Justice, sécurité

Mercredi 18 novembre 2009 3 18 11 2009 11:12

Philippe Bilger, sur Marianne 2
...

Justice sous tutelle,
sur Canal Plus : on pouvait craindre le pire  avec un tel titre, avec la vision prévisible de Thierry de Lestrade, Brigitte Vital-Durand  et certains des intervenants. Notamment un ancien magistrat ayant abandonné ce métier et évidemment impitoyable avec son passé ! Pas un n’était prêt à formuler, dans ce désastre collectif prétendu, la moindre lueur d’espérance et d’équité. Seulement du défaitisme, de la morosité et aucun orgueil de la fonction. Comment mettre en confiance le citoyen avec un tel paysage, systématiquement poussé au noir ! On pouvait craindre le pire et on l’a eu.

Aussi, c’est avec bonheur que j’ai eu envie de me ressourcer auprès des interventions récentes de Jean-Marie Bockel qui, s’il ne peut à lui seul restaurer une meilleure image de la Justice, a au moins le mérite de nous offrir une représentation ministérielle qui tranche non seulement par rapport aux ministres dits d’ouverture (sur quoi ?) mais aussi à l’égard des fidèles d’origine. En effet, alors que son champ de compétence devait concerner les immenses difficultés pénitentiaires (et qui le demeurent) et qu’il s’est vu promu « généraliste » sans affectation particulière, il a su, contre certaines dérisions ou moqueries, marquer son terrain et faire reconnaître sa place.

A mon sens, l’aide éclairée de Laurent Marcadier, son directeur de cabinet, n’a pas été pour rien dans cette bienfaisante affirmation de soi sur les plans technique et politique. Car rien n’est plus difficile que de démontrer, par sa seule pratique, à quel point on est utile, lorsqu’on ne cultive pas la surenchère admirative qui vous garantit une bienveillance mécanique du Pouvoir et qu’on travaille sous l’autorité d’un garde des Sceaux qui n’en manque pas.
 
Et Jean-Marie Bockel a  persuadé les sceptiques qu’il avait du talent pour exister.
Il l’a prouvé avec éclat au cours de cette fin de semaine où aussi bien dans le Journal du Dimanche que sur LCI il a formulé plusieurs orientations au sujet de l’instruction. Elles ont suscité des réactions multiples d’abord parce qu’elles sont venues contredire apparemment l’axe central du rapport Léger : la suppression du juge d’instruction, ce qui n’est pas une mince audace quand on songe à l’injonction présidentielle du mois de janvier 2009, ensuite en raison de leur teneur qui ne peut laisser personne indifférent.

J’avoue, sans doute à cause de la pente de ma personnalité, que j’éprouve un vif plaisir à lire et à entendre un secrétaire d’Etat qui, certes encore dans une phase d’écoute et de réflexion, n’hésite pas à revenir sur le dessein initial en se fondant sur un processus qui l’a conduit, avec d’autres, à remettre en cause ce qu’on croyait gravé dans l’airain gouvernemental.  Je ne surestime pas non plus les effets de cette liberté intellectuelle puisque Jean-Marie Bockel ne l’a pas manifestée pour s’opposer mais par honnêteté et qu’il se pliera aux arbitrages susceptibles de le contredire.

Pour ma part, cette démarche en rupture avec l’inconditionnalité sur le fond qui empêche en réalité toute avancée stimulante me touche d’autant plus qu’elle bat en brèche la procédure accusatoire que je défends et la suppression de l’instruction à laquelle je tiens mais pas à n’importe quelle condition. On n’a pas besoin d’être d’accord avec lui pour l’estimer.

Jean-Marie Bockel, conscient de cet impératif - il serait en effet inconcevable de ne pas traiter de la réforme du Parquet pour garantir son indépendance - fait à nouveau référence à ce jalon capital. Il faudra bien aborder de front ce bloc, cet écueil et traiter un jour ou l’autre ce problème. C’est une pierre non négligeable de suggérer qu’on ne puisse plus passer outre les avis du Conseil supérieur de la magistrature pour les nominations du Parquet. Cela fait peser la responsabilité sur le CSM qu’on crédite peut-être trop vite d’une absolue lucidité dans ses choix. Reste que ce qui est évoqué constituerait tout de même un progrès.

