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Mardi 24 juin 2014 2 24 /06 /Juin /2014 09:26

 

Chers amis,

 

 

Je publie aux éditions Christophe Chomant une nouvelle édition, révisée et corrigée du roman historique  «  LA CEINTURE DE LA VIERGE »,   

 

Après trois ouvrages politiques,  dont le dernier « La Déclaration du Président », est sorti à l’occasion de la dernière campagne présidentielle,  je publie ce roman historique médiéval, qui se déroule au  Puy-Notre-Dame, jolie petite ville du Maine-et-Loire, proche de Saumur, où je réside une partie de l’année.

 

A l’occasion d’une visite –attestée - de  Louis XI, j’ai imaginé que la ceinture de la vierge, relique de l’église du Puy-Notre-Dame, avait disparu.

 

Ce sont alors, sur fond de lutte de pouvoir entre l'Eglise et le Roi,  trois jours de recherche, ponctués de surprises et de rebondissements et épicés d’intrigues amoureuses.  

 

On y voit se mêler bourgeois et paysans, moines et clercs, conseillers royaux, gens d’armes, voyageurs et pèlerins, ainsi que de jeunes servantes d’auberge peu farouches.

 

Et c’est autour de l’une d’elles,  que l’on peut regarder comme une allégorie de la liberté, que se focalise progressivement l’intérêt du roman.

 

Vous trouverez ce livre, ou vous pourrez le commander en librairie.  

Références:  La Ceinture de la Vierge de Marc d'Héré, Editions Christophe Chomant, ISBN 978-2-84962-301-5 

 

 Je  peux aussi, si vous le souhaitez, vous adresser cet ouvrage, dédicacé,  à des conditions très préférentielles. Envoyez-moi une demande par mail à l'adresse: marcdhere.mdh@gmail.com  

 

Bien à vous. 

 

Marc d'Héré

 

 

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Vendredi 29 novembre 2013 5 29 /11 /Nov /2013 18:37

 

Chers amis,

 

 

Permettez-moi de vous présenter «  LA CEINTURE DE LA VIERGE »,  que je publie aux Editions de Passy.

 

 Après trois ouvrages politiques,  dont le dernier « La Déclaration du Président », est sorti à l’occasion de la dernière campagne présidentielle,  je publie ce roman historique médiéval, qui se déroule au  Puy-Notre-Dame, jolie petite ville du Maine-et-Loire, proche de Saumur, où je réside une partie de l’année.

 

A l’occasion d’une visite –attestée - de  Louis XI, j’ai imaginé que la ceinture de la vierge, relique de l’église du Puy-Notre-Dame, avait disparu.

 

Ce sont alors trois jours de recherche, agrémentés de luttes de pouvoir entre l’Eglise et le roi et épicés d’intrigues amoureuses.  

 

On y voit se mêler bourgeois et paysans, moines et clercs, conseillers royaux, gens d’armes, voyageurs et pèlerins, ainsi que de jeunes servantes d’auberge peu farouches.

 

Et c’est autour de l’une d’elles,  que l’on peut regarder comme une allégorie de la liberté, que se focalise progressivement, je l'espère, l’intérêt du roman.

 

Vous trouverez ce livre (ou vous pourrez le commander) dans toutes les bonnes librairies. Dans certaines il est classé parmi les "romans historiques", dans d'autres ( à la FNAC notamment)  vous le trouverez parmi les romans policiers. 

 

Pour ceux qui le désirent, je dispose de plusieurs exemplaires que je peux fournir et adresser à des conditions préférentielles. 

 

Bien à vous. 

 

Marc d'Héré

marc_dhere@hotmail.com

 

 

 

 

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Vendredi 25 juin 2010 5 25 /06 /Juin /2010 18:28

 

Par Gilbert Veyret...

 

(Toute allusion à des évènements récents ne pourrait être que fortuite ou due à la sur imprégnation médiatique que ces faits auraient pu susciter involontairement chez l’auteur de cette fiction).

En ce temps là, les principales planètes s’affrontaient dans un tournoi de balle aux pieds. C’était un jeu, aux règles assez simples, consistant à faire passer, avec les pieds, un ballon entre des poteaux, plus souvent que l’équipe adverse. Vous me direz qu’avec une telle description, il n’y avait pas de quoi exciter les foules. Et pourtant des milliards d’habitants des diverses planètes consacraient des milliards de leurs monnaies, des milliers d’heures de leur temps et une infinie passion à ces spectacles, souvent plus animés par les supporters et les commentateurs que par les joueurs.

