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Contact: marcdhere.mdh@gmail.com 

 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 11:32

 

Par Marie Visot, dans le Figaro.fr du 07 06 11...

 

En déplacement dans la Nièvre, le chef de l'État a exhorté les acteurs du soutien à l'export à travailler «en équipe». Il veut aussi de la solidarité entre les grands groupes et les petites entreprises.

 

 

 

«La mobilisation de nos entreprises à l'international est une priorité gouvernementale, le développement de l'emploi étant directement lié, dans une économie globalisée, à la part prise par les entreprises françaises dans le commerce international.» Mardi, en déplacement dans la Nièvre, le chef de l'État a remis le commerce extérieur sur le devant de la scène. Bien conscient de la situation de la France, qui voit ses parts de marchés grignotées à l'international depuis des années - «Nous avons un déficit de 51 milliards d'euros, l'Allemagne a un excédent de 150 milliards», a-t-il rappelé -, le chef de l'État refuse néanmoins «la fatalité».

 

Visitant l'un des ateliers de la Compagnie française du parquet, qui tente aujourd'hui de vendre ses productions à l'étranger, Nicolas Sarkozy a mis l'accent sur la nécessité de développer le tissu de PME à l'export et de développer «leur compétitivité». De fait, contrairement à notre voisin allemand, qui a su tisser un solide réseau d'entreprises moyennes exportatrices, capable de répondre à la demande mondiale, la France peine à avoir des entreprises dont la taille critique leur permettrait de se lancer sur les marchés internationaux. Raison pour laquelle il faut miser sur les meilleures d'entre elles. C'est la nouvelle mission confiée par le gouvernement à Ubifrance, l'agence publique chargée notamment d'accompagner les PME à l'international. Jusqu'à présent, celle-ci n'avait que des objectifs quantitatifs. Désormais, la qualité sera aussi de mise: «Ubifrance sera plus sélectif et emmènera davantage les entreprises qui ont un véritable potentiel à l'export», indique-t-on à Bercy. L'idée est qu'un tiers des PME qui ont bénéficié d'un accompagnement finissent effectivement par faire des affaires à l'étranger.

 

Au cours d'une table ronde à Cosne-Cours-sur-Loire consacrée à «la mobilisation et à l'accompagnement des entreprises dans leur démarche d'exportation», Nicolas Sarkozy a également exhorté les acteurs nationaux et locaux du soutien à l'export - l'État, Ubifrance, chambres de commerce, régions, etc.- à travailler ensemble, pour créer «une équipe». «Il faut que cessent les guerres de chapelle!», répète à tout va le secrétaire d'État au Commerce extérieur, Pierre Lellouche. Ce dernier souhaite développer un guichet unique - des maisons de l'export en région - auquel les PME pourraient faire appel afin de se faire guider dans leur démarche. Et pour qu'elles ne se perdent plus dans le dédale d'offres de financement, Ubifrance, la Coface et Oséo auront désormais un catalogue unique d'offres.

 

Quant aux grands groupes, ils devront davantage jouer la carte de la solidarité avec les plus petites. Le 5 mai dernier, plusieurs d'entre eux ont signé une charte dans laquelle ils s'engageaient à consulter systématiquement la sous-traitance française pour leurs ventes à l'export, à développer le portage de PME ou encore à développer des indicateurs pour suivre la progression de la participation des PME françaises aux grands contrats export.

Sous-jacent à cette charte - même si aucune règle ne peut être écrite noir sur blanc, car la Commission européenne veille -, le gouvernement entend bien inciter les groupes à faire appel à davantage de sous-traitants français s'ils veulent continuer à bénéficier de certaines aides à l'export. Et «s'il le faut, nous les obligerons…», a quand même osé mardi le chef de l'État «On ne va quand même pas reprocher à la France de vouloir que les grandes entreprises françaises aident les petites. Il y a de la citoyenneté dans tout ça…», a-t-il conclu.

 

Marie Visot, Le Figaro

 

 

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13 mai 2011 5 13 /05 /mai /2011 16:46

 

Le résultat d’une politique

 

Depuis le début de Crise, le gouvernement français a choisi une politique économique marquée par la volonté et la réactivité. C’est ce qui a fait constater aux observateurs à quel point les Français avaient été bien moins touchés que d’autres par les effets de cette crise, même si les victimes économiques en sont encore bien trop nombreuses.

Les résultats économiques de ce premier trimestre qui viennent d’être publiés, montrent que l'investissement est bien reparti, que la consommation se maintient à un bon niveau, que l'emploi progresse à nouveau.

Ces résultats ne sont pas le seul effet d’un phénomène mondial de reprise, dont ils seraient un écho national, puisqu’ils apparaissent meilleurs que ceux des Etats-Unis ou du Royaume-Uni, dans les mêmes domaines.

La Gauche Moderne ne peut que se féliciter des effets favorables des choix économiques soutenus, dès le début de la crise, par la majorité.

 

La Gauche Moderne 13 mai 2011

 

 

Remarque:

Ce communiqué aurait pu signaler, pour être encore plus précis, que la croissance a atteint 1% pour ce premier trimestre 2011, ce qui est un résultat qui n'avait pas été atteint depuis le 2ème trimestre 2006!

 

Marc d'Héré

 

 

 Sur le même blog: Quatre ans d'action, mai 2007- Mai 2011: http://marcdhere.over-blog.com/article-quatre-ans-d-action-mai-2007--mai-2011-72304956.html

 

 

 

 

 

 

 

 

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6 mai 2011 5 06 /05 /mai /2011 07:49

 

Article de Marie Visot, Le Figaro.fr du 05 mai...

 

La gauche a déjà annoncé qu'elle n'approuverait pas le projet de loi de réforme constitutionnelle, condamnant de facto le texte.

