Defense

Mercredi 18 juin 2008 3 18 06 2008 10:01
LS. (lefigaro.fr)
17/06/2008

«Aujourd'hui, la menace immédiate est celle d'une attaque terroriste», estime Nicolas Sarkozy, qui a détaillé ses choix en matière de défense. Il confirme la réduction des effectifs et la priorité donnée au renseignement.

Plus d'argent, moins d'hommes. Nicolas Sarkozy a annoncé des investissements militaires de 377 milliards d'euros d'ici 2020, assurant que ceux-ci commenceront durant son mandat. 200 milliards seront consacrés aux équipements. Le président de la République veut en effet « lever les tabous » sur l'armée, notamment sur la disponibilité des matériels. Et de citer « un char Leclerc sur deux en état de fonctionner ». A l'inverse, il compte réduire les effectifs, avec un objectif de 225 000 hommes « d'ici 6 à 7 ans » (131.000 pour l'armée de terre, 55.000 pour l'armée de l'air et 44.000 pour la marine), contre 271 000 aujourd'hui. « C'est une baisse substantielle, je l'assume », a-t-il déclaré. En revanche, le deuxième porte-avions ne figure pas au titre des priorités. « Rien ne presse aujourd'hui », déclare-t-il, en reportant la décision à plus tard.

Renseignement et protection. Axe principal de cette nouvelle défense : le renseignement. Nicolas Sarkozy annonce un « effort massif sur le renseignement, notamment d'origine spatiale », chapeauté par un « coordonateur du renseignement ». Il s'agira de Bernard Bajolet, actuel ambassadeur de France en Algérie. Objectif : assurer durablement l' « autonomie d'appréciation et de décision ». Deuxième priorité : la protection du territoire. Nicolas Sarkozy ne veut plus voir les militaires se charger de son aménagement. Il appelle de ses vœux des « systèmes d'alerte et de protection » en matières nucléaire et biologique ainsi que des « moyens de détection et d'alerte avancée des tirs de missiles balistiques ». Autre nouveauté, des « capacités offensives » en matière de cyber-conflit, à l'instar des Etats-Unis qui ont récemment inauguré un « cyber-command ».

Recentrer la présence française. Il faut pour Nicolas Sarkozy « adapter nos moyens » et les « recentrer vers nos zones d'intérêts stratégiques », citant un « arc allant de l'Atlantique à l'océan indien ». « Nous allons rendre public tous nos accords de défense » et « rénover nos accords » notamment en Afrique, déclare Nicolas Sarkozy, tout en se défendant de vouloir abandonner le continent à lui-même.

Entre l'Europe et l'Otan. « Nous devons faire davantage pour la défense de l'Europe, quel que soit l'avenir du traité de Lisbonne », assure Nicolas Sarkozy. Mais il souhaite aussi cette Europe de la Défense « de façon pragmatique ». Autrement dit, avec l'Otan. Il veut « rénover nos rapports avec l'Otan. Comment faire une alliance plus européenne sans la France ? Il faudrait qu'on m'explique », martèle-t-il tout en se plaçant sous l'égide des principes d'indépendance voulus par le général De Gaulle. Il compte notamment continuer à s'appuyer sur la dissuasion nucléaire.

Partager la Défense. Nicolas Sarkozy veut faire du « domaine réservé » un « domaine partagé », et « associer le Parlement aux décisions sur les opérations extérieures » selon une doctrine « claire et connue de tous ». Le Parlement sera ainsi « systématiquement informé de l'envoi » de troupes à l'extérieur et « systématiquement consulté » dès le maintien de ces soldats au-delà de 4 mois.

Par L.S. Le Figaro.fr, 17 juin - Communauté : Soutenir les réformes - Voir les 1 commentaires - Publié dans : Defense
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Lundi 16 juin 2008 1 16 06 2008 22:56

Extraits d’une tribune d’Hervé Morin, parue aujourd’hui dans Le Monde daté mardi 17 juin.

 

J'ai la plus grande admiration pour l'armée française, en particulier la capacité d'adaptation dont elle a fait preuve dans son histoire récente, en mettant en oeuvre la professionnalisation. Mais aujourd'hui comme hier, elle se heurte à tous les conservatismes.

