Etats-Unis

Jeudi 30 octobre 2008

Chroniques publiées par notre ami Laurent Bouvet dans le quotidien Nice Matin
...Et sur son blog... http://laurentbouvet.wordpress.com


La machine à gagner d’Obama

Depuis des années, l’efficacité de ce que les Américains appellent la « machine électorale » était du côté des Républicains (quadrillage du pays grâce à des groupes religieux militants, mobilisation des électeurs le jour du vote, financement…). La stratégie de George Bush reposait notamment sur de grandes opérations de mobilisation pendant les 72 heures précédant le scrutin où chacun avait un rôle précis à accomplir : téléphoner une dernière fois à un ami, aller chercher une personne âgée en voiture, sonner encore une fois chez les voisins…

Cette année, les Démocrates derrière Barack Obama semblent avoir bâti une « machine » à la fois plus puissante, plus moderne et plus efficace que les Républicains. Son financement représente d’ores et déjà un record : plus de 650 millions de dollars ! Alors que John McCain n’a levé « que » 240 millions. La clef de ce succès dans la collecte de fonds repose sur un maillage très serré du territoire, bloc par bloc (quartier par quartier) et un suivi très précis grâce aux nouvelles technologies – la mobilisation des jeunes cerveaux de la Silicon Valley a été fructueuse.

Ainsi Obama a-t-il pu récolter près de 254 millions de dollars en dons de moins de 200 dollars – la limite maximale autorisée par individu étant de 2300 dollars – alors que McCain n’en levait que 53. Cet énorme trésor de guerre lui permet non seulement d’inonder de publicités les télévisions des swing States (ces Etats indécis où va se jouer l’élection) mais encore de porter le combat là où McCain était assuré de la victoire – obligeant ce dernier à dépenser ses « maigres » ressources pour défendre son pré carré.

Les Clinton étaient réputés jusqu’ici avoir construit la meilleure machine électorale démocrate. Elle a permis à Bill d’être élu deux fois à la présidence mais n’a pas permis à Hillary de remporter les primaires. Elle a été vaincue par la machine Obama. Il faudra toutefois attendre le 4 novembre pour savoir si celle-ci peut faire élire un nouveau président démocrate.

Laurent Bouvet 29 10 08

 

Pendant la crise, la guerre continue

 

La crise économique et financière a relégué au second plan les préoccupations internationales des Américains. Pourtant la « guerre contre le terrorisme » lancée par George Bush après le 11 septembre 2001 est loin d’être terminée. Même si l’élection ne se jouera pas sur les enjeux extérieurs, contrairement à ce qu’avait anticipé John McCain qui comptait mettre en avant son expérience de soldat et ses aptitudes de « Commander in Chief », rien n’est réglé pour autant. Le prochain président américain aura à gérer une situation difficile et sans doute à faire face à de nouvelles crises internationales si ce n’est au terrorisme.

En Irak, les choses s’améliorent peu à peu à mesure que le pouvoir local prend le contrôle du pays. Mais les soldats américains sont encore loin du retour et tout peut arriver à n’importe quel moment : attentat, reprise des affrontements entre communautés… En Afghanistan, la situation s’est dégradée depuis un an : les Américains et leurs alliés ont du mal à contenir le retour des Talibans. En cas d’échec, le pays pourrait bien redevenir une base arrière du terrorisme.

Au-delà de ces deux théâtres d’opération, rien n’est réglé ni avec l’Iran qui poursuit son programme nucléaire, ni au Pakistan qui connaît une phase de grande incertitude après le départ de son président pro-américain Pervez Musharraf, ni avec la Russie dont l’intervention cet été en Géorgie a montré qu’elle voulait revenir au premier plan.

Enfin, le problème principal des Etats-Unis à moyen terme reste celui du coût économique (et écologique) de leurs importations énergétiques et de matières premières. Comme le dit Al Gore, ancien candidat à la présidence en 2000 et prix Nobel de la paix : « nous empruntons de l’argent à la Chine pour acheter le pétrole du Golfe persique qui aggrave d’une manière irréversible nos conditions de vie ». Ce qui était vrai avant la crise devient une urgence avec elle dans la mesure où les déficits américains (commercial, budgétaire, balance des paiements…) sont déjà considérables.