Un bilan économique, mais peu de perspectives… Si ce n'est cette volonté farouchement réaffirmée de tenir les cordons de la bourse. Après avoir énuméré les réformes faites depuis quatre ans et défendu l'action du gouvernement français au cœur de la crise - «ce qui nous a permis de nous en sortir mieux que nos voisins européens» -, François Fillon s'en est pris jeudi à ses adversaires politiques, qu'il a accusés de vouloir «fragiliser» les finances publiques de l'Hexagone et, du coup, la notation financière de la France.

Mardi soir, l'Assemblée nationale a adopté le projet de loi de réforme constitutionnelle relatif à l'équilibre des finances publiques. Mais l 'opposition a déjà annoncé qu'elle voterait contre, condamnant de facto ce texte. Le gouvernement ne devrait pas en effet disposer au Congrès réuni à Versailles d'une majorité des 3/5e des parlementaires nécessaire à un changement de la Constitution.

«Les masques tomberont»

«J'ai compris que la gauche n'est pas favorable à cette réforme: elle est devant ses responsabilités et en réalité, une fois que nous serons à la veille de prendre la décision de convoquer le Congrès, les masques tomberont», a lâché le premier ministre.

«Ce qui est important, ce n'est pas d'inscrire une règle d'or dans la Constitution, c'est que l'on respecte les engagements que l'on prend», répond Michel Sapin, chargé de piloter le programme économique du PS pour la présidentielle. «C'est une vision infantile que de dire “C'est interdit, et un méchant vous punira si vous ne respectez pas ce qui est écrit” . Et puisque l'on nous cite l'exemple allemand en permanence, il faudrait faire remarquer que nos voisins ont commencé la réduction de leur déficit avant d'inscrire une obligation dans les textes.» Le député de l'Indre déplore que ce sujet soir devenu «politicien» et que, «comme le gouvernement sait que cela ne sera pas adopté, il veuille donner l'air d'être sérieux en faisant croire que les autres ne le sont pas».

De son côté, le premier ministre a sa propre interprétation de la situation: les socialistes n'ont «absolument pas l'intention» de réduire le déficit public. François Fillon n'a d'ailleurs pas manqué de critiquer l'idée de Martine Aubry de repousser à 2015, au lieu de 2013, l'engagement de ramener le déficit à 3% du PIB.

 

Pour la droite aussi, «il serait commode d'ouvrir à la veille des rendez-vous électoraux les vannes de la dépense publique!», a lancé François Fillon. «Notre audace constitue un risque, mais tout ce quinquennat est fondé sur le pari que le mouvement vaut mieux que l'attentisme».

 

Un attentisme qui irait à l'encontre de ce que le premier ministre appelle désormais «la priorité des priorités»: la consolidation de la croissance. Pour y parvenir, Matignon vient de remettre les lettres de cadrage économique pour la préparation du budget 2012 (voir encadré ci-contre), lesquelles insistent sur «la continuité des efforts de compétitivité et de réduction des déficits qui doit être la nôtre dans cette phase actuelle de reprise économique».

 

Marie Visot

Le Figaro.fr 05 05

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13 avril 2011 3 13 /04 /avril /2011 11:09

 

La matinée a été riche en nouvelles importantes.

C’est d’abord la confirmation de la suppression du bouclier fiscal. Nous étions quelques-uns, au sein de La Gauche Moderne, à réclamer depuis longtemps cette mesure, symbole de l’injustice sociale. Nous sommes très heureux que le gouvernement ait pris cette décision, même s’il aurait été préférable de le faire avant. Ceux  qui évoquent une  prétendue « droitisation » du gouvernement,  se verront, au moins pour partie, contredits par cette excellente décision.

En complément de cette mesure, le gouvernement a, heureusement, décidé de ne pas supprimer l’ISF, comme certains le préconisaient. Celle-ci est concentrée sur les très gros revenus, ce qui était l’objectif initial des créateurs de cet impôt. Les plus riches se verront davantage  taxés ainsi que les très grosses successions. Là encore, difficile d’évoquer une « droitisation » du gouvernement.

On apprend également la création prochaine d'un mécanisme pour inciter les entreprises à lier le versement de dividendes, à celui d'une prime d'un «  montant d'au moins 1000 euros » pour leurs salariés.  Lorsque  la situation de l’entreprise le permet, on   augmente les dividendes des actionnaires ou les bonus des dirigeants, il est juste que les salariés qui participent à l'augmentation des richesses de leurs entreprises, en bénéficient également. C’est une mesure d’équité, et en faveur du pouvoir d’achat,  que l’on doit approuver et soutenir.

Enfin, la candidature de Nicolas Hulot, annoncée ce matin à Sevran parait intéressante et utile…Mais, cela en fait une de plus « au centre » où, avec celles de Bayrou, Borloo, Boutin, Villepin (encore que ce serait un drôle de centriste !) et maintenant Nicolas Hulot, on risque le trop plein !

 

Marc d’Héré

 

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25 janvier 2011 2 25 /01 /janvier /2011 17:54

 

Par Marc Vignaud, Lepoint.fr...

 

 

"Je n'accepterai jamais la disparition des chantiers de l'Atlantique. Jamais." Devant les salariés de la société de construction navale STX à Saint-Nazaire, Nicolas Sarkozy se présente en sauveur.

Le chef de l'État joue sur du velours : il vient de mettre en scène la signature du contrat pour la construction en France de deux bâtiments de projection et de commandement (BPC) destinés à l'armée russe. Le vice-Premier ministre russe, Igor Setchine, a accepté de se prêter au jeu de signer devant les ouvriers, permettant ainsi à Nicolas Sarkozy de mieux souligner qu'il a tenu la promesse faite devant les salariés lors de sa précédente visite, en juillet 2010 : obtenir ce contrat.

Dans l'immense hangar à hélicoptères d'un navire Dixmude de la marine nationale, le président prend à témoin l'assistance en bleu de travail et casque de chantier : "J'ai vu des doutes sur les visages et j'ai entendu des critiques, rappelle Nicolas Sarkozy, en référence à sa venue il y a 6 mois. Aujourd'hui, c'est signé." Mille deux cents emplois seront garantis pendant quatre ans par ce chantier, affirme-t-il.

