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Contact: marcdhere.mdh@gmail.com 

 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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30 avril 2010 5 30 /04 /avril /2010 12:39

 

Jean Peyrelevade, Le Monde daté 29 avril 2010...

 

 

 

Toute une mouvance qui se considère comme exprimant les valeurs de la "vraie gauche", les économistes d'Attac, les amis de Jean-Luc Mélenchon, Jean-Luc Mélenchon lui-même, voire l'aile souverainiste du Parti socialiste proposent au problème du financement des retraites une solution démagogique.

 

Leur thèse est simple, en deux parties. Premièrement, il faut "couvrir l'augmentation des besoins sociaux par un accroissement des prélèvements collectifs sur la richesse produite". Explicitons : nous ne devons ni reculer l'âge de la retraite, ni allonger la durée de cotisation, mais prélever davantage sur le revenu des actifs pour financer les pensions d'un nombre croissant d'inactifs.

 

Deuxièmement, il convient pour ce faire de ne pas toucher aux revenus du travail, mais uniquement à ceux du capital. "Cela est possible si le curseur de la répartition des revenus revient en faveur de la masse salariale. Celle-ci a connu trois décennies de dégradation, tandis que la part des dividendes dans le PIB est passée de 3,2 % en 1982 à 8,5 %. Un déplacement qui équivaut aux ressources supplémentaires pour financer les retraites (...)."

 

En démocratie, toute proposition mérite le débat. On voit bien ce que celle-ci a de plaisant. On ne touche pas aux "avantages acquis" et on fait payer par les seuls capitalistes (les bénéficiaires anonymes des revenus du capital) le coût que représente pour la collectivité l'allongement de l'espérance de vie dont nous bénéficions tous.

 

Malheureusement, cette solution séduisante repose sur des chiffres faux. Comme si, politiquement nécessaire, elle était si faible dans ses fondements qu'il faille, pour lui assurer une apparente plausibilité, travestir la réalité. Le capital doit prendre sa juste part du fardeau, il ne peut pas l'assumer tout entier.

 

Le mensonge, tellement répété d'une intervention à l'autre qu'il en devient lassant, est double :

1 - La répartition de la valeur ajoutée des sociétés non financières est, en ce qui concerne la part des salaires, stable depuis vingt ans : 65,3 % en 1988, 65,6 % en 2009, avec peu de variations intermédiaires. La dégradation ne s'étend donc pas sur trois décennies, mais se mesure par rapport à une seule, la plus éloignée dans le temps. La part des salaires dans la valeur ajoutée y avait atteint un maximum de 74,2 % en 1982, record historique absolu jamais égalé ni avant ni après, et qui intervint après les trois ébranlements majeurs que furent les chocs pétroliers de 1974 et de 1979 et la relance mitterrandienne de 1981.

Comme notre appareil productif supporta alors, en première ligne, le coût de l'ajustement (à la différence de ce qui se passa dans la plupart des pays développés), la part de l'excédent brut d'exploitation des entreprises dans la valeur ajoutée tomba à un minimum historique absolu de 23,9 % (contre 30 % aujourd'hui). A un tel niveau, une fois payés l'impôt et l'intérêt, on arrive à grand-peine à renouveler le capital existant. Inutile alors de parler d'investissement net, donc de croissance.

La thèse est-elle qu'il faut revenir aux ratios économiques de 1982, année de déséquilibre majeur débouchant sur deux dévaluations et deux plans de rigueur ? Si tel est le cas, il faut le dire et le justifier. Car, une fois de plus, après la correction imposée d'une trajectoire insoutenable, le partage salaires-profits est stable depuis deux décennies.

 

2 - Les dividendes net distribués par les sociétés non financières étaient bien en 1982 (année dont on a vu en quoi elle était exceptionnelle) égaux à 3,2 % de leur valeur ajoutée et sont depuis remontés jusqu'à 8 % en 2007. Mais ladite valeur ajoutée ne doit pas être confondue avec le PIB, dont elle ne représente que la moitié. Il faut être cohérent : rapportée au PIB, la distribution de dividendes est en fait passée de 1,6 % à 4 %, soit une variation du même ordre de grandeur que les ressources manquant au financement des retraites.

En gros, il faudrait supprimer la notion même de dividendes, donc de rémunération du capital, donc de capitalisme, pour financer les retraites. On rencontrerait sans doute quelques autres obstacles sur un chemin aussi enchanteur.

 

Je ne puis soupçonner tant de bons esprits, tellement attachés au bien public, d'incompétence. Ils savent ce qu'ils font et pourquoi ils travestissent les chiffres ou leur interprétation. La vérité économique leur importe peu, puisque leur thèse est politique.


Jean Peyrelevade, économiste.

 

 

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29 avril 2010 4 29 /04 /avril /2010 14:32

Sarkozy : La France sera au rendez-vous

 

 

La France "est totalement déterminée à soutenir l'euro et à soutenir la Grèce", dont le plan de sauvetage est "crédible", a déclaré jeudi le président français Nicolas Sarkozy, en visite à Pékin. "Nous faisons confiance au gouvernement grec et nous travaillons d'arrache-pied pour que tout ceci se mette en place sans délai", a ajouté le président.

"La France prendra toute sa part. Nous serons au rendez-vous", a-t-il ajouté à la sortie d'un entretien avec Wu Bangguo, président de l'Assemblée nationale chinoise, au deuxième jour de sa visite à Pékin. Nicolas Sarkozy a, par ailleurs, insisté sur "la parfaite entente entre l'Allemagne et la France" sur les moyens de résoudre la crise de la dette grecque. "J'ai constamment la chancelière (Angela Merkel) au téléphone, on se voit", a ajouté Nicolas Sarkozy. "J'ai été très satisfait
des déclarations de (...) la chancelière sur la crédibilité du plan grec , sur sa détermination à mettre en application le plan européen de soutien à l'euro", a-t-il ajouté alors que Berlin a été très réticent à venir en aide à la Grèce.

"Devoir de solidarité"

Pour Nicolas Sarkozy, "il faut bien comprendre que, dans cette affaire, il ne s'agit pas seulement de la Grèce. Il s'agit de l'euro, c'est notre monnaie commune. Nous y sommes attachés, ceci nous crée des obligations et un devoir de solidarité, nous assumerons." "La France s'est mise en position de remplir ses obligations pour lutter contre la spéculation. Le plan qui a été défini par l'Europe sera appliqué de façon importante, nous ne laisserons pas la spéculation agir à son gré pour déstabiliser tel ou tel pays", a dit le chef de l'État français au sujet de la crise déclenchée par les déficits abyssaux grecs, qui a entraîné la panique sur les Bourses et une chute de l'euro.

Des responsables de la Commission, de la Banque centrale européenne et du FMI sont actuellement à Athènes pour se mettre d'accord avec les autorités grecques sur les conditions en échange desquelles leur seront accordés les prêts des pays de la zone euro et du FMI. L'enveloppe de prêts promis pour 2010 dans le cadre de ce plan de sauvetage atteint quelque 45 milliards d'euros.

 

AFP et lepoint.fr

 

 

Fillon : harmonisation progressive des systèmes sociaux

 

Le Premier ministre, François Fillon, a plaidé jeudi pour "une harmonisation progressive" des politiques économiques et sociales des pays de la zone euro afin de renforcer la monnaie unique et éviter les attaques dont elle est l'objet, comme en ce moment avec la crise grecque.

"On ne peut pas avoir la même monnaie et avoir une organisation complètement différente d'un pays à l'autre", a déclaré le Premier ministre lors de l'inauguration d'un campus des métiers et de l'entreprise en Seine-Saint-Denis.

"On ne peut pas avoir la même monnaie et travailler 42 heures dans un pays et 35 ou 37 dans l'autre. On ne peut pas avoir la même monnaie et partir à la retraite à 67 ans dans un pays et à 56 ou 57 dans un autre. Ca ne tiendra pas très longtemps. Ou alors il faut accepter que notre monnaie commune soit menacée", a poursuivi le Premier ministre.

"Si on veut avoir la même monnaie, si on veut continuer à faire de l'Europe une zone de prospérité, notamment pour se défendre contre la montée des économies des pays émergents, alors il faudra bien que nous harmonisions progressivement nos systèmes économiques et nos systèmes sociaux, pour faire en sorte que notre monnaie corresponde à une réalité économique", a-t-il encore dit.

Les tractations pour finaliser l'aide internationale à la Grèce sont sur le point d'aboutir pour tenter de sauver le pays de la faillite et mettre ainsi un terme à la plus grave crise ayant affecté la zone euro depuis la création de la monnaie unique.

AFP et lepoint.fr

 

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Published by AFP et Le Point.fr - dans Economie et social
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14 avril 2010 3 14 /04 /avril /2010 13:32

 

Je publie à nouveau  de larges extraits de ce discours qui marquait la première réaction publique de Nicolas Sarkozy à la crise qui déferlait sur le monde. On pourra juger un an et demi après ce discours, à quel point il était lucide et fixait clairement ce qui serait la réponse de la France à cette crise.