Laurent Bouvet 28 10 08

Articles parus dans le quotidien NICE MATIN

 

Par Laurent Bouvet, Nice matin - Voir les 7 commentaires
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Samedi 25 octobre 2008
Notre ami, Laurent Bouvet, tient une chronique qutidienne dans  "Nice Matin", sur les élections américaines...Je reprends cet article paru le 24 octobre...


Ni Barack Obama ni John McCain ne sont férus d’économie. Cela ne les a jamais réellement intéressés. Jusqu’au mois de septembre, l’économie n’était pas au cœur de leur discours. Ils parlaient plus volontiers de questions internationales (McCain) ou de questions sociales (Obama). Alors même que les Américains vivaient eux, d’ores et déjà, pleinement la crise depuis un an : celle des subprimes et de l’immobilier (des centaines de milliers de familles ont perdu leur maison), celle de la montée des prix du pétrole et des produits alimentaires.

La crise financière a subitement changé la donne. Obama s’est révélé bien plus solide et bien plus calme face aux événements que McCain. Ce dernier a même prétendu un moment interrompre sa campagne pour retourner à Washington convaincre ses collègues sénateurs d’adopter le plan Paulson première manière (700 milliards de dollars d’argent public pour sauver les banques de la faillite). Résultat : il est apparu sur tous les écrans de télévision du pays comme l’ouvrier de la 25e heure, celui qui arrive après la bataille. Et il a dû se contenter de faire de la figuration aux côtés des responsables économiques de l’Administration Bush.

Son décrochage dans les sondages vient de ce moment précis. McCain qui avait tout misé sur ses qualités de leadership et de discernement, venait de montrer aux Américains qu’il s’agitait en vain, ne sachant que faire, face à une crise majeure.

Obama, au contraire, gagnait ses galons d’homme d’Etat par son calme et son discours rassurant dans la tempête. Non seulement il avait pris ses responsabilités en soutenant les démarches d’urgence de l’équipe Bush, mais en plus il traçait quelques perspectives de changement pour le système financier à venir. Des changements que l’on découvrait inscrits depuis longtemps dans un programme économique (régulation plus forte des marchés, modération des rémunérations patronales, etc.) concocté par une équipe de conseillers de premier ordre. Bref : le changement dans la confiance !

Laurent Bouvet

Chronique “Carnet d’Amérique” publiée dans le quotidien Nice Matin le 24/10/08.

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Mercredi 17 septembre 2008
...Par Laurent Bouvet...(publié aussi sur son blog: http://laurentbouvet.wordpress.com....)


C’est Willie Brown, ancien maire démocrate de San Francisco qui a le mieux résumé la situation, à l’entame de la dernière phase de la campagne présidentielle américaine, dans
son éditorial du dimanche 7 septembre du San Francisco Chronicle : « Les démocrates ont des ennuis. Sarah Palin a complètement changé la dynamique de cette campagne. Point final. » Et d’ajouter en signe d’avertissement aux Démocrates : « Elle n’a pas besoin de prouver qu’elle est ‘du peuple’. Elle est réellement le peuple ».

Sarah Palin, populaire gouverneur de l’Etat d’Alaska mais largement inconnue jusqu’ici, a littéralement explosé sur la scène politico-médiatique en quelques jours, entre sa désignation comme colistière pour la vice-présidence (1) par John McCain et son discours remarqué devant la convention républicaine. Ce surgissement ressemble d’ailleurs beaucoup à celui de Barack Obama en 2004 lors de son discours devant la convention démocrate alors qu’il était lui aussi inconnu. Derrière cette irruption soudaine, il y a bien sûr un coup tactique audacieux joué par McCain qui montre qu’il sait être fidèle à sa réputation de maverick malgré l’affadissement de sa campagne ces dernières semaines. Mais l’on peut aussi déceler la résurgence d’une conformation habituelle du combat politique américain de ces dernières années : la polarisation autour de deux cultures politiques irréconciliables, ou supposément telles, celle des Démocrates et celle des Républicains. La « bleue » et la « rouge » si l’on suit le code couleur qui les désignent dans les médias américains.

