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Contact: marcdhere.mdh@gmail.com 

 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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24 août 2010 2 24 /08 /août /2010 09:39

 

Par Frédéric Lefebvre...

 

Le Fonds Monétaire International vient de rendre son rapport annuel sur les évolutions récentes de notre économie. Le Gouvernement y est félicité pour sa conduite de la crise, la relance en 2009, les réformes du secteur bancaire et aussi pour les mesures de redressement des comptes publics décidées en mai/juin. Les décisions courageuses de maîtrise des dépenses sont jugées adaptées pour réduire le déficit, conformément aux objectifs du gouvernement. La réforme des retraites est qualifiée de « réforme majeure ».

Bref, le FMI dirigé par M. Strauss Kahn dit aujourd’hui exactement le contraire de nos
socialistes français :

- Le FMI salue la maîtrise des déficits sans hausse d’impôts, alors que l’unique idée exprimée par le socialiste Jérôme Cahuzac depuis qu’il est devenu Président de la Commission des Finances de l’Assemblée Nationale est de mettre en garde contre une bombe fiscale qui n’existe nulle part ailleurs que dans les propositions du Parti Socialiste.

- Le FMI salue le choix juste d’augmenter l’âge de la retraite, alors que les propositions de Martine Aubry, architecte des 35 heures, conduiraient à écraser les Français sous les impôts et à passer la facture aux générations futures.

Cet avis du FMI sonne comme un satisfecit au Gouvernement, et un zéro pointé au Parti Socialiste.

Frédéric LEFEBVRE
Porte Parole de l'UMP

Repris sur Face Book,

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17 août 2010 2 17 /08 /août /2010 11:30

 

Dans le JDD du 13 août 2010...

 

 

Christine Lagarde, ministre de l’Economie, a accueilli la publication de l’Insee avec satisfaction. Pour conforter la reprise, elle soutient les efforts entrepris pour réindustrialiser le pays. Christine Lagarde défend aussi le crédit impôt recherche que les députés jugent trop coûteux.

 

Etes-vous surprise par les chiffres de la croissance et de l’emploi?
Les indicateurs vont dans le bon sens depuis plusieurs semaines. Ils nous laissaient entrevoir un rebond. Il atteint 0,6 %, je suis très contente. Cela signifie que notre politique économique fonctionne, qu’elle est équilibrée. Nous avons soutenu l’investissement, l’emploi et la consommation, notamment grâce aux mesures d’embauche dans les TPE, à la suppression de la taxe professionnelle, au RSA, aux allégements fiscaux pour les ménages modestes, à la flexibilité des heures supplémentaires… Ces résultats ne sont pas un hasard.

 

La hausse de l’emploi repose surtout sur l’intérim et celle de la production sur un restockage. Ce rebond est-il solide ou fragile?
C’est une croissance consolidée. Les chiffres de l’activité économique sont positifs depuis quatre trimestres. La très bonne nouvelle est l’augmentation de l’investissement des entreprises, pour la première fois depuis 2008. Cela signifie qu’elles ont intégré la suppression de la taxe professionnelle initiée par le président de la République. Elles témoignent d’un sentiment de confiance qui est décisif pour la croissance. La hausse de l’emploi ne repose pas que sur l’intérim. Et produire pour restocker, c’est produire.

 

Vous pensez que la crise est totalement finie? Les autorités américaines craignent un essoufflement…
Je ne dis pas que tous les effets de la crise sont derrière nous. Mais nous allons dans la bonne direction et nous maintenons un effort déterminé dans notre politique. Ce cercle vertueux est exactement celui que notre stratégie économique cherche à mettre en place pour les prochains trimestres: poursuivre les réformes qui augmentent la croissance pour relancer l’emploi et réduire les déficits.

 

Quel est le meilleur instrument de la politique économique pour conforter la reprise?
Nous devons poursuivre notre politique de réindustrialisation du pays. Je soutiens ardemment le crédit impôt recherche. C’est une dépense fiscale intelligente, elle accroît l’innovation, donc elle augmente la productivité et la compétitivité. Les investissements d’avenir vont relancer l’effort national de recherche et développement. S’agissant de l’emploi, nous devons mieux coordonner la formation professionnelle avec les métiers d’avenir.

 

Une politique de rigueur s’impose-t-elle encore si l’économie va mieux?
L’avantage d’une meilleure croissance, ce sont des recettes plus dynamiques pour l’Etat et la Sécurité sociale. Mais les problèmes de déficit et de dette restent le principal frein à une croissance plus forte, plus solide, et plus durable. Nous devons aussi baisser nos dépenses budgétaires et fiscales. Il s’agit de réduire le déficit public à 6% l’an prochain et jusqu’à 3% en 2013. Nous avons pris des engagements, nous les tiendrons.

 

Le gouvernement prévoit une croissance de 2,5% l’an prochain. Ce chiffre est-il toujours d’actualité?
Nous regarderons cela attentivement à la rentrée avec le président de la République et le Premier ministre.

 

 

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24 juin 2010 4 24 /06 /juin /2010 15:41

 

Michel Rocard dans France-Soir du 24 juin.

