Culture, loisirs,Médias

Vendredi 29 novembre 2013 5 29 /11 /Nov /2013 18:37

 

Chers amis,

 

 

Permettez-moi de vous présenter «  LA CEINTURE DE LA VIERGE »,  que je publie aux Editions de Passy.

 

 Après trois ouvrages politiques,  dont le dernier « La Déclaration du Président », est sorti à l’occasion de la dernière campagne présidentielle,  je publie ce roman historique médiéval, qui se déroule au  Puy-Notre-Dame, jolie petite ville du Maine-et-Loire, proche de Saumur, où je réside une partie de l’année.

 

A l’occasion d’une visite –attestée - de  Louis XI, j’ai imaginé que la ceinture de la vierge, relique de l’église du Puy-Notre-Dame, avait disparu.

 

Ce sont alors trois jours de recherche, agrémentés de luttes de pouvoir entre l’Eglise et le roi et épicés d’intrigues amoureuses.  

 

On y voit se mêler bourgeois et paysans, moines et clercs, conseillers royaux, gens d’armes, voyageurs et pèlerins, ainsi que de jeunes servantes d’auberge peu farouches.

 

Et c’est autour de l’une d’elles,  que l’on peut regarder comme une allégorie de la liberté, que se focalise progressivement, je l'espère, l’intérêt du roman.

 

Vous trouverez ce livre (ou vous pourrez le commander) dans toutes les bonnes librairies. Dans certaines il est classé parmi les "romans historiques", dans d'autres ( à la FNAC notamment)  vous le trouverez parmi les romans policiers. 

 

Pour ceux qui le désirent, je dispose de plusieurs exemplaires que je peux fournir et adresser à des conditions préférentielles. 

 

Bien à vous. 

 

Marc d'Héré

marc_dhere@hotmail.com

 

 

 

 

Par Marc d'Here - Voir les 0 commentaires - Publié dans : Culture, loisirs,Médias
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Mercredi 4 août 2010 3 04 /08 /Août /2010 13:54

Suite des notes que m'adressent périodiquement Alain de Vulpian et "Société révée"...

Les outils de communication qu’invente l’espèce humaine sont-ils des facteurs d’évolution socioculturelle ?

 

 

Sommes-nous changés par nos nouveaux outils ? L’ordinateur et le web changent-ils notre cerveau, nos façons de penser et de percevoir la réalité et notre société ? Et la télévision ? Et l’écriture et la lecture nous ont-elle changés ?

Ces mois-ci, la question intéresse l’édition et la presse. Elle continue à intéresser au plus haut point les observateurs du changement socioculturel. En effet, si nous pouvons repérer précocement les impacts éventuels d’un nouvel outil sur le cerveau, les formes d’intelligence et les mentalités, nous pourrons éventuellement anticiper des émergences socioculturelles ou confirmer des courants et tendances déjà repérés.

L’ordinateur et le web.

1) Enquête BVA. Le Figaro du 19 juillet rapporte les résultats d’une recherche de terrain conduite par BVA sur la génération Y (18 à 25 ans). BVA s’interroge notamment sur l’influence du web sur cette génération qui l’a fréquenté dès son enfance.

Il est significatif que la commande vienne de « patrons du CAC 40 ». Comme nous le savions, cette génération leur pose problème.

 

Pas d’indications sur les méthodes utilisées.

 

On note les informations ou hypothèses suivantes (pas très neuves) :

 

-         

les sociologues et observateurs de la société nous disent des choses mais « les études scientifiques qui tentent de sonder leurs neurones dopés au virtuel » sont « sans conclusions pour l’instant ».

-          « La vie pour eux est un jeu. Ils ne cherchent pas à changer le monde, mais à l’optimiser, repliés sur leur tribu, plongés dans l’instant ».