 Les coupes sont indiquées par des pointillés… 

 

……..Une crise de confiance sans précédent ébranle l'économie mondiale. De grandes institutions financières sont menacées, des millions de petits épargnants dans le monde qui ont placé leurs économies à la Bourse voient jour après jour fondre leur patrimoine, des millions de retraités qui ont cotisé à des fonds de pension craignent pour leurs retraites, des millions de foyers modestes sont mis en difficulté par la hausse des prix.
Comme partout dans le monde, les Français ont peur pour leurs économies, pour leur emploi, pour leur pouvoir d'achat……. …..Il faut vaincre cette peur….. On ne la vaincra pas, on ne rétablira pas la confiance en mentant mais en disant la vérité.
La vérité, les Français la veulent, ils sont prêts à l'entendre………. Dire la vérité aux Français, c'est leur dire que la crise n'est pas finie, que ses conséquences seront durables, que la France est trop engagée dans l'économie mondiale pour que l'on puisse penser un instant qu'elle pourrait être à l'abri des évènements qui sont en train de bouleverser le monde. Dire la vérité aux Français, c'est leur dire que la crise actuelle aura des conséquences dans les mois qui viennent sur la croissance, sur le chômage, sur le pouvoir d'achat.

Dire la vérité aux Français, c'est leur dire d'abord la vérité sur la crise financière. Parce que cette crise, sans équivalent depuis les années 30, marque la fin d'un monde qui s'était construit sur la chute du Mur de Berlin et la fin de la guerre froide. Il avait été porté par un grand rêve de liberté et de prospérité.
La génération qui avait vaincu le communisme avait rêvé d'un monde, où la Démocratie et le marché résoudraient tous les problèmes de l'humanité. Elle avait rêvé d'une mondialisation heureuse qui vaincrait la pauvreté et la guerre.
Ce rêve a commencé à devenir réalité : les frontières se sont ouvertes, des millions d'hommes ont été arrachés à la misère, mais le rêve s'est brisé sur le retour des fondamentalismes religieux, des nationalismes, des revendications identitaires, sur le terrorisme, les dumpings, les délocalisations, les dérives de la finance globale, les risques écologiques, l'épuisement annoncé des ressources naturelles, les émeutes de la faim.
Une certaine idée de la mondialisation s'achève avec la fin d'un capitalisme financier qui avait imposé sa logique à toute l'économie et avait contribué à la pervertir.
L'idée de la toute puissance du marché qui ne devait être contrarié par aucune règle, par aucune intervention politique, était une idée folle. L'idée que les marchés ont toujours raison était une idée folle.
Pendant plusieurs décennies on a créé les conditions dans lesquelles l'industrie se trouvait soumise à la logique de la rentabilité financière à court terme. On a caché les risques toujours plus grands qu'on était obligé de prendre pour obtenir des rendements de plus en plus exorbitants. On a mis en place des systèmes de rémunération qui poussaient les opérateurs à prendre de plus en plus de risques inconsidérés. On a fait semblant de croire qu'en mutualisant les risques on les faisait disparaître. On a laissé les banques spéculer sur les marchés au lieu de faire leur métier qui est de mobiliser l'épargne au profit du développement économique et d'analyser le risque du crédit. On a financé le spéculateur plutôt que l'entrepreneur…….
…….C'était une folie dont le prix se paie aujourd'hui !
Ce système où celui qui est responsable d'un désastre peut partir avec un parachute doré, où un trader peut faire perdre cinq milliards d'Euro à sa banque sans que personne s'en aperçoive, où l'on exige des entreprises des rendements trois ou quatre fois plus élevés que la croissance de l'économie réelle, ce système a creusé les inégalités, il a démoralisé les classes moyennes et alimenté la spéculation sur les marchés de l'immobilier, des matières premières et des produits agricoles.

 
Mais ce système, il faut le dire parce que c'est la vérité, ce n'est pas l'économie de marché, ce n'est pas le capitalisme.
L'économie de marché c'est le marché régulé, le marché mis au service du développement, au service de la société, au service de tous. Ce n'est pas la loi de la jungle, ce n'est pas des profits exorbitants pour quelques-uns et des sacrifices pour tous les autres. L'économie de marché c'est la concurrence qui réduit les prix, qui élimine les rentes et qui profite à tous les consommateurs.
Le capitalisme ce n'est pas le court terme, c'est la longue durée, l'accumulation du capital, la croissance à long terme.
Le capitalisme ce n'est pas la primauté donnée au spéculateur. C'est la primauté donnée à l'entrepreneur, la récompense du travail, de l'effort, de l'initiative.
Le capitalisme ce n'est pas la dilution de la propriété, l'irresponsabilité généralisée. Le capitalisme c'est la propriété privée, la responsabilité individuelle, l'engagement personnel, c'est une éthique, une morale, des institutions. Le capitalisme c'est ce qui a permis l'essor extraordinaire de la civilisation occidentale depuis sept siècles.


La crise financière n'est pas la crise du capitalisme. C'est la crise d'un système qui s'est éloigné des valeurs les plus fondamentales du capitalisme, qui a trahi l'esprit du capitalisme.
Je veux le dire aux Français: l'anticapitalisme n'offre aucune solution à la crise actuelle. Renouer avec le collectivisme qui a provoqué dans le passé tant de désastres serait une erreur historique.
Mais ne rien faire, ne rien changer, se contenter de mettre toutes les pertes à la charge du contribuable et faire comme s'il ne s'était rien passé serait aussi une erreur historique.

Nous pouvons sortir plus forts de cette crise…… Si  nous faisons l'effort nécessaire pour nous adapter aux réalités nouvelles qui s'imposent à nous. Si nous agissons au lieu de subir.

La crise actuelle doit nous inciter à refonder le capitalisme sur une éthique de l'effort et du travail, à retrouver un équilibre entre la liberté et la règle, entre la responsabilité collective et la responsabilité individuelle. Il faut un nouvel équilibre entre l'Etat et le marché, alors que partout dans le monde les pouvoirs publics sont obligés d'intervenir pour sauver le système bancaire de l'effondrement.

Un nouveau rapport doit s'instaurer entre l'économie et la politique à travers la mise en chantier de nouvelles réglementations…….. Il faut tirer les leçons de la crise pour qu'elle ne se reproduise pas. Nous venons de passer à deux doigts de la catastrophe, on ne peut pas prendre le risque de recommencer.

Si l'on veut reconstruire un système financier viable, la moralisation du capitalisme financier demeure la priorité. Je n'hésite pas à dire que les modes de rémunération des dirigeants et des opérateurs doivent être encadrés. Il y a eu trop d'abus, trop de scandales. Alors ou bien les professionnels se mettent d'accord sur des pratiques acceptables, ou bien nous réglerons le problème par la loi avant la fin de l'année.

Les dirigeants ne doivent pas avoir le statut de mandataire social et bénéficier en même temps des garanties liées à un contrat de travail. Ils ne doivent pas recevoir d'actions gratuites. Leur rémunération doit être indexée sur les performances économiques réelles de l'entreprise. Ils ne doivent pas pouvoir prétendre à un parachute doré lorsqu'ils ont commis des fautes ou mis leur entreprise en difficulté. Et si les dirigeants sont intéressés au résultat, les autres salariés doivent l'être aussi. S'ils ont des stocks options, les autres salariés doivent en avoir aussi ou à défaut bénéficier d'un système d'intéressement.

 
Voilà quelques principes simples qui relèvent du bon sens et de la morale élémentaire sur lesquels je ne céderai pas. Les dirigeants perçoivent des rémunérations élevées parce qu'ils ont de lourdes responsabilités. Mais on ne peut pas vouloir être très bien payé et ne pas vouloir assumer ses responsabilités……..
……..Les responsabilités doivent être recherchées et les responsables de ce naufrage au moins sanctionnés financièrement. L'impunité serait immorale. On ne peut pas se contenter de faire payer les actionnaires, les clients et les salariés les plus modestes en exonérant les principaux responsables. Qui pourrait accepter une telle injustice ?
Il faut ensuite réglementer les banques pour réguler le système. Car les banques sont au cœur du système.
Il faut cesser d'imposer aux banques des règles de prudence qui sont d'abord une incitation à la créativité comptable plutôt qu'à une gestion rigoureuse des risques. Ce qu'il faudra dans l'avenir, c'est contrôler beaucoup mieux la façon dont elles font leur métier, la manière dont elles évaluent et dont elles gèrent leurs risques, l'efficacité de leurs contrôles internes…
Il faudra imposer aux banques de financer le développement économique plutôt que la spéculation. …………Il faudra bien aussi se poser des questions qui fâchent comme celle des paradis fiscaux, celle des conditions dans lesquelles s'effectuent les ventes à découvert qui permettent de spéculer en vendant des titres que l'on ne possède pas ou celle de la cotation en continu qui permet d'acheter et de vendre à tout moment des actifs et dont on sait le rôle qu'elle joue dans les emballements du marché et les bulles spéculatives……..

