MONDIALISATION

Samedi 3 octobre 2009

Luc Ferry, Le Figaro 1 octobre 2009
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Chronique - Selon Luc Ferry, nous avons besoin d'une gouvernance politique mondiale. Mais elle seule ne guérira pas la crise.

Est-il permis de défendre dans un même point de vue deux idées qui se nuancent l'une l'autre, d'affirmer que, oui, en effet, nous avons un besoin vital de régulation mondiale, mais que non, la solution de la crise ne se trouve pas là ? Il est de bon ton aujourd'hui de jouer les sceptiques, de prendre l'air de celui à qui «on ne la fait pas» pour balayer d'un revers de main les décisions du G20. Facile ! La vérité, c'est que l'existence même de cette institution est déjà en soi un événement historique, le signe d'une prise de conscience que la mondialisation ne peut plus proliférer sans gouvernance politique. Sans parler même de l'Iran, les décisions touchant à la régulation financière sont décisives pour prévenir une prochaine crise, pire que l'actuelle, car la marge d'intervention des États sera désormais nulle. La régulation de la finance est donc cruciale, et nul ne peut le nier. Reste, bien entendu, à faire passer les mots dans les faits.

Reste surtout à comprendre enfin qu'à l'encontre de la rengaine désormais gravée dans le marbre, la crise ne vient pas au premier chef de la finance, de sorte que la régulation de cette dernière, essentielle pour prévenir, ne sert pas pour autant à guérir.

L'image d'Épinal selon laquelle il y aurait une «bonne économie», l'économie réelle, et une «mauvaise économie», l'économie «casino», image popularisée dans les années 1980 par le film Wall street, ne résiste pas à l'analyse. L'idée que ces deux économies seraient séparables est même absurde. Elle rencontre pourtant un large écho, notamment à gauche, parce qu'elle rassure : il «suffirait» (toujours ces bons vieux «y a qu'à» !) de faire «reculer» le capitalisme, de mettre ici ou là quelques garde-fous et le tour serait joué ! On reviendrait à la bonne pratique de banques destinées à financer l'industrie et non à faire de l'argent avec l'argent. Le problème, c'est que la vérité est tout autre. C'est bel et bien l'économie réelle, et non au premier chef la cupidité de quelques financiers fous, qui est à l'origine de nos ennuis. Voici pourquoi.

 

Un tassement des classes moyennes

 

Depuis les années 1980, comme l'a montré Patrick Artus, les États-Unis ont connu une bipolarisation croissante du monde du travail, avec, d'un côté, un nombre réduit de travailleurs à hauts revenus et, de l'autre, une masse de plus en plus nombreuse de salariés peu rémunérés. Au milieu, un formidable tassement des classes moyennes. Or ce sont elles qui tiraient la croissance. D'où une nouvelle équation à résoudre : comment booster l'économie malgré le déclin du milieu de gamme ? Réponse, imposée aux banques américaines par Clinton et Greenspan, donc par l'intervention de l'État : grâce à l'endettement massif des ménages les moins riches (le fameux subprime).

Conséquence : ce ne sont plus les salaires qui vont porter la croissance, mais les crédits. On va faire de la richesse, non plus avec de la richesse, mais avec de la dette. De là le recours aux prêts à très hauts risques. De là aussi le fait qu'aux États-Unis, les secteurs les plus touchés sont ceux, comme l'automobile, où il est souvent nécessaire de recourir à un crédit, désormais impossible parce que saturé.