Plus profondément, Jean-Marie Bockel, en proposant un « collège de l’instruction » pour les affaires les plus sensibles et les plus complexes - les dossiers de terrorisme, de corruption, de criminalité organisée ou de santé publique -, ouvre une piste qui culminera en trois phases essentielles : la mise en cause, le placement en détention provisoire et le renvoi devant une juridiction de jugement. Je ne suis pas persuadé que ce retour de l’instruction, avec la collégialité en prime, constitue une panacée même si la discussion publique des charges, à privilégier, serait de nature à éviter les étouffements permis par le secret et l’officieux de la justice. Je regrette toutefois que l’alternative n’existe qu’entre une instruction restaurée ou un accusatoire inachevé. Il y a cependant dans les perspectives présentées par Jean-Marie Bockel un pavé dans la mare du « judiciairement décrété » et l’amorce d’un véritable et courageux débat.
Que Jean-Marie Bockel demeure ce qu’il est et ne rentre pas dans le rang.


Philippe Bilger
Marianne 2
Par Philippe Bilger - Communauté : Réformer la France - Voir les 4 commentaires - Publié dans : Justice, sécurité
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Mardi 17 novembre 2009 2 17 11 2009 11:38


LeJDD du 14 novembre

LA SUPPRESSION
du juge d’instruction, annoncée en janvier dernier par Nicolas Sarkozy, suscite actuellement quelques flottements au sein du gouvernement.

 

La ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie, et son secrétaire d’Etat, Jean-Marie Bockel,

expriment en effet des avis différents sur le sujet. Jean-Marie Bockel l’explique au JDD, il a ses

propres idées : il se déclare favorable à la création d’un « collège de l’instruction ». Il s’agirait de

juges d’instruction travaillant en équipe et en liaison avec le Parquet.

 

Ce collège de l’instruction « indiquerait une direction dans les enquêtes sur les affaires les

plus sensibles, les plus complexes, comme les dossiers de terrorisme, de corruption, de criminalité organisée ou de santé publique». Ce collège statuerait, par ailleurs, sur « les trois phases les plus importantes de l’instruction: la mise en cause d’une personne, le placement en détention provisoire, et le renvoi devant une juridiction de jugement ».

Dans l’esprit de Jean-Marie Bockel, ces magistrats du siège seraient « les garants de cette indépendance à laquelle nos concitoyens sont attachés ».

 

Pour être innovante, la proposition du secrétaire d’Etat à la Justice n’en diffère pas moins de celle

de sa ministre de tutelle. MAM s’est, en effet, prononcée à plusieurs reprises pour la création

d’un « juge de l’enquête et des libertés», dans le droit fil des propositions du rapport Léger. Le 6 novembre, face à des magistrats très sceptiques, au congrès de l’Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire), la garde des Sceaux a assuré que ce juge de l’enquête et des libertés n’est « pas un alibi », et qu’il bénéficierait « des mêmes conditions d’indépendance que le juge d’instruction ». Elle a promis qu’il pourrait ordonner au procureur, pourtant devenu le seul directeur d’enquête, de poursuivre des investigations que celui-ci souhaiterait stopper, voire l’obliger à accomplir des investigations.

Enfin, MAM a évoqué la possibilité que le juge de l’enquête et des libertés puisse « prendre lui-même une décision de renvoi » devant un tribunal.

 

Le risque que soient enterrées les affaires gênantes pour le pouvoir

Le juge d’instruction, magistrat indépendant chargé des enquêtes sensibles, est très populaire:

71 % des Français lui font confiance, selon un sondage CSA du 29 mars dernier. On lui doit la

grande majorité des « affaires » politico-financières des vingt dernières années. Des personnalités

emblématiques (Eva Joly, Jean-Louis Bruguière, Renaud Van Ruymbeke, notamment) se sont

prononcées contre la disparition pure et simple du juge d’instruction, avec un argument massue: le Parquet, à qui reviendraient toutes les enquêtes, est sous l’autorité directe du pouvoir exécutif, et ne pourrait guère qu’enterrer les affaires gênantes pour le pouvoir.

C’est aussi l’avis du Syndicat de la magistrature (SM). Mardi, l’ancien président de la commission Outreau, le député (PS) André Vallini, devrait faire de nouvelles propositions, lors d’un colloque qu’il organise à l’Assemblée.

 

M.D.

Le JDD, samedi 14 novembre

 

Par JDD - Communauté : Réformer la France - Voir les 4 commentaires - Publié dans : Justice, sécurité
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Mercredi 14 octobre 2009 3 14 10 2009 15:04

Tribune de Jean-Marie Bockel dans Le Monde daté du 14 10 09
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La prison serait-elle l’École du vice, ou tout au contraire un lieu de contention réglé par un régime punitif et disciplinaire dégradant, synonyme de tous les arbitraires ?

