Réformes

Jeudi 11 juin 2009 4 11 06 2009 09:40
par Cécile Crouzel, Le Figaro.fr,  du 08 06...

Trente-quatre mille postes seront supprimés l'an prochain. Les derniers arbitrages sont en cours à Matignon.

En ces temps difficiles, pas question pour le gouvernement de renoncer à l'objectif de non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. La loi de programmation des finances publiques pour les années 2009 à 2012, qui détermine les dépenses des ministères pour cette période, est bâtie sur cette hypothèse. Elle prévoit que la masse salariale, hors pension, sera de 86,5 milliards d'euros en 2010, contre 86,1 milliards en 2009. Ce qui, compte tenu des hausses de rémunérations, suppose des baisses d'effectifs.

Éric Woerth, le ministre du Budget, a annoncé la couleur : 34 000 postes de fonctionnaires seront supprimés l'an prochain. «La répartition des réductions par ministère n'est pas totalement bouclée », explique-t-on à Matignon. L'Éducation nationale, qui rassemble 46 % des effectifs de l'État, est un des plus grands enjeux. L'application de la règle du «un sur deux» y conduirait à la suppression de quelque 17 000 postes, explique-t-on dans l'entourage de Xavier Darcos, tout en précisant que «rien ne dit que cette règle s'appliquera. L'arbitrage n'est pas encore fait». Pour 2009, le taux de non-remplacement est de 35 %, avec 13 500 postes en moins.


Au ministère de la Défense, on sait déjà que 8 250 emplois disparaîtront en 2010. «Cela s'inscrit dans le cadre de la réforme de la Défense, dont le volet le plus visible est la refonte de la carte militaire. Nous suivons notre plan de marche qui doit conduire à la suppression de 54 000 postes entre 2008 et 2015», explique un responsable du ministère. La Défense a une particularité : la moitié des effectifs sont des contractuels, ce qui facilite les restructurations. «Mais ce qui nous guide, ce sont les fonctions à rationaliser», précise l'entourage d'Hervé Morin, ministre de la Défense.


Autre grand contributeur à la réduction d'effectifs : le ministère du Budget, où, comme l'a précisé Éric Woerth, 58 % des départs ne seront pas remplacés en 2010. Ce qui équivaut à quelque 2 800 postes.

 

Emplois en hausse à la Justice

 

Déjà en 2009, le taux non-remplacement est de 55 %. Cette «exemplarité», Bercy la doit à la révision générale des politiques publiques (RGPP) et à une de ses mesures phares, la fusion des anciennes directions des impôts et de la comptabilité publique en une direction générale des finances publiques (DGFIP). Actuellement, cette fusion se met en place sur l'ensemble du territoire, avec notamment la création des services des impôts des particuliers.


D'autres ministères, plus pe­tits, font également d'importants efforts. Ainsi, le ministère des Affaires étrangères va supprimer 700 postes entre 2009 et 2011, dont 250 en 2010. Ce qui, en proportion de ses effectifs, est presque autant qu'à Bercy. «Tout ceci est lié à la réorganisation de notre réseau d'ambassades», explique-t-on au Quai d'Orsay.


Finalement, en 2010, seul le ministère de la Justice verra ses emplois augmenter. Quant au ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, il bénéficiera d'un gel des suppressions de postes, à la fois dans les universités et dans les organismes de recherche.

Cécile Crouzel
Le Figaro

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Mardi 24 février 2009 2 24 02 2009 13:24


H
enri Guaino
, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, met en garde contre l'inflation que

 pourraient générer les déficits américains et le risque pour l'Europe de rester un îlot de déflation

Le Monde 18 02 09.

La France envisage-t-elle un plan de relance comparable à celui de Barack Obama, qui va octroyer des chèques de 400 dollars (315 euros) pour les plus pauvres ?