 

Extraits

 

 

Qu’on se le dise.... le social-démocrate Rocard ne change pas avec l’âge : au-dessus de tout, il place la pensée libre, fût-elle dérangeante. Traduction : quand il félicite Eric Woerth pour son « courage » (dans l’affaire des retraites) ou quand il reproche à Martine Aubry de s’enfermer, sur la question des 60 ans, dans une posture archéo, cela ne veut nullement dire qu’il change de camp, qu’il passerait de gauche à droite.

France-Soir. Il y a vingt ans exactement, vous commandiez le premier Livre blanc sur les retraites. Qu’est-ce qui vous poussait, dès cette année-là, à entamer cette démarche ?
Michel Rocard. Je suis alors Premier ministre et je m’aperçois, s’agissant des retraites, que les enjeux sont terrifiants. Il était déjà évident que le coût du système était en augmentation vertigineuse et qu’on ne pouvait pas en rester là. Mais je pense depuis cette époque qu’aucun gouvernement n’a une légitimité suffisante pour décider en la matière tout seul. Le bon moyen de s’en sortir – le seul moyen –, c’est la négociation de contrats qui doivent associer l’Etat, les employeurs et les salariés.

 

F.-S. Comment vous y prenez-vous ?
M. R. J’appelle le patronat, la CFDT et Force ouvrière pour leur demander s’ils seraient d’accord pour établir un diagnostic commun, complété d’une boîte à outils. Ils répondent positivement. Quand l’INSEE achève le Livre blanc, en 1990, je leur envoie donc le travail, et j’obtiens leur accord sur le diagnostic et sur la boîte à outils. La deuxième étape a été le lancement d’une mission de dialogue sur les retraites, confiée au secrétaire général des cadres de Force ouvrière, Robert Cottave, flanqué de trois hauts fonctionnaires. Leur mission : organiser partout en France des débats sur l’avenir du système de retraite. Je leur ai dit : « Je vous donne deux ans pour qu’il n’y ait plus en France un seul syndicaliste qui ose nier les chiffres. ». J’avais en même temps annoncé que la troisième étape serait l’ouverture des négociations entre le patronat, les syndicats et l’Etat, et que la quatrième serait la ratification de cette négociation par la loi.

 

F.-S. Alors, qu’est-ce qui a coincé ?
M. R. La mission a admirablement travaillé. Mais j’ai dû démissionner le 15 mai 1991. J’ai alors été remplacé par Mme Cresson, dont le principe était simple : « Rocard a mal gouverné, donc il faut faire le contraire de ce qu’il a fait. » Elle a donc mis fin au travail de la mission, puis n’a plus rien fait sur le sujet.

……..
.........
 

F.-S. A la lumière de votre expérience, comment jugez-vous la réforme d’Eric Woerth ?
M. R.
C’est une réforme non négligeable et courageuse. Le gouvernement a eu raison de la faire. Je suis socialiste, je le reste, mais je le dis : Eric Woerth est un type bien, qu’il faut défendre. En tant que social-démocrate, je regrette, en revanche, que le gouvernement n’ait pas suivi la voie de la négociation. Il est quand même passé en force, même s’il bénéficie du fait que l’opinion est devenue plus sérieuse, plus responsable, un peu mieux informée. Reste que beaucoup de problèmes ne sont pas tranchés. Pour commencer, les régimes spéciaux ne sont pas touchés. Or c’est un morceau énorme.

 

F.-S. Vous a-t-on demandé vos conseils ?
M. R. Oui. Les deux ministres du Travail successifs, Xavier Darcos puis Eric Woerth, m’ont convié à venir leur parler. Comme je suis démocrate, j’accepte les invitations. J’ai insisté auprès d’Eric Woerth : « Il faut négocier. » Sa réponse a été : « Mais ils ne veulent pas négocier ! » Je crains qu’il ait raison, à cause du piège que Fillon et Raffarin ont tendu à la CFDT il y a cinq ans. Cela se paie aujourd’hui.

F.-S. Quand François Mitterrand a décidé d’abaisser l’âge légal de la retraite de 65 à 60 ans, en 1981, vous étiez présent lors de ce fameux Conseil des ministres…
M. R.
Oui. Et, autour de la table, tous les ministres en charge de l’économie – même Fabius et surtout Delors – étaient effondrés, décomposés. Moi aussi. Mais il s’agissait de faire plaisir au Parti communiste et de magnifier le caractère social du gouvernement ! Le résultat a été la sacralisation de ce chiffre de 60 ans. Depuis, nous sommes encombrés d’un symbole alors que ce chiffre est, au fond, le moins significatif de tous les paramètres, même si c’est le plus visible.

F.-S. Pour vous, il aurait donc mieux valu ne pas s’en prendre aujourd’hui à ce « symbole » ?
M. R.
Eh ! Pourquoi agiter un drapeau rouge devant le taureau au lieu de contourner le problème ? C’était d’ailleurs une des conditions posées par la CFDT pour négocier : ne touchez pas à l’âge légal, et on se débrouillera avec le reste. Mais cela avait un inconvénient pour le gouvernement : ôter de la visibilité au résultat final. Pourtant le fond de l’affaire est connu : il faudra un jour arriver à une retraite à la carte, avec une cessation progressive d’activité.

F.-S. Le bilan de la réforme Woerth, c’est tout de même, pour vous, positif ?
M. R.
Au total, avec cette réforme, nous allons gagner un répit de dix ans sur le plan comptable. Ce n’est pas rien dans cette période d’inflation énorme, de déficits et de dette. Mais la contrepartie, c’est que la négociation n’est décidément plus un instrument de travail dans le dialogue social. Je trouve cela terrible.