 

La filière éolienne

C'est en fait un véritable discours de promotion de sa politique industrielle qu'il prononce. Avec, comme annonce du jour, le lancement de "la filière éolienne offshore française" et la création de "10.000 emplois". STX y a un intérêt direct. L'entreprise, dont l'État est actionnaire minoritaire, entend se diversifier pour construire les structures immergées des éoliennes. "Je vous propose de relever le défi de l'énergie éolienne en mer. (...)

Je viens vous dire que l'éolien offshore, c'est pour vous", lance Nicolas Sarkozy aux salariés. Un appel d'offres pour cinq projets d'éoliennes, dont les candidats seront sélectionnés début 2012, sera lancé pour un total de "10 milliards d'euros".

 

Le discours fait mouche parmi les ouvriers. "C'est un soulagement pour tout le monde, c'est bien qu'il ait tenu sa promesse. C'est bon pour STX, pour tous les sous-traitants, ça va relancer l'emploi dans la région", se félicite Stéphane Doceul, 42 ans, à propos des navires russes. Avec la commande de deux paquebots passée l'année dernière, la charge industrielle est assurée pour 2011-2012, veut croire cet ouvrier qui travaille sur les chantiers depuis 12 ans.

 

Avant d'assister au discours, il a pu apercevoir Nicolas Sarkozy visiter au pas de charge un hangar de production. On présente au président et aux nombreux ministres venus l'accompagner le travail de soudure et de charpente métallique pour des supports d'hélices. Nicolas Sarkozy serre quelques mains, écoute brièvement les explications, mais pense déjà à son discours. Aux mesures qu'il va annoncer pour soutenir l'industrie. "Je veux faire du développement de l'industrie une cause nationale", jure-t-il.

Pour le chef de l'État, la France ne peut pas se permettre d'abandonner la fabrication des voitures, des avions, des trains, des bateaux à ses concurrents. Au passage, Nicolas Sarkozy enterre encore un peu plus le débat sur les 35 heures. "Je n'accepterai pas qu'on remette en cause les heures supplémentaires", déclare-t-il, tout en soulignant le bilan négatif de la réduction du temps de travail sur la compétitivité.

 

Électorat ouvrier

Pour redonner un élan à l'industrie, il annonce une réorientation de l'épargne des Français, l'une des plus élevées du monde (17 %), vers les petites et moyennes entreprises (PME). Les trois quarts des nouveaux encours du livret A seront consacrés à financer des prêts aux PME, soit 3 milliards d'euros par an, "au rythme de la croissance actuelle". Idem pour l'assurance-vie. Cette épargne de long terme doit servir à "investir dans un actionnariat stable et de long terme dans les fonds propres des entreprises", précise Nicolas Sarkozy, qui répond ainsi aux préoccupations exprimées récemment par la CGPME. Il va même jusqu'à proposer d'investir l'argent placé pour financer le démantèlement des centrales nucléaires dans les PME !

 

À la veille de l'élection présidentielle, l'heure a sonné pour Nicolas Sarkozy de reconquérir l'électorat ouvrier, déçu par l'échec du "travailler plus pour gagner plus". À Saint-Nazaire, il semble y être parvenu. Reste à confirmer ailleurs, sous peine de laisser le champ libre aux autres candidats, qui misent tous sur la politique industrielle.



Marc Vignaud



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7 décembre 2010 2 07 /12 /décembre /2010 08:48

 

Un article que j'avais écrit et publié sur ce blog en février 2009!

Je le trouve toujours assez juste...

 

 

Sur la crise internationale et sur ses répercussions en France, règne un discours unique et convenu, qui occulte ou refuse de reconnaître un certain nombre d’évidences que je vais essayer de mettre en lumière.

 

La crise que nous vivons est une crise internationale, venue des Etats-Unis, d’une ampleur que nous  n’avons jamais connue, et il est donc impossible que la France puisse  y échapper. Cela doit être constamment rappelé et devrait rester en toile de fond de toute explication ou recherche de solution.  Or, quand il est question de la crise en France, cet aspect est de plus en plus souvent « oublié », notamment par les divers opposants. On a presque l’impression à les écouter (vérifiez-le, c’est saisissant), que la responsabilité principale de la crise incombe à Nicolas Sarkozy et qu’elle ne touche la France que parce que les solutions qu’il propose et met en pratique sont inadaptées.

A l’inverse il semble, à lire certains, que  l’application des « solutions » du PS ou des syndicats (si elles étaient cohérentes entre elles et applicables !) agirait instantanément et que les Français se trouveraient alors miraculeusement transportés dans un monde « hors crise ».  Ce n’est pas dit comme cela, mais il suffit d’entendre les leaders de l’opposition, certains syndicalistes médiatiques (et la plupart des journalistes du service public) pour sentir que cela est largement sous-entendu.

 

 

La crise internationale n’épargne personne, aucun pays. Pourtant, la France est sans doute un des pays qui a été le moins touché par la crise financière et aujourd’hui par la crise économique. Cette réalité, fort peu souvent relevée en France, mais remarquée par la presse anglo-saxonne, n'est jamais reconnue par l’opposition, et toujours exclue des débats lorsqu’un orateur a la malencontreuse idée de la rappeler.

Les raisons  de cette relative protection de notre pays sont diverses, dues certainement à notre organisation économique et sociale, mais on ne peut tout à fait exclure que la politique menée par le gouvernement depuis deux ans et sa réactivité depuis six mois n’y soient pour quelque chose.

