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 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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29 mai 2008 4 29 /05 /mai /2008 20:48
Un texte que Jean-LouisCaccomo m'avait adressé il y a plusieurs mois et que j'avais publié sur un autre blog. Il reste d'actualité...

Le pacs a le vent en poupe. En 2006, 77 000 couples ont décidé de signer un pacs, dont une majeure partie est constituée par des couples hétérosexuels. Le nombre de « dépacsé » est aussi en augmentation, ce qui contribue d'ailleurs au succès du pacs : la facilité de sortie du couple facilitant les nouvelles entrées. Cet engouement appelle quelques commentaires. Ce succès révèle en effet la préférence naturelle et affichée des gens pour la souplesse, l’arrangement contractuel et le sentiment de liberté.

Pourtant, ce sont précisément ces valeurs qui sont refusées aux agents économiques. A en croire les partenaires sociaux, experts en dialogue social (basé sur la violence et le rapport de force), les relations qui unissent des hommes et des femmes au sein des entreprises devraient être figées, réglementées et soudées une fois pour toutes, sans aucune possibilité de « divorce » ou « remariage ». Pourtant, nous sommes aussi des agents économiques. Les entreprises ont besoin de souplesse, d’arrangements contractuels fondés sur la négociation plutôt que d’obligations réglementaires, et de ce sentiment de liberté qui leur permet d’évoluer et de s’adapter, ou de changer si l’environnement l’impose. Car les facteurs de production sont mobiles et se renouvellent sans cesse de sorte qu’il est impératif de revoir leurs combinaisons. Celles qui marchaient hier peuvent devenir usées aujourd’hui.
La relation entre le salarié et l’employeur repose normalement sur un contrat. En ce domaine aussi, on aimerait avoir le choix entre l'union libre, le mariage ou le pacs ; car un mariage forcé a peu de chance de succès. Par ailleurs, plus la sortie est coûteuse, compliquée et difficile, plus l’entrée le sera. Autrement dit, plus on rendra le licenciement difficile, moins il y aura d’embauche de la même manière que si les gens sont dans l’impossibilité de divorcer, ils se détourneront du mariage.

L’analogie n’est pas anodine car un couple est aussi une unité économique fondamentale. Alors que l’entreprise combine du capital et du travail pour produire des biens de consommation, le couple combine des individus pour produire d’autres individus. Et pour l’instant, en l’absence d’innovations technologiques radicales, il faut combiner un homme et une femme pour faire des enfants. Autrement dit, alors que l’entreprise est une unité de production, le couple est une unité de reproduction. C’est un aspect fondamental de la croissance économique étant entendu que sans capital humain, sans êtres humains, il n’y aurait plus de travailleurs, plus de consommateurs, plus d’entrepreneurs du tout. Il faut donc faire des enfants. Mais faire des enfants n’est pas seulement un acte biologique. Il faut les éduquer pour qu'ils intègrent un jour avec bonheur la population active. Généralement, ce sont les parents qui éduquent leurs propres enfants même si on peut imaginer des solutions diverses au fur et à mesure de la recomposition des familles.
En tous les cas, éduquer des enfants prend un certain nombre d’années. C'est un processus chaotique qui prend son sens sur le long-terme. Et le père que je suis ne connait pas la recette miracle : c’est sans doute le métier le plus difficile, le plus beau et le plus ingrat (je commence à peine à comprendre aujourd’hui certaines des décisions de mon père mais il n’est plus là pour que je lui témoigne ma reconnaissance).
Eduquer un enfant ne se fait pas en un jour. C’est sur la base de ce constat vieux comme le monde que les sociétés ont mis en place des institutions permettant aux familles de se constituer, et si possible de durer, afin d'éviter que les couples se brisent à la première difficulté venue (et les embûches sont nombreuses et sont autant de sources de discordes dès qu'il s'agit d'éduquer ses enfants). Bien-sûr, on ne peut pas forcer à rester ensemble deux personnes qui ne s’aiment plus. Mais il faut prendre garde de ne pas succomber à la demande de flexibilité dans les domaines où elle ne s’impose pas toujours alors qu’elle fait cruellement défaut dans les domaines vitaux de la production des richesses. Les moeurs sont un élément de rigidités qui assurent des cadres aux individus et à la société qu'il est nécessaire parfois d'assouplir mais qu'il est dangereux de détruire.