 

F.-S. Le PS s’oppose à la remise en question des 60 ans et affirme qu’il reviendra dessus en cas de victoire en 2012…
M. R. Le PS a du mal à devenir ce qu’il devrait être profondément : un parti social-démocrate. C’est un peu le parti faible dans l’Internationale sociale-démocrate. En faisant de l’âge légal un symbole, le PS est encore en train de se tromper de combat. Pour moi, c’est une des premières fautes de Martine Aubry qui, par ailleurs, fait du bon boulot. Pour ce qu’elle fait, je la défends plutôt. Mais là, elle a commis une erreur. Elle a été trop sensible au poids d’un symbole. Or on ne négocie pas sur les symboles, on les abandonne. Je crois que le PS se bloque sur une carte perdante. Quant à faire reposer les retraites sur la fiscalité, c’est absurde et « dangerosissime ». Je parlerai même d’imbécillité. Il faut absolument que le régime des retraites s’auto-équilibre. Il n’y a pas d’autre solution.

F.-S. Faudra-t-il une nouvelle réforme des retraites dans dix ans ?
M. R.
Dans dix ans, ou peut-être avant, je ne sais pas. Une certitude : le problème des retraites reste devant nous. D’autant que nous ne sommes pas sortis de la grande crise. Nous n’en avons traité qu’une petite partie, et mal : les banques reconquièrent leur pouvoir. Rien sur les paradis fiscaux, rien sur les produits dérivés. C’est effrayant. Nous allons donc vers des coups durs économiques fréquents dans un contexte de croissance lente. Dans ces conditions, le poids des régimes de retraite va devenir assez vite intolérable, une fois absorbé l’allégement temporaire signé Woerth-Sarkozy-Fillon.

 

 

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22 juin 2010 2 22 /06 /juin /2010 14:54

 

 

La Tribune.fr, Jeudi 16 juin 2010

 

 

 

 

 

Par Jean-Marie Bockel , président du mouvement Gauche moderne, membre de la majorité présidentielle. Ancien maire de Mulhouse, Jean-Marie Bockel est aussi secrétaire d'Etat à la justice.

 

Le 23 janvier 2010, la Gauche moderne affirmait dans une lettre ouverte à ses partenaires de la majorité la nécessité de donner un nouvel élan à la majorité pour réponde aux besoins de protection des couches populaires et des classes actives de la nation.

 

Depuis, la crise des dettes publiques européennes, commencée en février 2009, a connu une apogée inouïe, qui a conduit à l'adoption du plan de secours mis en place le 10 mai dernier.

 

Cette crise des dettes publiques s'inscrit en fait dans le prolongement d'une crise historique de l'endettement privé qui a eu son épicentre aux Etats-Unis en 2008. Il en a résulté non seulement une crise immobilière d'une prodigieuse ampleur inouïe, mais aussi une crise bancaire, suivie d'une crise industrielle majeure, avec la suppression de 10 millions d'emplois industriels en Europe, en Amérique du Nord et dans les pays asiatiques non émergents.

 

La récession que nous avons connue a dégradé les comptes des Etats, y compris de ceux qui pouvaient se prévaloir d'une santé en apparence robuste et affichait comme l'Irlande et l'Espagne, salués meilleurs élèves de la classe européenne, un fort excédent budgétaire.

 

L'Espagne fournit une illustration parfaite de ce lien pervers entre dette privée et dette publique : endettement des ménages comparable aux Etats-Unis, effondrement de l'économie locale qui a supprimé deux millions d'emplois, condamnant les ménages à l'insolvabilité effondrement des recettes fiscales qui sape la crédibilité financière de l'Etat espagnol et de sa signature bancaire. Les banques privées espagnoles n'ont pas tardé à encaisser le plein effet du collapsus du secteur de la construction, soit quasiment la disparition d'un tiers du PIB espagnol.

 

Reconnaissons-le, des erreurs psychologiques considérables ont été commises dans la gestion de la crise. Pour la Grèce par exemple, n'eut-il pas été infiniment moins coûteux d'établir un plan de sauvetage dès le mois de février ? Au lieu de cela, l'indécision européenne concernant notre partenaire hellène a été interprétée par les marchés financiers comme une sorte de condamnation de ce pays à la faillite, ce qui a accéléré la crise, et mis en cause la stabilité et la cohérence de l'ensemble de la zone euro.

 

En Hongrie, c'est l'équipe gouvernementale nouvelle qui a créé le doute. Par des déclarations alarmistes inconsidérées, elle a jeté dans l'inquiétude les marchés internationaux et de ce fait joué contre les intérêts de son propre pays.

 

Disons-le, les 6 et 7 mai 2010, les marchés ont connu une quasi-débâcle, qui n'a pu être évitée que par la décision prise, non sans difficultés, par le Conseil des Ministres européens, le 9 et 10mai de mettre en oeuvre un plan d'urgence. Nous avons grâce à cette initiative, pu éviter le pire. Mais il ne s'agit là que d'un répit : la crise qui est en train de s'abattre sur l'Espagne appelle de notre part de nouvelles initiatives.