 

Tout reste à faire

 

C'est donc seulement dans un second temps que la crise financière va se mettre en place. Car c'est bien après coup qu'on va titriser les crédits frelatés, puis les disséminer de par le monde en les dissimulant, avec la complicité des agences de notation, dans des produits financiers si peu lisibles que les banquiers eux-mêmes n'y retrouvent plus leurs petits. Bien entendu, cette opération engendrera une formidable crise de confiance interbancaire laquelle, à son tour, mais seulement dans un troisième temps, rejaillit sur l'économie. Si l'on admet le raisonnement qui précède, et que les chiffres de l'endettement américain corroborent sans faille, on comprend aussi que la sortie de crise ne passe à proprement parler ni par la régulation, ni par la morale. Les deux sont certes indispensables si l'on veut éviter une rechute. Mais la véritable équation à résoudre est avant tout la suivante : comment renouer avec une croissance saine, tirée par de la richesse et non plus par de la dette ? Où est la nouvelle «nouvelle économie» ? Dans l'économie verte ? Ailleurs, mais où ? Avec une sous-question désormais impossible à éluder : est-ce écologiquement tenable ? De ce point de vue, quels que soient les mérites du G 20 - dont le principal est d'exister -, tout reste à faire.

Luc Ferry, Le Figaro

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Lundi 28 septembre 2009

Par Claude Imbert, Le Point du 17 09
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La globalisation du monde,
ce mouvement brownien qui brasse désormais plus de 6 milliards d'hommes, précipite, sous nos yeux, deux phénomènes majeurs : la vulnérabilité croissante de la planète Terre et la crise financière qui n'épargne aucun continent. L'une et l'autre ne peuvent escompter d'apaisement relatif que dans une efficace concertation mondiale, encore utopique. En attendant, et sur les Français, Européens, Occidentaux que nous sommes, le tribut de la mondialisation s'appesantit.


C'est qu'en déferlant par portes et fenêtres aux étages nobles de la planète la mondialisation réévalue d'une aune nouvelle les pouvoirs et privilèges de l'Occident. Elle ne le « provincialise » pas, mais elle relativise sa puissance économique, son aura politique et son leadership scientifique et technologique. L'Occident ne peut plus « penser » le monde depuis le surplomb avantageux qui fut longtemps le sien.


Voyez d'abord le souci planétaire !
Jamais nous n'eûmes une telle conscience de la planète avant qu'on la proclame, comme aujourd'hui, vulnérable. L'alarme répandue évite prudemment de cerner la cause première des dommages : je veux dire la prolifération humaine. Mais l'écologie fait d'ores et déjà entrer, comme jamais, le monde dans nos destins nationaux. L'anxiété planétaire ignore nations et continents : glaciers polaires, forêt amazonienne, déserts en expansion s'invitent, entre deux faits divers, dans le train de nos journaux télévisés.


Et peu importe que l'activisme de la fourmilière humaine soit aussi responsable qu'on le dit du réchauffement climatique et de dommages réputés irréversibles : la communauté scientifique a rallié l'univers à son diagnostic. Il n'est pas de jour où le « développement durable » ne nous somme de mieux fermer nos robinets, éteindre nos lumières, rationner notre pétrole. Pour faire de la France-un peu vite, un peu tôt ?-le champion de la croisade écologique, voici la taxe carbone, voici les parades d'éoliennes au grand dam de nos paysages, alors qu'avec le nucléaire nous sommes déjà le plus « écologique » des pays industriels...


Et peu importe encore qu'on puisse douter de l'efficacité de nos propres sacrifices, dérisoire face à la goinfrerie énergétique des nouveaux mastodontes comme la Chine et l'Inde : car si convertis soient-ils au constat écologique, ces Etats restent, eux, soumis à l'appétit de masses impatientes d'accéder à un développement, sinon durable... du moins immédiat.


Une vigilance mondiale se dessine, mais elle balbutie pour diligenter les remèdes. Retenons, en tout cas, que le défensif succède à l'offensif, la précaution au risque et que le « logiciel » de l'Occident, son tonus collectif s'en trouve altéré. C'est, bien sûr, qu'un monde fragilisé n'apparaît plus aussi propice à l'optimisme prométhéen qui aura été le nôtre pendant trois à quatre siècles. La confiance de l'Occident dans les certitudes de la science n'en est pas ruinée, mais son esprit de conquête ébranlé.

L'idéologie du progrès, oxygène de l'Occident, imposa, dans l'ordre économique, une maîtrise impérieuse de la nature, or voici que la nature s'y découvre violentée ! Dans l'ordre politique, le même idéal de progrès aura prêché, pour un accès universel aux droits de l'homme, son modèle occidental. Or le voici de plus en plus récusé, en Afrique, en Asie !