 

Loin de rester inerte face à la crise (les "bras ballants" disait Mme Royal avec la justesse habituelle de ses expressions !), Nicolas Sarkozy a réagi très vite, a tout fait pour entraîner les autres Européens, a favorisé au  maximum la coordination des plans européens, et a provoqué la réunion du G20, qui devrait tenir une nouvelle réunion à Londres le 2 avril, dont l’objectif est tout simplement de lancer les bases d’une refondation du capitalisme.

Si l’on a, bien sûr, oublié et passé par profits et pertes cette action particulièrement efficace (il est de bon ton dans le discours unique d’aujourd’hui de nier l’importance de la présidence française  de l’Europe !), il serait utile, au lieu de la dénigrer, de soutenir la volonté de Nicolas Sarkozy, de parvenir à faire de cette réunion capitale de Londres un succès et une étape vers une nouvelle régulation du capitalisme. Un appui des forces politiques  et sociales françaises et européennes donneraient à Sarkozy et à Angela Merkel, un poids, une légitimité et une capacité de convaincre supplémentaires.

 

Le plan de relance de 26 milliards (dont 75% doivent être utilisés en 2009) venant après les plans de soutiens aux institutions financières, suivi du plan de 7 milliards pour l’automobile, ainsi que par le milliard et demi d’ores et déjà annoncé pour le 18 février, représente un effort important, d’application rapide, et dirigé en priorité vers ce qui est essentiel, l’investissement, condition de la modernisation de l’économie, du renforcement et de la survie des entreprises,  de la préservation de l’emploi.

J’ai beaucoup de mal à penser que les syndicats puissent croire qu’une autre orientation basée sur la consommation (à l’aide de primes versées une fois et dont l’effet s’évanouit immédiatement, ou d’augmentation du SMIC qui provoque hausse des coûts et, dans la situation des entreprises,  risques de licenciements), puisse être envisagée.

 

 

Les Français, sont forcément atteints par la crise internationale, mais ils le sont relativement moins, d’une manière  et dans des proportions, qui ne justifient guère l’allure des manifestations que diverses corporations animent  chaque semaine, ou de celle  que l’on nous annonce déjà pour le 19 mars !

En fait, la crise peut avoir des répercussions plus ou moins fortes dans deux domaines : l’emploi et le pouvoir d’achat.  Les actions envisagées par le gouvernement visent très précisément à aider les victimes de l’un et de l’autre.

 

 On peut constater d'abord que certains ne sont en rien exposés directement à la crise, qu’ils traverseront sans rien perdre, ce sont les membres de la fonction publique. 5 millions de personne que la crise ne touchera ni dans leur emploi ni dans leur pouvoir d’achat. Et pourtant, curieusement ce sont eux  qui manifestent. Est-ce par altruisme ? Ou plutôt pour une autre raison dont nous parlerons plus loin, en tous cas, dans ces circonstances encore, le terme de « salariés protégés » les définit parfaitement bien.

Les plus aisés des Français, possesseurs d’actions qui ont perdu une grande partie de leur valeur, titulaires de revenus financiers qui se sont écroulés,  chefs d’entreprises  en difficulté, commerçants atteints par la baisse de la consommation, ont eux été directement touchés par la crise…Mais ils devraient arriver à maintenir un niveau de vie suffisant et de toutes façons ils ne font pas partie de ceux que l’on « plaint », que l’on « défend », ils ne manifestent pas et ne sont donc pas considérés comme victimes de la crise.

 

Reste le cas des  autres salariés du privé cadres, employés, ouvriers. La hausse des prix qui sera vraisemblablement inférieure à 1% en 2009, permettra à l’énorme majorité des salariés de voir maintenu au cours de cette année son pouvoir d’achat.

Pour ceux qui risqueraient de connaître des difficultés, des mesures on été prises : doublement en fin d’année 2008 de la prime de rentrée,   prime à la cuve, tarif social du gaz, RSA à partir de juin,  avec une prime « avance » de 200 euros fin mars, augmentations prévues de 5% (comme l’an dernier) de l’allocation adultes handicapés, de l’allocation vieillesse.

A ces mesures s’en ajouteront d’autres que le président a prévu de négocier le 18 février avec les syndicats (exonérations fiscales pour 2 millions de personnes, augmentations des allocations familiales, développement de la participation…), peut-être d’autres encore si nécessaire. Au total,  quasiment tous devraient donc voir maintenu en 2009 leur pouvoir d’achat, malgré la crise mondiale. Pourquoi ne le dit-on pas ?

 

Reste le cas de ceux qui perdront leur emploi. C’est la vraie gravité de cette crise, son effet le plus cruel, le plus douloureux. C’est pourquoi tout le plan de relance du gouvernement est tourné vers la préservation de l’emploi, grâce à la poursuite de la politique de réforme et de modernisation de notre pays,  grâce aux efforts faits pour maintenir un  crédit utile à l’économie, grâce à une vigoureuse relance par l’investissement.

Cette politique, avec le plan en faveur de la filière automobile, devrait permettre de limiter au maximum le nombre de ceux qui perdront leur emploi, même si, nous le savons ils sont déjà et seront encore trop nombreux.  C’est pourquoi l’autre volet relatif à l’emploi consiste à mieux défendre la situation et le revenu de ceux qui verront leur emploi menacé ou supprimé. Améliorer fortement l’indemnisation du chômage partiel, indemniser les jeunes sans emploi ou en fin de CDD qui se voient mal pris en charge aujourd’hui, augmenter les Contrats de Transition Professionnels qui permettent un maintien intégral du salaire, et une reprise plus rapide  d‘emploi, développer les emplois aidés, accélérer le "plan banlieues"….

Tous ces éléments et d’autres que le Président est prêt à négocier avec les syndicats, devraient parvenir à limiter l’augmentation inéluctable du nombre de chômeurs, limiter la perte de revenus pour ces derniers et favoriser leur retour à l’emploi.