 

Il faut d'abord obtenir un changement de la donne européenne, inviter à une clarification de l'orientation gouvernementale et à une réforme d'ampleur de la gouvernance de la zone euro. Reconnaissons qu'avec son énergie et son pragmatisme, le président de la république joue un rôle majeur dans cette recomposition du pouvoir. Nous sommes aujourd'hui à la croisée des chemins et la France qui présidera le prochain G20 est aux avant-postes. Les choix que nous prendrons peuvent aussi bien précipiter nos économies dans la spirale de la dépression que d'ouvrir le chemin à la restauration de la croissance.

 

Nous avons à l'évidence besoin d'une Europe plus coopérative, c'est-à-dire une Europe de projets, mais aussi d'une Europe où les Etats jouent davantage la carte de la croissance et de la solidarité européenne.

 

Il faut bien comprendre également que le véritable enjeu pour la stabilité économique et monétaire du monde est lié à la question du dollar. Sa position de semi-étalon paraît désormais hautement contestable. La question de la refonte du système monétaire international est désormais posée, avec l'idée émise par certains Etats émergents, de mettre en place comme instrument unique de réserve, un panier de devises internationales. C'est un des enjeux du prochain G20.

 

Je reste par ailleurs convaincu qu'il existe des alternatives raisonnables qui permettraient de corriger nos déficits publics tout en évitant le spectre d'une dépression.

 

Car il n'est pas trop tard pour convaincre les institutions européennes (Conseil, Commission, BCE) d'accepter que les pays réduisent plus lentement que prévu leurs déficits, en privilégiant un retour à 3% du PIB en 2016 et non en 2012-2013, comme il est actuellement annoncé Seule une réduction plus progressive des déficits publics serait de nature à éviter le retour en récession. Joseph Stiglitz a ici raison de souligner que la sévérité des plans d'austérité risquerait d'entraîner une stagnation économique qui minorerait la baisse des déficits et entraînerait une explosion du rapport dette/PIB.

 

Parlons clair, je crains davantage le spectre de la déflation que celui de l'inflation.

 

Il faudrait une discussion franche à ce sujet avec nos amis allemands qui seraient d'ailleurs eux-mêmes perdants dans le cas d'une forte dépression en Europe. Mieux vaudrait comme l'a proposé Olivier Blanchard, économiste en chef du FMI, un taux d'inflation modéré qu'un défaut de remboursement d'un état, qui pourrait conduire à l'éclatement de la zone euro. Au surplus, je ferai remarquer que l'euro stimule et protège davantage nos emplois et nos exportations quand il est faible que quand il est surévalué.

 

Telle est la démarche économique qui inspire la Gauche moderne, afin de proposer un axe juste à la majorité dont elle est solidaire, pour donner un nouvel élan à la France en Europe.

 

Jean-Marie Bockel

 

 

 

  

 

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17 juin 2010 4 17 /06 /juin /2010 14:48

 

Je suis d’ordinaire en plein accord avec les communiqués publiés par La Gauche Moderne. Ce n’est pas tout à fait  le cas pour le communiqué publié à l’occasion de la présentation du plan retraites par Eric Woerth.

 

Ce communiqué le voici :

 

La Gauche Moderne et son Président Jean-Marie BOCKEL, tiennent à marquer leur

satisfaction au moment de la présentation par le gouvernement de son projet de réforme des

retraites.

 

L’équilibre juste a été atteint et le relèvement progressif de l’âge légal du départ à la retraite

est compensé par la prise en compte de l’usure des salariés et de la pénibilité, par les mesures pour développer l’emploi des seniors et par le renforcement des mécanismes de solidarité.

 

Surtout, l’équité du « paquet retraite » est mise en oeuvre de manière emblématique par les

mesures budgétaires ciblées sur les Français les plus aisés, qui vont rapporter 3,7 milliards dès 2011.

 

La Gauche Moderne se tient prête pour améliorer encore ce « paquet retraite », dès

maintenant, dans les négociations en cours avec les syndicats et les autres partenaires sociaux, et pendant les débats du parlement en septembre prochain.

 

La Gauche Moderne, le 16 juin 2010

 

 

Bien entendu, comme La Gauche Moderne, j’approuve globalement le plan courageux et ambitieux du gouvernement. Mais je ne saurais, pourtant  me contenter de cette approbation.

 

Je pense que des améliorations peuvent et doivent être apportées à ce plan, avant qu’il ne soit officialisé,  afin de le rendre encore plus responsable, plus juste et plus susceptible de recueillir l’accord du plus grand nombre. Je ferais trois suggestions :

 

-          La date de passage de l’âge légal à 62 ans, pourrait être repoussée à 2020 (au lieu de 2018), avec 3 mois gagnés (au lieu de 4) chaque année. Cela rendrait l’évolution moins brutale et l’effort demandé aux salariés plus supportable .

 

-          La contribution des hauts revenus devrait être sensiblement augmentée. Passer la dernière tranche  de l’impôt sur le revenu de 40 à 41% est manifestement trop faible. Le niveau de  43% serait plus acceptable.

 

-          La prise en compte de la pénibilité et des « carrières longues » devrait être élargie.