…….Mais la remise en ordre du système financier ne serait pas complète si en même temps on ne cherchait pas à mettre un terme au désordre des monnaies.
La monnaie est au cœur de la crise financière comme elle est au cœur des distorsions qui affectent les échanges mondiaux……… Car le producteur français peut faire tous les gains de productivité qu'il veut, il peut à la rigueur concurrencer les bas salaires des ouvriers chinois, mais il ne peut pas compenser la sous-évaluation de la monnaie chinoise. Notre industrie aéronautique peut être aussi performante que possible, elle ne peut pas lutter contre l'avantage de compétitivité que la sous-évaluation du dollar donne aux constructeurs américains.

Je redis donc, à quel point il me paraît nécessaire que les chefs d'Etat et de gouvernement des principaux pays concernés se réunissent avant la fin de l'année pour tirer les leçons de la crise financière et coordonner leurs efforts pour rétablir la confiance. J'ai fait cette proposition en plein accord avec la chancelière allemande, Madame Merkel, avec qui je m'en suis entretenu et qui partage les mêmes préoccupations à propos de la crise financière et sur les leçons qu'il va falloir en tirer.

Je suis convaincu que le mal est profond et qu'il faut remettre à plat tout le système financier et monétaire mondial, comme on le fit à Bretton-Woods après la Seconde Guerre Mondiale, afin de créer les outils d'une régulation mondiale que la globalisation et la mondialisation des échanges rendent désormais nécessaires. On ne peut pas continuer de gérer l'économie du XXIème siècle avec les instruments de l'économie du XXème. On ne peut pas davantage penser le monde de demain avec les idées d'hier.
Quand…….. le contribuable américain s'apprête à dépenser mille milliards de dollars pour éviter la faillite généralisée, il me semble que la question de la légitimité des pouvoirs publics à intervenir dans le fonctionnement du système financier ne se pose plus !
Oui, il arrive que l'autorégulation soit insuffisante. Oui, il arrive que le marché se trompe. Oui, il arrive que la concurrence soit inefficace ou déloyale. Alors il faut bien que l'Etat intervienne, qu'il impose des règles, qu'il investisse, qu'il prenne des participations, pourvu qu'il sache se retirer quand son intervention n'est plus nécessaire.

Rien ne serait pire qu'un Etat prisonnier de dogmes, enfermé dans une doctrine qui aurait la rigidité d'une religion. Imaginons où en serait le monde si le gouvernement américain était resté sans rien faire face à la crise financière sous prétexte de respecter je ne sais quelle orthodoxie en matière de concurrence, de budget ou de monnaie ?

En ces circonstances exceptionnelles où la nécessité d'agir s'impose à tous, j'appelle l'Europe à réfléchir sur sa capacité…… à repenser ses règles, ses principes, en tirant les leçons de ce qui se passe dans le monde. Elle doit se donner les moyens d'agir quand la situation l'exige et non se condamner à subir. Si l'Europe veut préserver ses intérêts.  Si elle veut avoir son mot à dire dans la réorganisation de l'économie mondiale. Si elle veut se donner les moyens de sortir renforcée et non pas affaiblie de la crise actuelle, elle doit engager une réflexion collective sur sa doctrine de la concurrence qui n'est, à mes yeux, qu'un moyen et non une fin en soi, sur sa capacité à mobiliser des ressources pour préparer l'avenir, sur les instruments de sa politique économique, sur les objectifs assignés à la politique monétaire. Je sais que c'est difficile parce que l'Europe c'est 27 pays, mais quand le monde change, l'Europe doit changer aussi……

 …….Pour tous les Européens il est entendu que la meilleure réponse à la crise devrait être européenne. En tant que Président de l'Union, je proposerai des initiatives en ce sens dès le prochain conseil européen.

S'agissant de notre pays, je le dis aux Français qui craignent pour leurs économies déposées dans les banques et les établissements financiers : les banques françaises paraissent en mesure de surmonter les difficultés actuelles, mais si elles devaient êtres mises en difficulté par la spéculation, je n'accepterais pas qu'un seul déposant perde un seul euro parce qu'un établissement financier se révèlerait dans l'incapacité de faire face à ses engagements. Les épargnants qui ont eu confiance dans les banques, dans les compagnies d'assurance, dans les institutions financières de notre pays ne verront pas leur confiance trahie. Ils ne payeront pas pour les erreurs des dirigeants et l'imprudence des actionnaires.
C'est un engagement solennel que je prends ce soir : quoi qu'il arrive, l'Etat garantira la sécurité et la continuité du système bancaire et financier français.

Je le dis avec la même détermination  : si les difficultés actuelles devaient entraîner une restriction du crédit qui priverait les Français et les entreprises, en particulier les PME, des moyens de financer leurs investissements ou d'assurer leur trésorerie, l'Etat interviendrait pour que ces financements puissent être assurés. Il le ferait…….. pour éviter que par un engrenage fatal l'économie privée de financements s'enfonce durablement dans la récession.

Bien que les ménages français soient en moyenne beaucoup moins endettés que dans la plupart des autres pays développés, l'accès au logement et à la propriété risquent d'être rendus plus difficile du fait de la contraction du crédit, de la hausse des taux d'intérêt et de la diminution d'une offre déjà insuffisante pour répondre aux besoins. La loi de mobilisation pour le logement sera adoptée en urgence. J'y ajouterai des mesures fortes pour que les programmes immobiliers en cours puissent être menés à bien et pour que des terrains appartenant au secteur public soient libérés pour y construire de nouveaux logements, ce qui contribuera à la baisse des prix qui avaient atteint des niveaux excessifs.
Face au ralentissement de l'activité se pose naturellement la question de la relance de notre économie. Cette relance nous l'avons engagée bien avant tous les autres avec les mesures prises il y a un an sur les heures supplémentaires, les intérêts d'emprunt immobilier, les droits de succession, le crédit d'impôt recherche, auxquels se sont ajoutées d'autres mesures importantes comme le déblocage de la participation. Ce soutien apporté à l'activité nous a permis de mieux résister à la crise.

Mais si l'activité venait à reculer fortement et durablement, je n'hésiterais pas à prendre les mesures nécessaires pour la soutenir. Aujourd'hui il faut du sang froid. Se garder de réactions précipitées mais en même temps être prêt à la réactivité.

La crise actuelle est une crise structurelle. Les changements qu'elle annonce sont profonds…….. Le monde change. Nous devons changer avec lui. Nous devons même autant que faire se peut, anticiper le changement. La crise appelle à accélérer le rythme des réformes non à le ralentir…….
……Il faut bien sûr d'abord penser aux plus vulnérables dont la vie devient trop dure et qui souffrent. C'est dans les moments de crise que la solidarité avec ceux qui sont en difficulté doit être la plus forte. C'est la raison pour laquelle, j'ai pris la décision de créer le RSA, d'augmenter le minimum vieillesse, les pensions de réversion les plus modestes et pour les titulaires de minima sociaux, dont le pouvoir d'achat n'est pas garanti contrairement aux allocations familiales et aux retraites, d'accorder une prime exceptionnelle pour compenser le retard sur l'évolution réelle des prix.

Quand on veut dire la vérité aux Français, il faut la leur dire jusqu'au bout et la vérité c'est que l'Etat ne peut pas indéfiniment financer ses dépenses courantes et ses dépenses de solidarité par l'emprunt. Il faut bien un jour payer ses dettes.

L'argent de l'Etat c'est l'argent des Français. Ils ont travaillé trop dur pour le gagner pour que l'on ait le droit de le gaspiller.
Pour retrouver des marges de manœuvre pour préparer l'avenir, les dépenses de fonctionnement de l'Etat doivent diminuer. L'année prochaine c'est un total sans précédent de 30 600 emplois qui seront supprimés dans la fonction publique. La révision générale des politiques publiques continuera à produire ses effets. La réforme de l'hôpital permettra d'améliorer l'accès aux soins et leur qualité tout en supprimant des dépenses inutiles. Les agents hospitaliers seront intéressés à l'équilibre de leur budget et partout les fonctionnaires seront associés aux gains de productivité dans la fonction publique. C'est une véritable révolution culturelle qui se met ainsi en place et qui va modifier en profondeur les comportements.
Après la remise à plat de la carte judiciaire et les restructurations militaires, il faut aller plus loin dans la réorganisation de nos administrations et de nos services publics. Nous allons engager la deuxième étape de la réforme de l'Etat dès l'année prochaine.
Le grand chantier de la réforme de nos administrations locales sera ouvert dès le mois de janvier. Le moment est venu de poser la question des échelons de collectivités locales dont le nombre et l'enchevêtrement des compétences est une source d'inefficacité et de dépenses supplémentaires. La compétitivité de notre économie est capitale. Elle ne peut supporter un poids excessif de dépenses publiques.