Cette manne retombait principalement sur ceux qui avaient su comprendre que lorsque le pain risquait de manquer, en raison de la crise, il fallait compenser par un surcroit de divertissements. L’absence de grands projets collectifs ou leur échec, pouvait ainsi être sublimée par la victoire symbolique de onze joueurs portant les couleurs locales, après avoir entonné, avec plus ou moins de conviction, un hymne national aux accents généralement guerriers.

Les Shadocks y jouissaient d’une grande réputation remontant à de brillantes victoires passées. Mais la modestie traditionnelle de cette grande nation les avait amenés à faire preuve de beaucoup d’abnégation, en refusant de céder à leurs facilités naturelles. Ainsi lors du dernier tournoi universel, se sont-ils efforcés de trottiner sur les terrains avec l’enthousiasme de bons vivants à qui on aurait dit qu’ils devraient lutter contre leurs excès de poids et de cholestérol par des exercices physiques réguliers. Ou bien, ils faisaient preuve d’une grande distraction en oubliant de tenter de marquer des buts, les rares fois où ils en avaient la possibilité. Ils ont même poussé l’abnégation jusqu’à renoncer à un entraînement qui leur aurait pourtant été fort utile, sans doute par respect du repos dominical.

Plusieurs millions de Shadocks avaient leur propre idée sur la composition de l’équipe idéale. Un référendum aurait peut-être pu faire cette sélection, selon les méthodes de la démocratie participative. Mais il y aurait eu tant de combinaisons possibles que le choix final n’aurait fait que mécontenter la majorité des électeurs. Tandis que l’équipe retenue par le sélectionneur faisait l’unanimité contre lui, restaurant ainsi, à ses dépens, une forme d’unité nationale.

Ce sélectionneur, maniant à la perfection le langage Shadock, avait bien dit aux joueurs que « Plus ils frapperaient moins souvent le ballon, moins ils marqueraient plus de buts » L’interprétation de cet aphorisme était délicate. Il ne fut pleinement compris qu’à l’occasion de l’unique but marqué dans le dernier quart d’heure du dernier match joué. A moins que celui-ci ait été marqué par inadvertance par quelqu’un qui n’avait rien compris de ce que lui disait le coach.

 L’opinion publique fit preuve à l’égard de leur équipe d’une grande incompréhension quand elle fut éliminée prématurément, mais fort logiquement, de la compétition. Cela permit pourtant à l’ensemble de ses supporters de revenir rapidement à leurs activités normales, moins dangereuses pour leur cœur et leurs nerfs. Les plus jeunes pouvaient enfin rejouer eux-mêmes au ballon, activité tout de même plus stimulante que de regarder, avachi sur un canapé, quelques professionnels blasés faire semblant de se disputer une balle.

Mais l’opinion, excitée par des médias prêts à passer quasi instantanément de l’adulation au lynchage, considérait que l’honneur de la nation Shadock avait été gravement bafoué.

L’équipe coupable de n’avoir pas su faire rêver un peuple dont les occasions d’évasion se faisaient de plus en plus rare, était plus critiquée par des propos tenus dans un vestiaire que par ses médiocres performances sur le terrain.

L’expression, certes un peu forte, d’un joueur à l’égard du sélectionneur pouvait provenir d’une forte imprégnation d’un certain cinéma américain qui ponctue ses dialogues d’un vigoureux «  fuck you », environ toutes les dix phrases. Répondant aux injonctions des plus hautes autorités académiques, l’expression avait été, en l’occurrence, francisée. Cela la rendait plus grossière et inacceptable à l’oreille de tous ceux qui feignaient d’ignorer que c’était devenu une des formes de dialogue habituel avec toutes formes d’autorité, policiers, agents de services publics et même les enseignants ; l’acquisition d’un langage, assimilé à un coup de poing, étant de plus en plus précoce. Les seules restrictions à cette agressivité verbale venaient des capacités de rétorsion ou de sanction de ceux qui se sentaient offensés.

Mais ces mercenaires du sport, que des clubs s’achetaient à coups de millions, plaçaient leur seuil d’impunité au niveau de leurs rémunérations qui étaient considérables.