 

Je regrette que La Gauche Moderne, en application de son slogan « la réforme juste » n’ait pas jugé utile, au-delà d’une approbation globale que je partage,  de proposer, comme Eric Woerth nous y encourageait d’ailleurs, des modifications de ce type susceptibles de rendre plus juste encore, plus équitable et plus « social » ce plan gouvernemental.

 

Peut-être a-t-elle  encore le  temps de compléter son premier communiqué.

 

Marc d’Héré 

 

 

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9 juin 2010 3 09 /06 /juin /2010 17:31

 

L'opposition socialiste déclare jour après jour que le gouvernement minimise la gravité de la  situation financière et économique de notre pays et ne manquera pas, très prochainement, d'augmenter les impôts.

Ces déclarations alarmistes, relayées   par le quotidien "Le Monde"  dans un titre  péremptoire, mais imprudent,  en première page  " la hausse des impôts est inévitable’',  relèvent d'abord d'une stratégie ou d'une tactique politique bien rodée.

Souvenons-nous. Entre les deux tours des élections législatives de 2007, le parti socialiste, par la voix de Laurent  Fabius, largement repris  par les médias,   affirme que dès les élections passées le gouvernement de François Fillon augmentera les impôts, notamment  la TVA sous la forme d’une TVA sociale ! Bien entendu il n’en fut rien, mais cette fausse affirmation fera perdre une cinquantaine de sièges à la majorité…Le but était atteint et la leçon ne sera pas oubliée. Depuis, périodiquement, les socialistes affirment, pour inquiéter le citoyen et  l’électeur,  que les impôts vont  augmenter. Cela fut dit avant les élections municipales et à nouveau démenti par les faits. Le gouvernement, fidèle à sa ligne, ne les a pas  augmentés !

Qu’à cela ne tienne.  Cette fable est répétée dès le début de la crise…toujours non confirmée par les faits…puis avant les  élections européennes, puis avant les régionales, et toujours l’effet d’inquiétude joue contre la majorité, mais le gouvernement contredit, dans la réalité, les déclarations socialistes.

Voilà 3 ans que ce jeu malsain se poursuit et cet argument de la hausse prochaine des impôts est utilisé dans cette période de difficultés réelles, pour accroître l'inquiétude de nos compatriotes, leur désarroi et leur opposition à la politique menée.

A cette raison de tactique politicienne, s'ajoute une raison de fond tenant à une conception idéologique et archaïque de l'économie.

En annonçant une prochaine et inéluctable hausse des impôts les socialistes justifient la hausse des prélèvements qu'eux-mêmes font figurer dans leur "projet". Est-on tenté de leur reprocher de prévoir de fortes augmentations d'impôts, ils répondent "c'est inéluctable, d'ailleurs le gouvernement lui-même devra s'y résoudre."

Pour répondre à la situation financière difficile qui est la nôtre, et s'attacher à diminuer le  montant excessif de notre  dette publique , ils ne voient qu'une solution: augmenter les recettes et d'abord l'impôt!

Pour sa part le gouvernement sait que deux autres leviers sont possibles, la croissance et une limitation drastique des dépenses publiques improductives.

Toute la politique du gouvernement porte sur ces deux leviers, auxquels pourraient s'ajouter quelques mesures limitées et  ciblées et qui en aucun cas ne pourraient être assimilées à "une augmentation DES impôts" : limitation et plafonnement des niches fiscales, contribution exceptionnelle des hauts revenus, voire, ce qui pourrait  être envisagé, la suspension temporaire de la loi TEPA relative aux heures supplémentaires...Ce n'est que si la croissance se refusait à décoller, malgré les effots faits par le gouvernement pour y parvenir,  et si les mesures d'économie s'avéraient insuffisantes,  que devrait alors être envisagée une certaine augmentation de la fiscalité.

Mais ce n'est pas souhaitable et   fort peu probable.  Nicolas Sarkozy s'était engagé lors de la campagne de 2007 à ne pas augmenter les impôts, et  la politique qu'il mène avec le gouvernement, devrait lui permettre, malgré la gravité de la crise internationale qui nous a comme d'autres touché, de rester fidèle à son engagement. Une fois de plus l'affirmation des socialistes et de certains médias, "bien intentionnés", sera démentie par les faits.


Marc d’Héré

 

 

Il y a déjà une semaine que "Le Monde" annonçait comme inévitable une augmentation des impôts...Pour l'instant on ne distingue aucun signe annonciateur...A suivre...

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20 mai 2010 4 20 /05 /mai /2010 12:42

 

Depuis mai 2007, le PS ne cesse de  parler de sa  « rénovation » et notamment de la rénovation de ses idées et de son projet…Et depuis 3 ans rien n’est venu.  Rien jusqu’à ces derniers jours où il rend public deux éléments clés de cette rénovation : son « nouveau modèle économique social et écologique »  et ses « propositions » pour les retraites.

 

Il faut les lire : sauf à être militant socialiste ou journaliste du Monde (c’est loin d’être incompatible), on ne peut y trouver le moindre intérêt ou la moindre trace de rénovation…

 

Prenons d’abord le projet ou comme ils disent en toute modestie « le modèle » ! Ce document  a été, avant d’être soumis aux militants, adopté à l’unanimité de  la direction du parti ce qui, dès l’abord, rend méfiant sur sa cohérence.