Voyez ensuite les leçons du désastre financier,
et la défaillance morale et technique d'un capitalisme écervelé, dératé, emballé. L'admirable, c'est qu'aucun des Etats de la planète ne veuille pour autant renoncer à un système qui, certes, sortit de la détresse le gros de l'humanité. Comment alors civiliser le système ? Contre l'hystérie financière, la France de Sarkozy prend le taureau par les cornes et obtient-flatteur succès !-le soutien européen. Mais, là encore, la réglementation ne peut être que mondiale. Attendons de voir ce que donnera le proche G20 de Pittsburgh !


Et ne sous-estimons pas cette épreuve : la mondialisation a rapproché les vieux riches que nous sommes des pauvres de la planète... mais aussi de ses nouveaux riches. Les délocalisations de nos usines, les migrations sauvages de misérables vers nos eldorados affichent cruellement un « tamponnement » inéluctable.

Mais surtout les nouveaux grands-Chine, Inde-ajoutent à l'avantage concurrentiel d'un salariat qui reste pauvre les conquêtes nouvelles d'une élite performante. Ils n'ont pas inventé l'ordinateur mais ils s'en servent à merveille. L'Inde forme 100 000 ingénieurs par an et la Chine aligne des performances techniques chez nous sous-estimées. Ils ne se soucient pas de protéger des « avantages acquis » mais n'aspirent qu'à y accéder. Leur enseignement ultrasélectif aborde brillamment le high-tech. Ils s'affirment en conquérants du nouveau millénaire.

Alors, n'en soyons pas surpris, un certain spleen occidental flotte sur ce monde qui change.

Claude Imbert
Le Point

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Samedi 26 septembre 2009
AFP et Lepoint.fr...


Encadrement  des "Bonus"

La France a été "entendue sur la question des bonus" au sommet du G20 de Pittsburgh avec notamment "l'interdiction des bonus garantis au-delà d'un an" ou encore "l'instauration d'un système de bonus-malus", s'est félicité Nicolas Sarkozy, qui avait fait de la question des bonus son cheval de bataille.

"Il y a eu unanimité autour de la table pour que les erreurs du passé ne recommencent pas. (Le président américain) Barack Obama lui-même a pris la parole pour dire combien il se sentait engagé par cette nécessité de régulation", a expliqué le président de la République. Le G20 a ainsi défini un encadrement renforcé des bonus des traders et banquiers, dont les montants faramineux ont déclenché la colère de l'opinion publique.


"Trois points fondamentaux" ont été "actés" :

- "les règles de Bâle 2 (qui réglementent les activités bancaires en fixant, par exemple, le niveau de leurs fonds propres en fonction des risques pris) seront appliquées partout", notamment "dans les principaux centres financiers, dès 2011" ;


- les pays du G20 sont également "d'accord pour exiger que les banques qui ont des activités risquées soient obligées d'augmenter leurs fonds propres" ;


- enfin, la France a été "entendue sur la question des bonus" avec notamment "l'interdiction des bonus garantis au-delà d'un an" ou encore "l'instauration d'un système de bonus-malus".

"Les banques centrales disposeront désormais du pouvoir de limiter le montant global des bonus", a également affirmé Nicolas Sarkozy. Et d'ajouter : "Si une banque fait des profits, elle ne doit pas tout distribuer aux traders et aux actionnaires. Elle doit en conserver une partie importante parce que ça lui permettra, ensuite, de faire plus de prêts aux entreprises et aux ménages." "C'est la première fois que le pouvoir est ainsi donné aux superviseurs de plafonner le montant des bonus en fonction des revenus d'une banque", s'est-il félicité. Le G20 s'est aussi efforcé de renforcer la régulation financière afin d'éviter une nouvelle crise : "Là où l'inconscience et l'absence de responsabilité ont entraîné la crise, nous n'autoriserons pas un retour aux pratiques bancaires antérieures."
Lepoint.fr et AFP