Mais dans la situation où se trouve l'économie je ne conduirai pas une politique d'austérité qui aggraverait la récession. Je n'accepterai pas des hausses des impôts et des taxes qui réduiraient le pouvoir d'achat des Français. Mon objectif est de rendre du pouvoir d'achat aux Français non de leur en prendre.
Je n'accepterai pas d'augmenter les charges qui pèsent sur les entreprises parce que ce serait affaiblir leur compétitivité quand, au contraire, il faudrait la renforcer. ……..La France ne s'en sortira pas en investissant moins mais en investissant plus. C'est la raison pour laquelle désormais de nouveaux investissements seront exonérés de la taxe professionnelle qui les pénalise. Une grande concertation sera organisée avec les collectivités locales pour que soit trouvée une ressource de remplacement qui ait moins d'effets nocifs sur l'économie. Mais cette réforme indispensable ne sera pas différée.

La France s'en sortira non en travaillant moins mais en travaillant plus. Tout doit être fait pour encourager le travail que depuis des décennies on s'efforce par tous les moyens de décourager.

 Avec la réforme des 35 heures, avec la détaxation des heures supplémentaires, le maintien des exonérations de charges sur les bas salaires, l'instauration du RSA, la relance à venir de la participation et de l'intéressement, c'est toujours le même but qui est poursuivi : faire en sorte que le travail coûte moins cher à l'entreprise, que le travail paye, que le travail soit libéré.
La crise doit nous inciter à aller plus loin et plus vite dans les réformes….. La loi à venir sur la participation et l'intéressement s'inscrit exactement dans cette perspective de rééquilibrage entre le capital et le travail. Ne pas donner tous les bénéfices aux dirigeants et aux actionnaires, en destiner une part plus grande à ceux qui par leur travail créent la richesse, redonner du pouvoir d'achat aux travailleurs sans alourdir les charges fixes de l'entreprise et ainsi remettre le capitalisme à l'endroit, voilà à côté du RSA l'autre révolution qu'il nous faut entreprendre.
Est-il besoin d'ajouter que dans la situation actuelle de l'économie mondiale, tout ce qui pourrait contribuer à alourdir le coût du travail serait suicidaire ?
Réduire les exonérations de charges sur les salaires ce ne serait pas reprendre un cadeau fait aux entreprises, ce serait contribuer à détruire de l'emploi au moment même où le ralentissement de la croissance fait repartir le chômage à la hausse et où la concurrence des pays à bas salaire ne cesse de s'intensifier.
Financer le RSA en taxant le travail aurait eu le même effet.

J'assume donc la décision de financer le RSA en taxant légèrement les revenus financiers qui depuis des années augmentent plus vite que les revenus du travail. C'est une décision juste et raisonnable. Elle ne remet pas en cause l'objectif de baisse globale des prélèvements, puisque les diminutions d'impôts et de charges décidées depuis 15 mois l'emportent de plus de 10 milliards sur les hausses. Et au fur et à mesure qu'un nombre croissant de ceux qui jusqu'à présent étaient piégés par l'assistance sera incité à reprendre un travail, la taxe sur les revenus de l'épargne sera diminuée.
L'autre figure du capitalisme qu'il faut réhabiliter c'est celle de l'entrepreneur. Au capitalisme financier il faut opposer le capitalisme des entrepreneurs. A côté de la valeur travail, il faut remettre l'esprit d'entreprise au cœur du système de valeur de l'économie. C'est toute la philosophie de la loi de modernisation de l'économie et ce sera l'autre priorité de la politique économique dans l'avenir.
Si nous manquons d'entrepreneurs capables d'inventer l'économie de demain, ce n'est pas parce que les Français seraient plus dépourvus que les autres d'esprit d'entreprise mais parce que tout a été fait pour empêcher les Français d'entreprendre comme tout a été fait pour les empêcher de travailler.
Opposer l'effort du travailleur à l'argent facile de la spéculation, opposer l'engagement de l'entrepreneur qui risque tout dans son entreprise à l'anonymat des marchés financiers, opposer un capitalisme de production à un capitalisme de court terme, accorder une priorité à l'industrie au moment où l'étau de la finance se desserre, voilà tout le sens de la politique économique que je veux conduire.

Dire la vérité aux Français, c'est leur dire que nous passons d'un monde d'abondance à un monde de rareté. C'est-à-dire d'un monde où l'on utilisait les ressources naturelles comme si elles étaient inépuisables à un monde où l'épuisement à venir des ressources naturelles sera une préoccupation de tous les jours.
Dans le monde de la rareté, il va falloir payer plus cher le pétrole, le gaz, les matières premières.  Les Français devront produire autrement, consommer différemment. Ils devront apprendre à faire constamment des efforts pour économiser les ressources rares qui ne peuvent plus être gaspillées.  La pollution et le réchauffement climatique menacent l'avenir de la planète. Chacun va devoir faire des efforts, changer de comportement pour polluer moins.

 Si l'on ne veut pas que des catastrophes écologiques débouchent sur des déplacements massifs de populations et des catastrophes humaines et politiques, si l'on veut éviter la violence qu'engendrerait fatalement le manque d'eau et de terres cultivables, alors il faut que chacun assume les conséquences de ses choix, il faut que chacun supporte les coûts de ses décisions et paye le juste prix de ce qu'il consomme.

 
Dans le monde de demain le principe pollueur-payeur devra s'appliquer partout si nous ne voulons pas léguer aux générations futures un monde invivable.  S'il faut moins taxer l'investissement, moins taxer le travail, moins pénaliser l'effort et la réussite, moins taxer les produits propres, il faut en revanche davantage taxer la pollution.

 Utiliser la fiscalité pour relever le défi écologique, c'est indispensable si l'on veut inciter à un changement profond des comportements. Si dans la situation actuelle où tant de Français se trouvent confrontés à une baisse de leur pouvoir d'achat, il est exclu de renchérir les produits de grande consommation, je veux dire à quel point je crois que le système du bonus-malus est un bon système. L'expérience sur l'automobile a été particulièrement concluante avec 500 000 bonus distribués en 8 mois, déplaçant massivement la demande vers des véhicules plus écologiques. Ce système extrêmement incitatif du bonus-malus qui permet de gagner des années dans le changement des modes de consommation sera étendu à d'autres produits. Cette extension se fera dans la concertation. Elle se fera progressivement. Mais elle se fera. J'en prends l'engagement. Comme je prends l'engagement solennel que toutes les conclusions du Grenelle de l'environnement seront mises en œuvre…… Je crois à la croissance durable.

Ce que nous avons décidé de faire est très ambitieux. L'effort qui va être engagé en matière de fiscalité incitative, de règles nouvelles et d'investissement est gigantesque. C'est une véritable transformation de notre modèle économique et social et de notre cadre de vie qui va s'accomplir dans les années qui viennent.
La mise en œuvre du Grenelle de l'environnement c'est la multiplication par 4 de nos capacités de transports en commun en sites propres, la construction de 2000 kilomètres de lignes à grande vitesse supplémentaires, les autoroutes ferroviaires, les autoroutes maritimes, un milliard d'euros dans la recherche en matière de développement durable à l'horizon 2012, la rénovation de tout le parc des logements sociaux et des bâtiments publics pour les adapter aux exigences d'économie d'énergie.
Toutes ces dépenses nouvelles seront gagées sur les futures économies d'énergie et elles exerceront sur notre activité un formidable effet d'entraînement. Il ne s'agira pas cette fois-ci de sacrifier l'avenir au présent, mais au contraire de mettre notre pays dans la meilleure situation possible pour affronter l'avenir.

Nous allons développer massivement les programmes de recherche dans les nouvelles sources d'énergie, les technologies propres, les nouveaux systèmes de transport comme la voiture électrique. Le remplacement de nos centrales nucléaires par les centrales de la nouvelle génération sera accéléré. Tout sera mis en œuvre pour que le programme des infrastructures de transport collectif soit effectivement engagé le plus rapidement possible. Je veux que soit mis à l'étude un grand plan de rénovation des infrastructures des transports collectifs dans les grandes villes où la situation est devenue souvent critique. L'Etat est prêt à y jouer son rôle à côté des collectivités locales, en prenant sa part dans le financement.
Dire la vérité aux Français, c'est leur dire  que……. nous ne pouvons plus attendre pour investir dans la formation, dans la recherche, dans l'innovation. Nous ne pouvons plus attendre pour accomplir la révolution numérique.

C'est la raison pour laquelle j'ai voulu que notre système de formation professionnelle soit entièrement repensé. Cette réforme de la formation professionnelle qui fait l'objet d'une négociation entre les partenaires sociaux, je veux qu'elle soit ambitieuse et surtout qu'elle soit rapidement mise en œuvre. Je veux que des décisions soient prises avant la fin de l'année.