 

Certaines des pistes indiquées se contentent de suivre (en les dénaturant malheureusement souvent) des directions fixées par Nicolas Sarkozy voire de reprendre des mesures qu’il met en place :  développement d’une politique industrielle (mais en lui donnant un caractère trop dirigiste),  protection de l’environnement (en ayant du mal à aller plus loin que le Grenelle), réduction des niches fiscales, contrôle accru des banques et incitation à soutenir les PME,  réforme de la formation, nouvelle gouvernance européenne conforme à l’action de  Nicolas Sarkozy …

 

D’autres pistes sont marquées par l’archaïsme : accroissement des emplois aidés, prises de participations importantes de l’Etat dans l’économie, hausse des impôts, alourdissement du carcan fiscal et réglementaire sur les entreprises…

 

D’autres correspondent à des « promesses » floues et bien difficiles à concrétiser : cette fumeuse  société du « care », ou, plus concrètement la baisse ciblée de la TVA, quand on sait qu’il faut l’accord des 27 pour le faire, et que ceux-ci ont précisé qu’il n’y aurait plus de dérogations !

 

 Enfin, et c’est le plus grave, si les socialistes reconnaissent la nécessité de réduire les déficits et la dette, ils sont loin d’en prendre les moyens.

Ils refusent de poursuivre la politique de limitation des dépenses publiques engagée par la majorité actuelle. Au contraire, tout ce qu’ils disent sur le manque de moyens (dans l’éducation, la santé, la sécurité, les transports publics, les collectivités locales, et autres administrations…) et la prétendue faiblesse de la relance,  laisse penser qu’ils augmenteront fortement la dépense publique.

 

Evidemment,  prétendre réduire le déficit, tout en augmentant les dépenses, exigerait une considérable augmentation des recettes  en jouant sur deux leviers :

 

L’impôt d’abord et surtout, et ils ne s’en cachent pas.  Et cette forte augmentation reposera essentiellement sur les classes moyennes :  on peut d’autant moins faire autrement que la taxation des gros revenus, des bonus et de l’épargne serait  utilisée pour les retraites (voir plus loin propositions du PS sur les retraites)…On ne peut pas, camarades socialistes, faire servir deux fois les mêmes recettes….

 

Reste la croissance qui devrait être extrêmement forte, compte tenu de ce qui précède, pour réduire un tant soit peu le déficit,   mais malheureusement les augmentations d’impôt (et les évasions fiscales qu’elles produiront), les carcans nouveaux imposés aux entreprises, la reprise de la limitation du temps de travail avec notamment la suppression de la TEPA, et la tendance à l’étatisation ne préjugent rien de bon en ce sens…

 

Tout cela est incohérent, mais, on trouve encore pire dans les « propositions » pour les retraites.

 

Les socialistes sont, pour les retraites, dans le déni de réalité et l’abandon de leurs principes : ils  refusent de prendre en compte les causes démographiques des difficultés de financement  du système, et en faisant financer la totalité du déficit par des taxes baroques ils abandonnent  les principes mêmes sur lesquels repose la répartition !

 

Concrètement, parce qu’ils refusent de prolonger la durée de cotisation, ils recourent à un  empilement de taxes,  qui vont peser certes sur les hauts revenus, mais aussi en  partie  sur les classes moyennes (taxes sur l’intéressement et la participation, sur l’épargne,  augmentation de la CSG, augmentation progressive des cotisations retraites…). Elles pèseront aussi sur les entreprises ce qui sera négatif pour la croissance et  l’emploi.

 

Et puis, ces taxes seront bien  loin de répondre aux nécessités de financement : certaines sont totalement surévaluées comme celles sur les bonus et les stock options dont les socialistes disent attendre près de 3 milliards et qui n’en rapporteront même pas 1 !

 

Enfin le comble semble atteint avec cette retraite à la carte, une excellente mesure dont les socialistes font une bouffonnerie.   Pour inciter les salariés à travailler plus longtemps (tiens, ils ne sont pas opposés à la prolongation du temps de travail ?) les socialistes proposent d’augmenter dans de fortes proportions les pensions qui leur seront servies. C’est parfait. Sauf qu’ils attendent plusieurs milliards chaque année de cette prolongation de cotisations, sans voir que ce supplément de cotisation sera largement entamé voire réduit à rien par l’augmentation des pensions versées. Un léger gain  n’existera  que la première année…

 

Voilà où on en est de la prétendue rénovation des idées du PS… Si c’est cela qu’ils se préparent à présenter lors des élections de 2012, la majorité peut être tout à fait rassurée et son candidat à l’élection présidentielle n’a pas trop de souci à se faire !

 

Marc d’Héré  

 

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19 mai 2010 3 19 /05 /mai /2010 18:54

 

 Marion Brunet pour Le Figaro.fr...

 

Le premier ministre a reproché mercredi au Parti socialiste de vouloir créer «une avalanche d'impôts nouveaux», l'UMP dénonçant de son côté un projet «anti-social» et «anti-économique».

La riposte ne s'est pas fait attendre. Alors que Martine Aubry a dévoilé mardi soir les propositions du Parti socialiste sur les retraites, le gouvernement et l'UMP se sont empressés dès mercredi matin de mitrailler ce plan. Principal argument de la majorité : ce contre-projet de réforme ne prend pas en compte les causes démographiques du déséquilibre actuel du régime. Au premier rang des détracteurs de la gauche, le premier ministre François Fillon, qui a accusé mercredi le PS de se contenter de proposer «une série d'expédients».