-          Un sociologue, Stéphane Hugon, commente « C’est principalement ce rapport au temps qui les différencie de leurs aînés. Les quinquas ont été élevés avec la culture du projet. La vie était une série d’étapes, d’efforts et de sacrifices vers un but. Ce modèle est en voie d’extinction. Les jeunes ne croient plus au futur et surinvestissent le présent. » (hédonisme fébrile, sensations fortes, comportements à risque, …poursuit Hugon. )
(Ceci est probablement faux. D’après Cofremca, les quinquas, dans leur jeunesse, s’opposaient à la culture du projet de la génération précédente : « je ne sais pas où je vais mais je m’adapterai, j’ajusterai en fonction des circonstances »).

-          Les jeunes s’accommodent de la précarité avec un sens de l’adaptation accru.

-          Une chargée de Ressources Humaines commente : « 

Ils ne travaillent et ne s’impliquent que s’ils comprennent pourquoi. Ils se montrent alors rapides coopératifs, capables de jongler avec les sources d’information…et prêts à mobiliser les ressources d’information de leurs réseaux, … indifférents au cloisonnement qui prévalait jusque là dans

l’entreprise ».

-          Ils passent une part importante de leur temps à la recherche de la meilleure affaire, du bon plan.

Chercher à se procurer des informations plus précises chez BVA. Si j’en juge par l’article du Figaro, on n’observe pas de bifurcation mais plutôt une continuation ou une accentuation de tendances préexistantes que la fréquentation du web peut renforcer. Un regard socioperceptif plus aigu mettrait-il en lumière d’éventuelles bifurcations liées à la fréquentation précoce de l’ordinateur et du web ?

 

2) un livre. Nicholas Car, The Shallows : What the Internet is Doing to Our Brains, Norton, 2010.

Shallow veut dire creux, superficiel, peu profond, b            as-fond.

L’auteur passe en revue l’histoire et la science de la cognition humaine. Il pense que de l’alphabet à l’horloge et à l’imprimerie, chaque nouvelle technologie a profondément modifié la façon dont les humains pensent. L’ordinateur et le web auraient déjà commencé à le faire. Les réseaux neuronaux peuvent se réorganiser rapidement en réponse à de nouvelles expériences telles qu’aller sur le web.

Nicolas Car pense que la technologie digitale abîme d’ores et déjà la consolidation de la mémoire à long terme qui, d’après lui, est la base de la véritable intelligence. Il pense que c’est en combinant ces données profondément enfouies que nous forgeons de nouvelles idées. Cela marquerait la fin de l’esprit littéraire (literate mind) qui a été porteur de la civilisation pendant plus de 1000 ans.

The Economist (June 26) signale que des biologistes évolutionnistes pensent qu’il y a des compensations, meilleure coordination main œil, pattern recognition, ouverture multitâches. Le scholarly mind serait une anomalie historique : les humains, comme les autres primates sont faits pour localiser rapidement les menaces et les opportunités et réagir.

Si ce dernier point de vue est fondé, les technologies digitales ne font que renforcer une orientation socioculturelle préexistante (meilleure compétence de pilotage).

 

 

3) Une enquête de Pew Research sur « The future of online socializing ».

Enquête auprès d’experts.

La grande majorité pense qu’Internet améliore les relations sociales et continuera à le faire tout au long des années 2020. Les bienfaits sociaux d’Internet au cours des dix prochaines années l’emporteront de beaucoup sur les effets négatifs. Les courriels, les réseaux sociaux et autres outils online offrent des opportunité « low friction » de créer, développer et redécouvrir des liens sociaux qui font de véritables différences dans la vie des gens. Internet réduit les obstacles de coût, d’éloignement et de temps qui freinent les communications et développent un partage ouvert d’informations qui réunit les gens.

Les effets négatifs évoqués (très minoritaires) sont les suivants : le temps passé online aux dépens des relations face à face importantes ; favorise des relations superficielles ; divulgue des informations privées ; peut enfermer des gens dans des silos qui limitent leur exposition à de nouvelles idées ; utilisation d’Internet pour produire de l’intolérance.

 

Les trois analyses précédentes alimentent l’idée qu’Internet est le fruit d’une réorientation de civilisation préexistante et alimente, renforce, cette réorientation. On est dans la complexité des enchaînements d’enchaînements.

 

La télévision.

 

 

La lecture.