Contempteurs de l’enfermement ou zélotes de la détention punitive, trop souvent les discours angéliques ou ultra-sécuritaires se croisent et se nourrissent mutuellement à partir d’un même déni du réel.


L’une des caractéristiques essentielles du cœur de ce qui fait l’institution pénitentiaire : l’isolement dans un espace clos et coupé de l’extérieur, semble de moins en moins pertinente.

Faut-il le rappeler, depuis 1985, les soins psychiatriques ne dépendent plus de l’Administration pénitentiaire et depuis 1994, cette situation s’est élargie à l’ensemble des soins. De surcroît, la prison en s’ouvrant sur l’extérieur a fait entrer en son sein, outre les magistrats et les avocats, une multiplicité de nouveaux intervenants : enseignants, parlementaires, visiteurs de prisons, aumôniers, délégués du médiateur, Contrôleur général des lieux de privation de libertés, associations. Ces évolutions tendent à affaiblir les modèles des années 70, l’institution n’est plus aussi « totale » qu’il n’y paraissait.


Pourtant certaines figures emblématiques d’un militantisme anti-carcéral, tout à fait estimable ne s’embarrassent guère de ces scrupules méthodologiques. Ils semblent traquer, derrière chaque indice du mal-être carcéral, la justification de la Cause de l’abolition des prisons. Ce combat respectable, ne justifie pas, à l’instar des propos tenus par Florence Aubenas, que les dispositions novatrices du projet de loi pénitentiaire soient disqualifiées comme un simple habillage d’un régime disciplinaire immuable. 


Il est cependant une question à laquelle les abolitionnistes hier comme aujourd’hui n’ont jamais apporté de réponse : par quoi remplacer la prison ?

L’abolitionnisme a pourtant, au cours de notre histoire récente réalisé son programme, dans un secteur particulier de la société, sous la pression de l’antipsychiatrie. Il est possible aujourd’hui d’en évaluer les dégâts. Les murs asilaires sont certes tombés, entraînant la destruction de 40 000 lits de psychiatrie en 20 ans. Résultat : une grande partie de cette population en déshérence se retrouve entre les murs de l’institution pénitentiaire. La prison a-t-elle vocation à être un asile de substitution ? Ce transfert des pathologies psychiques au sein de l’univers carcéral rajoute assurément de la complexité et de la souffrance au sein d’une institution qui n’en avait pas besoin.


C’est par une faute d’inertie politique que les prisons ont été victimes d’une sorte d’oubli dans l’agenda politique.

Ainsi, en 2001, l’échec du projet de loi pénitentiaire préparé, lorsque Marylise Lebranchu était ministre de la Justice, consacrait l’enlisement d’un chantier, fixé dès novembre 2000 au rang de priorité par le Premier Ministre de l’époque, Lionel Jospin.



Pouvait-on accepter dès lors de laisser nos prisons dériver au gré des majorités successives dans cette obscurité honteuse ?


Le gouvernement de François Fillon a pris l’initiative d’amarrer la prison aux enjeux démocratiques. Le Président de la République, lors de son discours au Congrès a fait de cet enjeu, un chantier décisif, à cette étape de la mandature.

Pour incontestables que soient les avancées de l’État de droit en prison, il fallait en effet les stabiliser dans un texte normatif qui permette de délimiter les missions du service public pénitentiaire, de définir son code de déontologie, de garantir la protection des droits des personnes détenues, de clarifier les régimes de détention ainsi que les aménagements de peine.


C’est la raison pour laquelle le gouvernement a souhaité rassembler dans un texte unique, que nous avons défendu à l’assemblée  nationale avec le Garde des Sceaux, Michèle Alliot-Marie, les missions de surveillance et de réinsertion des personnes placées sous main de justice. Au-delà des restrictions qui résultent des contraintes inhérentes à la détention, de la prévention des infractions et de la protection de l’intérêt des victimes sont énoncées dans ce projet de loi l’ensemble des droits qui doivent continuer à prévaloir dans leur intégralité.


Enfin le projet de loi pénitentiaire vise à clarifier les régimes de détention. Des efforts considérables ont été développés depuis 2002, grâce à un programme de constructions de 13 200 places, qui permettra d’atteindre, en 2012, une capacité de 63 000 places. Si le principe d’encellulement individuel est conforme à une exigence de dignité individuelle, il peut être nuancé, au regard des nécessités  de prévention du suicide et du profil psychologique de certains détenus.