«Comme vous continuez de refuser d'accepter le principe de l'allongement de la durée de travail proportionnel à l'allongement de la vie (...), vous êtes réduits à proposer toute une série d'expédients», a affirmé François Fillon lors de la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale. «Vous proposez d'abord une avalanche d'impôts nouveaux et notamment, une avalanche d'impôts nouveaux sur les classes moyennes», a-t-il poursuivi, visant notamment la proposition PS de prélever trois milliards d'euros sur l'intéressement et la participation. Et de préciser que l'intéressement concerne «un tiers des salariés français» et la participation «44%» d'entre eux.

 

«Inventer des recettes virtuelles»

 

«Vous proposez une augmentation de la CSG (contribution sociale généralisée, ndlr) sur les produits du capital : c'est un nouvel impôt sur les classes moyennes et les 20 millions de contrats d'assurance vie dans notre pays Mais comme cela ne suffit pas il vous faut aussi inventer aussi des recettes virtuelles», a ensuite déclaré le chef du gouvernement. Avant de prendre «quelques exemples» : «Deux milliards d'euros prélevés sur les stock options et sur les bonus. Deux milliards d'euros sur une assiette de 2,7 milliards d'euros, c'est un taux de 70%. Autant dire que cette assiette vous l'aurez une fois, une année, et pas deux !»

Les propositions socialistes, qui excluent un recul de l'âge légal de la retraite, prévoient notamment des ressources nouvelles et la mise à contribution des revenus du capital. Elles envisagent par ailleurs une majoration des prélèvements sociaux sur les bonus et les stock-options, une cotisation des fonds d'intéressement et de participation aux retraites, l'augmentation de la CSG sur les revenus du capital, ainsi qu'une augmentation de la contribution sur la valeur ajoutée (créée en remplacement de la taxe professionnelle, ndlr).

 

«Aubry, la dame des impôts»

 

Un contre-projet de réforme qui a suscité une levée de bouclier dans la majorité. Peu avant François Fillon, le patron de l'UMP, Xavier Bertrand, et son porte-parole, Frédéric Lefebvre, ont attaqué frontalement mercredi le contre-projet du PS sur les retraites, fustigeant une «avalanche de taxes, d'impôts et de cotisations». Ils ont également dénoncé un projet «anti-social» et «anti-économique» destructeur d'emplois et de pouvoir d'achat.

Le ministre du Travail, Eric Woerth a quant à lui qualifié les propositions socialistes de «choc fiscal sans précédent». «C'est 20, 30, 40 milliards d'euros de fiscalité et de cotisation en plus», a déclaré le ministre sur France-Info. «Il n'y a pas de réponse démographique alors qu'il y a une réponse par l'impôt et par les cotisations. La dame des 35 heures se transforme en dame des impôts».

Le secrétaire d'Etat à l'Emploi, Laurent Wauquiez, a pour sa part évoqué «une sacrée potion amère en trois portions»: «un matraquage fiscal sur les classes moyennes», «la destruction d'emplois» et «le virtuel avec des chiffrages fantaisistes».

La première secrétaire du PS, Martine Aubry, n'a pas tardé à répondre à ses détracteurs. «On n'a pas de leçons à recevoir de la droite», a-t-elle assuré mercredi, qualifiant par la même occasion les membres du gouvernement de «très bons artificiers».

 

Marion Brunet,

Lefigaro.fr

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16 mai 2010 7 16 /05 /mai /2010 18:04

 

Claude Imbert, Le Point du 12 05 10...

 

Ceux que chagrinent, depuis trois décennies, l'illusion française et la débilité européenne ne voient pas la crise d'un oeil effaré. Car, imprévisible dans sa mise à feu, ses bonds et rebonds, la crise ne leur paraît, au bout du compte, que le précipité d'un long pourrissement. Le « panier percé » de maints Etats européens - dont le nôtre -, l'inachèvement politique de l'Europe à 27, toutes ces funestes évidences - ici rabâchées - n'auront perduré que dans l'ignorance des peuples, l'abaissement des élites et leur complaisance démagogique à éviter les vérités qui fâchent.

 

Le doigt des marchés nous montre aujourd'hui les lourds nuages de crédits dévalués, titrisés ou toxiques qui tournent sur nos têtes, et l'imbécile ne regarde que le doigt. Haro sur les marchés ! Ils ne sont certes pas sans vices. Mais leur mécanique implacable n'aura fait que sanctionner d'abord le délire occidental des crédits privés, puis l'entassement des emprunts d'Etat venus à la rescousse. Ajoutés aux lourds et anciens déficits publics, le total fait peur.

 

Si la démesure, si l'empire outrancier du virtuel, si cette cavalcade de plus en plus découplée de l'économie réelle fut celle des marchés eux-mêmes, elle fut d'abord celle de leurs mandants, celle des boulimiques du « toujours plus », celle d'Etats sans guides courant derrière leurs peuples.

 

Les marchés ont donc concouru à l'euphorie comme ils concourent aujourd'hui à la panique. C'est leur nature : ils n'ont pas d'entrailles. Ils ne visent qu'à s'enrichir dans le grand brassage mondial de l'argent entre prêteurs et débiteurs. Sous l'orage, on feint de découvrir la perversion des effets cumulatifs de leurs spéculations. Les politiques, l'Amérique d'Obama et les Etats européens cherchent à en réduire les méfaits. Très bien, mais pas facile !

