La Gauche Moderne

Mardi 29 septembre 2009



Dans Le Républicain lorrain
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En visite aujourd'hui à Metz, le Secrétaire d'Etat à la Justice assure avoir "trouvé ses marques" avec Michèle Alliot-Marie et défend le projet de la loi pénitentiaire, tel qu'adopté à l'Assemblée.


Vous êtes Secrétaire d’État à la Justice, quelles sont vos attributions ?

Jean-Marie BOCKEL : « Il n’y a pas de périmètre délimité, j’ai obtenu du garde des Sceaux des attributions générales. Je travaille sur un certain nombre de grands dossiers pour lesquels nous ne sommes pas trop de deux, Michèle Alliot-Marie et moi. Vous m’avez vu à ses côtés à l’Assemblée lors du débat sur le projet de loi pénitentiaire. Je participe à la réflexion sur la réforme de la procédure pénale, qui n’en est qu’à ses débuts. Je suis aussi la mise en œuvre de la réforme de la carte judiciaire. »


Tout de même, vous avez été déçu de ne pas avoir hérité du dossier des prisons…

« J’ai effectivement été déçu, au lendemain de ma nomination, lorsque j’ai compris que mes attributions ne seraient pas aussi claires que je l’espérais. La déception s’est assez vite dissipée. Trois mois plus tard, nous sommes parvenus à un partage des tâches satisfaisant. Et je m’entends très bien avec « ma » ministre. »


Adopté il y a une semaine à l’Assemblée, le projet de loi pénitentiaire déçoit… La gauche et les associations vous reprochent d’avoir reculé sur le principe de l’encellulement individuel.

« Le texte adopté par les députés consacre de nombreuses avancées sur la condition pénitentiaire. Les associations qui l’ont critiqué considèrent que la prison n’a pas lieu d’être alors effectivement, quoi qu’on fasse, ça ne sera jamais assez. Le Sénat a voulu affirmer le droit à l’encellulement individuel (un détenu par cellule), même si nous n’avons pas les moyens de l’appliquer faute de places en nombre suffisant. Le gouvernement que je représente défend de son côté le principe d’un libre choix des détenus, considérant qu’une bonne loi est d’abord une loi applicable. J’ai bon espoir qu’un compromis puisse être trouvé en commission mixte paritaire. »


Le directeur de l’administration pénitentiaire, Claude d’Harcourt, a critiqué dans une lettre à ses directeurs un débat « régressif » et « escamoté »…

« M. D’Harcourt a eu une explication avec la garde des Sceaux, il se le tient pour dit, je ne reviens pas là-dessus. »


Qu’avez-vous pensé du lapsus de Nicolas Sarkozy sur les « coupables » de l’affaire Clearstream ?

« Ne comptez pas sur moi pour relancer le débat. J’observe juste que le président de la République est victime, dans ce procès, ce qui n’est pas le cas des prévenus qui ont été déférés sur la base de lourdes charges établies par des juges indépendants. »


Le ralliement à l’UMP du MPF de Philippe de Villiers et du CPNT (Chasse, pêche, nature et tradition) de Frédéric Nihous n’a pas été « facile » pour vous, ainsi que vous l’avez déclaré cet été.

« Ça va beaucoup mieux, dès lors que les conditions que j’avais posées pour un élargissement à droite ont été remplies. Nous avons défini une méthode qui va nous permettre de travailler à un projet commun, pour les régionales, en préservant l’aile gauche de la majorité, à commencer par mon parti, la Gauche moderne. »


Nicolas Sarkozy aurait peu goûté vos états d’âme…

« J’ai pu agacer, je m’en suis expliqué. »


La situation au PS ?

« Si j’y étais resté, je serais bien malheureux ! »


Propos recueillis par Nicolas BASTUCK.

 

Par Jean-Marie Bockel, dans le Républicain lorrain - Voir les 5 commentaires
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Mercredi 23 septembre 2009

le JDD.fr du 21 09
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La Gauche Moderne tenait ce week-end ses Rencontres nationales. Deux ans après sa fondation, le mouvement compte 1500 adhérents. "Nous sommes peut être une petite formation politique mais une formation qui existe réellement sur le terrain", assure au JDD.fr Jean-Marie Bockel, son président et secrétaire d'état auprès de la ministre de la Justice. Il table sur des régionales réussies pour asseoir un peu plus son mouvement en vue de 2012. Et ambitionne d’accueillir des socialistes déboussolés.