Henri Guaino. Face à une crise sans précédent, dont personne ne peut prédire ni jusqu'où elle fera reculer l'économie ni jusqu'à quand, il faut garder son sang froid. Quand la consommation s'effondre, ce type de mesure peut être nécessaire, ce qui pour l'instant est le cas aux Etats-Unis mais pas en France. Ici, pour qu'elle soit pleinement efficace, il faudrait qu'elle s'inscrive dans une relance européenne concertée et qu'elle soit mise en oeuvre au bon moment. Au printemps 2008, Georges Bush a envoyé des chèques à 130 millions de contribuables américains pour plus de 150 milliards de dollars. Au bout de trois mois, les effets se sont évaporés et l'activité a reculé. Quand l'économie est en pleine descente, ce genre de plan ne sert à rien, et il plombe les finances publiques. Si l'on emprunte pour investir on se retrouve avec des dettes et des actifs. Si l'on emprunte pour consommer, à la fin on n'a rien en face des dettes.


Quels risques le plan américain recèle-t-il selon vous ?

Les Etats-Unis n'épargnent pas. Ils vont donc devoir se financer par l'endettement. Le risque est qu'un doute finisse par naître sur leur capacité de remboursement. La situation risque d'être d'autant plus tendue que les excédents, notamment chinois, qui financent leur déficit, pourraient disparaître avec le ralentissement des exportations et la nécessité de stimuler la croissance interne. La seule issue serait alors le recours à la banque centrale et à la création monétaire.


Quelle en est la conséquence ?

La chute du dollar et à terme la hausse de l'inflation qui est depuis toujours le meilleur moyen de ne pas payer toutes ses dettes. C'est le schéma classique des crises de désendettement : la contraction des débouchés contraint à baisser les prix et enclenche un cycle déflationniste dont on sort par l'inflation.


Mais en Europe, la Banque centrale européenne (BCE) a pour mission essentielle de lutter contre l'inflation...

Déflation ou dévaluation, ce fut le grand débat des années 1930. Si la sortie de crise devait inaugurer un cycle d'inflation à l'échelle mondiale, la zone euro ne pourrait pas rester, sans risque majeur, un îlot de déflation. Il faudrait trouver un équilibre entre le risque de déflation et celui de voir la hausse des prix échapper à tout contrôle. La gestion monétaire de la crise est un défi redoutable pour les banques centrales. Pour l'instant, la BCE a plutôt bien fait son travail.


Pour endiguer la crise bancaire, les Américains envisagent de d'isoler les actifs pourris dans une "bad bank", comme les Français l'avaient fait pour le Crédit lyonnais.

Quelle que soit la sophistication du montage financier, les mêmes questions sont posées : qu'est-ce qu'un actif pourri ? Jusqu'à quel point est-il pourri ? Comment fixer son prix ? Au cas par cas, les bad banks peuvent être utiles. Mais compte tenu de l'ampleur de ce qui est envisagé (2 000 milliards de dollars), se tromper sur le prix et la définition des actifs peut avoir des effets systémiques considérables. Si le prix est trop bas, la définition trop large, tous les bilans bancaires du monde peuvent être plombés puisque les mêmes actifs y sont disséminés. Si l'opération était mal montée et échouait, le risque serait double : une nouvelle phase de la crise bancaire pénaliserait un peu plus l'économie mondiale qui est déjà mal en point et la nationalisation d'une grande partie du système bancaire mondial ne serait plus à exclure.


Les Européens jugent le plan de soutien français à l'automobile anticoncurrentiel et protectionniste.

Comme pour les banques, il n'y avait pas le choix. Qui, dans les circonstances actuelles, peut laisser s'effondrer un secteur qui emploie 10 % de la population active ? Mais je ne vois pas en quoi ce plan est protectionniste.


Le protectionnisme est-il une nécessité ou un danger ?

Si l'on ne définit pas en commun des règles de protection et d'intervention raisonnables, si on reste enfermé dans des dogmes on risque d'avoir le protectionnisme le plus déraisonnable, le populisme, la xénophobie... Il faut prendre ce risque très au sérieux. Regardez le fossé qui s'est creusé en Islande entre le peuple et la classe dirigeante ! Regardez les grèves des salariés britanniques dans l'énergie contre l'embauche d'intérimaires espagnols ou italiens ! Regardez ce qui s'est passé en Grèce ! Cette crise déroule tous les chapitres d'un manuel d'économie. Prenons garde à ce qu'elle ne déroule pas aussi tous ceux d'un manuel d'histoire...