C'est la raison pour laquelle j'ai voulu que nos universités soient autonomes et qu'une partie du capital d'EDF a été vendue pour financer la rénovation de nos campus. C'est également la raison pour laquelle nous allons donner aux universités la propriété intellectuelle de leurs découvertes et leur donner les moyens de les valoriser.
C'est la raison pour laquelle le crédit d'impôt recherche a été porté à 30%, notre appareil de recherche va être réformé et une stratégie nationale de recherche va être définie.
Les priorités budgétaires traduisent cet engagement vis-à-vis de l'enseignement et de la recherche : plus un milliard par an pour l'enseignement et plus de 800 millions par an pour la recherche.


Tous ces défis sont immenses. Mais notre pays peut les relever. J'ai confiance dans les Français. J'ai confiance dans les atouts de la France. J'ai la certitude que nos réformes en porteront leurs fruits. J'ai la certitude que par notre travail, nous saurons faire notre place dans le monde du XXIème siècle…..

Jamais depuis 1958 autant de changements n'ont été accomplis en si peu de temps. Quand la situation économique mondiale redeviendra meilleure nous en verrons tous les fruits sur l'équilibre de nos finances, sur l'emploi, sur le pouvoir d'achat et sur le bien-être de chacun.

Je suis déterminé à poursuivre la modernisation de notre économie et de notre société quelles que soient les difficultés parce que nous n'avons plus le choix parce que nous ne pouvons pas attendre…….Nous avons le choix de subir ce changement ou d'en prendre la tête. Mon choix est fait.

Françaises, Français, au milieu des difficultés nous devons précéder la marche du monde et non la suivre.        Vive la République ! Vive la France !

 

Nicolas Sarkozy

 

 

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6 avril 2010 2 06 /04 /avril /2010 12:54

 

Par Martine Rabreau, lefigaro.fr...

L'Etat doit réduire ses dépenses et non augmenter les impôts, selon le président du groupe UMP à l'Assemblée Nationale, qui prône la fusion de l'impôt sur le revenu et de la CSG-CRDS et celle de l'Urssaf et de l'administration fiscale.

Jean-François Copé refuse de remettre en cause le bouclier fiscal, qui limite à 50% les impôts sur les revenus. Dans un entretien accordé aux Echos, le président de l'UMP à l'Assemblée nationale estime qu'on «ne doit pas prendre aux Français plus de la moitité de ce qu'ils gagnent». Toutefois, dans des cas exceptionnels, il pourrait y avoir «une augmentation ponctelle d'une taxe ou d'un impôt», car il «serait normal que chaque Français participe à l'effort».

 

Force est de constater que les Français sont inquiets - les élections régionales de mars en ont été la preuve - sur les questions de la dette et des déficits publics. «La dette atteint un niveau tel qu'elle bride la compétitivité et la croissance, menace le modèle social et réduit à néant les marges de manoeuvre politique», assène l'homme politique, qui estime que la France «ne peut plus continuer comme ça !».

Côté déficit, plutôt que de la jouer à l'allemande et de l'interdire à moyen terme, Jean-François Copé propose plutôt de modifier la Constitution en rendant obligatoire la réduction des dépenses de l'Etat et de la Sécurité sociale, avec «un objectif contraignant».

Pour les collectivité locales, l'énarque suggère de se tourner vers le modèle espagnol, reposant sur une «norme d'évolution des dépenses avec un bonus-malus à la clef en matière de dotation de l'Etat, selon le respect ou non de l'objectif».

 

Pas de renflouement des caisses de l'Etat

 

«Je suis contre les augmentations des impôts qui casseraient la croissance», assure le maire de Meaux. Il faut néanmoins rendre plus cohérent le système fiscal français. Notamment en fusionnant impôts sur le revenu et CSG-CRDS*: Pour Jean-François Copé, cette initiative serait simplement logique, car le premier «n'est payé que par la moitié des contribuables» alors que la CSG-CRDS «sont acquittées par tous».

En outre, il propose de fusionner les Urssaf (Union de Recouvrement pour la Sécurité Sociale et les Allocations Familiales), ces organismes parapublics chargés de la collecte des cotisation sociales, et l'administration fiscale, afin de mettre en place une retenue à la source, c'est-à-dire un prélèvement complet et direct sur les fiches de paie.

 

 

 

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6 mars 2010 6 06 /03 /mars /2010 14:32

LePoint.fr du 04 03...

Nicolas Sarkozy détaille son plan pour sauver l'industrie française. Dans un discours prononcé à Marignane en clôture des états généraux, il a d'abord brossé, chiffres à l'appui, un portrait sans fard des difficultés qui ont fragilisé, avant même la crise, les industries "made in France" et a proclamé sa volonté de tout faire pour que la France "garde ses usines". Depuis 1980, la France a perdu environ 2 millions d'emplois industriels. En 2009, cette dégradation s'est accélérée en raison de la crise, avec quelque 200.000 emplois détruits en plus. Au premier rang des accusés de cette "désindustrialisation", Nicolas Sarkozy a sévèrement étrillé les 35 heures, qui, selon lui, "ont tué l'industrie française". Il a également mis en cause les charges sociales et le manque d'innovation ou d'investissement des entreprises.

Mais le chef de l'État ne désespère pas d'apporter ses remèdes pour enrayer ce déclin. Il ambitionne d'augmenter la production du secteur secondaire de 25 % en volume d'ici 2015, selon un document de l'Élysée. Le gouvernement souhaite "revenir à une balance commerciale industrielle excédentaire d'ici 2015" (hors secteur énergie), affirme la présidence, soulignant que cette balance a plongé dans le rouge en 2007. Sur le plan européen, le gouvernement souhaite enfin "augmenter de 2 % la part de la France dans la valeur ajoutée européenne d'ici 2015". Cette part est actuellement de 13 %, contre plus du double pour l'Allemagne, selon l'Élysée. Voilà pour les objectifs.

Quelques nouveautés

En ce qui concerne les moyens, Nicolas Sarkozy a rappelé que les financements viendraient en grande partie du grand emprunt. En plus des 5,5 milliards d'euros déjà alloués aux entreprises innovantes, aux transports et à l'espace, 500 millions d'euros de prêts bonifiés "verts" seront versés aux entreprises qui investissent pour produire propre, a-t-il confirmé. En outre, 300 millions d'euros financeront "la structuration des filières" industrielles et 200 autres millions une "prime à la relocalisation" des entreprises en France. Une "conférence nationale de l'industrie" sera par ailleurs créée et chargée, en premier lieu, de proposer en septembre des "mesures concrètes d'allègement et de simplification" de la réglementation. Dans son catalogue de mesures, le chef de l'État a annoncé la nomination, avant la fin mars, d'un "médiateur de la sous-traitance", un allègement de la fiscalité des brevets et a exhorté Bruxelles à "prendre des initiatives pour une véritable politique industrielle européenne".

Nicolas Sarkozy veut aussi proposer "d'ici septembre" un nouveau produit d'épargne spécialement destiné à financer l'industrie. La ministre de l'Économie Christine Lagarde "ouvrira ce chantier pour proposer d'ici l'été un nouveau cadre fiscal qui encouragera vraiment l'épargne à s'orienter vers le financement en fonds propres des entreprises", a-t-il détaillé, citant la proposition de la CGT d'un "livret d'épargne industrie". Des concertations auront lieu à ce sujet avec les partenaires sociaux. Il s'agit d'orienter davantage l'épargne vers "les marchés actions", une proportion qui plafonne aujourd'hui à 25 %, selon le chef de l'État.

Mais l'essentiel tient à la place que l'État entend jouer dans la définition de la politique industrielle française. Nicolas Sarkozy souhaite que les administrateurs de l'État "jouent leur rôle" dans les conseils d'administration des entreprises publiques pour mieux suivre leur stratégie industrielle. "Ils ne sont pas là seulement pour les jetons de présence ou pour voir combien on fait de bénéfice à la fin de l'année, mais pour poser une véritable politique industrielle", a-t-il martelé. Selon un document de l'Élysée, l'État va nommer un administrateur supplémentaire, issu du ministère de l'Industrie, dans les entreprises publiques, notamment pour Renault, La Poste et France Télécom.

Renault toujours dans le collimateur


Le chef de l'État veut aussi que "lorsque l'État est actionnaire, les ministres, et notamment le ministre de l'Industrie, puissent avoir deux fois dans l'année une discussion avec les patrons que l'État a nommés sur la stratégie d'investissement".