 


Comment se porte votre mouvement?

Il progresse. Nous sommes encore petits mais nous sommes désormais présents dans toute la France. Nous avons 150 conseillers municipaux depuis les municipales de 2008 et deux députés de la Gauche Moderne ont été élus lors des européennes. Nous avons eu la capacité de présenter des candidats crédibles aux européennes, et nous l’aurons aux régionales. C’est la preuve que nous sommes peut être une petite formation politique mais une formation qui existe réellement sur le terrain.


Diriez-vous que votre mouvement a réellement trouvé sa place sur l’échiquier politique?

Je ne peux pas dire ça. La Gauche Moderne trouvera vraiment et durablement sa place quand il se sera renforcé, quand il aura une influence, un poids plus important, une capacité à produire des idées. Nous bossons, nous avons un vrai corps de doctrine mais nous sommes encore trop faibles. On ne nous entend pas assez. Nous sommes au milieu du gué, nous avons accompli beaucoup de chemin depuis un an, où certains prédisaient que dans six mois, nous ne serions plus rien. Je prends le pari qu’après les régionales, nous serons encore mieux implanté dans le paysage et en 2012, vraiment inscrits, respectés. J’espère que nous aurons des parlementaires, que nos idées, nos propositions soit reconnues.

"Un coup de gueule utile"

A court terme, quelle est votre ambition pour les élections régionales?
Aux européennes, nous avons eu une stratégie réaliste: on n’avait demandé aucune place éligible. Certains avaient souri à l’époque, mais finalement, nous avons deux élus. Il faut savoir prendre des risques quand on est petit... Là, nous avons la capacité d’avoir des places éligibles dans certaines régions où nous sommes assez fort, comme l’Ile-de-France ou l’Alsace. Dans d'autres, on jouera le succès: si on gagne, on est élu, si on perd, on ne l’est pas. Et là où nous sommes plus faible, nous serons "pousseurs", pour marquer notre présence, notre soutien. C’est une stratégie réaliste et appréciée. A l’UMP, nous sommes vus comme des alliés libres indépendants mais fiables.


Se revendiquer de gauche, dans une majorité à droite, vous vous êtes habitué?

Nous ne sommes pas une sensibilité de l’UMP comme peuvent l’être les Progressistes ou le Parti radical, qui pratiquent la double adhésion. Nous sommes autre chose, nous ne sommes pas associés à l’UMP, au même titre que le Nouveau Centre. Nous sommes la formation politique indépendante, alliée à la majorité, qui symbolise sur le plan d’une formation politique l’aile gauche de la majorité.
Je parle beaucoup avec les travaillistes britanniques, les sociaux-démocrates allemands ou les socialistes italiens: partout nous sommes considérés comme un élément de la gauche européenne, certes allié avec la droite dans un contexte particulier, celui de la politique de réforme menée par le président Sarkozy. Il n’y a qu’en France qu’on se fait insulter de traître. Ailleurs on comprend, voire cela paraît assez naturel, car beaucoup de députés socialistes européens se sentent plus proches de nos idées ou de celles de Sarkozy, que de celles du PS français. Dans cette majorité, nous voulons garder cette sensibilité propre, la liberté de ne pas être d’accord, voire si vraiment on n’est pas d’accord, de partir. Mais c’est aussi ce qui donne de la valeur à notre soutien.


Et vous pensez que ce positionnement vous permettra d’attirer à vous des socialistes déçus par ce qui se passe au PS, comme vous l’avez souhaité ce week-end?

Nous pouvons attirer l’électorat de gauche qui se détourne du PS, qui se pose des questions, qui ne se retrouve pas dans le caractère trop dogmatique des Verts et qui ne rejette pas en bloc tout ce que fait le gouvernement. Pour tous ces socialistes déçus, nous pouvons être, comme je l’ai dit, "un permis de voter". Un marqueur. Le fait que nous soyons au gouvernement montre qu’ils ne sont pas tous seuls à se poser des questions. Ils peuvent voter pour des gens de la majorité qui pensent comme eux et ont toute leur place au sein du gouvernement. Evidemment je parle de ceux qui se sentent proche de la grande tradition européenne de centre gauche. Ce qui peut être appelé la droite du PS en France et qui serait appelé partout en Europe l’axe de la gauche.