La situation sociale en France vous préoccupe-t-elle ?

La crise économique génère beaucoup d'angoisses et de souffrances sociales, mais aussi un grand sentiment d'injustice parce que ceux qui souffrent ont le sentiment de payer à la place des responsables. C'est une situation dangereuse qui offre un terreau favorable à tous les extrêmes. On sait où peut mener l'anticapitalisme extrémiste. C'est pourquoi le combat pour la moralisation du capitalisme est si important.


Quelles décisions attendez-vous lors de la deuxième réunion du G20, qui réunira les vingt principales puissances de la planète à Londres le 2 avril ?

Ce ne sera sans doute pas encore le grand soir du capitalisme financier. Si les experts ont du mal à imaginer un autre monde que celui dans lequel ils ont vécu, les responsables politiques sont davantage conscients de la nécessité du changement. Pour refonder le capitalisme, ils doivent imposer des solutions non pas techniques mais politiques.


S'il n'y avait qu'une mesure à prendre, laquelle serait-elle ?

Il faut que les banques soient de nouveau incitées à faire leur métier qui est d'analyser le risque crédit. Par conséquent, il faudra bien finir par répondre à certaines questions : quelle part de risques la banque doit-elle conserver dans son bilan quand elle titrise ses crédits ? Dans quelle mesure peut-elle être autorisée à financer de la spéculation en particulier les hedge funds ? Comment s'assurer de la transparence de leurs opérations à travers les paradis fiscaux ? Comment rémunérer les opérateurs pour qu'ils ne soient pas incités à prendre des risques excessifs ? Comment contrôler les agences de notation pour que personne ne puisse prendre de risques sans savoir lesquels ? Les activités de crédit et les activités de marché doivent-elles ou non être totalement séparées ?


Henri Guaino

Propos recueillis par Françoise Fressoz et Arnaud Leparmentier

Le Monde daté du 18 02 2009

 

Par Henri Guaino, Le Monde - Communauté : Soutenir les réformes - Voir les 5 commentaires - Publié dans : Réformes
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Mercredi 18 février 2009 3 18 02 2009 12:48


Interview de Jean-Marie BOCKEL dans "La provence"


Ancien socialiste et secrétaire d’État sous le gouvernement Fabius
(1984-86), Jean-Marie Bockel a rejoint l’équipe Fillon en juin 2007. Aujourd’hui secrétaire d’État à la Défense et aux Anciens Combattants, le  sénateur-maire de Mulhouse a créé son parti " La Gauche moderne" en novembre dernier.

Ce"social-libéral" sera à Marseille jeudi. Il visitera notamment le site Eurocopter à Marignane. Après la table ronde sociale de demain, il sera forcément attendu par les salariés

 

La question sociale telle que l’aborde Nicolas Sarkozy en fait-il potentiellement un président de gauche?

Il n’a jamais prétendu être un homme de gauche. Mais l’ouverture telle qu’il la pratique montre qu’il est sensible à la question sociale. Il est capable de prendre de bonnes idées de gauche là où elles sont.     Les gens sont inquiets. La table ronde de demain doit marquer un tournant. Dans la pédagogie de la crise et la vision qu’en auront pouvoirs publics et partenaires sociaux.


Qu’en attend l’homme de gauche que vous êtes ?

J’attends naturellement pour les syndicats et les Français un certain nombre de propositions, de signaux forts, répondant à l’aspiration de justice sociale. Pour continuer à réformer, ce pourquoi je l’ai rejoint, il faut que nos concitoyens en aient conscience.


Sont-ils prêts à l’entendre ?
Les réformes sont toujours possibles. Mais avec la crise, les inquiétudes sont montées. Avec elles, les manifestations et les grèves. Il ne s’agit pas de lâcher du lest. Mais il est nécessaire de renouer le fil du dialogue et de proposer des mesures sociales compatibles avec la poursuite des réformes. Les idées ne manquent pas.