Une leçon qu'il a certainement tirée du cas de Renault. Sans citer le constructeur automobile directement, Nicolas Sarkozy a dénoncé sa stratégie de localisation : "Je n'accepte pas que le grand groupe privé automobile PSA ait les deux tiers de ses effectifs en France et que l'autre constructeur automobile ait seulement un tiers de ses effectifs en France, alors que l'État en est propriétaire à 15 %." "Qu'on aille créer des usines à l'extérieur, ça me va très bien pour gagner des parts de marché. Mais qu'on aille fabriquer des voitures à l'extérieur pour les ramener en France, ça fait de la pollution par ailleurs, et je ne l'accepte pas. Sinon, pourquoi l'État a-t-il mis 6 milliards d'euros pour aider la filière automobile française à survivre ?", s'est-il interrogé. En janvier, Nicolas Sarkozy avait exigé de Renault qu'il implante la production de sa future Clio 4 à Flins et non en Turquie, comme il l'avait envisagé. Une demande satisfaite seulement en partie puisque la future voiture de la marque au losange sera produite en partie dans l'Hexagone, mais aussi en Turquie...

lepoint.fr
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26 février 2010 5 26 /02 /février /2010 17:39

Editorial de Claude Imbert, Le Point du 25 02...


C'est l'histoire, après un atterrissage forcé dans la jungle, de trois rescapés qui aperçoivent un lion. En toute hâte, deux d'entre eux se rechaussent. « Pensez-vous donc, imbéciles, leur lance le troisième, courir plus vite qu'un lion ? - Non, répondent-ils, mais courir seulement plus vite que toi : tu rassasieras le lion... » Devantla crise financière léonine, ainsi s'angoisse l'Europe aux pieds nus avec son euro livré à la faune des marchés. La Chine et les Etats-Unis, rechaussés, la laissent en plan...


L'Amérique a ses chats à fouetter. Malgré une reprise tonique, la dynamique de sa dette est loin d'être enrayée. Le chômage (9,7 %) reste élevé. La popularité en berne d'Obama encourage un Congrès réticent et une Wall Street effrontée. A l'extérieur, sa diplomatie solitaire patine. Et on n'oubliera pas qu'Obama, né à Hawaii, élevé en Indonésie, reste, dans sa géographie intime, un homme du Pacifique. Son atavisme éclaire d'abord l'Asie. Nouveau tropisme après 43 présidents américains tous issus de la souche européenne !

Quant à la Chine, épanouie sur sa démographie, son modèle autoritaire, ses réserves financières et son essor scientifique, elle devient peu à peu « la banque, l'usine et l'entrepreneur impérial de la planète, ce que furent, il y a peu encore, les Etats-Unis »  (1). Lourd symbole : elle prépare en secret des vols habités vers la Lune, à quoi justement Obama vient, ces jours-ci, de renoncer...


Dans ce Yo-Yo international, l'Europe déconfite médite, ces temps-ci, deux messages. D'abord, Obama lui apprend qu'il ne se rendra pas à la rencontre annuelle Europe - Etats-Unis prévue en Espagne pour mai. Une défection cavalière qui fait jaser. Le second signal, tonitruant, lui fut expédié du sommet écologique et stérile de Copenhague : tandis que les Européens, Français en tête, faisaient grand tralala pour rallier la planète à leurs vues, Obama et son homologue chinois s'enfermaient vite fait dans un bureau et, dans notre dos, canardaient nos coquecigrues comme au tir aux pigeons...


Nous autres, Européens, voyons le Vieux Continent de notre fenêtre.
Son passé tragique nous fait apprécier le chemin parcouru et l'avenir nous berce d'espérance. Mais, vu de Washington ou de Pékin, le jugement est moins flatteur. Ils savent certes que le poids global de l'économie européenne en fait la première du monde. Ils savent ce qui lui reste d'influence au Proche-Orient et en Afrique. Mais ils voient dans notre « union » une machinerie bureaucratique si dépourvue de logiciel politique qu'elle ne peut prétendre au podium international. L'Europe n'a pas d'armée. Sa sécurité reste en grande partie sous parapluie américain. Son plus consistant acquis unitaire, c'est l'euro, qui ne circule que dans 16 de ses 27 pays. Et qui se trouve aujourd'hui secoué par la tourmente financière.

A l'heure où la globalisation du monde porte au pinacle la Chine et les Etats-Unis - deux Etats-continents -, l'Europe est un continent sans Etat. « A qui téléphoner ? » raillait jadis Kissinger. A Merkel et Sarkozy ? A l'exécutif bruxellois de la Commission ? A son nouveau président, Van Rompuy, à son acolyte diplomate, Catherine Ashton ? Les Etats-Unis et la Chine renoncent à déchiffrer un directoire byzantin. Et l'Europe esseulée grelotte.


C'est dans cette mélasse que l'euro se voit testé, éprouvé, secoué par les marchés.
Crise majeure pour une Europe défiée sur son symbole monétaire ? Ou crise salutaire, puisque l'Europe ne progresse qu'avec une épée dans les reins ? Le craquement est venu de la Grèce et de ses gouffres financiers dissimulés. Mais l'euro frémit de voir le cyclone déferler, un jour ou l'autre, sur l'Espagne, le Portugal ou l'Italie. En France, hélas, l'opinion ne serre pas les rangs autour de son écu. Les nostalgiques antieuropéens du « non » à Maastricht font de l'euro un pelé, un galeux. « Sans lui, disent-ils sans rire, une France épanouie effacerait ses déficits colossaux par la dévaluation d'un franc retrouvé, et se porterait comme un charme... » Fadaises !


En vérité, l'alerte grecque fait éclater cette évidence qu'il n'est d'union monétaire qui vaille sans gestion économique. On ne rêvera pas de sitôt d'une gouvernance économique des 27. Mais nous serions soulagés de pouvoir, du moins, fortifier l'euro des 16. Comment ? En donnant à l'Eurogroupe le pouvoir d'imposer des obligations nouvelles à ses membres (2). Excessive ambition que ce signal d'une coordination d'abord budgétaire qui préfigurerait, avec le temps et les moyens, l'harmonisation future des systèmes fiscaux et sociaux ? Peut-être est-ce trop demander ? Mais si l'on ne s'y résout pas, le pire est à craindre. Sans chaussures, l'Europe aux pieds nus dépérira dans la jungle. Nous autres, Européens, devrions savoir que l'Europe est mortelle.



1. Mario Roy. La Presse, Montréal. 2. Voir la suggestion d'Edouard Balladur. Le Figaro du 4 février 2010.

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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 14:45

Discours de Nicolas Sarkozy, le jeudi 28 janvier 2010 
...
 
 

 

Monsieur le Premier ministre,
Mesdames et Messieurs les ministres,
Mesdames et Messieurs,


Au lendemain de la plus grave crise financière de l’après-guerre, tous les pays développés sont confrontés à deux défis majeurs : la lutte contre le chômage, bien sûr, et la réduction des déficits.


Nos finances publiques ont été durement touchées par la récession qui a creusé l’écart entre nos recettes et nos dépenses. Notre déficit atteint 7,9 pour cent de la richesse nationale en 2009. Bien sûr, nous assumons entièrement le choix qui a été fait de soutenir l’économie pendant la crise par le libre jeu de ce qu’on appelle les stabilisateurs automatiques et le plan de relance. Mais il nous faut à présent, comme tous les pays européens, préparer l’étape suivante, c’est-à-dire le rétablissement de l’équilibre de nos comptes, la stabilisation puis la réduction de notre dette.


Nous devons le faire pour préserver notre modèle social.

Cet effort nous concerne tous. Avec le Premier ministre et les ministres, nous avons réuni aujourd’hui les responsables de l’Etat, des collectivités locales et de la sécurité sociale pour lancer un débat sans tabou sur notre déficit. Nous avons eu deux heures et demie de discussions franches et constructives.


Au terme de cette réunion, nous avons décidé collectivement qu’il fallait aboutir à un diagnostic partagé de la situation de nos finances publiques. L’idée est que si l’on arrivait, au fond, à se mettre d’accord sur le diagnostic, les remèdes pourraient être eux aussi partagés.


Pour arriver à ce constat partagé, nous avons demandé à MM. CHAMPSAUR et COTIS d’établir un document de synthèse sur la situation des comptes publics. Ils devront analyser l’évolution des comptes publics sur les 30 dernières années et les perspectives pour la prochaine décennie. Leur rapport sera rendu public. Il servira de point de départ incontestable à la deuxième réunion de la Conférence du déficit que nous réunirons avec le Premier ministre et les ministres en avril.


Notre deuxième conviction, c’est qu’il nous faut agir sur chacune des composantes de la dépense.

Les dépenses sociales représentent plus de la moitié des dépenses publiques, ce sont celles qui croissent le plus vite. Il nous faut agir pour sauvegarder notre modèle social.


Nous avons d’ores et déjà annoncé la réforme des retraites en 2010. Dès le 15 février prochain, nous discuterons de ce calendrier avec les partenaires sociaux.

Sur l’assurance-maladie, nous ramènerons les budgets des hôpitaux publics à l’équilibre d’ici à 2012. L’objectif national de dépense d’assurance maladie que la ministre de la Santé a fait adopter pour 2010, 3% de progression, est l’objectif le plus ambitieux depuis 10 ans.