Vous ne vous opposez peut-être pas assez pour attirer des électeurs socialistes, mêmes déçus…

S’opposer pour s’opposer, sans que cela ait d’effets ensuite, cela ne nous rendra pas plus crédibles. Nous somme d’abord une force de proposition. A plusieurs reprises, ce qu’on a pu dire a contribué à des réformes, comme sur la flexi-sécurité. Lorsque Philippe de Villiers a intégré le comité de liaison de la majorité, je crois que mon coup de gueule a été utile. J’avais dit que pour que ce rassemblement fonctionne, il ne fallait pas être négatif comme Philippe de Villiers, qui ne disait à l’époque que vouloir être "contre" la gauche. J’avais souligné qu’il fallait aussi être "pour", construire quelque chose de manière durable. Ça a été entendu. Cela dit, nous restons vigilants et attentifs. Mais je n’ai pas de raison non plus d’être sectaire a priori sur Philippe de Villiers, puisqu’on ne l’a pas été avec moi.

Jean-Marie Bockel dans le jdd.fr

Par Jean-Marie Bockel - Voir les 0 commentaires
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Mardi 22 septembre 2009


Le Figaro du 21 09

 

Le maire de Mulhouse veut continuer d'élargir l'aile gauche de la majorité présidentielle.

 

« Nicolas Sarkozy porte une grande attention à des idées qui ne sont pas forcément les siennes au départ, qu'on ne retrouve pas dans la pensée de la gauche française, mais qui sont défendues par la gauche européenne. Il n'hésite pas à s'en inspirer, quitte à bousculer sa propre famille politique» : ainsi parle Jean-Marie Bockel, le secrétaire d'État à la Justice qui a réuni samedi dans sa ville de Mulhouse quelque 400 personnes pour les 2es rencontres nationales de la Gauche moderne. L'été a été difficile pour les animateurs de cette formation partenaire de l'UMP, consternés de l'arrivée tonitruante de Philippe de Villiers au sein de la majorité présidentielle. Jean-Marie Bockel reconnaît avoir été «agacé» par ce ralliement sans condition, avant de se raviser dans une interview au Figaro .

 «Entre-temps, le président avait rappelé avec insistance que les nouveaux venus rejoignent la politique de réformes de la majorité et font un pas vers nous», a-t-il expliqué samedi. Secrétaire d'État auprès de Michèle Alliot-Marie, il a souligné sa propre «capacité à rebondir», allusion à son limogeage de la Coopération pour avoir déplu à Omar Bongo. Aucune amertume dans les propos de Jean-Marie Bockel, ni dans ceux des responsables des fédérations qui sont pour la plupart en rupture avec le Parti socialiste. «Un parti qui va à vau-l'eau, entre histoires de personnes et bourrages d'urnes», dénonce le Parisien Serge Federbusch.

«La Gauche moderne est une gauche ouverte, avec des propositions, contrairement à celle que nous avons quittée», insiste Yves Urieta, ancien maire PS de Pau, en appelant la majorité à être attentive à «la France qui souffre». Pour Marielle Gallo, une des deux députées européennes, «la valeur qui doit guider la Gauche moderne n'est plus le socialisme, mais le social». Gauche moderne a mis 25 commissions en place, de la «flexisécurité» à la construction de l'identité, pour «enrichir les réformes».

«Les socialistes, qui continuent de se déchirer, n'ont pas de projet alternatif», a martelé Jean-Marie Bockel en tendant, une nouvelle fois, la main «aux sympathisants de gauche qui sont en plein désarroi et qui ne sont pas attirés par la gauche de la gauche ou par les Verts».«Nous sommes un permis de voter pour ceux qui ne sont pas d'accord avec tout, mais qui se retrouvent dans nos réformes, a conclu le ministre d'ouverture. Ils ont le sentiment, en se rapprochant de nous, qu'ils ne sont pas les seuls de la gauche à le faire…»

 

AFP 21 09

 

STRASBOURG — Le secrétaire d'Etat à la Justice Jean-Marie Bockel a estimé samedi que la Gauche moderne (GM) qu'il préside est "une sorte de permis de voter" pour les nombreux déçus de la gauche.