On parle par exemple d’augmenter les allocations familiales. Une idée plutôt ancrée à
gauche...
Mais qu’il faut financer. Or, nos recettes n’augmentent pas. Je ne sais pas si cette mesure, très générale, est la mieux appropriée. Je préfère des mesures ciblées en termes de pouvoir d’achat, mais qui ne favorisent pas l’épargne de précaution. On peut verser des primes exceptionnelles sous forme de bons d’achat à durée limitée. Sécuriser les parcours professionnels à travers la flexisécurité, idée que nous défendons au sein de la Gauche moderne.


Le président Sarkozy est-il à l’écoute de ces idées ?
Il lit les notes qu’on lui fait. On va se voir bientôt à ce sujet. On doit travailler plus pour être une force de proposition utile. Ce n’est pas évident, c’est sûr. Mais ce le serait encore moins avec le Parti socialiste qui ne sait plus où il habite. La démagogie y est permanente.


Faut-il donc gouverner au centre en temps de crise ?
Cela ne veut pas dire grand chose. Quand on voit François Bayrou... En temps de difficultés, il y a toujours eu des gens à droite et à gauche pour transgresser les lignes politiques, proposer du concret et gouverner ensemble."

Jean-Marie Bockel, interrogé par « La Provence » 17 02 09

Par Jean-Marie Bockel - Communauté : La gauche dans la majorité - Voir les 5 commentaires - Publié dans : Réformes
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Mardi 17 février 2009 2 17 02 2009 20:12

Sur la crise internationale et sur ses répercussions en France, règne un discours unique et convenu, qui occulte ou refuse de reconnaître un certain nombre d’évidences que je vais essayer de mettre en lumière.

 

La crise que nous vivons est une crise internationale, venue des Etats-Unis, d’une ampleur que nous  n’avons jamais connue, et il est donc impossible que la France puisse  y échapper. Cela doit être constamment rappelé et devrait rester en toile de fond de toute explication ou recherche de solution.  Or, quand il est question de la crise en France, cet aspect est de plus en plus souvent « oublié », notamment par les divers opposants. On a presque l’impression à les écouter (vérifiez-le, c’est saisissant), que la responsabilité principale de la crise incombe à Nicolas Sarkozy et qu’elle ne touche la France que parce que les solutions qu’il propose et met en pratique sont inadaptées.
A l’inverse il semble, à lire certains, que  l’application des « solutions » du PS ou des syndicats (si elles étaient cohérentes entre elles et applicables !) agirait instantanément et que les Français se trouveraient alors miraculeusement transportés dans un monde « hors crise ».  Ce n’est pas dit comme cela, mais il suffit d’entendre les leaders de l’opposition, certains syndicalistes médiatiques (et la plupart des journalistes du service public) pour sentir que cela est largement sous-entendu.

 

 

La crise internationale n’épargne personne, aucun pays. Pourtant, la France est sans doute un des pays qui a été le moins touché par la crise financière et aujourd’hui par la crise économique. Cette réalité, fort peu souvent relevée en France, mais remarquée par la presse anglo-saxonne, n'est jamais reconnue par l’opposition, et toujours exclue des débats lorsqu’un orateur a la malencontreuse idée de la rappeler. Les raisons  de cette relative protection de notre pays sont diverses, dues certainement à notre organisation économique et sociale, mais on ne peut tout à fait exclure que la politique menée par le gouvernement depuis deux ans et sa réactivité depuis six mois n’y soient pour quelque chose.