Jospin avait dit un jour « oui à l’économie de marché, mais non à la société de marché ». Pourtant, j’ai l’impression qu’en France, on a fait exactement le contraire : on se ferme obstinément à l’économie de marché (c’est-à-dire à l’économie du contrat libre) tandis que la société de marché a déjà envahit toute la sphère sociale.
 
Jean-Louis Caccomo,
http://caccomo.blogspot.com/

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Published by Jean-Louis Caccomo - dans Economie et social
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26 mai 2008 1 26 /05 /mai /2008 21:10

La réforme du « dialogue social » est un des grands chantiers annoncés par le candidat Sarkozy. Dans ce contexte, les négociations menées par les partenaires sociaux sur la « représentativité, le développement du dialogue social et le financement du syndicalisme » ont abouti le 9 avril dernier à la définition d’une « position commune ». Cette dernière résulte de la volonté de mettre en évidence des critères de représentativité ce qui conduit à poser la question des modalités de financement des syndicats.

Sur le fond, il ne s’agit nullement de remettre en cause l’existence du syndicat mais de contester la légitimité de son fonctionnement quasi-monopolistique. Il existe des syndicats aux USA, au Japon, en Espagne ou en Angleterre, mais ces pays sont rarement bloqués par la grève qui devrait être l’arme ultime et non préventive.

La rente de situation aboutit rarement à l’efficacité : c’est vrai en matière de production de biens et services mais c’est aussi vrai en matière de production de dialogue social. En France, les organisations syndicales bénéficient d’une rente fondée sur une représentativité décrétée et non éprouvée. De la même manière qu’un journal doit vivre de ses lecteurs s’il veut être véritablement représentatif d’une opinion réelle, un syndicat doit vivre de ses adhérents s’il veut être véritablement représentatif de revendications réalistes. Comme le talent ou l’autorité, comme la valeur ou la performance, la représentativité ne peut ni se figer dans les règlements ni se décréter. Si l’on admet ce principe, la mise à jour de critères de représentativité devient une étape inévitable. C’est à cette condition que les syndicats retrouveront une crédibilité.

 

De toute façon, le statu quo n’est plus tenable. En France, le monde syndical tourne en vase clos. Les taux de syndicalisation sont parmi les plus faibles du monde industrialisé et pourtant les syndicats officiels monopolisent la rue dans un jeu de blocages incessants et de grèves répétitives qui tiennent lieu de « dialogue social » alors qu’ils sont l’antithèse du dialogue. Cette politisation extrême du syndicalisme français est probablement le résultat de cette perte de représentativité elle-même résultant d’une déviation des rôles. Les syndicats se doivent d’être des acteurs de la vie des entreprises, avec le but fédérateur à tous ses acteurs : le succès de la « maison commune » que constitue l’entreprise. Les syndicats actuels ont tendance à faire de l’entreprise le théâtre de la lutte des classes de la même manière que les révoltés de mai 68 voulaient faire de l’université le foyer de la révolution permanente.

Quand une entreprise coule ou quitte le territoire, tout le monde est perdant : les clients n’ont plus de produits, les actionnaires perdent leurs capitaux et les salariés perdent leur emploi. Mais le succès de l’entreprise se joue dans un dialogue permanent entre les acteurs de l’entreprise, lesquels se doivent d’être représentés par des corps intermédiaires crédibles et efficaces. Dans ce jeu complexe et quasi-quantique de la régulation microéconomique, l’Etat se doit d’être le plus neutre possible, se contentant de rappeler les règles de conduite qui s’appliquent à tous. En l’absence d’un tel dialogue, c’est le conflit permanent qui se joue dans la rue et aboutit aux mesures d’urgence qui ne sont jamais les plus réfléchies.

Le monde universitaire souffre lui-même de ce mal terriblement gaulois. Les étudiants sont représentés par des syndicats issus d’élections dont les taux de participation ne dépassent pas 5 % parmi la population estudiantine. Dans tous marchés, lorsque l’offre est rationnée et qu’elle ne satisfait pas le consommateur, alors le consommateur boude le produit. On ne peut tout de même pas le forcer à acheter un produit qu’il n’apprécie pas. Il en va de même du monde syndical : il se doit d’être plus ouvert pour écouter les attentes réels des salariés comme des dirigeants d’entreprises, surtout dans l’univers des petites et moyennes entreprises où personne ne peut se payer le luxe du moindre conflit qui devient vite fatal à tous.

 Jean-Louis Caccomo,

http://caccomo.blogspot.com/

 

 

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