Deux ans après la création de ce petit parti allié à l'UMP, l'ancien élu socialiste a estimé que les dirigeants du PS "laissent un champ de ruines qui conduit beaucoup de sympathisants à se détourner durablement du parti socialiste. "Or, a-t-il argumenté, tous ne sont pas attirés par la gauche de la gauche ou les Verts, assez dogmatiques".

"Nous constituons en fait une sorte de permis de voter, un sas vers la majorité pour des gens de gauche qui ne sont pas forcément d'accord avec tout mais qui sentiront qu'en se rapprochant de nous, elles ne sont pas les seuls de gauche à le faire", a-t-il déclaré.

"Les réformes de Sarkozy ne sont pas conservatrices et souvent elles poursuivent des idées d'une gauche européenne", a-t-il ajouté.

M. Bockel s'est exprimé samedi après-midi devant 300 personnes à l'occasion des 2e Journées nationales du parti organisées à Mulhouse. "Nous sommes deux fois plus nombreux qu'il y a un an", s'est réjoui le président de Gauche moderne.

A propos des régionales, il a indiqué à l'AFP que des membres de GM seraient présents sur les listes régionales d'union dès le premier tour. "Nous avons une surface nationale suffisante pour avoir des candidats partout, même s'ils ne seront pas éligibles partout".

Par AFP et Le Figaro - Voir les 1 commentaires
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Jeudi 20 août 2009


INTERVIEW - Le président de La Gauche moderne tempère fortement ses critiques sur l'élargissement à droite.

Le Figaro du 19 08 09
 

LE FIGARO. - Vous avez estimé, la semaine dernière, que l'ouverture à droite risque de «faire tanguer» la majorité. Êtes-vous toujours aussi critique sur ce sujet ?
Jean-Marie BOCKEL. - Je suis d'accord avec cet élargissement car la ligne politique incarnée par le président reste inchangée. L'élargissement permet de créer une dynamique, comme on l'a vu lors des élections européennes de juin.


Pourquoi alors avoir réagi si vivement à l'entrée du MPF et de Chasse Pêche Nature et Traditions dans le comité de la majorité ?

Mes relations avec Xavier Bertrand et Jean-Claude Gaudin ont toujours été constructives. Nous devons continuer à travailler de manière positive en réfléchissant à une plate-forme dans laquelle chacune des composantes de la majorité pourra se retrouver. En revanche, ce serait une erreur de n'être que dans une démarche anti-PS.


Philippe de Villiers vous a-t-il finalement contacté ?

Je n'ai reçu aucun appel de lui.


Les adhérents de La Gauche moderne ont-ils réagi à cet élargissement ?

Avec 1 500 adhérents, La Gauche moderne n'est encore qu'une petite formation. Mais j'ai tout de même eu des retours assez nombreux et plutôt inquiets de quelques-uns. J'ai envie de leur dire : acceptons cet élargissement, ne soyons pas sectaires ! En revanche, soyons présents, exigeants et convaincants dans le débat. Après tout, lorsque nous sommes entrés dans la majorité, nous n'avons pas eu à subir de sectarisme.


Jean-Claude Gaudin vous invitait hier dans les colonnes du Figaro à faire quelques concessions. Que lui répondez-vous ?

Je suis tout à fait d'accord avec Jean-Claude Gaudin. Si La Gauche moderne a pu obtenir l'élection de deux députés à Strasbourg, c'est grâce à la majorité. Et si la majorité a pu réaliser d'aussi bons scores, c'est aussi grâce à ses alliés. N'oublions pas que pour les déçus du PS qui hésitent à voter UMP, La Gauche moderne est un « permis de voter » pour la majorité présidentielle. L'alliance est donc gagnant gagnant de part et d'autre.


Christine Boutin réclame 40 élus aux régionales de 2010 pour son Parti chrétien-démocrate. Que demande La Gauche moderne ?