A une nuance, de taille, près, c’est qu’il ne s’agit pas d’un simple revival du célèbre débat sur les valeurs tel qu’il a pu se dérouler en 2004 notamment lorsque Karl Rove en a fait la ligne rhétorique de son champion, George W. Bush. Ce débat existe certes. Les valeurs conservatrices ou traditionalistes plutôt présentes chez les électeurs républicains (contre l’avortement, contre l’interdiction du port d’armes, pour la peine de mort, contre le mariage gay, contre l’euthanasie, contre la recherche sur les cellules souches, favorables au créationnisme, etc.) s’opposent bel et bien à des valeurs progressistes ou modernistes que l’on trouve plutôt chez les Démocrates (pour l’avortement, pour le contrôle des armes, contre la peine de mort, pour la recherche sur l’embryon, etc.). Mais aujourd’hui, une nouvelle dimension s’y ajoute, celle d’une démarcation sociale en même temps que culturelle, jouant à front renversé, opposant l’Amérique populaire, celle des couches modestes, blanches, rurales ou rurbaines… à celle des élites, cosmopolites et vivant dans les grandes villes ! Bref, Palin vs. Obama : deux visages de l’Amérique de demain (ils ont tous les deux la quarantaine), deux chemins vers le « rêve » américain.

Bien sûr, le phénomène Palin soulève autant de questions qu’il semble apporter de réponses aux Républicains dans cette campagne. Dès sa nomination, de multiples « affaires » ont surgi : la grossesse de sa fille de 17 ans, son implication éventuelle dans le licenciement de son beau-frère de la police, ses liens avec des lobbyistes à Washington… Mais ce sont surtout deux autres aspects de son parcours et de sa personnalité qui suscitent des interrogations chez les Républicains – et des attaques chez les Démocrates – : son manque d’expérience et son identité ultraconservatrice.

L’expérience de Sarah Palin en politique étrangère est nulle. Elle a demandé pour la première fois un passeport américain à l’été 2007 afin de rendre visite aux soldats d’Alaska en Allemagne et au Koweït ; elle a même déclaré : « J’ai tellement été occupée par le gouvernement de l’Etat (Alaska) que ne me suis pas tellement intéressé à la guerre d’Irak » ! Outre que cela ôte, symétriquement, un argument aux Républicains contre Barack Obama, l’inquiétude vient surtout de la probabilité, plus élevée pour Palin de remplacer McCain en cours de mandat que pour n’importe quel vice-président avant elle. McCain s’il était élu en novembre, serait en effet le plus vieux président jamais élu pour un premier mandat de l’histoire américaine. L’identité ultraconservatrice de Palin peut également être considérée comme un handicap électoralement : elle n’a pas un profil susceptible de séduire les électeurs indécis ou les indépendants alors qu’il s’agit d’un enjeu capital pour les deux camps. Suivront-ils McCain sans se préoccuper de sa colistière ? Un sondage indiquait récemment que le choix de celle-ci incitait 31% des indécis à moins préférer McCain contre 6% à le préférer davantage.