D'autant que les Etats se trouvent emportés dans la spirale qu'ils dénoncent : ils ajoutent des monceaux de dettes nouvelles à la pyramide d'emprunts renouvelés qui les a jetés dans la panade. Les voici contraints d'emprunter pour assurer une relance qui, enfin, les désendetterait et, en même temps, contraints d'expliquer à des peuples habitués depuis trente ans à un mode de vie intenable qu'il faut en changer.

 

Il ne fallait pas, comme nos traders, avoir fait Polytechnique pour constater que l'empilement des crédits ne monterait pas jusqu'au ciel. Et qu'un jour viendrait où se trouveraient punies l'addiction nationale aux déficits et l'impéritie européenne. Les marchés peuvent certes dérailler dans les mirages accélérés du virtuel comme sous la pression du court terme, ils nous disent néanmoins ce que nous ne voulions pas entendre. Malgré quelques rares et lucides rabat-joie - genre Barre ou, aujourd'hui, Fillon, voire Hollande -, la démagogie des caciques avait abruti la nation d'anesthésiants. Si la dégelée que les marchés infligent nous réveille, tant mieux ! Si nous échouons, et l'Europe avec nous, les protectionnismes, de funeste mémoire, étrangleront d'abord les marchés, porteurs de mauvaises nouvelles. Puis la fertile liberté mondiale des échanges. Et on connaît la suite...

 

La France, quant à elle, reçoit en recommandé l'avis d'avoir à réduire en trois ans trente années consécutives de déficit public. Trente années de concession au moindre travail, aux 35 heures et à ses RTT exquises, aux emplois bidon, à l'euphorie festive, à la guimauve victimaire, tout le bric-à-brac de l'« exception française ». Trente années de comédie compassionnelle où une nation geignarde ne voit pas le « tiers état » du tiers-monde qui reluque avec envie le sort des plus pauvres de nos pauvres. Alors, branle-bas général et freins de rigueur ! Mais, dit la nourrice, sans prononcer son mot qui ferait pleurer les bambins...

 

L'euro est une réussite des temps de vaches grasses. Il est à la fois l'enfant de l'Europe communautaire et la seule garantie de son avenir. Il ne survivra pas - et l'Europe non plus - sans que nous dotions de règles et de garde-fous l'actuelle Babel européenne de riches et de pauvres, de cigales et de fourmis, de vertueux et de tricheurs. Depuis dimanche, l'Europe, devant l'incendie, prend les premières et bonnes résolutions. Et les marchés acquiescent. Mais ils garderont l'oeil...

 

Puisque la Grèce est à l'ordre du jour, demandons à son aïeule de nous prêter un homme et une idée ! L'homme, c'est Damoclès, un euphorique qui voyait tout en rose. Pour lui apprendre que l'Histoire est tragique, son souverain fit suspendre, retenue par un seul crin de cheval, une épée au-dessus de sa tête. Tel est désormais le sort de l'euro.

Quant à l'idée, c'est l'« hybris », la démesure que les anciens Grecs tenaient pour le mal absolu. « Toujours, le Ciel rabaisse ce qui passe la mesure...

 

 

Claude Imbert, Le Point

 

 

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14 mai 2010 5 14 /05 /mai /2010 16:14

 

Le plan de réduction du déficit public présenté par le Premier ministre et notamment le gel, pendant trois ans, des dépenses publiques, est une excellente mesure qui était nécessaire. Bien entendu le parti socialiste est beaucoup plus sévère avec ce plan, qu’avec les  « plans de rigueur » des gouvernements socialistes, grecs, portugais et espagnols, pourtant beaucoup plus rigoureux et se traduisant, ce que ne fait pas le plan français, par des augmentations d’impôts et des baisses de salaires…

Le soutien  que La Gauche Moderne apporte  au gel des dépenses de l’Etat, ne doit pas  nous interdire cependant d’exprimer    des  réserves  sur  d’autres mesures annoncées comme  la suppression pure et simple  des mesures de soutien au pouvoir d’achat prises en 2009.

Certes, ces mesures avaient un caractère exceptionnel, et se trouvaient justifiées par la gravité de la crise, gravité qui n’est plus la même aujourd’hui. Pourtant nous ne sommes pas encore tout à fait sortis de cette crise et les dernières estimations de l’INSEE montrent que la consommation ralentit dangereusement.

Aussi, sans doute serait-il plus judicieux de retenir, comme pour la prime à la casse,  une « sortie en sifflet » de ces mesures de soutien : on pourrait notamment  limiter en montant et en nombre de bénéficiaires les primes exceptionnelles qui avaient été décidées l’an dernier. La prolongation temporaire de ces mesures pourrait être financée par une réduction plus forte que  prévue des niches fiscales, dont le montant reste encore excessivement élevé.

Dans la situation que nous connaissons aujourd’hui, la nécessaire réduction du déficit public  ne doit pas risquer de remettre en cause la relance de l’économie, et doit aller de pair avec l’affirmation de la justice sociale et de l’équité.

Je souhaite que La Gauche Moderne soutienne ces propositions.

Marc d’Héré

 

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