Ultimatum à Téhéran

Vendredi, peu avant l'ouverture de la session du G20, à Pittsburgh, Gordon Brown, Barack Obama et Nicolas Sarkozy ont fait une déclaration commune . Ils accusent l'Iran d'avoir bâti une usine secrète pour fabriquer du combustible nucléaire, située à Qom, à environ 160 km au sud-ouest de Téhéran. Les officiels américains traqueraient ce projet depuis des années. Mais le président américain aurait décidé de le rendre public vendredi après que l'Iran eut découvert, il y a quelques semaines à peine, que les agences de renseignement occidentales étaient au courant.

Le président américain a pris la parole en premier. "L'Iran continue de ne pas vouloir répondre à ses obligations, a déclaré Barack Obama sur un ton grave. Nous voulons que l'AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique) fasse une enquête immédiate de ces infractions." Pour le locataire de la Maison-Blanche, la décision de l'Iran est un "défi direct au contrat du Traité de non-prolifération nucléaire". "Ce contrat tient depuis des dizaines d'années, et grâce à cela, la terre est plus sûre", a rappelé le président américain. "Nous sommes toujours prêts à engager un dialogue avec l'Iran", a rappelé Barack Obama. Depuis son installation, la nouvelle administration américaine a engagé
une véritable politique de la main tendue avec la République islamique.

"Traîtrise du gouvernement iranien" (Brown)

Après Obama, Nicolas Sarkozy s'est exprimé : "L'Iran entraîne la communauté internationale sur une voie dangereuse. (...) Ce qui est révélé aujourd'hui est exceptionnel", a jugé le président français, qui dit attendre de l'AIEA une "enquête complète et rigoureuse". "Nous étions dans une grave crise de confiance, nous sommes face à un défi lancé à la communauté internationale", a prévenu Nicolas Sarkozy, pour qui "tout doit être mis sur la table". "Ne laissons pas les Iraniens gagner du temps pendant que les centrifugeuses tournent", a martelé le chef d'État français, appelant à des "sanctions" si la situation n'évoluait pas "d'ici décembre".

Enfin, Gordon Brown est intervenu. Sur un ton plus acerbe que ses homologues, le Premier ministre britannique a fustigé la "traîtrise du gouvernement iranien". "Cela fait des années qu'ils nous trompent, cela va choquer et irriter la communauté internationale et renforcer notre détermination." Le chef du gouvernement britannique fait référence au double jeu mené par les Iraniens, qui ont fini par accepter que des inspecteurs de l'AIEA contrôlent régulièrement l'usine de Natanz, au centre du pays, tout en construisant un autre site secret depuis plusieurs années. "Nous n'allons pas laisser les choses aller. Nous sommes prêts à mettre en oeuvre des sanctions plus rigoureuses. L'Iran doit abandonner toute ambition militaire dans le cadre de son programme nucléaire", a estimé Gordon Brown.

Cyriel Martin pour lepoint.fr

Par AFP et lepoint.fr - Voir les 0 commentaires
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Vendredi 25 septembre 2009

Par Bernard Kouchner, Le Monde du 18 septembre 2009
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Lors de la conférence de Paris sur les financements innovants en mai, face aux besoins criants du monde en développement, j'ai remis sur l'agenda international une idée ancienne, proposée par le Parlement européen en 2000, votée par la France en 2001 et soutenue par les ONG. Cette idée trouve aujourd'hui toute sa pertinence. Pour financer le développement, nous devons réfléchir à l'instauration d'une contribution volontaire assise sur les transactions financières internationales. Le constat est clair et partagé. D'un côté, des besoins immenses. Les objectifs du Millénaire fixés à New York en 2000 restent une priorité. En novembre 2008, lors de la Conférence des Nations unies sur le développement, le Président de la République a réitéré notre engagement à les tenir.