 

Loin de rester inerte face à la crise (les bras ballants disait Mme Royal avec la justesse habituelle de ses expressions !), Nicolas Sarkozy a réagi très vite, a tout fait pour entraîner les autres Européens, a favorisé au  maximum la coordination des plans européens, et a provoqué la réunion du G20, qui devrait tenir une nouvelle réunion à Londres le 2 avril, dont l’objectif est tout simplement de lancer les bases d’une refondation du capitalisme. Si l’on a, bien sûr, oublié et passé par profits et pertes cette action particulièrement efficace (il est de bon ton dans le discours unique d’aujourd’hui de nier l’importance de la présidence française  de l’Europe !), il serait utile, au lieu de la dénigrer, de soutenir la volonté de Nicolas Sarkozy, de parvenir à faire de cette réunion capitale de Londres un succès et une étape vers une nouvelle régulation du capitalisme. Un appui des forces politiques  et sociales françaises et européennes donneraient à Sarkozy et à Angela Merkel, un poids, une légitimité et une capacité de convaincre supplémentaires.

 

Le plan de relance de 26 milliards (dont 75% doivent être utilisés en 2009) venant après les plans de soutiens aux institutions financières, suivi du plan de 7 milliards pour l’automobile, ainsi que par le milliard et demi d’ores et déjà annoncé pour le 18 février, représente un effort important, d’application rapide, et dirigé en priorité vers ce qui est essentiel, l’investissement, condition de la modernisation de l’économie, du renforcement et de la survie des entreprises,  de la préservation de l’emploi. J’ai beaucoup de mal à penser que les syndicats puissent croire qu’une autre orientation basée sur la consommation (à l’aide de primes versées une fois et dont l’effet s’évanouit immédiatement, ou d’augmentation du SMIC qui provoque hausse des coûts et, dans la situation des entreprises,  risques de licenciements), puisse être envisagée.

 

 

Les Français, sont forcément atteints par la crise internationale, mais ils le sont relativement moins, d’une manière  et dans des proportions, qui ne justifient guère l’allure des manifestations que diverses corporations animent  chaque semaine, ou de celle  que l’on nous annonce déjà pour le 19 mars !

En fait, la crise peut avoir des répercussions plus ou moins fortes dans deux domaines : l’emploi et le pouvoir d’achat.  Les actions envisagées par le gouvernement visent très précisément à aider les victimes de l’un et de l’autre.

 

 On peut constater d'abord que certains ne sont en rien exposés directement à la crise, qu’ils traverseront sans rien perdre, ce sont les membres de la fonction publique. 5 millions de personne que la crise ne touchera ni dans leur emploi ni dans leur pouvoir d’achat. Et pourtant, curieusement ce sont eux  qui manifestent. Est-ce par altruisme ? Ou plutôt pour une autre raison dont nous parlerons plus loin, en tous cas, dans ces circonstances encore, le terme de « salariés protégés » les définit parfaitement bien.

Les plus aisés des Français, possesseurs d’actions qui ont perdu une grande partie de leur valeur, titulaires de revenus financiers qui se sont écroulés,  chefs d’entreprises  en difficulté, commerçants atteints par la baisse de la consommation, ont eux été directement touchés par la crise…Mais ils devraient arriver à maintenir un niveau de vie suffisant et de toutes façons ils ne font pas partie de ceux que l’on « plaint », que l’on « défend », ils ne manifestent pas et ne sont donc pas considérés comme victimes de la crise.

 

Reste le cas des  autres salariés du privé cadres, employés, ouvriers. La hausse des prix qui sera vraisemblablement inférieure à 1% en 2009, permettra à l’énorme majorité des salariés de voir maintenu au cours de cette année son pouvoir d’achat. Pour ceux qui risqueraient de connaître des difficultés, des mesures on été prises : doublement en fin d’année 2008 de la prime de rentrée,   prime à la cuve, tarif social du gaz, RSA à partir de juin,  avec une prime « avance » de 200 euros fin mars, augmentations prévues de 5% (comme l’an dernier) de l’allocation adultes handicapés, de l’allocation vieillesse. A ces mesures s’en ajouteront d’autres que le président a prévu de négocier le 18 février avec les syndicats (exonérations fiscales pour 2 millions de personnes, augmentations des allocations familiales, développement de la participation…), peut-être d’autres encore si nécessaire. Au total,  quasiment tous devraient donc voir maintenu en 2009 leur pouvoir d’achat, malgré la crise mondiale. Pourquoi ne le dit-on pas ?