 

En définitive, si la situation sera difficile, difficile pour tous les pays du monde, la politique du gouvernement, les plans de relance, la poursuite des négociations avec les partenaires sociaux devraient en  limiter, pour les Français, les effets négatifs et douloureux. Dans ces conditions, voir annoncer, avant même que ne se tienne la réunion du 18 février, une grande manifestation pour le mois de mars, animée par  une fonction publique protégée des effets de la crise, n’a pas beaucoup de logique et peu de sens, sinon un sens politique.

Autant la grève du 29 janvier pouvait se comprendre et se justifier, manifestant un cri d’inquiétude et une demande d’explication et de mesures sociales, autant celle annoncée pour mars, n’a qu’un sens politique : arrêter toutes les réformes de modernisation en cours, conforter tous les petits intérêts corporatistes qui veulent avant tout que demain ressemble à hier, quel qu’en soit le prix et punir la majorité politique actuelle d’avoir osé lancer une politique de réformes pour la menacer d’une alternance qui promettrait un impossible immobilisme.

 

Que des syndicats, comme la CFTC et surtout la CFDT,  prêtent la main à ces manœuvres par crainte de continuer à perdre des adhérents et des soutiens, est  bien triste et bien déconcertant. Espérons que la réunion du 18 février les fera changer d'attitude. 
 

Marc d’Héré 

 

 

Lire sur ce blog: l'élan de la réforme est intact: discours de François Fillon: http://marcdhere.over-blog.com/article-l-elan-de-la-reforme-est-intact-discours-de-politique-generale-de-fran-ois-fillon-61686741.html 

 

 

  

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27 octobre 2010 3 27 /10 /octobre /2010 07:55

 

Jean-Louis Borloo, interrogé par Jean-Baptiste Garat, LeFigaro.fr du 25 10 2010….

 

Le numéro deux du gouvernement, Jean-Louis Borloo, appelle à réactiver le dialogue avec les partenaires sociaux.

 

LE FIGARO. -Que vous inspire la multiplication des soutiens à votre nomination à Matignon ?

Jean-Louis BORLOO. -Les Français connaissent de réelles difficultés d'approvisionnement en carburants et une situation sociale difficile, à l'occasion de l'examen d'une réforme des retraites juste, indispensable et courageuse. Figurez-vous que je suis le matin, à 7h20, à la cellule d'approvisionnement en carburant. Avec l'ensemble des professionnels, je m'occupe de l'approvisionnement national, puis des dépôts, puis de la mutualisation des moyens pour aider le réapprovisionnement des stations-service. On est passé à côté d'une crise d'une extrême gravité, à deux doigts de l'asphyxie économique et sociale du pays. Le président a lui-même, la semaine dernière, présidé chaque jour une réunion de suivi et de décision. Cette situation tendue a eu des conséquences importantes pour nos entreprises et bien entendu au quotidien, pour nombre de Français. Tout le reste n'est franchement pas d'actualité.

 

Que répondez-vous à ceux qui critiquent votre gestion de la crise?

Vendredi, il y a dix jours, il restait quelques heures de carburant pour l'aéroport de Roissy. Il a fallu mettre en place la plus grande opération d'importation de carburant de ces dix dernières années, puis trouver les moyens de transporter ce carburant dans les dépôts intermédiaires, de modifier nos oléoducs et de répondre, dans ces conditions difficiles, à l'approvisionnement des stations-service. Parallèlement, il a aussi fallu gérer les stocks de réserve… Tout cela ne se fait pas sur les plateaux de télévision.

 

Où en est-on aujourd'hui?

La journée de lundi a été difficile, comme je l'avais annoncé, en raison du repos nécessaire des chauffeurs de camions-citernes, qui ont fait un travail admirable pendant quinze jours. Mais les distributions ont repris dès 4h30 lundi matin et la situation devrait continuer à s'améliorer progressivement aujourd'hui et demain. Ceci ne veut pas dire qu'il n'y aura pas encore quelques difficultés ponctuelles ici ou là. De plus, trois des douze raffineries ont repris le travail par un appel conjoint CGT-CFDT, ce que je salue.

 

Comment surmonter la défiance que rencontrent le gouvernement et le président de la République?

Cette réforme des retraites, il fallait la faire, pour garantir, dans un système juste, robuste et solide, le paiement des pensions. Le Parlement a exercé un rôle décisif tant à l'Assemblée nationale qu'au Sénat. La solidité de la majorité, de toute la majorité, UMP et centristes, fondée sur une conviction puissante, a par ailleurs contribué à l'amélioration du texte. Je tiens aussi à saluer la ténacité et la qualité des arguments d'Éric Woerth et de Georges Tron pendant ces longs débats.

 

Participez-vous à l'écriture du projet de la majorité pour 2012?

Ce n'est pas le sujet immédiat. Mais dans tous les cas de figure, il faudra bien continuer à bâtir et à faire avancer, avec les partenaires sociaux, les chantiers majeurs de notre avenir. Il n'y a pas de développement et de croissance sans consensus social. Cela ne veut pas dire être d'accord sur tout mais au moins sur les analyses. Par exemple, sur la question de la formation professionnelle, nous devons travailler ensemble, avec les partenaires sociaux, les régions, les chambres de commerce et d'industrie. Nous devons réactiver les logiques partenariales. Au-delà, depuis les ateliers du Parti radical, à Lyon, début septembre, tous les centristes de la majorité se sont mis au travail. On se voit tous les quinze jours pour travailler à une vision de long terme.

 

Pourquoi n'avoir pas convié François Bayrou et le MoDem?

Aujourd'hui, nous travaillons en confiance totale avec tous ceux qui viennent spontanément et qui appartiennent clairement à la majorité.

 

À Matignon, pourriez-vous continuer à être le fédérateur des centres?

La famille centriste doit recréer une alliance et je ferai tout ce qu'il faut pour, dans le cadre d'une totale alliance majoritaire. Et j'y mettrai l'énergie nécessaire, quelle que soit ma place.