Furieux de l’éviction de l’auteur de propos, sommes toutes banaux dans leur milieu, qu’un traitre avait révélé à des publics ignorants qui ne pratiquaient pas plus ce langage qu’ils ne shootaient dans un ballon, ces joueurs se révoltèrent. C’était une avancée sociale significative ; l’exercice du droit de grève, sans plafond de revenus. Ils obligèrent même le malheureux entraineur offensé à lire leur communiqué par lequel ils affirmaient leur droit à l’autogestion et au vocabulaire de leur choix, sur le terrain comme dans les vestiaires.

La gauche habituée à soutenir toute revendication, qu’elle qu’en fut la nature, n’osa cependant pas les soutenir. Le Président de la République Shadock exprima publiquement son indignation, depuis un voyage lointain. Mais contrairement à ses habitudes d’intervention dans tous les domaines de la vie publique, il n’eut pas le temps de chausser ses crampons pour venir diriger lui-même son équipe en déroute. Il se contenta de convoquer des Etats généraux du ballon rond. Mais ce déferlement de critiques, dans les médias et les bistros, face à une débâcle, inconnue depuis soixante dix ans, devrait donner à ces Etats généraux la même force révolutionnaire et les mêmes effets historiques que ceux de 1789.

 Des garanties auraient toutefois été données aux joueurs, entraineurs et responsables de fédérations les mieux payés, qu’il n’y aurait pas de « nuit du 4 août ».

Aux dernières nouvelles, le Président de la République aurait fixé rendez-vous à un des joueurs emblématiques de cette équipe calamiteuse. Selon des sources Shadocks, généralement bien informées, il serait question de proposer une réforme des règles de ce jeu qui ne semblent pas favorables aux Shadocks, dans leur état actuel.

 Il s’agirait d’autoriser désormais l’usage des mains pour mieux guider le ballon vers les buts adverses, comme ce joueur a eu récemment l’occasion de l’expérimenter avec succès.

 

Gilbert Veyret

 

 

Par Gilbert Veyret - Voir les 1 commentaires - Publié dans : Culture, loisirs,Médias
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Lundi 21 juin 2010 1 21 /06 /Juin /2010 17:14

 

Le spectacle ridicule et attristant donné par l’équipe de France de football, sur le terrain et en dehors,  met en évidence l’irresponsabilité des dirigeants de ce sport, et en dit  long sur la déliquescence de  notre société !…

 

Le  sélectionneur de l’équipe de France  doit être un homme responsable doté d’une véritable  autorité qui exige  à la fois  compétence reconnue et, ce qui va ensemble,   capacité à  inspirer confiance à ceux qu’il doit diriger et motiver. Ce n’est, semble-t-il,  pas le cas de Domenech,  ignoré ou méprisé par  ses joueurs, et qui pour durer et donner le change en est réduit à céder  à tous leurs caprices voire tous leurs chantages. 

 Pour des raisons qu’il faudra éclaircir, les dirigeants de la Fédération Française de Football, ont fait, en toute connaissance de cause, il y a deux ans, le choix de prolonger Raymond Domenech à la tête de l’équipe de France, malgré une incompétence qu’ils ne pouvaient ignorer,  une incapacité évidente à « inspirer confiance » et un management laxiste et démagogique qui me fait penser (mais je n’ai pas d’information sur ce point)  qu’il ne doit pas être éloigné de la gauche socialiste, satisfaite et  bien pensante.

 

 

Incapable de manager une équipe de joueurs de haut niveau –ou persuadés de l’être -, le sélectionneur a en outre aggravé ses difficultés en effectuant une sélection absurde.  

 

Il y a sans doute une quarantaine de joueurs français, de valeur à peu près égale, qui pourraient être sélectionnés. Le choix ne doit pas s’effectuer en fonction d’une prétendue plus grande qualité technique (les différences son infimes), ou en retenant systématiquement les joueurs les mieux payés (en pensant  que s’ils sont chers c’est qu’ils doivent être bons !) mais en fonction d’autres éléments qui exigent, il est vrai, plus de subtilité et de courage. 

 Ces éléments c’est d’abord  un  état de forme,  mais surtout une volonté de « faire des efforts »,  une « bonne mentalité », une capacité à « faire équipe », à s’intégrer à un collectif, comme une véritable « fierté » à porter le maillot de l’équipe de France (l’attitude vis-à-vis de la Marseillaise peut  en être un indicateur partiel mais utile)…

A l’évidence les trois joueurs principalement  responsables de la piètre performance de l’équipe de France comme de ses divisions internes, Ribéry, Gallas, Anelka,  ne répondaient à aucune de ces conditions. Et pourtant ils ont été sélectionnés et, plus grave et plus incompréhensible encore, Domenech  les a fait jouer, laissant sur la touche d’autres joueurs bien plus dignes d’entrer en jeu.  Etait-ce de la part du sélectionneur une  absence de lucidité, un manque  d’autorité ou a-t-il  cédé à des raisons ou des pressions extra sportives? Il faudra éclaircir cela aussi…

 

Cet  épisode peu glorieux, va au-delà de l’aspect sportif pour   donner une image de ce qu’est notre  société. Irresponsabilité érigée en principe, mépris de l’autorité, refus du sérieux, de l’effort et du travail.  