Mais ce n’est pas assez de définir des objectifs ambitieux. Il faut les tenir. Un groupe de travail, que présidera Raoul BRIET, proposera les règles permettant d’assurer que l’objectif national d’assurance maladie voté chaque année par le Parlement soit respecté. Il rendra ses conclusions avant la seconde session de la conférence sur le déficit.


Par ailleurs, nous allons mettre en place — le Premier ministre le fera dans les jours qui viennent — la commission réunissant le Gouvernement et le Parlement pour trouver des solutions pour rembourser la dette exceptionnelle que la sécurité sociale a accumulée pendant la crise.


S’agissant des collectivités locales, on sait que depuis 1980, leurs dépenses ont augmenté de 20 % en proportion du PIB indépendamment des effets de la décentralisation.


L’Etat a une part de responsabilité dans cette dérive, c’est incontestable, par exemple en fixant des normes excessives sans concertation avec les collectivités locales. Il faut identifier les problèmes pour les régler, y compris en revenant sur des normes déjà en place.


Un groupe de travail devra mesurer l’impact des normes imposées par l’Etat et réfléchir à la mise en place d’un objectif de dépenses pour les collectivités locales. Il remettra ses conclusions en avril. Gilles CARREZ, président du Comité des finances locales, et Pierre-René LEMAS, préfet, ont accepté de le présider.


Reste l’Etat. Beaucoup a été fait depuis 2007. La dépense de l’Etat ne progresse pas plus vite que l’inflation. Un départ de fonctionnaire à la retraite sur deux n’est pas remplacé. Mais il faut que nous allions plus loin.

Nous affecterons toutes les recettes supplémentaires qui pourraient venir de la croissance au désendettement.


Avec le Premier ministre, nous avons demandé à Eric WOERTH de présenter, lors de la prochaine session de la conférence sur le déficit, un plan d’action complet pour réduire la dépense de l’Etat. Toutes les options seront mises sur la table, notamment sur les niches sociales et fiscales, leur démantèlement, ou leur réduction.


Mais je souhaite que nous allions encore plus loin et que la France se dote d’une règle d’équilibre pour l’ensemble de ses administrations publiques. C’est ce sur quoi nous allons travailler.

Les Allemands sont parvenus à un accord transpartisan sur ce sujet. C’est ce que nous allons essayer de faire. Nous avons demandé à Michel CAMDESSUS de présider un groupe de travail sur cette question. Il devra se poser des questions comme : l’objectif de retour à l’équilibre doit-il être 2020, comme les Allemands l’ont fixé ? Quelles sont les modalités du rétablissement ?

*
Vous le voyez, Mesdames et Messieurs : en avril prochain, pour les collectivités locales, pour la sécurité sociale comme pour l’Etat, nous prendrons des décisions extrêmement importantes pour contenir les déficits, à l’image de ce que font nos partenaires.

Bien évidemment, comme pourra le préciser Christine LAGARDE, nous devons faire ceci en suivant les recommandations du FMI sur la sortie de crise, qui disent en substance : « attention, le retour à la croissance est sensible, ne nous trompons pas dans l’utilisation des différents moyens qui sont à notre disposition ».


Je regrette que les représentants des départements et des régions ne soient pas venus, alors que les représentants des maires sont venus. Il est difficile de trouver des accords entre les uns et les autres si certains refusent de s’asseoir à la table pour discuter.


Les déficits concernent tout le monde. Cela fait trente-cinq ans que notre pays présente un budget en déficit. Durant ces trente-cinq années, il y a eu autant de gouvernements de gauche que de droite et l’objectif des dix prochaines années concerne également tout le monde.


Voilà ce que nous avons décidé ce matin. En avril, nous prendrons des décisions extrêmement précises pour enrayer la spirale des déficits et éviter qu’elle ne porte atteinte à la crédibilité de notre pays.

Je vous remercie.

Nicolas Sarkozy


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16 février 2010 2 16 /02 /février /2010 15:12

Lefigaro.fr du 15 02
...


Nicolas Sarkozy a assuré que les négociations sur les retraites qui débuteront en avril ne seront pas menées dans la précipitation et qu'il n'y aura «pas de passage en force». Une réunion au sujet de l'emploi est également prévue.

Plus question de loi dès le mois de juillet prochain. Après l'émoi provoqué par l'annonce de probables négociations marathons sur les retraites, le président de la République qui réunissait ce lundi matin l'ensemble des partenaires sociaux s'est voulu rassurant.«J'ai entendu certains demander si la réforme sera achevée en juillet ou à l'automne ou encore à l'hiver. Nous prendrons tout le temps nécessaire pour dialoguer pour que les positions de chacun soient parfaitement comprises, pour que les Français soient clairement informés des enjeux et des solutions», a affirmé le chef de l'Etat. Tout en précisant que s'il souhaitait un débat approfondi, il ne voulait pas que celui-ci s'enlise.

Il a proposé d'ouvrir les concertations début avril pour que le gouvernement puisse déposer un projet de loi au début de l'automne. «compte-tenu du temps que les mesures que nous prendrons mettront à produire leur plein effet, si nous voulons sauver le système de retraite, nous ne pouvons plus différer les décisions», a affirmé Nicolas Sarkozy à l'issue de la réunion qui a précisé que le texte le gouvernement déposera son texte sur le bureau des deux assemblées.


Le chef de l'Etat n'a pas encore dévoilé les pistes de discussions qu'il souhaite aborder. Mais depuis quelques semaines plusieurs ministres ont laissé entendre que le gouvernement privilégiait deux pistes: le recul de l'âge légal de départ en retraite et l'allongement de la durée d'activité. Deux propositions qui vont se heurter à l'hostilité des syndicats qui entendent bien par ailleurs ne pas laisser les négociations sur les retraites prendre le pas sur un autre dossier qu'ils jugent prioritaire : l'emploi.

 

«Un financement commun» du chômage de longue durée

 

Le chef de l'Etat a fixé en avril le point sur les différents dispositifs de soutien à l'emploi. Laurent Wauquiez a été enjoint par Nicolas Sarkozy à «engager rapidement une concertation avec les partenaires sociaux de l'Unedic» à propos des chômeurs en fin de droits. Au nombre d'un million à la fin de l'année prochaine selon les estimations de Pôle emploi, leur prise en charge fait toujours l'objet de discussions entre l'Etat et les partenaires sociaux, qui se renvoyent jusqu'à présent la balle.
Ce lundi, Nicolas Sarkozy a toutefois évoqué que «toutes les solutions pourraient être examinées», y compris celle d'«un financement commun, puisqu'il s'agit d'une question d'intérêt commun pour l'Etat et pour l'Unedic». L'organisme paritaire, présidé depuis quelques semaines par un membre de la CFDT,
chiffrait récemment à près de 600.000 le nombre de ces chômeurs «qui n'auront rien en 2010».
Si Nicolas Sarkozy a jugé «prioritaire d'analyser finement leur situation» pour «qu'aucun de ces demandeurs d'emploi ne demeure sans solution», il cependant exclut, à l'issue du sommet social, une «allocation d'assistance de plus», lui préférant l'option d'une «formation rémunérée».

 

Une loi sur le partage des profits ?

 

Le chef de l'Etat a par ailleurs donné aux partenaires sociaux «trois mois pour aboutir» sur la question du partage du profit dans l'entreprise, faute de quoi le gouvernement substituera à la négociation un projet de loi. «Le temps est venu pour les entreprises d'aborder la question du partage du profit avec leurs salariés» a-t-il déclaré.
Début 2009, le chef de l'Etat avait en effet donné aux partenaires sociaux jusqu'au 14 juillet pour conclure des négociations, qui n'ont jusqu'à présent pas abouties, faute d'accord de la part du Medef.

Enième sujet sur lequel les négociations entre partenaires sociaux ont jusqu'à présent achoppé, et sur lequel le gouvernement est sur le point de légiférer : celui de la représentation du personnel dans les très petites entreprises (moins de dix salariés). Là encore, le Medef et la CGPME avaient fait savoir en décembre qu'ils refusaient d'engager des négociations proprement dites sur ce sujet, malgré les attentes du gouvernement.
Nicolas Sarkozy a annoncé ce matin qu'un projet de loi, qui pourrait être adopté à l'automne prochain, était d'ores et déjà en préparation.


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15 février 2010 1 15 /02 /février /2010 17:13

Par Thierry Masure, Le Point.fr du 15 02
...



Le président Nicolas Sarkozy a laissé un peu de répit aux syndicats, inquiets à la perspective d'une réforme des retraites à la hussarde, en déclarant lundi à la clôture du sommet social qu'un projet de loi sur ce sujet serait déposé au parlement "début septembre".