 

Reste le cas de ceux qui perdront leur emploi. C’est la vraie gravité de cette crise, son effet le plus cruel, le plus douloureux. C’est pourquoi tout le plan de relance du gouvernement est tourné vers la préservation de l’emploi, grâce à la poursuite de la politique de réforme et de modernisation de notre pays,  grâce aux efforts faits pour maintenir un  crédit utile à l’économie, grâce à une vigoureuse relance par l’investissement. Cette politique, avec le plan en faveur de la filière automobile, devrait permettre de limiter au maximum le nombre de ceux qui perdront leur emploi, même si, nous le savons ils sont déjà et seront encore trop nombreux.  C’est pourquoi l’autre volet relatif à l’emploi consiste à mieux défendre la situation et le revenu de ceux qui verront leur emploi menacé ou supprimé. Améliorer fortement l’indemnisation du chômage partiel, indemniser les jeunes sans emploi ou en fin de CDD qui se voient mal pris en charge aujourd’hui, augmenter les Contrats de Transition Professionnels qui permettent un maintien intégral du salaire, et une reprise plus rapide  d‘emploi, développer les emplois aidés, accélérer le "plan banlieues"….Tous ces éléments et d’autres que le Président est prêt à négocier avec les syndicats, devraient parvenir à limiter l’augmentation inéluctable du nombre de chômeurs, limiter la perte de revenus pour ces derniers et favoriser leur retour à l’emploi.

 

En définitive, si la situation sera difficile, difficile pour tous les pays du monde, la politique du gouvernement, les plans de relance, la poursuite des négociations avec les partenaires sociaux devraient en  limiter, pour les Français, les effets négatifs et douloureux. Dans ces conditions, voir annoncer, avant même que ne se tienne la réunion du 18 février, une grande manifestation pour le mois de mars, animée par  une fonction publique protégée des effets de la crise, n’a pas beaucoup de logique et peu de sens, sinon un sens politique.
Autant la grève du 29 janvier pouvait se comprendre et se justifier, manifestant un cri d’inquiétude et une demande d’explication et de mesures sociales, autant celle annoncée pour mars, n’a qu’un sens politique : arrêter toutes les réformes de modernisation en cours, conforter tous les petits intérêts corporatistes qui veulent avant tout que demain ressemble à hier, quel qu’en soit le prix et punir la majorité politique actuelle d’avoir osé lancer une politique de réformes pour la menacer d’une alternance qui promettrait un impossible immobilisme. Que des syndicats, comme la CFTC et surtout la CFDT,  prêtent la main à ces manœuvres par crainte de continuer à perdre des adhérents et des soutiens, est  bien triste et bien déconcertant. Espérons que la réunion du 18 février les fera changer d'attitude. 
 

Marc d’Héré 

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Lundi 16 février 2009 1 16 02 2009 14:23

par Nicolas Baverez, Le Point du 12 02 09
...


L'année 2009 sera décisive

pour la trajectoire de la crise et, partant, pour la mondialisation. Non qu'elle puisse voir une reprise de l'activité : après la crise immobilière en 2006, la crise du crédit en 2007, la crise financière en 2008, 2009 est placée sous le signe d'une crise économique et sociale mondiale, avec une croissance nulle et 51 millions de chômeurs supplémentaires, selon l'OIT. Mais elle jugera de l'efficacité des politiques mises en place depuis l'automne 2008 pour sauver le système bancaire, enrayer la déflation, endiguer les pressions protectionnistes.
Soit la récession est bloquée, et l'espoir d'une lente et chaotique amélioration à partir de 2010 renaît. Soit la cascade des faillites et des suppressions d'emplois s'emballe, ce qui conduit à une désintégration des échanges et des paiements mondiaux, ouvrant la voie, comme dans les années 1880 ou 1930, à une longue stagnation et à des troubles politiques aigus.