La revue Cerveau et psycho de juillet/août 2010 publie une interview de Stanislas Dehaene (professeur au Collège de France, psychologie expérimentale cognitive) et The Economist (10/7/10) lui consacre un article.

Les travaux de Dehaene montrent qu’une unique région cérébrale prend en charge la reconnaissance visuelle des mots. Il s’agit d’une petite aire du système cérébral visuel (située dans la partie inférieure de l’hémisphère gauche) qui est dédiée, chez les non alphabétisés, à la reconnaissance des formes et des visages et qui est « réquisitionnée » chez les alphabétisés pour la reconnaissance des lettres et des mots. Chez l’homme et certains primates cette zone reconnaît comme identiques une forme (soi-même ou un tigre) et son image vue dans un miroir. C’est pourquoi les jeunes enfants en voie d’alphabétisation ont du mal à distinguer p de q et b de d . SD pense que la lecture renforcerait la perception visuelle mais détériorerait la perception des visages. En apprenant à lire, on endommagerait légèrement la capacité à percevoir des faces et, plus généralement, la holistic pattern recognition.

 

Cette dernière observation pourrait donner du poids à l’hypothèse selon laquelle  l’alphabétisation de masse des populations européennes au XIXème siècle a « mécaniquement » contribué à renforcer l’importance du visuel, à réduire l’empathie et le pattern recognition. Ici encore, l’enchaînement est évidemment beaucoup plus complexe et global : le primat de la raison, des idées claires, la montée de la pudeur, le rejet du corps détournent l’attention des sensations et des émotions et finissent par aboutir à l’idéal d’alphabétisation des masses qui va généraliser l’accent sur l’idée abstraite, l’argumentation, le débat rationnel, etc.

 

Par Alain de Vulpian - Communauté : Démocrates et solidaires - Voir les 0 commentaires - Publié dans : Culture, loisirs,Médias
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Vendredi 25 juin 2010 5 25 /06 /Juin /2010 18:28

 

Par Gilbert Veyret...

 

(Toute allusion à des évènements récents ne pourrait être que fortuite ou due à la sur imprégnation médiatique que ces faits auraient pu susciter involontairement chez l’auteur de cette fiction).

En ce temps là, les principales planètes s’affrontaient dans un tournoi de balle aux pieds. C’était un jeu, aux règles assez simples, consistant à faire passer, avec les pieds, un ballon entre des poteaux, plus souvent que l’équipe adverse. Vous me direz qu’avec une telle description, il n’y avait pas de quoi exciter les foules. Et pourtant des milliards d’habitants des diverses planètes consacraient des milliards de leurs monnaies, des milliers d’heures de leur temps et une infinie passion à ces spectacles, souvent plus animés par les supporters et les commentateurs que par les joueurs.

Cette manne retombait principalement sur ceux qui avaient su comprendre que lorsque le pain risquait de manquer, en raison de la crise, il fallait compenser par un surcroit de divertissements. L’absence de grands projets collectifs ou leur échec, pouvait ainsi être sublimée par la victoire symbolique de onze joueurs portant les couleurs locales, après avoir entonné, avec plus ou moins de conviction, un hymne national aux accents généralement guerriers.

Les Shadocks y jouissaient d’une grande réputation remontant à de brillantes victoires passées. Mais la modestie traditionnelle de cette grande nation les avait amenés à faire preuve de beaucoup d’abnégation, en refusant de céder à leurs facilités naturelles. Ainsi lors du dernier tournoi universel, se sont-ils efforcés de trottiner sur les terrains avec l’enthousiasme de bons vivants à qui on aurait dit qu’ils devraient lutter contre leurs excès de poids et de cholestérol par des exercices physiques réguliers. Ou bien, ils faisaient preuve d’une grande distraction en oubliant de tenter de marquer des buts, les rares fois où ils en avaient la possibilité. Ils ont même poussé l’abnégation jusqu’à renoncer à un entraînement qui leur aurait pourtant été fort utile, sans doute par respect du repos dominical.