 

 

D'ici à 2015, il s'agit d'éliminer l'extrême pauvreté et la faim, assurer l'éducation primaire pour tous, promouvoir l'égalité des sexes, réduire la mortalité infantile et améliorer la santé maternelle, combattre les grandes pandémies comme le sida, la tuberculose et le paludisme, assurer un environnement durable et mettre en place un partenariat mondial pour le développement. Pour les seuls objectifs de santé, il nous faudra trouver pas moins de 35 milliards de dollars par an.


La crise aggrave la situation : 1 % de croissance en moins, c'est, selon la Banque mondiale, 20 millions de pauvres en plus. La mortalité des enfants de moins de 1 an pourrait s'accroître de 700 000 du seul fait du ralentissement du PIB. L'aide publique au développement, qui a mobilisé 119 milliards de dollars en 2008, ne peut pas tout, même si elle demeure un levier indispensable. Véritables relais de ces efforts, les financements innovants doivent jouer un rôle moteur, pour que les objectifs du Millénaire deviennent un jour les "réalisations du Millénaire".


D'autre part, la mondialisation cherche à se doter d'outils de régulation. Après la crise financière qui a secoué les pays développés à l'automne 2008, un certain consensus se fait jour pour dire "plus jamais ça". Depuis l'encadrement des bonus, jusqu'aux outils permettant de lutter contre la spéculation financière et les turbulences économiques et sociales qu'elle engendre, les grands argentiers de ce monde ont ouvert un débat prometteur.


La France
, sous l'impulsion du président de la République, défend la vision d'une mondialisation plus juste et équilibrée. Les signaux encourageants d'une prise de conscience générale se multiplient. Immense encouragement, nous sommes maintenant rejoints par nos amis britanniques. Je salue l'analyse audacieuse d'Adair Turner, président de l'autorité des marchés financiers : il juge que le secteur de la finance est devenu un élément déstabilisateur de l'économie et en appelle à des mesures drastiques de régulation, comme une taxe sur les transactions financières. Celle-ci devrait être étendue à l'ensemble de la planète, en s'inspirant des travaux de l'économiste libéral et Prix Nobel James Tobin.


A nous de continuer à afficher ce même courage, cette même ambition après le G20 de Pittsburgh (les 24 et 25 septembre), dont nous attendons beaucoup.


Aux sceptiques, je veux dire que les financements innovants sont déjà un succès. Depuis la conférence de Monterrey en 2002, ils se sont multipliés. On compte désormais huit mécanismes qui ont dégagé plus de 2 milliards de dollars. Ainsi, la taxe sur les billets d'avion lancée à l'initiative de la France, aujourd'hui mise en place dans 13 pays, assure le traitement pédiatrique anti-VIH de 100 000 enfants par an ; de même, la Facilité internationale de financement et de vaccination (Iffim), dont la France est le deuxième contributeur derrière le Royaume-Uni, permet de vacciner plus de 100 millions d'enfants dans le monde.


A la suite de l'appel lancé par le président de la République à Doha en novembre 2008, la réunion du Groupe pilote sur les financements innovants qui s'est tenue à Paris en mai a marqué une nouvelle étape. La France, pays pionnier, veut continuer à proposer à ses partenaires de nouvelles ambitions au service des plus pauvres. Cette réflexion doit être menée dans l'intérêt de la communauté internationale, et tirer le meilleur bénéfice de l'interdépendance financière des marchés. Le financement du développement peut et doit devenir un impératif moral.


Je pense que le temps est venu pour la France, aux côtés des 58 pays du Groupe pilote, de discuter de la faisabilité d'une contribution volontaire à un taux faible et non distordant de 0,005 %. Que les financiers se rassurent, cette taxe est indolore : pour une transaction 1 000 euros, ce sont 5 centimes d'euros qui seraient détournés pour le bien commun !

Une telle contribution ne se conçoit que si son opportunité politique était décidée par l'ensemble de la communauté internationale, sous les auspices de l'Organisation des nations unies (ONU). L'Europe pourrait ouvrir la voie de la réflexion et les chemins de la décision. Les sommes ainsi récoltées représenteraient plusieurs dizaines de milliards d'euros. Elles viendraient financer des initiatives nouvelles, en faveur de l'Afrique notamment. Leur usage devra être contrôlé et audité en permanence pour garantir leur utilisation, en collaboration avec les bénéficiaires. Un tel levier financier serait le signe d'un retour de la volonté politique face à une certaine fatalité économique.