L'histoire serait-elle un éternel recommencement ? Notre défense s'est adaptée au cours de ces dernières années, elle doit continuer à le faire. Avons-nous d'autre choix que celui de bouger, de poursuivre l'adaptation de notre outil de défense, même si tous les conservateurs nous expliquent qu'il ne faut rien changer ? Ils étaient les mêmes à s'opposer à la professionnalisation ; les mêmes à considérer lors du Livre blanc de 1994 qu'il était trop tôt pour tirer les conséquences de la chute du mur de Berlin ; les mêmes à estimer que l'armée de terre allait s'effondrer lorsque le général de Gaulle décida de la réduire de moitié après la guerre d'Algérie, tout en lançant résolument la dissuasion….

Engoncé dans ses certitudes et tout en consacrant 3 % de son PIB à sa défense, notre pays a connu de terribles désillusions lorsque la guerre du Golfe a éclaté en 1991. Péniblement, l'armée de terre a pu projeter 12 000 hommes (sur un effectif total de 300 000 !) ; nos avions Jaguar étaient impuissants dès que la nuit tombait et seuls quelques hélicoptères Gazelle étaient équipés d'un système de vision nocturne ! Et que dire de notre interopérabilité limitée avec les alliés ou de notre porte-avions transformé en porte-camions pour pallier nos capacités de transports défaillantes ? La comparaison avec les Britanniques fut cruelle, et nous en avons tiré des conséquences - la professionnalisation en était une, comme l'effort sur les moyens de projection.

Il ne faudrait pas bouger, alors que nos contrats opérationnels - c'est-à-dire ce que l'armée française doit être en mesure d'engager à la demande du président de la République - sont à la fois inatteignables et que leur pertinence est sujette à caution ? Quel est le sens d'un contrat qui demande à l'armée de terre de projeter 50 000 hommes en un an sur un théâtre centre-européen ? Contre qui ? Le pacte de Varsovie a disparu, et l'OTAN va jusqu'aux portes de la Russie.

Peut-on parler de dégradation quand le contrat opérationnel, arbitré par le président de la République pour l'armée de terre, prévoit une capacité de projeter 30 000 hommes en six mois - donc avec plus de réactivité - sur un arc de crise allant de la Mauritanie à l'Afghanistan ? Rappelons-nous que, depuis Suez, nous n'avons jamais projeté 30 000 hommes hors de France et que nous n'envisageons une intervention majeure qu'au sein de l'Alliance ou en coalition. Si on y ajoute, dans le même contrat, une capacité supplémentaire de projeter 5 000 hommes sur un autre théâtre et celle de déployer 10 000 hommes sur le théâtre national au titre de la défense du territoire, faut-il avoir peur d'un déclassement militaire ? Certainement pas, lorsque nous affirmons dans le même temps notre capacité d'être une nation cadre dans une opération et d'entrer en premier sur un théâtre majeur.

Il ne faudrait pas bouger, alors que - même si les comparaisons sont toujours difficiles à effectuer - 60 % de nos ressources humaines sont consacrées à l'administration générale et au soutien, certes nécessaires, et 40 % aux forces opérationnelles ? Nos amis britanniques, dont l'armée est la seule à laquelle nous puissions nous comparer, ont un ratio au moins inverse : 60 % pour l'opérationnel, 40 % pour l'administration générale et le soutien.

Avec la professionnalisation, l'armée française a accompli un immense effort sur ses forces opérationnelles ; il lui faut désormais faire ce même effort sur la structure, encore trop organisée selon des schémas hérités du XXe siècle, où l'on duplique encore trop les mêmes fonctions dans chaque armée.

Il ne faudrait pas bouger, alors que nos implantations militaires, trop dispersées, se situent sur plus de 450 communes, que leur éparpillement génère un coût de soutien considérable et que leur lieu de stationnement est parfois très éloigné de leur lieu d'exercice ? Il ne faudrait pas bouger alors qu'un conducteur de char dispose aujourd'hui d'un potentiel de 2 heures par semaine, 10 heures par mois, 120 heures par an ; et que 120 d'entre eux sont "sous cocon" ? Oui, vous avez bien lu, dans un régiment de chars Leclerc, on met le moteur en route deux heures par semaine en moyenne. Les simulateurs ne répondent pas à tout pour former un équipage ! Difficile, dès lors, de fidéliser nos militaires dans les régiments de chars !

Il ne faudrait pas bouger, alors que nous avons besoin de dégager des marges de manoeuvre pour l'équipement de nos forces, dont la totalité des programmes lancés à juste titre par le président Chirac, sont en cours de renouvellement. Certains de nos équipements sont usés jusqu'à la corde - hélicoptères Puma, avions Transall... -, nos bateaux ont près de 21 ans d'âge en moyenne et il nous faudra 2 milliards d'euros supplémentaires pour financer les livraisons à venir.