Pour les européennes, nous n'avions pas demandé de places éligibles. Nous souhaitions seulement être présents sur toutes les listes et obtenir ici ou là des places de bascule. Cette stratégie a bien fonctionné puisque nous avons finalement envoyé deux de nos candidats au Parlement de Strasbourg. Aux régionales, je souhaiterais que La Gauche moderne soit présente à différentes places, éligibles et non éligibles sur l'ensemble des listes. Mais je ne demanderai pas un nombre de places comme Christine Boutin.


Comment se sont passés vos deux premiers mois de secrétaire d'État à la Justice ?

J'ai vécu quinze mois de bonheur à la Défense et aux Anciens Combattants. Quand j'ai été nommé Place Vendôme, il m'a fallu trouver mes marques. Je pensais avoir des attributions que je n'ai finalement pas eues. Je fais avec beaucoup de plaisir ce que ma ministre de tutelle me demande de faire, et je compte être présent sur tous les sujets car je n'ai pas d'attributions limitatives
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Jean-Marie Bockel
Le Figaro

Par Jean-Marie Bockel - Voir les 4 commentaires
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Vendredi 24 juillet 2009


La Gauche
Moderne est le prolongement  d’un club politique nommé « Gauche Moderne »   fondé en 1999 par Jean-Marie Bockel, maire de Mulhouse, à l’époque député socialiste du Haut-Rhin et aujourd’hui secrétaire d’Etat à la justice.

Autour de lui, quelques amis pour la plupart aussi membres du parti socialiste, proches de Michel Rocard, de Dominique Strauss-Kahn, voire de Laurent  Fabius, qui n’en étant qu’au début de ses contorsions idéologiques, et de ses postures multiples, s’affichait encore comme moderne. Ce club, seul à gauche, revendiquait l’étiquette, souvent considérée comme un oxymore,  de « social-libéral »,  exprimant des valeurs comme la responsabilité et la solidarité, affirmant la complémentarité nécessaire entre droits et devoirs, entre concurrence et régulation, entre marché et rôle de l’Etat, un Etat qui devait être impérativement allégé et modernisé, sans perdre pour autant sa capacité à fixer les objectifs, à montrer la voie, à s’affirmer comme le garant du progrès et de la justice . Sur ces thèmes, il   organisa des débats publics, publia des articles et des textes fondamentaux, élabora des  projets, engagea des relations suivies avec des clubs sociaux libéraux européens, notamment blairistes comme ‘Policy Network », et s’installa, modestement mais visiblement dans le paysage intellectuel et politique Français. La gauche moderne passait d’un concept un peu vague à une « marque » bien identifiée, au moins par les spécialistes, et représentée par celui que beaucoup appelaient alors le « Tony Blair français », Jean-Marie Bockel.  Sans être faux, c’était bien sûr exagéré, mais  si  flatteur !  S’investissant aussi dans la vie du parti socialiste, dont il représentait un  courant, abusivement traité de droitier,  « Gauche Moderne » fut à l’origine de contributions soumises au débat à l’intérieur du parti et présenta une motion intitulée « pour un socialisme libéral » au congrès du Mans en novembre 2005. Motion dont le  score fût modeste – moins de 1% - mais qui avait été remarquée à l’époque et signalée, notamment par Max Gallo, comme la plus charpentée, la plus cohérente et la plus nouvelle des motions présentées.

En tous cas ce score montrait qu’il était inutile de continuer à tenter de rénover le parti socialiste ou  d’en modifier la trajectoire. Dès cette époque il était clair que ni la rénovation de la gauche, ni l’action pour la réforme  ne pouvaient venir du Parti socialiste. C’est ailleurs qu’il fallait agir.   Certains d’entre nous le quitteront dès la fin 2005,  d’autres plus tardivement, pendant la campagne présidentielle de  Nicolas Sarkozy ou après son élection.  En tous cas, pour  tous, cette élection représenta un moment décisif de la vie politique, le moment où les lignes pouvaient bouger, où les anciennes frontières pouvaient éclater, où des choix nouveaux et des chances nouvelles s’offraient. Cette élection, si l’on accordait foi à la campagne menée, pouvait représenter une chance de débloquer notre pays et d’ouvrir la voie du changement.