Je ne doute pas que ce système sera un jour adopté par l'ONU.

J'accueillerai à Paris cet automne une première réunion ministérielle de la task force que nous avons créée. Elle aura pour but d'expertiser, dans l'esprit du rapport de 2004 élaboré au ministère des finances par Jean-Pierre Landau, les modalités concrètes de mise en oeuvre de ce projet et de proposer des alternatives pour le débat politique. En apportant plus de solidarité, d'imagination et de volonté, les financements innovants ne constituent plus une option. Ils sont devenus une évidence nécessaire pour venir en aide aux plus démunis de notre monde.


Bernard  Kouchner est ministre des affaires étrangères et européennes.

Par Bernard Kouchner, tribune dans Le Monde - Voir les 0 commentaires
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Vendredi 11 septembre 2009

Par Jacques Marseille, Le Point du 10 09 09
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Il faut lire Daniel Cohen (1).
Rares sont en effet les économistes qui possèdent à ce point l’art de la pédagogie et de la synthèse. Faire comprendre Adam Smith, Malthus, Ricardo, Marx, Jean-Baptiste Say, Schumpeter, Kondratiev ou Keynes en quelques lignes accessibles à tous n’est pas à la portée du premier venu. Mais il faut aussi lire Daniel Cohen, proche de la gauche, président du conseil scientifique de la Fondation Jean-Jaurès et signataire de la liste des économistes ayant soutenu Ségolène Royal pour l’élection présidentielle de 2007. On prend ainsi la mesure des inquiétudes nourries et diffusées par nos élites face à la crise économique et au devenir du monde.


La thèse développée dans « La prospérité du vice »
témoigne d’une vision de l’histoire économique occidentale fort pessimiste. « Le principal risque du XXIe siècle, peut-on lire dès les premières lignes, tient moins à la confrontation des cultures ou des religions qu’à celui d’une répétition, au niveau planétaire, de l’histoire de l’Occident lui-même... L’Europe a fini dans la barbarie de la Seconde Guerre mondiale le bref espace de temps au cours duquel, à compter du XVIe siècle, elle fut l’épicentre de l’histoire humaine. Qui peut jurer que l’Asie échappera aujourd’hui à ce destin tragique ? »


« Destin tragique », tel serait en résumé l’histoire de l’Occident depuis la formidable expansion portugaise du XVe siècle et la découverte des Amériques au XVIe siècle. Uniquement guidée par le calcul de ses intérêts, fondant sa révolution industrielle sur la traite des esclaves africains, noyée dans les « eaux glacées du calcul égoïste », pour reprendre la formule de Marx à l’égard de la bourgeoisie, se nourrissant de l’accroissement des inégalités et de la misère des classes populaires, jalouse de ses frontières et épuisée par les querelles entre Etats-nations, l’Europe aurait fini sa course dans le suicide collectif des deux guerres mondiales. Un risque qui, selon Daniel Cohen, pourrait se répéter dans la mesure où « ni la richesse ni même l’éducation ne rendent meilleur un homme qui est mauvais » . Certes, on pourrait penser que l’actualité donne du crédit à cette vision «inquiète » sinon sinistre de l’histoire de l’Occident.
Si les hommes sont aujourd’hui incomparablement plus riches qu’il y a trente ou cinquante ans, ils ne sont pas plus heureux. Les massacres de Yougoslavie et du Rwanda, les conflits qui surgissent aux quatre coins du monde comme la violence des attentats terroristes ont douché les espoirs de paix universelle provoqués par la chute du mur de Berlin. Le krach financier de 2007-2008 réveille le spectre de 1929. L’entrée de la Chine et de l’Inde dans le monde industriel renforce la menace du krach écologique.