 

Le point d’équilibre réside bien dans le réalisme pénal et pénitentiaire qui inspire le projet de loi pénitentiaire.

Tant qu’elle reste indicible, la prison demeure une sorte de mythologie obscure qui trimballe avec elle son lot de fascination ou de répulsion, laissant la société démocratique dans une sorte de sidération entre mauvaise conscience et ressentiment à l’égard de ceux qui ont transgressé la loi commune.

Il est grand temps de réintégrer la prison réelle dans l’espace de la délibération démocratique, afin qu’elle cesse justement d’en être la part maudite. 

 

Jean-Marie Bockel

Secrétaire d’État à la Justice

 

 

Par Jean-Marie Bockel - Communauté : Soutenir les réformes - Voir les commentaires - Publié dans : Justice, sécurité
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Vendredi 21 août 2009 5 21 08 2009 23:50


Suicides en prison: Jean-Marie Bockel propose la création d'un "numéro vert" pour les familles de détenus

AP | 21.08.2009

Le secrétaire d'Etat à la Justice Jean-Marie Bockel a proposé vendredi la création d'un "numéro vert" permettant aux familles de détenus d'alerter l'administration pénitentiaire à tout moment en cas de risque de suicide.

Evoquant les "problèmes de surpopulation carcérale" et "d'insuffisante prise en compte de toutes les situations individuelles", "je reconnais que -notamment au regard (...) de ce que font les pays voisins- (...) nous sommes au double de la moyenne européenne en termes de taux de suicide donc nous avons évidemment un gros travail à continuer à faire", a déclaré M. Bockel sur France-2.


"Pourquoi ne pas créer un numéro vert qui permette pour les familles, pour les gens qui à un moment donné ont un indice, de réagir tout de suite même la nuit?", a proposé le secrétaire d'Etat, après l'annonce mardi par la Garde des Sceaux d'une série de mesures destinées à lutter contre les suicides en prison.

Reprenant l'une des propositions de Michèle Alliot-Marie, M. Bockel s'est notamment dit favorable à "l'idée qu'il y ait un référent, un autre détenu -quelqu'un de solide, quelqu'un qui serait motivé , quelqu'un qui aurait cette capacité, qui serait encouragé à le faire et qui en quelque sorte viendrait en aide aux détenus fragile ayant des tentations suicidaires".


"Nous avons encore en France un taux d'activité qui est le tiers de certains pays", a-t-il souligné, évoquant l'activité sportive, le travail ou l'apprentissage. "Pourquoi ne pas rendre obligatoire pour les personnes illettrées l'apprentissage du lire et de l'écrire?", a-t-il envisagé.

"L'essentiel c'est que d'abord chaque personne -et notamment les personnes qui sont assez vite détectées comme plus fragiles, ou comme découragées, soit prises en compte", a résumé le secrétaire d'Etat.

AP

_____________________________________
La dépêche AFP


PARIS, 21 août 2009 (AFP) - Le secrétaire d'Etat à la Justice, Jean-Marie Bockel, a suggéré vendredi sur France 2 de rendre obligatoire le "lire et l'écrire" dans les prisons pour les détenus illettrés.

"Beaucoup de personnes, notamment des jeunes, arrivent illettrées en prison, pourquoi ne pas rendre obligatoire pour les personnes illettrées, l'apprentissage du lire et de l'écrire ?", a déclaré le secrétaire d'Etat.

Evoquant le problème de la santé des détenus, de leur fragilité et des suicides, M. Bockel s'est demandé "pourquoi ne pas créer un numéro vert, qui permette aux familles, aux personnes qui ont un indice, de réagir tout de suite?".


Face à l'augmentation des suicides en prison, la ministre de la Justice Michèle Alliot-Marie a annoncé mardi une série de mesures de prévention et de protection des détenus les plus vulnérables, promettant aussi davantage de transparence sur le nombre de prisonniers mettant fin à leurs jours.

Selon l'Administration pénitentiaire (AP), 81 détenus se sont suicidés depuis le début de l'année (115 pour toute l'année 2008). Selon l'association Ban public et l'Observatoire international des prisons (OIP), en réalité plus de 90 détenus se seraient donné la mort en 2009.


jag/ls/phi

Par Agences de Presse - Communauté : Réformer la France - Voir les 1 commentaires - Publié dans : Justice, sécurité
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Dimanche 16 août 2009 7 16 08 2009 20:51

Par FRANCINE GIROND membre du conseil national de la Gauche moderne.
Dans Libération.fr du 03 08 09


La ministre de la Justice devait-il demander au Parquet l’appel pour les prévenus dont les peines ont été inférieures aux réquisitions, dans le procès du «gang des barbares» ?