 

 

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25 octobre 2010 1 25 /10 /octobre /2010 15:55

 

 

Georges Kaplan, Causeur.fr

 

Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, qui en matière de gestion de carrière politique, aurait pu donner quelques leçons aux plus inoxydables de nos gouvernants, avait en son temps édicté un principe fondamental qui fait depuis office de référence dans le discours public : « En politique, ce qui est cru devient plus important que ce qui est vrai ».

 

Ainsi en va-t-il de cette l’affirmation, dument répétée tel un mantra bouddhiste par l’ensemble de notre classe politique, selon laquelle la France se désindustrialise. De Nicolas Sarkozy, qui déclarait encore l’autre jour1 que jamais il n’accepterait la désindustrialisation, à l’état-major du PS en passant par Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, François Bayrou ou Dominique de Villepin, c’est toute notre classe politique qui tire son mouchoir et la sonnette d’alarme face à la disparition de notre industrie, de nos usines et de nos ouvriers.

 

Les coupables de cet odieux forfait sont bien sûr connus et désignés de toute part : la mondialisation, le libre-échangisme, les capitalistes … brefs les « autres », ces êtres tout aussi maléfiques, qu’ils sont inconnus et invisibles et qui nous veulent du mal2. Heureusement pour nous, le bon peuple, nos élus ont des solutions – et pas que deux ou trois – pour réindustrialiser la France : des subventions aux nationalisations en passant par le protectionnisme, c’est toute la gamme des politiques interventionnistes qu’on nous déballe comme au marché. Faites vot’ choix m’sieurs dames… Elles sont bonnes mes salades !

 

En dix ans, la production industrielle a augmenté de 25%

Si la France se désindustrialise comme nous l’affirment nos politiciens professionnels, nous devrions pouvoir observer le phénomène dans les chiffres publiées par l’Insee qui mesurent depuis 1949 la production de chaque secteur d’activité de notre économie. Et là, ô surprise, ajustée de l’inflation, notre production industrielle de 20093 était 26% plus élevée qu’en 1990, 50% plus élevée qu’en 1980, 106% plus élevée qu’en 1970 et – excusez du peu – 570% plus élevée qu’en 1949. Pas l’ombre de la queue du début d’un commencement de désindustrialisation.

 

Ce qui est vrai, c’est que nous avons perdu l’essentiel de notre industrie textile (-45% depuis 1970) et une part substantielle de notre production de combustibles et autres carburants (-33%). Mais ce qui est aussi vrai, c’est que la production de nos industries navales, aéronautiques et ferroviaires a augmenté de 449.5%, que celle de nos industries pharmaceutiques et cosmétiques est aujourd’hui 490.2% plus importante qu’en 1970 et que notre production d’équipements électriques et électroniques a été multipliée par six dans le même laps de temps.

 

Ce qui est surtout vrai, donc, c’est que notre industrie a changé. Encore dominée il y a quelques décennies par des chaines de production sur lesquelles on alignait des ouvriers peu qualifiés et misérablement payés, elle est devenue une industrie de pointe qui embauche essentiellement des ingénieurs, des ouvriers qualifiés et des cadres, investit massivement dans la recherche et offre des rémunérations sans aucune commune mesure avec ce que peuvent espérer les ouvriers chinois4.

 

Le merveilleux monde d’avant était aussi celui des salaires misérables

Le discours politique – et médiatique – est resté enfermé dans un monde de grandes usines, pourvoyeuses d’emplois à vie et en masse, où des milliers de salariés constitués en « classe ouvrière » produisent à la chaîne des taille-crayons ou des paires de chaussures. On nous rebat les oreilles d’un monde merveilleux, un monde d’avant, où les grandes luttes ouvrières faisaient les heures de gloire de la gauche marxiste et les patrons paternalistes aux mines sévères celle d’une droite conservatrice. Mais ce que le discours politique oublie, c’est que ce monde était aussi celui des salaires misérables, des mineurs qui risquaient leur peau au moindre coup de grisou, des ouvrières du textile qui usaient leur jeunesse et leurs doigts dans les usines et des ouvriers qui étouffaient dans l’atmosphère surchauffée des hauts-fourneaux.

Alors oui, ça fait moins de monde dans les usines (et aux manifestations de la CGT) mais non, la France ne se désindustrialise pas. Elle va même plutôt bien notre industrie entre l’Oréal dont les ventes explosent dans les pays émergents (+13% en 6 mois), Legrand qui réalise l’essentiel de sa croissance en dehors de l’Europe ou notre Cognac qui exporte plus de 96% de sa production. L’avenir de nos enfants n’est plus derrière un métier à tisser ni au fond d’une mine, il est derrière une planche à dessin, dans des laboratoires de recherche ou aux commandes d’une chaine de production automatisée. Et pour tout vous dire, moi je préfère ça.

 

Georges Kaplan, Causeur.fr

  1. Au salon de l’automobile, le 1er octobre 2010
  2. Toute ressemblance avec une série télévisée américaine dont l’action se situe sur une île mystérieuse serait purement fortuite
  3. 844.7 milliards d’euros selon l’INSEE, soit environ 27% de notre production totale en valeur
  4. Le salarié moyen de l’industrie manufacturière française coûte un peu plus de 49 000 euros par an à son employeur… soit – au bas mot – 15 fois plus que son homologue chinois
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23 septembre 2010 4 23 /09 /septembre /2010 11:06

 

Le 23 septembre à 18 heures...

 

Les premiers chiffres connus semblent montrer une mobilisation plus faible que le 7 septembre (où elle n'avait déjà pas été exceptionnelle).

A la poste 16,5% de grévistes contre 22% le 7 septembre

 

Dans l'éducation: 25, 8% de grévistes contre 30%

  

A la SNCF 37% de grévistes contre 43%

 

A la RATP 16% contre 22%,

  

Globalement les perturbations sont faibles  dans les transports, notamment à Paris..

 

A France Telecom  25% contre 32% le 7 septembre 

 

Dans la fonction publique d'Etat, 19,8% de grévistes contre 25% le 7 septembre.