Pourtant, ces deux handicaps abondamment soulignés par la presse doivent être nuancés. En effet, le manque d’expérience de Palin ne peut lui être reproché de la même manière si l’on s’en tient aux affaires publiques intérieures. Elle est en effet la seule des quatre candidats présents sur les deux tickets de cette présidentielle à être (ou à avoir été) gouverneur : c’est-à-dire en charge d’un exécutif. Les trois autres : Obama, McCain et Joe Biden n’ont jamais été que sénateurs sans aucune responsabilité exécutive. Palin s’est même permis de rappeler à Obama que « le maire d’une petite ville (qu’elle a été) était une sorte de community organizer (ce qu’a été Obama à Chicago) mais avec de vraies responsabilités » ! Son identité apparaît également comme un atout si l’on veut bien voir qu’au-delà du miroir qu’elle tend aux Républicains les plus conservateurs, elle a également fait preuve jusqu’ici d’un réel talent populiste, au sens positif de ce terme dans le vocabulaire politique américain : elle ne fait pas que représenter cette Amérique du peuple, elle l’incarne. Ce talent incontestable pourrait bien aider le ticket républicain à conquérir les cœurs, et surtout les voix,  de toute une frange de cette population modeste que l’on évoquait plus haut. Dans certains Etats stratégiques (les fameux swing states tels que l’Ohio par exemple), dans les petites villes et les zones péri-urbaines, la religion, les valeurs familiales, le culte du travail, la fierté patriotique et le rejet de « Washington » (l’Etat fédéral) comptent au moins autant que les difficultés socio-économiques dans les choix électoraux. Si le ticket McCain-Palin réussit à attirer ne serait-ce qu’une partie de cet électorat qui s’était massivement prononcé pour Hillary Clinton dans les primaires démocrates, et qu’il garde les voix des conservateurs, notamment religieux, qui ont voté pour Bush en 2004, alors la partie pourrait s’avérer particulièrement difficile pour les Démocrates.

Si ceux-ci ont souvent eu en écoutant Barack Obama le sentiment d’avoir trouvé un nouveau Kennedy, il se pourrait bien alors que les Républicains aient découvert en Sarah Palin leur Margaret Thatcher comme l’ont déjà affirmé certains éditorialistes conservateurs.

 

Laurent Bouvet

L(B)log : http://laurentbouvet.wordpress.com

 (1) La Constitution américaine ne reconnaît que deux rôles au vice-président : remplacer le président en cas d’empêchement, de mort, de démission ou d’incapacité (Article II, Section 1), et présider le Sénat, avec voix déterminante en cas d’égalité (Article Ier, Section 3). Compte tenu de l’âge de McCain et des problèmes de santé qu’il a reconnus, on comprend pourquoi c’est davantage la première fonction que la seconde qui intéresse aujourd’hui les Américains.



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PRESENTATION

 

Marc d'HERE 

 

Contact: ies1@hotmail.fr

 

 Militant socialiste (rocardien) depuis 1974, j’ai  accompagné en 1999 Jean-Marie Bockel, lorsqu’il a créé  le club politique  social libéral « Gauche Moderne ». J’en ai été le  secrétaire général jusqu’en 2006..

Engagé dans la défense du Traité Constitutionnel Européen, je propose à Bernard Kouchner, Elisabeth Guigou, Gérard Collomb et Daniel Cohn-Bendit de créer le « Comité de la Gauche pour le Oui » et j’en assure  l’organisation et le développement.

 Quittant le parti socialiste après le congrès du Mans (2005), ne pouvant accepter l’irréalismeet la démagogie des choix politiques effectués, et refusant une « synthèse » synonyme de confusion, je crée  avec quelques amis socialistes  et centristes,  un mouvement politique réformiste,  de centre gauche « Initiative Européenne et Sociale » (IES)  que je préside depuis janvier 2006.

 

 Ayant soutenu Nicolas Sarkozy lors de l’élection présidentielle, parce qu’il m’apparaissait le plus apte à réaliser les réformes et les changements profonds dont notre pays a besoin,  j’ai choisi de m’inscrire dans  la majorité présidentielle. Adhérent de La  Gauche Moderne, le parti de Jean-Marie Bockel , je suis membre du Comité Permanent, chargé du Projet,  et Coordonateur de la Région "Pays de la Loire" 

 

 J'ai publié  fin 2007« de Rocard à Sarkozy. Itinéraire d’un social libéral » éditions Christophe Chomant. Les personnes intéressées par ce livre peuvent s’adresser à l’éditeur : christophe.chomant@wanadoo.fr ou m’adresser un mail à ies1@hotmail.fr

 

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