 Il est révélateur que non contents de ne pas se fatiguer sur le terrain, (les joueurs gagnent tellement moins en équipe de France que dans leurs clubs) et de trouver normales les insultes (chacun doit pouvoir s’exprimer),  les joueurs se soient mis « en grève » d’entraînement pour manifester leur mécontentement et aller au bout de leur chantage ! En grève, voilà une méthode bien française et bien marquée !

Grève qui d’ailleurs n’a pas choqué plus que cela les « responsables » de la fédération (sauf ce monsieur Valentin qui a eu le courage de  démissionner, quand le président Escalettes poursuit, imperturbable, les vacances qu’on lui paie en Afrique du Sud) ou le pauvre Domenech qui accepte tout, et s’apprête à faire jouer demain ceux que le « collectif des joueurs » lui imposera.   

En effet,  aucune  sanction, et certainement pas financière n’a été envisagée pour ce refus de travail surréaliste et encore jamais vu ! Espérons que tous ces « responsables » et la majorité  des joueurs de cette équipe grotesque, ne seront pas reconduits et qu’on oubliera vite ce triste épisode.

 

 En attendant, tout  cela illustre et explique  bien  les difficultés que rencontrent  Nicolas Sarkozy  et le gouvernement de François Fillon dans leurs efforts pour  réformer la France, mobiliser et motiver les Français !  

 

 

Marc d’Héré 

 

 

P.S.: les joueurs qui commencent à comprendre que leur attitude et leur sottise va leur faire perdre des millions dEuros en contrats publicitaires (quelle marque va vouloir continuer à faire de la pub avec eux?), cherchent à rattraper le coup! On a même vu Ribéry ( oui, Ribéry!)  venir parler de la France et de l'honneur de la représenter!...Vous avez bien lu,  Ribéry!!!  Heureusement, il ne rattrapera rien du tout, et devra s'habituer à disposer de quelques millions de moins...

 

Par Marc d'Here - Communauté : Politique française - Voir les 16 commentaires - Publié dans : Culture, loisirs,Médias
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Dimanche 2 mai 2010 7 02 /05 /Mai /2010 17:41

 

Bernard-Henri Levy, Le Point du 29 04 2010...

 

 

Michel Onfray se plaint d'être critiqué sans être lu ?

Eh bien, donc, je l'ai lu.

 

Je l'ai fait en m'efforçant, autant qu'il est possible, de laisser de côté les camaraderies anciennes, les amitiés communes ainsi que, mais cela allait de soi, le fait que nous soyons, tous deux, publiés par le même éditeur.

 

Et la vérité oblige à dire que je suis sorti de cette lecture plus consterné encore que ne le laissaient présager les quelques comptes rendus dont, comme tout le monde, j'avais pu avoir connaissance.

Non que je sois de ceux pour qui l'« idole » Freud doive être intouchable : de Foucault à Deleuze, Guattari et d'autres, beaucoup s'y sont frottés et, sans être d'accord avec eux, je n'ai jamais nié qu'ils aient fait avancer le débat.

 

Ce n'est pas davantage le ressentiment antifreudien, voire la colère, voire même la haine, qui, comme je l'ai lu ici ou là, créent, pour moi, le malaise dans ce « Crépuscule d'une idole » : on fait de grands livres avec la colère ! et qu'un auteur contemporain mêle ses propres affects à ceux d'un glorieux aîné, qu'il se mesure à lui, qu'il règle ses comptes avec son oeuvre dans un pamphlet qui, dans la chaleur de l'affrontement, apporte des arguments ou des éclairages nouveaux, cela est, en soi, plutôt sain - et Onfray l'a d'ailleurs fait, souvent, ailleurs, et avec un vrai talent.

 

Non.