Côté manifestants, 25.000 à Toulouse contre 32.000 le 7 septembre.

  

Sur le plan national moins de 410.000 manifestants à la mi-journée contre 450.000 le 7 septembre.

 

Pour le début d'après-midi, 22.000 manifestants à Marseille, contre 27.000 le 7 septembre ...

 

Un peu plus à Lyon, que le 7 septembre, mais moins à Bordeaux, Nice, Nantes et Rouen... 

 

La manifestation parisienne sera sans doute importante, mais globalement tout laisse à penser que les syndicats n'auront pas réussi leur pari qui était le suivant:  davantage de grévistes et de manifestants que le 7 septembre.... Il y en aura sans doute moins, dans les deux catégories.

 

Finalement, il n'y a eu que 65.000 manifestants à Paris, soit 15.000 de moins que le 7 septembre qui n'avait pas été une journée de mobilisation très importante. 

 

Si sur le plan national, le nombre de manifestant tombait à moins d'un million, il s'agirait d'un  échec pour les syndicats, même si, il ne faudrait pas le dire trop fort. Nous n'en sommes pas encore là. Attendons.

 

La CFDT annonce 2, 9 millions de manifestants, la CGT carrément 3 millions, FO va-t-elle faire mieux?...Je préfère  attendre le chiffre officiel...!

 

997.000 manifestants sur la France entière, disons un million. Ce n'est pas beaucoup.  

 

 

 

A suivre...

 

Marc d'Héré 

 

 

 

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6 septembre 2010 1 06 /09 /septembre /2010 08:25

 

Un article qui se construit, en direct, au fur à mesure des évènements...

 

 

Du lundi 6 septembre  9 heures du matin, au mardi 7 septembre à 21 heures, la France, le Président de la République et la majorité, vont vivre 36 heures cruciales.

 

36 heures marquées par la grève dans l’éducation, le début du débat parlementaire sur les retraites, la journée intersyndicale de protestation, les interventions télévisées des uns et des autres…tout cela sur fond de polémique sur la sécurité, d’attaques contre Eric Woerth, de sondages difficiles pour la majorité  et d’interrogations sur la situation économique.

 

36 heures que je me propose de suivre  heure par heure, en essayant tout à la fois de décrire les évènements et d’en tirer périodiquement des enseignements. Ce texte s’enrichira donc  régulièrement,  et je propose aux lecteurs de ce blog de s’y reporter tout au long de ces 36 heures, et de ne pas hésiter à laisser des commentaires.

 

 

LUNDI 5 septembre.

  

10 heures : Les  dernières déclarations syndicales ne sont pas trop agressives et d’un optimisme mesuré. Les perturbations dans l’éducation dès c matin et  les transports dès ce soir devraient être assez importantes. Le service minimum devait permettre de limiter les nuisances de ces grèves  vis-à-vis des usagers, dans les écoles notamment, sauf à Paris où la mauvaise volonté du maire est évidente.

La bourse: le CAC 40 ouvre en hausse à près de 3.700 points.

 

11 heures:  La mobilisation devrait être très importante demain. Les syndicats l'affirment en disant "au moins ausi forte qu'en juin dernier". C'est une plaisanterie. La mobilisation avait été faible en juin dernier (800.000 manifestants à travers toute la France, je crois) et cette fois-ci elle devrait être au moins du double pour que l'on puisse parler d'un succès.  Selon un sondage, les Français attendent de cette journée qu'elle amène le gouvernement à "bouger", à faire des concessions. C'est d'autant plus vraisemblable que le gouvernement a lui-même annoncé d'ores et déjà qu'il était prêt à amender son texte sur de nombreux points.

 

12 heures: Selon le ministère, il n'y aurait que 6% de grévistes parmi les enseignants des collèges et lycées. C'est faible, très faible!

Le gouvernement continue ses consultations avec les syndicats. En ce moment, Eric Woerth reçoit Jacques Voisin, de la CFTC...

 

14 heures: Ségolène Royal a déclaré que si le PS revenait au pouvoir en 2012 (!), il faudrait retoucher la réforme des retraites notamment le passage de 65 à 67 ans. Elle accepte donc le passage de 60 à 62 ans. C'est réaliste et c'est bien d'annoncer la veille de la manifestation que le PS accepte le passage de 60 à 62 ans...A moins que Martine Aubry, qui s'est déjà contredite 2 fois sur le sujet ,ne vienne dire le contraire. A suivre!

Sur l'autre sujet essentiel du moment, celui de la sécurité et de la nationalité, Nicolas Sarkozt a annoncé, que conformément à son discours de Grenoble, la déchéance de la nationalité serait étendue, dans un délai de 10 ans après l'avoir obtenue, aux meurtriers des membres des forces de l'ordre et dépositaires de l'autorité publique.

 

17 heures: Le PS est bien silencieux en cette veille de manifestation à laquelle il participera évidemmen, pour demander, comme les syndicats le maintien de la retraite à 60 ans...Mais Ségolène Royal, elle ne remet plus en cause le passage à 62 ans...Une division ? Martine Aubry ne dit rien pour l'instant. 

 

C'est Bayrou qui parle pour dire des choses un peu confuses, mais il est clair sur un point: comme Ségolène Royal, il refuse lepassage des 65 aux 67 ans! Si le gouvernement ne revient pas sur cette mesure, il ne votera pas la réforme! Nul doute que la menace terrorise le gouvernement. Si tous les députés Modem le suivent, le gouvernement perdra 2 voix!

 

18 heures: la pression monte. Demain un match décisif se déroulera à Sarajevo, l'équipe de France de Laurent Blanc ne peut envisager une deuxième défaite. L'entrée de Benzema sera -t-elle suffisante pour transformer une équipe de France, bien pâle la semaine dernière? 

 

Le CAC 40 termine en hausse, pour la cinquième séance consécutive, ce qui peut s'interpréter comme un (timide) retour à la confiance.