Cette vision tragique de l’histoire de l’Occident
ne correspond pas tout à fait à la réalité. Comme l’ont montré les recherches historiques, la thèse qui assigne aux traites négrières et à la colonisation un rôle important dans la révolution industrielle occidentale est difficilement défendable. Au XVIIIe siècle, les bénéfices moyens annuels de la traite ne dépassent pas 2,6 % pour les Hollandais, 4 % à 6 % pour les Nantais et 10 % pour les Anglais, soit moins que d’autres placements.
Comme l’a bien aussi montré David Landes, dont l’ouvrage « Richesse et pauvreté des nations » (Albin Michel, 2000) inspire fortement la première partie de « La prospérité du vice », l’Europe de l’Ouest a été le premier moteur du développement et de la modernité, et cela s’est fait dans le sens du « bien », même si la puissance intellectuelle a souvent été employée de manière abusive à des fins destructrices et mauvaises.


La monstrueuse tuerie de 1914-1918,
qui défie encore la raison, doit moins aux tensions économiques qui étaient en voie d’apaisement qu’à l’acceptation par les élites et l’opinion que la guerre était « inévitable ». La crise de 1929 doit beaucoup plus aux conséquences dramatiques de cette guerre sur les économies et les sociétés de l’Europe occidentale qu’à la cupidité des marchés financiers américains.
Enfin, la Seconde Guerre mondiale échappe largement à la rationalité économique et s’explique moins par l’effondrement du commerce international que par les conséquences du traité de Versailles, l’humiliation infligée au peuple allemand et sa fusion dans un « mythe du chef » perçu comme la personnification de la nation et le noble champion de l’intérêt national (voir Ian Kershaw). Autant de révisions historiques qui nous invitent à ne pas attribuer aux « vices » du capitalisme occidental la responsabilité de tous nos « malheurs ». Que nous ont finalement proposé les expériences « socialistes »? La fierté d’une histoire acceptée et la vision (optimiste) de ses acquis sont sans doute aujourd’hui le meilleur des antidépresseurs.

Jacques Marseille, Le Point 10 09 09
 

1. Daniel Cohen, « La prospérité du vice » (Albin Michel, 2009, 19 E ).

Par Jacques Marseille, Le Point - Voir les 3 commentaires
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PRESENTATION

 

Marc d'HERE 

 

Contact: ies1@hotmail.fr

 

 Militant socialiste (rocardien) depuis 1974, j’ai  accompagné en 1999 Jean-Marie Bockel, lorsqu’il a créé  le club politique  social libéral « Gauche Moderne ». J’en ai été le  secrétaire général jusqu’en 2006..

Engagé dans la défense du Traité Constitutionnel Européen, je propose à Bernard Kouchner, Elisabeth Guigou, Gérard Collomb et Daniel Cohn-Bendit de créer le « Comité de la Gauche pour le Oui » et j’en assure  l’organisation et le développement.

 Quittant le parti socialiste après le congrès du Mans (2005), ne pouvant accepter l’irréalismeet la démagogie des choix politiques effectués, et refusant une « synthèse » synonyme de confusion, je crée  avec quelques amis socialistes  et centristes,  un mouvement politique réformiste,  de centre gauche « Initiative Européenne et Sociale » (IES)  que je préside depuis janvier 2006.

 

 Ayant soutenu Nicolas Sarkozy lors de l’élection présidentielle, parce qu’il m’apparaissait le plus apte à réaliser les réformes et les changements profonds dont notre pays a besoin,  j’ai choisi de m’inscrire dans  la majorité présidentielle. Adhérent de La  Gauche Moderne, le parti de Jean-Marie Bockel , je suis membre du Comité Permanent, chargé du Projet,  et Coordonateur de la Région "Pays de la Loire" 

 

 J'ai publié  fin 2007« de Rocard à Sarkozy. Itinéraire d’un social libéral » éditions Christophe Chomant. Les personnes intéressées par ce livre peuvent s’adresser à l’éditeur : christophe.chomant@wanadoo.fr ou m’adresser un mail à ies1@hotmail.fr

 

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