Plusieurs millions de Shadocks avaient leur propre idée sur la composition de l’équipe idéale. Un référendum aurait peut-être pu faire cette sélection, selon les méthodes de la démocratie participative. Mais il y aurait eu tant de combinaisons possibles que le choix final n’aurait fait que mécontenter la majorité des électeurs. Tandis que l’équipe retenue par le sélectionneur faisait l’unanimité contre lui, restaurant ainsi, à ses dépens, une forme d’unité nationale.

Ce sélectionneur, maniant à la perfection le langage Shadock, avait bien dit aux joueurs que « Plus ils frapperaient moins souvent le ballon, moins ils marqueraient plus de buts » L’interprétation de cet aphorisme était délicate. Il ne fut pleinement compris qu’à l’occasion de l’unique but marqué dans le dernier quart d’heure du dernier match joué. A moins que celui-ci ait été marqué par inadvertance par quelqu’un qui n’avait rien compris de ce que lui disait le coach.

 L’opinion publique fit preuve à l’égard de leur équipe d’une grande incompréhension quand elle fut éliminée prématurément, mais fort logiquement, de la compétition. Cela permit pourtant à l’ensemble de ses supporters de revenir rapidement à leurs activités normales, moins dangereuses pour leur cœur et leurs nerfs. Les plus jeunes pouvaient enfin rejouer eux-mêmes au ballon, activité tout de même plus stimulante que de regarder, avachi sur un canapé, quelques professionnels blasés faire semblant de se disputer une balle.

Mais l’opinion, excitée par des médias prêts à passer quasi instantanément de l’adulation au lynchage, considérait que l’honneur de la nation Shadock avait été gravement bafoué.

L’équipe coupable de n’avoir pas su faire rêver un peuple dont les occasions d’évasion se faisaient de plus en plus rare, était plus critiquée par des propos tenus dans un vestiaire que par ses médiocres performances sur le terrain.

L’expression, certes un peu forte, d’un joueur à l’égard du sélectionneur pouvait provenir d’une forte imprégnation d’un certain cinéma américain qui ponctue ses dialogues d’un vigoureux «  fuck you », environ toutes les dix phrases. Répondant aux injonctions des plus hautes autorités académiques, l’expression avait été, en l’occurrence, francisée. Cela la rendait plus grossière et inacceptable à l’oreille de tous ceux qui feignaient d’ignorer que c’était devenu une des formes de dialogue habituel avec toutes formes d’autorité, policiers, agents de services publics et même les enseignants ; l’acquisition d’un langage, assimilé à un coup de poing, étant de plus en plus précoce. Les seules restrictions à cette agressivité verbale venaient des capacités de rétorsion ou de sanction de ceux qui se sentaient offensés.

Mais ces mercenaires du sport, que des clubs s’achetaient à coups de millions, plaçaient leur seuil d’impunité au niveau de leurs rémunérations qui étaient considérables.

Furieux de l’éviction de l’auteur de propos, sommes toutes banaux dans leur milieu, qu’un traitre avait révélé à des publics ignorants qui ne pratiquaient pas plus ce langage qu’ils ne shootaient dans un ballon, ces joueurs se révoltèrent. C’était une avancée sociale significative ; l’exercice du droit de grève, sans plafond de revenus. Ils obligèrent même le malheureux entraineur offensé à lire leur communiqué par lequel ils affirmaient leur droit à l’autogestion et au vocabulaire de leur choix, sur le terrain comme dans les vestiaires.

La gauche habituée à soutenir toute revendication, qu’elle qu’en fut la nature, n’osa cependant pas les soutenir. Le Président de la République Shadock exprima publiquement son indignation, depuis un voyage lointain. Mais contrairement à ses habitudes d’intervention dans tous les domaines de la vie publique, il n’eut pas le temps de chausser ses crampons pour venir diriger lui-même son équipe en déroute. Il se contenta de convoquer des Etats généraux du ballon rond. Mais ce déferlement de critiques, dans les médias et les bistros, face à une débâcle, inconnue depuis soixante dix ans, devrait donner à ces Etats généraux la même force révolutionnaire et les mêmes effets historiques que ceux de 1789.

 Des garanties auraient toutefois été données aux joueurs, entraineurs et responsables de fédérations les mieux payés, qu’il n’y aurait pas de « nuit du 4 août ».