Il nous aurait fallu la bagatelle de 5 milliards d'euros supplémentaires à partir de 2011 si nous avions laissé les choses en l'état ! Qui peut croire un seul instant que nos concitoyens soient prêts à accepter que la totalité des ressources budgétaires nouvelles du pays liées à la croissance soient affectées à notre défense, alors que les besoins du pays sont énormes dans tous les secteurs ?

Oui, il nous faut continuer à adapter notre défense au monde qui bouge. Le monde change très vite ; notre outil militaire doit s'adapter à la globalisation et aux nouvelles menaces. C'est une évidence qu'il nous faut sans cesse rappeler. Nous avons besoin de favoriser l'infanterie, l'aéromobilité avec les hélicoptères de transport et la protection du soldat, notamment en zone urbaine grâce au Véhicule blindé de combat d'infanterie (VBCI).

Nous avons besoin de plus de moyens d'observation pour anticiper les crises et connaître précisément les menaces ; nous avons besoin de moyens de renseignement pour lutter contre le terrorisme, qui étrangement rend le coeur de nos cités beaucoup plus vulnérable que du temps de la guerre froide. Nous avons besoin de nous prémunir contre les cyberattaques qui pourraient désorganiser le système informatique de notre pays, et par là des installations vitales comme nos hôpitaux. Nous avons besoin d'adapter notre système de dissuasion à l'évolution des centres de gravité du monde, au risque - tangible - de la prolifération nucléaire de pays qui peuvent dans quelques années disposer d'armes nucléaires, certes rustiques, mais néanmoins bien réelles ! Bouger, s'adapter, c'est le prix à payer ; c'est le prix à payer pour le personnel de la défense qui a le sentiment d'avoir déjà beaucoup donné par rapport aux autres administrations. Mais c'est le prix à payer pour rester crédible………

C'est un effort important pour la nation tout entière, environ 2 % de notre richesse nationale, d'autant que la décision du chef de l'Etat de laisser à la défense la totalité des économies qu'elle saura générer est une dérogation par rapport à toutes les administrations et nous met ainsi au rang des priorités gouvernementales. Par ce double arbitrage - ambition renouvelée, moyens consacrés à notre défense -, le président de la République a mis la défense au rang des priorités.

Les Français sont en droit d'attendre de nos armées l'assurance-vie et la protection que nous devons leur garantir. Cette responsabilité, nous l'assumons : nous construisons la défense de demain, nous préparons l'avenir de nos enfants. La France doit avoir une défense d'avance.


Hervé Morin est ministre de la défense

 Article paru dans l'édition du Mond du 17.06.08.

Par Hervé Morin, Le Monde daté du 17 06(extraits) - Communauté : Soutenir les réformes - Voir les 3 commentaires - Publié dans : Defense
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PRESENTATION

 

Marc d'HERE 

 

Contact: ies1@hotmail.fr

 

 Militant socialiste (rocardien) depuis 1974, j’ai  accompagné en 1999 Jean-Marie Bockel, lorsqu’il a créé  le club politique  social libéral « Gauche Moderne ». J’en ai été le  secrétaire général jusqu’en 2006..

Engagé dans la défense du Traité Constitutionnel Européen, je propose à Bernard Kouchner, Elisabeth Guigou, Gérard Collomb et Daniel Cohn-Bendit de créer le « Comité de la Gauche pour le Oui » et j’en assure  l’organisation et le développement.

 Quittant le parti socialiste après le congrès du Mans (2005), ne pouvant accepter l’irréalismeet la démagogie des choix politiques effectués, et refusant une « synthèse » synonyme de confusion, je crée  avec quelques amis socialistes  et centristes,  un mouvement politique réformiste,  de centre gauche « Initiative Européenne et Sociale » (IES)  que je préside depuis janvier 2006.

 

 Ayant soutenu Nicolas Sarkozy lors de l’élection présidentielle, parce qu’il m’apparaissait le plus apte à réaliser les réformes et les changements profonds dont notre pays a besoin,  j’ai choisi de m’inscrire dans  la majorité présidentielle. Adhérent de La  Gauche Moderne, le parti de Jean-Marie Bockel , je suis membre du Comité Permanent, chargé du Projet,  et Coordonateur de la Région "Pays de la Loire" 

 

 J'ai publié  fin 2007« de Rocard à Sarkozy. Itinéraire d’un social libéral » éditions Christophe Chomant. Les personnes intéressées par ce livre peuvent s’adresser à l’éditeur : christophe.chomant@wanadoo.fr ou m’adresser un mail à ies1@hotmail.fr

 

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