L’essentiel des membres du club « Gauche Moderne », approuvèrent le choix de Jean-Marie Bockel d’entrer dans le gouvernement de François Fillon, et   l’accompagnèrent, sans réserves, dans sa démarche en faveur d’une politique de réforme et de modernisation de la France.  Avec d’autres, venus d’horizons différents, du centre aux chevènementistes,  mais faisant une analyse comparable, et décidés eux aussi à rompre avec le passéisme et le dogmatisme qui avaient pu tenailler leurs propres organisations, avec des militants associatifs, avec des acteurs économiques et sociaux,  ils décidèrent de créer un parti politique cette fois-ci,  «  La Gauche Moderne ».

Parmi les ministres de gauche nommés par Nicolas Sarkozy, seuls Eric Besson et Jean-Marie Bockel (exclu pour cette raison du parti où il avait milité pendant plus de 30 ans) ont choisi de créer un mouvement politique. Mais alors qu’Eric Besson, après avoir hésité, choisissait (avant d’adhérer, à la surprise de beaucoup, à l’UMP !) de limiter « les Progressistes » à un club se manifestant essentiellement par des conférences ou des débats -  souvent de qualité -  Jean-Marie Bockel transformait  son  club en un véritable parti politique,  avec congrès fondateur, motion d’orientation soumise au vote des militants, élection des organes dirigeants, organisation structurée en région et dans la plupart des départements, interventions sur tous les sujets politiques d’actualité, commissions qui travaillent –et publient- sur des sujets comme l’éducation, la sécurité, l’économie,  présentation de candidats aux élections. Un site national (http://www.lagauchemoderne.org)  et plus de 10 sites de fédérations relaient les activités et les positions de La Gauche Moderne et permettent un contact avec militants et sympathisants. Ce parti, qui représente le pilier de gauche de la majorité présidentielle (aux côtés des deux autres piliers que sont  l’UMP pour la droite et le Nouveau Centre), pilier nécessaire à sa victoire et donc à la poursuite de sa politique de réforme, a commencé à se manifester publiquement dès novembre 2007, et  a été officiellement fondé lors du  Congrès tenu à Suresnes les 29 et 30 novembre 2008. A ce jour, avec un ministre, un sénateur (Daniel Marsin), deux députés européens (Marielle Gallo et Michèle Striffler), une centaine d’élus municipaux (bientôt des dizaines d’élus régionaux),  1.300 militants regroupés en plus de soixante  fédérations, et de nombreux sympathisants, ce jeune parti commence à compter dans la vie politique de notre pays.



Marc d'Héré

Par Marc d'Here - Voir les 3 commentaires
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PRESENTATION

 

Marc d'HERE 

 

Contact: ies1@hotmail.fr

 

 Militant socialiste (rocardien) depuis 1974, j’ai  accompagné en 1999 Jean-Marie Bockel, lorsqu’il a créé  le club politique  social libéral « Gauche Moderne ». J’en ai été le  secrétaire général jusqu’en 2006..

Engagé dans la défense du Traité Constitutionnel Européen, je propose à Bernard Kouchner, Elisabeth Guigou, Gérard Collomb et Daniel Cohn-Bendit de créer le « Comité de la Gauche pour le Oui » et j’en assure  l’organisation et le développement.

 Quittant le parti socialiste après le congrès du Mans (2005), ne pouvant accepter l’irréalismeet la démagogie des choix politiques effectués, et refusant une « synthèse » synonyme de confusion, je crée  avec quelques amis socialistes  et centristes,  un mouvement politique réformiste,  de centre gauche « Initiative Européenne et Sociale » (IES)  que je préside depuis janvier 2006.

 

 Ayant soutenu Nicolas Sarkozy lors de l’élection présidentielle, parce qu’il m’apparaissait le plus apte à réaliser les réformes et les changements profonds dont notre pays a besoin,  j’ai choisi de m’inscrire dans  la majorité présidentielle. Adhérent de La  Gauche Moderne, le parti de Jean-Marie Bockel , je suis membre du Comité Permanent, chargé du Projet,  et Coordonateur de la Région "Pays de la Loire" 

 

 J'ai publié  fin 2007« de Rocard à Sarkozy. Itinéraire d’un social libéral » éditions Christophe Chomant. Les personnes intéressées par ce livre peuvent s’adresser à l’éditeur : christophe.chomant@wanadoo.fr ou m’adresser un mail à ies1@hotmail.fr

 

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