Aux dernières nouvelles, le Président de la République aurait fixé rendez-vous à un des joueurs emblématiques de cette équipe calamiteuse. Selon des sources Shadocks, généralement bien informées, il serait question de proposer une réforme des règles de ce jeu qui ne semblent pas favorables aux Shadocks, dans leur état actuel.

 Il s’agirait d’autoriser désormais l’usage des mains pour mieux guider le ballon vers les buts adverses, comme ce joueur a eu récemment l’occasion de l’expérimenter avec succès.

 

Gilbert Veyret

 

 

Par Gilbert Veyret - Voir les 1 commentaires - Publié dans : Culture, loisirs,Médias
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Lundi 21 juin 2010 1 21 /06 /Juin /2010 17:14

 

Le spectacle ridicule et attristant donné par l’équipe de France de football, sur le terrain et en dehors,  met en évidence l’irresponsabilité des dirigeants de ce sport, et en dit  long sur la déliquescence de  notre société !…

 

Le  sélectionneur de l’équipe de France  doit être un homme responsable doté d’une véritable  autorité qui exige  à la fois  compétence reconnue et, ce qui va ensemble,   capacité à  inspirer confiance à ceux qu’il doit diriger et motiver. Ce n’est, semble-t-il,  pas le cas de Domenech,  ignoré ou méprisé par  ses joueurs, et qui pour durer et donner le change en est réduit à céder  à tous leurs caprices voire tous leurs chantages. 

 Pour des raisons qu’il faudra éclaircir, les dirigeants de la Fédération Française de Football, ont fait, en toute connaissance de cause, il y a deux ans, le choix de prolonger Raymond Domenech à la tête de l’équipe de France, malgré une incompétence qu’ils ne pouvaient ignorer,  une incapacité évidente à « inspirer confiance » et un management laxiste et démagogique qui me fait penser (mais je n’ai pas d’information sur ce point)  qu’il ne doit pas être éloigné de la gauche socialiste, satisfaite et  bien pensante.

 

 

Incapable de manager une équipe de joueurs de haut niveau –ou persuadés de l’être -, le sélectionneur a en outre aggravé ses difficultés en effectuant une sélection absurde.  

 

Il y a sans doute une quarantaine de joueurs français, de valeur à peu près égale, qui pourraient être sélectionnés. Le choix ne doit pas s’effectuer en fonction d’une prétendue plus grande qualité technique (les différences son infimes), ou en retenant systématiquement les joueurs les mieux payés (en pensant  que s’ils sont chers c’est qu’ils doivent être bons !) mais en fonction d’autres éléments qui exigent, il est vrai, plus de subtilité et de courage. 

 Ces éléments c’est d’abord  un  état de forme,  mais surtout une volonté de « faire des efforts »,  une « bonne mentalité », une capacité à « faire équipe », à s’intégrer à un collectif, comme une véritable « fierté » à porter le maillot de l’équipe de France (l’attitude vis-à-vis de la Marseillaise peut  en être un indicateur partiel mais utile)…

A l’évidence les trois joueurs principalement  responsables de la piètre performance de l’équipe de France comme de ses divisions internes, Ribéry, Gallas, Anelka,  ne répondaient à aucune de ces conditions. Et pourtant ils ont été sélectionnés et, plus grave et plus incompréhensible encore, Domenech  les a fait jouer, laissant sur la touche d’autres joueurs bien plus dignes d’entrer en jeu.  Etait-ce de la part du sélectionneur une  absence de lucidité, un manque  d’autorité ou a-t-il  cédé à des raisons ou des pressions extra sportives? Il faudra éclaircir cela aussi…

 

Cet  épisode peu glorieux, va au-delà de l’aspect sportif pour   donner une image de ce qu’est notre  société. Irresponsabilité érigée en principe, mépris de l’autorité, refus du sérieux, de l’effort et du travail.  