En revanche, le président de la République n'a pas donné satisfaction aux syndicats qui réclament d'urgence une solution pour les chômeurs en fin de droits et privés de toute ressource, renvoyant à "une concertation" avec le secrétaire d'Etat à l'Emploi Laurent Wauquiez.


Les dirigeants syndicaux étaient arrivés à l'Elysée avec la volonté de discuter d'abord de l'emploi, alors qu'une nouvelle progression du chômage, certes ralentie, est attendue en 2010.

Mais c'est sur le calendrier des retraites que le chef de l'Etat était le plus attendu.

Sur ce point, Nicolas Sarkozy a affirmé à l'issue du sommet que, "compte-tenu du temps que les mesures que nous prendrons mettront à produire leur plein effet, si nous voulons sauver le système de retraite, nous ne pouvons plus différer les décisions".

"Ces décisions seront donc prises au début de l'automne sous la forme d'un texte que le gouvernement déposera sur le bureau des deux assemblées", a précisé le président. Ouvrant le sommet un peu plus tôt, il avait assuré qu'il n'était "pas question de passer en force".


Le président a ensuite détaillé le calendrier. La concertation, a-t-il dit, commencera "début avril" quand le Conseil d'orientation des retraites (COR) fera connaître ses projections financières sur l'équilibre des régimes. "Sur la base de ce rapport (...), Xavier Darcos et Eric Woerth, pour la partie publique, entameront des négociations avec les partenaires sociaux. Ces négociations se dérouleront aux mois d'avril, mai, juin, éventuellement août si nécessaire et, au début du mois de septembre, le gouvernement prendra ses responsabilités et déposera un texte", a déclaré M. Sarkozy.

"Ce qui fait que la question de la pérénité de nos systèmes de retraites sera réglé à l'automne prochain"., a-t-il ajouté.


La tension avait monté ces derniers jours après des "fuites" dans la presse sur la volonté prêtée au chef de l'Etat de boucler la réforme par une loi au parlement dès le mois de juillet.

Ce calendrier ne donne qu'à moitié satisfaction aux syndicats. Bernard Thibault (CGT) et François Chérèque (CFDT) avaient insisté pour que le débat se déroule "sur l'ensemble de l'année 2010".

Selon M. Thibault, "les choses vont tout de même aller relativement rapidement", donc "il ne faut pas perdre de temps" pour mobiliser les salariés. "C'est quand même un calendrier assez restreint", a estimé M. Chérèque.


Six organisations syndicales (CGT, CFDT, CFE-CGC, CFDT, FSU, Unsa et Solidaires) doivent se retrouver dans la soirée pour décider d'une éventuelle journée d'action.


Le chef de l'Etat n'a jusque-là pas dévoilé ses intentions en la matière mais plusieurs ministres ont laissé entendre ces dernières semaines que le gouvernement privilégiait deux pistes, le recul de l'âge légal de départ en retraite ou/et l'allongement de la durée d'activité.

Fort de l'opposition d'une majorité de Français, la plupart des syndicats se sont d'ores et déjà déclarés hostiles à ces deux pistes.

Optimiste, la présidente du Medef Laurence Parisot a jugé qu'"un consensus" était "possible".


Nicolas Sarkozy a enfin indiqué que le dossier de la dépendance, dont il a fait un de ses chantiers sociaux pour 2010, ne sera abordé "qu'une fois la réforme des retraites achevée".

S'agissant des chômeurs en fin de droits, il a indiqué que la concertation confiée à Laurent Wauquiez servirait d'abord à "établir un diagnostic précis de la situation", et s'est prononcé pour "un financement commun" du soutien à leur apporter.


Alors qu'un "malaise grandissant" affecte la fonction publique, selon François Chérèque (CFDT), le chef de l'Etat a annoncé une réunion d'agenda social spécifique avec les syndicats de la fonction publique,"dans les prochaines semaines".

Enfin, François Chérèque a demandé "des mesures pour aider les personnes qui sont victimes" de la crise. Sur ce point, Nicolas Sarkozy a envisagé une réunion "en avril" pour faire le point des mesures déjà engagées en faveur de l'emploi.


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Published by Thierry Masure, Le Point - dans Economie et social
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9 février 2010 2 09 /02 /février /2010 18:03

Par Martin Hirsch, dans Libération du 4 février 2010
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Depuis que la crise secoue la planète, il est beaucoup question de régulation du capitalisme. Comme si les acteurs du capitalisme attendaient des autorités publiques qu’elles fixent des règles nouvelles, plus contraignantes à condition qu’elles ne le soient pas trop, d’emblée mondiales sinon elles ne seraient pas équitables. Une fois ces règles fixées, elles seraient suivies et le capitalisme repartirait sur de bons rails à une vitesse plus raisonnable. Mais si l’on file la métaphore ferroviaire, il ne suffit pas de réglementer la vitesse sur les rails et de mettre des aiguillages plus sophistiqués, il faut aussi former les conducteurs et surtout se demander vers quoi nous devons diriger les trains.


Le capitalisme permet de créer des richesses. C’est indubitable. La création de richesses est nécessaire à la lutte contre la pauvreté. C’est une lapalissade. Mais il y a aussi des formes de création de richesse qui provoquent la pauvreté. C’est une évidence que nous constatons chaque jour, dans tous les pays, quel que soit leur niveau de développement. Parce que les banques peuvent créer du surendettement, parce que certaines formes de production peuvent détruire des emplois, parce que le mode de satisfaction de certains besoins des consommateurs peut les appauvrir.
Plus généralement, l’exigence d’un taux de rentabilité trop fort, d’un retour sur investissement trop rapide peut créer de la richesse pour les détenteurs du capital mais provoquer de la pauvreté pour une part importante de la population.


C’est là qu’intervient le «social business», concept cher à Muhammad Yunus et qu’il fait reposer sur une formule simple : «No profit, no loss». Ni profit - en tout cas redistribué à des actionnaires - ni perte, qui imposerait des subventions en perfusion. Ce slogan sonne familièrement aux oreilles des entrepreneurs sociaux. Ceux qui depuis des décennies font du social business sans le savoir, dans un univers non lucratif, dans lequel il n’y a pas d’actionnaires à rémunérer et où tous les excédents sont réinvestis. Emmaüs et le recyclage, c’est une forme de social business depuis soixante ans. Les entreprises d’insertion s’inspirent de ce modèle. La question qui taraude celles et ceux qui militent pour cette forme d’entreprenariat est de savoir si ces initiatives vont rester sympathiques mais marginales, si elles vont conserver un chiffre d’affaires faible par rapport à celui des entreprises classiques et un nombre d’emplois créés toujours nettement inférieur au nombre d’emplois détruit par certaines formes de production.


Ce qui est nouveau, c’est que certaines grandes entreprises, multinationales, profitables, avec un actionnariat exigeant, ont accepté de travailler sur cette question. Elles ont commencé dans les pays du Sud et notamment au Bangladesh et se sont dit «pourquoi ne ferions-nous pas en France ce que nous faisons ailleurs ?» Pour cela, il faut former les managers de demain à ce nouvel état d’esprit. C’est ainsi qu’a été créée la chaire Entreprise et pauvreté à HEC, en partie financée par Danone et que j’ai l’honneur de présider avec Mohammad Yunus. C’est dans ce cadre que nous nous sommes retrouvés à une quarantaine - responsables de grandes entreprises, militants associatifs, acteurs publics, universitaires - depuis un an à bâtir un «action tank» ou, pourrait-on dire plus justement, un «think and act tank».

Conceptualiser et agir. Que cherchons-nous à faire? Pas à organiser des colloques ou des dîners débats. Mais à pouvoir rendre l’alimentation infantile plus accessible pour les familles modestes. Ou à réduire considérablement ce qui reste à sortir de la poche d’une personne au-dessus du seuil de la CMU quand elle doit s’acheter des lunettes. Ou encore à éviter que les factures de téléphone portable aggravent une situation de surendettement. Les projets correspondants devraient voir le jour dans les toutes prochaines semaines. Pas comme alibi ou comme forme déguisée de marketing. Mais bien comme des projets à grande échelle, pour des centaines de milliers de personnes, fondés sur un modèle économique différent.


La brutalité de la crise qui frappe l’économie mondiale depuis dix-huit mois et la frousse qu’elle a provoquée a déclenché l’indignation et le besoin de changement. Nous saurons en tirer les leçons, a-t-on entendu de toute part. Depuis quelques mois, on entend une autre musique : «C’est reparti comme avant !» Les bulles se reforment, l’activité spéculative repart, les profits de court terme sont toujours aussi tentants. La régulation mondiale mettra du temps à voir le jour. Il y a dans les entreprises, dans les administrations, dans la société civile, dans les instituts de management, des responsables qui ne se résignent pas à la crise durable. Le think and act tankest un lieu qui porte cette ambition et qui ne demande qu’à être jugé sur ses actes et sur sa capacité de contagion.


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Published by Martin Hirsch, dans Libération - dans Economie et social
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