qui réuniront les spécialistes français de la dépendance au siège de la Fédération française de sociétés d'assurances (FFSA).


"L'histoire de toutes les guerres perdues se résume en deux mots : trop tard"
, disait le général MacArthur. Il n'est pas trop tard pour relever le défi de la dépendance, et, ce faisant, de relancer une nouvelle solidarité entre les Français.


Bernard Spitz est président de la Fédération française des sociétés d'assurances.

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18 octobre 2009 7 18 /10 /octobre /2009 17:39

...Par Jean-Louis Caccomo...


Le directeur de la C.I.A a dit un jour à l’occasion d’une conférence : « le renseignement est le plus vieux métier du monde ». Quelqu’un dans l’assistance lui rétorqua : « non, c’est la prostitution ! ». Alors il répondit : « vous avez raison, mais encore faut-il savoir où sont les prostituées ! ».

 

Depuis des millénaires, les rois, les reines, les empereurs et les généraux ont cherché à mettre au point des moyens de communication efficaces pour gouverner leur pays ou commander leurs armées. Dans le même temps, ils étaient conscients des risques encourus si leurs messages tombaient entre les mains de l’ennemi. C’est la crainte de ces interceptions qui fut à l’origine du développement des codes et des chiffres, qui sont des techniques utilisées pour déguiser un message afin d’en brouiller le sens. On doit à Jules César le fameux chiffre qui porte son nom.
Le souci de confidentialité a entraîné les nations à créer des services secrets, chargés d’assurer la sécurité des communications par l’invention et la mise en œuvre des meilleurs codes possibles. Parallèlement, les décodeurs ennemis s’acharnèrent à briser les codes. Ces activités ont donné naissance aux « services d’intelligence ». Il est remarquable de constater que l’affrontement séculaire entre les concepteurs de code d’un côté et les briseurs de codes de l’autre côté a nourrit une formidable avancées des sciences (notamment des mathématiques) et des techniques.
Dans ce domaine aussi, c’est souvent la compétition, voire l’affrontement, qui constitue un puissant stimulant pour la créativité et l’innovation. L’issue de la seconde guerre mondiale a tenu à la capacité des services secrets alliés à briser le système de chiffrage nazi (fondé sur l’utilisation de la machine « Enigma », sans doute la première machine électromécanique à coder).

 

L’intelligence économique a donc une origine militaire. L’intelligence militaire fut très tôt basée sur la technique du cryptage. Le cryptage est un moyen de protéger notre intimité, ou de garantir aujourd’hui le succès des marchés électroniques. Mais la demande croissante et légitime du public en matière de cryptage – protection de la vie privée – se heurte à la nécessité d’appliquer les lois et d’assurer la sécurité nationale. Le débat autour du secret bancaire illustre ce propos. Le secret bancaire est une aspiration légitime des titulaires de comptes (personne n’apprécie que l’on fouille dans ses comptes au nom de la transparence) et un service fondamental offert par la banque à ses clients de la même manière que le secret médical est ce qui permet de créer une relation de confiance entre le médecin et son patient. Mais le secret bancaire permet aussi de couvrir des activités illicites contre lesquelles les Etats ont le devoir de lutter.

 
Pendant des décennies, la police et les services secrets ont utilisé des écoutes pour déjouer les plans des terroristes ou lutter contre la criminalité organisée, mobilisant des techniques de plus en plus sophistiquées dont l’Etat avait le monopole. Mais les hommes de pouvoir peuvent invoquer la raison d’Etat pour pratiquer des écoutes bien illégitimes et détourner ces outils à des fins personnelles. C’est pourquoi les défenseurs des droits individuels poussent à l’usage répandu du cryptage pour préserver l’intimité de nos vies privées. Pareillement, les entreprises (notamment les banques) réclament un cryptage sûr pour le développement de leurs propres réseaux d’informations et pour protéger leurs informations sensibles. Ainsi, les acteurs privés peuvent disposer librement des outils autrefois réservés aux seuls services secrets.

De leurs côtés, les forces de l’ordre font pression sur les gouvernements pour qu’ils restreignent l’usage privé du codage. Au nom de la lutte contre le blanchiment de l’argent sale ou de la fraude fiscale, les services du fisc défendent des arguments similaires. Il y a toujours un arbitrage difficile à faire : à quoi attribuons-nous le plus de prix, au respect de notre vie privée ou à une police (une sécurité) plus efficace ? On retrouve le dilemme plus fondamental entre liberté et sécurité.

 

Les militaires considèrent que la première guerre mondiale fut la guerre des chimistes, parce que le gaz moutarde et le chlore y furent employés pour la première fois. De la même manière, la deuxième guerre mondiale avait été celle des physiciens, en raison du recours ultime à la bombe atomique. S’il devait y avoir une troisième guerre mondiale, elle serait la guerre des mathématiciens, dans la mesure où ces derniers contrôleront la prochaine arme de guerre déterminante : l’information. En tout cas, l’information est déjà l’argument de la compétition économique et l’instrument de l’intelligence économique.

 

Jean-Louis Caccomo,

http://caccomo.blogspot.com/

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