 Il est révélateur que non contents de ne pas se fatiguer sur le terrain, (les joueurs gagnent tellement moins en équipe de France que dans leurs clubs) et de trouver normales les insultes (chacun doit pouvoir s’exprimer),  les joueurs se soient mis « en grève » d’entraînement pour manifester leur mécontentement et aller au bout de leur chantage ! En grève, voilà une méthode bien française et bien marquée !

Grève qui d’ailleurs n’a pas choqué plus que cela les « responsables » de la fédération (sauf ce monsieur Valentin qui a eu le courage de  démissionner, quand le président Escalettes poursuit, imperturbable, les vacances qu’on lui paie en Afrique du Sud) ou le pauvre Domenech qui accepte tout, et s’apprête à faire jouer demain ceux que le « collectif des joueurs » lui imposera.   

En effet,  aucune  sanction, et certainement pas financière n’a été envisagée pour ce refus de travail surréaliste et encore jamais vu ! Espérons que tous ces « responsables » et la majorité  des joueurs de cette équipe grotesque, ne seront pas reconduits et qu’on oubliera vite ce triste épisode.

 

 En attendant, tout  cela illustre et explique  bien  les difficultés que rencontrent  Nicolas Sarkozy  et le gouvernement de François Fillon dans leurs efforts pour  réformer la France, mobiliser et motiver les Français !  

 

 

Marc d’Héré 

 

 

P.S.: les joueurs qui commencent à comprendre que leur attitude et leur sottise va leur faire perdre des millions dEuros en contrats publicitaires (quelle marque va vouloir continuer à faire de la pub avec eux?), cherchent à rattraper le coup! On a même vu Ribéry ( oui, Ribéry!)  venir parler de la France et de l'honneur de la représenter!...Vous avez bien lu,  Ribéry!!!  Heureusement, il ne rattrapera rien du tout, et devra s'habituer à disposer de quelques millions de moins...

 

Par Marc d'Here - Communauté : Politique française - Voir les 16 commentaires - Publié dans : Culture, loisirs,Médias
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Dimanche 2 mai 2010 7 02 /05 /Mai /2010 17:41

 

Bernard-Henri Levy, Le Point du 29 04 2010...

 

 

Michel Onfray se plaint d'être critiqué sans être lu ?

Eh bien, donc, je l'ai lu.

 

Je l'ai fait en m'efforçant, autant qu'il est possible, de laisser de côté les camaraderies anciennes, les amitiés communes ainsi que, mais cela allait de soi, le fait que nous soyons, tous deux, publiés par le même éditeur.

 

Et la vérité oblige à dire que je suis sorti de cette lecture plus consterné encore que ne le laissaient présager les quelques comptes rendus dont, comme tout le monde, j'avais pu avoir connaissance.

Non que je sois de ceux pour qui l'« idole » Freud doive être intouchable : de Foucault à Deleuze, Guattari et d'autres, beaucoup s'y sont frottés et, sans être d'accord avec eux, je n'ai jamais nié qu'ils aient fait avancer le débat.

 

Ce n'est pas davantage le ressentiment antifreudien, voire la colère, voire même la haine, qui, comme je l'ai lu ici ou là, créent, pour moi, le malaise dans ce « Crépuscule d'une idole » : on fait de grands livres avec la colère ! et qu'un auteur contemporain mêle ses propres affects à ceux d'un glorieux aîné, qu'il se mesure à lui, qu'il règle ses comptes avec son oeuvre dans un pamphlet qui, dans la chaleur de l'affrontement, apporte des arguments ou des éclairages nouveaux, cela est, en soi, plutôt sain - et Onfray l'a d'ailleurs fait, souvent, ailleurs, et avec un vrai talent.

 

Non.

Ce qui gêne dans ce « Crépuscule », c'est qu'il est, soudain, banal, réducteur, puéril, pédant, parfois à la limite du ridicule, inspiré par des hypothèses complotistes aussi abracadabrantes que périlleuses et assumant, ce qui est peut-être le plus grave, ce fameux « point de vue du valet de chambre » dont nul n'ignore, depuis Hegel, qu'il est rarement le meilleur pour juger d'un grand homme ou, mieux encore, d'une grande oeuvre...