Ce qui gêne dans ce « Crépuscule », c'est qu'il est, soudain, banal, réducteur, puéril, pédant, parfois à la limite du ridicule, inspiré par des hypothèses complotistes aussi abracadabrantes que périlleuses et assumant, ce qui est peut-être le plus grave, ce fameux « point de vue du valet de chambre » dont nul n'ignore, depuis Hegel, qu'il est rarement le meilleur pour juger d'un grand homme ou, mieux encore, d'une grande oeuvre...

 

Banal: j'en prends pour seul exemple la petite série de livres (Gérard Zwang, Pierre Debray-Ritzen, René Pommier) auxquels Onfray a d'ailleurs l'honnêteté de rendre hommage, à côté d'autres, en fin de volume et qui défendaient déjà la thèse d'un Freud corrupteur des moeurs et fourrier de décadence.

 

Réducteur : il faut avoir le coeur bien accroché pour supporter, sans rire ou sans effroi, l'interprétation quasi policière que fait Onfray du beau principe nietzschéen qu'il connaît pourtant mieux que personne et selon lequel une philosophie est toujours une biographie cryptée ou déguisée (en gros : si Freud invente le complexe d'OEdipe, c'est pour dissimuler, p. 111, ses pensées ulcérées à l'endroit de son gentil papa et pour recycler, p. 505, ses non moins vilaines pulsions en direction de sa maman).

 

Puéril : le regret (p. 477) de ne pas avoir trouvé, dans « les six mille pages » des oeuvres complètes, cette « franche critique du capitalisme » qui eût comblé d'aise le fondateur de l'Université populaire de Caen.

 

Pédant : les pages (73-76) où il se demande, gravement, quelles dettes inavouables le fondateur de la psychanalyse aurait contractées, mais sans vouloir le reconnaître, auprès d'Antiphon d'Athènes, d'Artemidore, d'Empédocle ou de l'Aristophane du « Banquet » de Platon.

 

Ridicule : c'est la page où, après de douteuses considérations sur son probable recours à l'onanisme, puis une non moins curieuse plongée dans les registres d'hôtel, « luxueux pour la plupart » (p. 162), où le Viennois aurait abrité, pendant des années, ses amours coupables avec sa belle-soeur, Onfray, emporté par son élan de brigadier des moeurs, finit par le soupçonner d'avoir engrossé ladite belle-soeur alors parvenue à un âge où ce genre de bonheur n'arrive, sauf dans la Bible, que fort rarement.

 

Le complot : c'est, comme dans « Da Vinci Code » (mais la psychanalyse, selon Onfray, n'est-elle pas l'équivalent d'une religion ?), l'image fantasmée de gigantesques « containers » d'archives enterrés, en particulier, dans les caves de la bibliothèque du Congrès de Washington et au seuil desquels veilleraient des milices de templiers freudiens aussi cupides, féroces, rusés, que leur maître vénéré.

 

L'oeil du valet de chambre, enfin : c'est la méthode, toujours bizarre, qui consiste à partir des supposées petites faiblesses de l'homme (son habitude, p. 169, de choisir lui-même, allez savoir pourquoi ! le nom de baptême de ses enfants « en rapport avec sa mythologie personnelle »), de ses non moins supposés travers (désir de gloire, cyclothymie, arythmies cardiaques, tabagisme, humeur vacillante, petites performances sexuelles, peur des trains - je n'invente rien, ce catalogue de « tares » se trouve aux pages 102 et 157 du livre), éventuellement de ses erreurs (telle dédicace à Mussolini, connue depuis toujours mais qu'Onfray semble découvrir et qui, tirée de son contexte, le plonge dans un état de grande frénésie) pour conclure à la non-validité de la théorie dans son ensemble : le sommet est, d'ailleurs, atteint quand, à la toute fin (p. 522), il s'appuie carrément sur le livre de Paula Fichtl, c'est-à-dire sur les souvenirs de la propre femme de chambre, pendant cinquante ans, de la famille Freud puis de Freud lui-même, pour dénoncer les accointances avec le fascisme autrichien de l'auteur de « Moïse et le monothéisme ».

 

Tout cela est navrant.

J'ai peine, en tous les sens du terme, à retrouver dans ce tissu de platitudes, plus sottes que méchantes, l'auteur des quelques livres - entre autres, « Le ventre des philosophes » - qui m'avaient, il y a vingt ans, paru si prometteurs.

 

La psychanalyse, qui en a vu d'autres, s'en remettra. Michel Onfray, j'en suis moins sûr.

 

 

Par Bernard-Henri LEVY - Voir les 2 commentaires - Publié dans : Culture, loisirs,Médias
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