A contrario, remettrait-on en question la notion de grâce présidentielle, en tant qu’il s’agit du geste individuel d’un représentant de l’Etat au plus haut niveau, qui prend une décision en son âme et conscience  ?

On aurait apprécié que ceux-là même qui s’offusquent du comportement de la garde des Sceaux se soient insurgés avec la même ardeur en février 2006 lorsque l’on a découvert l’horreur du calvaire d’Ilan Halimi…


Pourquoi est-il juste que Michèle Alliot-Marie réagisse de cette manière ? Et un appel est une reconsidération, pas un jugement. Parce que ce crime est l’illustration du point de bascule d’une idéologie. Ce n’est surtout pas établir une hiérarchie du monstrueux en matière d’assassinat, que de pointer la spécificité de cette affaire. Cela ne retire rien à la conscience de la souffrance des petites victimes d’un Marc Dutroux ou du martyre de la famille Flactif. Les meurtriers, violeurs d’enfants sont des tortionnaires dont la pathologie perverse est individuelle.


Or, il est question pour Fofana et ses complices, actifs ou collaborateurs passifs, de bien autre chose : leur pathologie antisémite est non seulement idéologique, mais peut encore devenir une pathologie collective, comme cela s’est déjà produit - et se produit encore dans les pays d’un négationnisme et d’une haine d’Etat.

Il s’agit bien ici de justice et pas de vengeance, comme certains médias semblent l’orienter depuis la semaine dernière, en nous opposant deux types d’interviews. D’une part, les réactions de la famille d’Ilan - sa mère ou ses sœurs - et de l’autre, des personnes symboliques qui n’ont aucun lien affectif avec la victime - des représentants de syndicats de magistrats, etc. Ce n’est pas seulement la communauté juive qui doit s’inquiéter, mais la communauté nationale tout entière, car la déshumanisation de la victime au nom d’une pathologie idéologique met en péril notre humanité à tous. Et quand l’humanité est en danger, on peut éviter de rester calme.


Nous, citoyens français, ne devrons jamais nous remettre de ce massacre. Et que nous soyons juifs ou non-juifs, justement parce que le jeune homme a été torturé et exécuté en tant que juif.

La vie et la mort d’Ilan appartiennent à la sphère du privé, du familial, du religieux. Mais l’assassinat d’Ilan Halimi appartient à la sphère collective de notre République : c’est le deuil impossible de notre nation.

Francine Girond
La Gauche Moderne

Par Francine Girond - Communauté : Pour un libéralisme humaniste - Voir les 1 commentaires - Publié dans : Justice, sécurité
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PRESENTATION

 

Marc d'HERE 

 

Contact: ies1@hotmail.fr

 

 Militant socialiste (rocardien) depuis 1974, j’ai  accompagné en 1999 Jean-Marie Bockel, lorsqu’il a créé  le club politique  social libéral « Gauche Moderne ». J’en ai été le  secrétaire général jusqu’en 2006..

Engagé dans la défense du Traité Constitutionnel Européen, je propose à Bernard Kouchner, Elisabeth Guigou, Gérard Collomb et Daniel Cohn-Bendit de créer le « Comité de la Gauche pour le Oui » et j’en assure  l’organisation et le développement.

 Quittant le parti socialiste après le congrès du Mans (2005), ne pouvant accepter l’irréalismeet la démagogie des choix politiques effectués, et refusant une « synthèse » synonyme de confusion, je crée  avec quelques amis socialistes  et centristes,  un mouvement politique réformiste,  de centre gauche « Initiative Européenne et Sociale » (IES)  que je préside depuis janvier 2006.

 

 Ayant soutenu Nicolas Sarkozy lors de l’élection présidentielle, parce qu’il m’apparaissait le plus apte à réaliser les réformes et les changements profonds dont notre pays a besoin,  j’ai choisi de m’inscrire dans  la majorité présidentielle. Adhérent de La  Gauche Moderne, le parti de Jean-Marie Bockel , je suis membre du Comité Permanent, chargé du Projet,  et Coordonateur de la Région "Pays de la Loire" 

 

 J'ai publié  fin 2007« de Rocard à Sarkozy. Itinéraire d’un social libéral » éditions Christophe Chomant. Les personnes intéressées par ce livre peuvent s’adresser à l’éditeur : christophe.chomant@wanadoo.fr ou m’adresser un mail à ies1@hotmail.fr

 

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