 

Banal: j'en prends pour seul exemple la petite série de livres (Gérard Zwang, Pierre Debray-Ritzen, René Pommier) auxquels Onfray a d'ailleurs l'honnêteté de rendre hommage, à côté d'autres, en fin de volume et qui défendaient déjà la thèse d'un Freud corrupteur des moeurs et fourrier de décadence.

 

Réducteur : il faut avoir le coeur bien accroché pour supporter, sans rire ou sans effroi, l'interprétation quasi policière que fait Onfray du beau principe nietzschéen qu'il connaît pourtant mieux que personne et selon lequel une philosophie est toujours une biographie cryptée ou déguisée (en gros : si Freud invente le complexe d'OEdipe, c'est pour dissimuler, p. 111, ses pensées ulcérées à l'endroit de son gentil papa et pour recycler, p. 505, ses non moins vilaines pulsions en direction de sa maman).

 

Puéril : le regret (p. 477) de ne pas avoir trouvé, dans « les six mille pages » des oeuvres complètes, cette « franche critique du capitalisme » qui eût comblé d'aise le fondateur de l'Université populaire de Caen.

 

Pédant : les pages (73-76) où il se demande, gravement, quelles dettes inavouables le fondateur de la psychanalyse aurait contractées, mais sans vouloir le reconnaître, auprès d'Antiphon d'Athènes, d'Artemidore, d'Empédocle ou de l'Aristophane du « Banquet » de Platon.

 

Ridicule : c'est la page où, après de douteuses considérations sur son probable recours à l'onanisme, puis une non moins curieuse plongée dans les registres d'hôtel, « luxueux pour la plupart » (p. 162), où le Viennois aurait abrité, pendant des années, ses amours coupables avec sa belle-soeur, Onfray, emporté par son élan de brigadier des moeurs, finit par le soupçonner d'avoir engrossé ladite belle-soeur alors parvenue à un âge où ce genre de bonheur n'arrive, sauf dans la Bible, que fort rarement.

 

Le complot : c'est, comme dans « Da Vinci Code » (mais la psychanalyse, selon Onfray, n'est-elle pas l'équivalent d'une religion ?), l'image fantasmée de gigantesques « containers » d'archives enterrés, en particulier, dans les caves de la bibliothèque du Congrès de Washington et au seuil desquels veilleraient des milices de templiers freudiens aussi cupides, féroces, rusés, que leur maître vénéré.

 

L'oeil du valet de chambre, enfin : c'est la méthode, toujours bizarre, qui consiste à partir des supposées petites faiblesses de l'homme (son habitude, p. 169, de choisir lui-même, allez savoir pourquoi ! le nom de baptême de ses enfants « en rapport avec sa mythologie personnelle »), de ses non moins supposés travers (désir de gloire, cyclothymie, arythmies cardiaques, tabagisme, humeur vacillante, petites performances sexuelles, peur des trains - je n'invente rien, ce catalogue de « tares » se trouve aux pages 102 et 157 du livre), éventuellement de ses erreurs (telle dédicace à Mussolini, connue depuis toujours mais qu'Onfray semble découvrir et qui, tirée de son contexte, le plonge dans un état de grande frénésie) pour conclure à la non-validité de la théorie dans son ensemble : le sommet est, d'ailleurs, atteint quand, à la toute fin (p. 522), il s'appuie carrément sur le livre de Paula Fichtl, c'est-à-dire sur les souvenirs de la propre femme de chambre, pendant cinquante ans, de la famille Freud puis de Freud lui-même, pour dénoncer les accointances avec le fascisme autrichien de l'auteur de « Moïse et le monothéisme ».

 

Tout cela est navrant.

J'ai peine, en tous les sens du terme, à retrouver dans ce tissu de platitudes, plus sottes que méchantes, l'auteur des quelques livres - entre autres, « Le ventre des philosophes » - qui m'avaient, il y a vingt ans, paru si prometteurs.

 

La psychanalyse, qui en a vu d'autres, s'en remettra. Michel Onfray, j'en suis moins sûr.

 

 

Par Bernard-Henri LEVY - Voir les 2 commentaires - Publié dans : Culture, loisirs,Médias
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