La grève des enseignants des lycées et collège a été très faible...Qu'en sera-t-il demain avec l'entrée du primaire dans le mouvement de contestation de la réforme des retraites? Les syndicats annoncent plus de 60% de grévistes...C'est sans doute, une fois de plus, irréaliste.

 

22 heures:  Cambadelis affirme lui, que la gauche au pouvoir reviendrait aux 60 ans...Quelle importance, finalement?...Un dernier sondage avant la "journée de protestation", qui fait état d'une légère remontée de Sarkozy (plus 1 point, et moins 2 points d'opinions négatives), ce qui est toujours bon à prendre.

 

Quelle que soit l'importance de la moblisation demain, le gouvernement ne reviendra qu'à la marge sur son projet et c'est normal. Ce projet est globalement bon, c'est le seul moyen de protéger la retraite par répartition, qui aujourd'hui vit à crédit! Et puis comme le dit Dominique Paillé "ce n'est pas la rue qui gouverne".

 

MARDI 7 septembre:

 

8 heures: Les syndicats ont lancé une campagne de mobilisation plus forte que jamais, tous les partis de gauche, PS en tête, ont fait aussi un effort sans précédent pour mobiliser. Les médias audio visuels n'ont parlé hier que de la journée de protestation d'aujourdhui. La campagne de promotion a été réussie.  Normalement le nombre de grévistes devrait être record, comme le nombre de manifestants. On verra... En ce début de matinée le trafic dans le métro parisien est meilleur que prévu.

 

11 heures: Sans doute y aura-t-il beaucoup de militants derrière les banderoles tout à l'heure dans les défilés, mais côté grève ça part doucement: 22% de grévistes à la Poste et moins de 30% à l'Education Nationale, soit 78% de postiers et 70% d'enseignants qui ne se sont pas mis en grève: Quand on connaît la propension de ces populations à arrêter de travailler! Thibault parlait de journée de grève "exceptionnelle"...Il risque d'être déçu!

 

12 heures: Toujours un peu faible, sur le plan des grèves: 57% des cheminots et 73% des employés de pôle emploi ne font pas grève et trvaillent. Dans la fonction publique d'Etat, où la grève est une religion, 75% travaillent (ou sont présents) aujourd'hui .

Les joueurs de l'équipe de France ont l'air calmes et détendus à Sarajevo...C'est le cas à  Paris aussi vraisemblablement.

 

13 heures: On annonce 450.000 manifestants à la mi-journée. C'est équivalent au 24  juin, qui avait été une journée décevante pour les syndicats, même si tout le monde avait fait semblant de trouver la mobilisation très importante.

  A l'Assemblée, où va débuter le débat, François Fillon a demandé au groupe UMP de rester ferme sur les principes du projet. Il a laissé entendre que des avancées pourraient être envisagées en fin de semaine.

 

14 heures: Manifestation importante à Marseille, non pas 200.000 comme le disent les manifestants provençaux, mais 27.000 ce qui est près du double du 24 juin. C'est ce chiffre doublé par rapport au 24 juin, qui marquerait un succès...On en sera sans doute très loin au plan national.

Intervention importante de Sarkozy aujourd'hui sur les finances publiques, avec confirmation qu'il n'y aura pas de hausses d'impôts et que grâce à la croissance, le budget 2011 sera plus facile à établir.

Et, sur les retraites, il reste ferme et attentif. C'est ce que l'on attendait de lui et du gouvernement.

 

15 heures : A l'Assemblée,  au début de la séance des questions au gouvernement, une  intervention  brêve mais remarquable du Premier ministre, applaudi debout par la majorité:  il a rappellé les fondements de la réforme,  fait une franche proposition de débat et mis les socialistes, devant leurs contradictions. La séance se poursuit avec de claires interventions d'Eric Woerth après une manifestation grotesque  du groupe PC qui a nécessité une interruption et l'intervention des huissiers.

 

16 heures: La mobilisation à Paris est forte. La préfecture parle de 80.000 contre 47.000 le 24 juin (ce qui était très faible). Il faut attendre les chiffres définitifs globaux pour savoir si le Million de manifestants est dépassé (c'est probable), et si (c'est moins évident) le chiffre de juin a été doublé, ce qui signerait un vrai succès.

Le débat sur la réforme va commencer à l'Assemblée.

 

18 heures: Plus d'un million de manifestants (1.120.000, chiffre officiel). C'est bien.  Malgré de grands efforts de mobilisation, ce n'est pas exceptionnel comme l'espéraient les syndicats.C'est à peu près ce que devait attendre le gouvernement et cela ne doit pas l'amener à modifier sa stratégie: maintenir l'essentiel de la réforme et l'amende à la marge dans un sens plus équitable. Les syndicats eux vont sans doute organiser une nouvelle journée assez vite, avec le risque réel de moins mobiliser...

Pendant ce temps le vrai débat se passe au Parlement, comme il se doit en démocratie. Le discours  d'Eric Woerth était remarquablement clair, précis, abordant toutes les critiques faites à son texte. Il faudra suivre ce débat et les avancées que fera le gouvernement.

 

21 heures:Finalement la journée a correspondu très exactement à ce que nous pouvions en attendre. Sarkozy doit parler demain en Conseil des Ministres. Il doit faire des avancées, c'est nécessaire, mais surtout qu'il n'aille pas trop loin.

Je vais prolonger de 2 heures ce "Compte rendu"  et passer à 38 heures, afin d'aller jusqu'à la fin du match de l'équipe de France, en espérant que je pourrais conclure sur une victoire. 

 

23 heures: Belle victoire de la France en Bosnie. On retrouve une équipe.

 

Dernière remarque: dès le premier jour de débats, la commission des Affaires Sociales de l'Assemblée  a adopté plusieurs amendements sur la pénibilité.  

 

 

 

 

 

 

 

 

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