Deux éléments seront déterminants

la vitesse de déploiement des plans de relance nationaux et la réunion du G20, en avril, à Londres, qui tranchera sur la volonté réelle de doter le capitalisme mondialisé d'institutions et de règles fiables.
Dans tous les cas, des mesures hétérodoxes seront requises, a fortiori si la situation venait à se dégrader. Ainsi des banques qui ont constaté 1 000 milliards de dollars de dépréciation sur 2 500 milliards de pertes et qui vont devoir faire face à la multiplication des défaillances d'entreprises : dans bien des cas, leur survie comme le maintien de l'activité de crédit passeront par la création de structures de défaisance et par la nationalisation, comme au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis.
Ainsi des banques centrales, qui, au-delà des taux zéro, s'engageront dans le rachat sur le marché d'actifs toxiques et de titres de la dette publique.
Ainsi des gouvernements, qui seront amenés à amplifier et diversifier les mesures nationales de soutien à l'activité tout en coordonnant leurs interventions.
Ainsi de l'Union européenne et de la zone euro, dont les instruments traditionnels-régulation du grand marché par la concurrence, politique monétaire centrée sur la lutte contre l'inflation, pacte de stabilité-ont implosé sous le choc de la déflation et qui devront faire preuve d'une solidarité accrue vis-à-vis des pays les plus menacés : l'Europe méditerranéenne et les nouvelles démocraties, en raison du rationnement des financements et de la hausse du coût de la dette ; l'Espagne, en raison du chômage (20 % de la population active en 2010) ; le Royaume-Uni, en raison de l'endettement des ménages (160 % du revenu disponible), du poids de la City (25 % du PIB), de l'ampleur de la bulle immobilière et de l'extinction progressive de la rente pétrolière de la mer du Nord.


Loin d'être protégée par son modèle

économique et social, la France est particulièrement exposée. Elle a été rattrapée par la crise au moment même où elle s'engageait dans la modernisation de ses structures productives, cinq à vingt ans après les autres grands pays développés. Le niveau élevé des dépenses publiques (54 % du PIB) et de l'emploi public (25 % du PIB) freine à court terme la baisse de l'activité et la remontée du chômage.
Mais quatre contraintes enserrent les stratégies de reflation et retarderont la sortie de crise. La contrainte financière, avec une dette publique de 66 % du PIB en 2008 et qui va s'élever au-delà de 80 % en 2012.
La contrainte extérieure, avec un déficit commercial de 55 à 56 milliards d'euros en 2008, qui oblige à user avec prudence des mesures de soutien à la consommation, sauf à refaire les erreurs de 1981 en ruinant le pays au bénéfice des nations exportatrices, Allemagne et Chine en tête.
La contrainte productive, avec une envolée des faillites (58 000, en hausse de 15 % en 2008) sur fond de chute des marges des entreprises depuis 2000 (moins de 30 % de la valeur ajoutée).
La contrainte sociale, enfin, avec un chômage de masse qui n'a jamais été éradiqué depuis les années 70, contrairement à l'immense majorité des économies développées.


Voilà pourquoi relance et réforme sont indissociables

Et ce d'autant que la crise, même si la déflation est désamorcée, débouchera sur une phase durable de croissance molle et de chômage élevé, tout en imposant une refonte de la régulation du capitalisme.
En France d'abord, où la relance doit être mise au service de la productivité via l'investissement productif et la recherche, garants de l'emploi présent et à venir, via la réforme du secteur public-qui a confisqué le surplus de richesse produit au détriment du travail depuis vingt ans-, via la formation et la lutte contre l'exclusion. La meilleure défense de la consommation et du pouvoir d'achat, c'est l'emploi-au moment où la baisse des prix améliore le revenu réel des ménages. Le meilleur vecteur de la sortie de crise, c'est la reprise du crédit et la restructuration des secteurs les plus touchés-banque et automobile en tête.
En Europe ensuite, dont les institutions ont fait la démonstration de leur fragilité en même temps que la crise provoquait une renationalisation et une divergence explosive des politiques économiques. D'où la nécessité de coordonner les programmes de relance entre les pays excédentaires, qui doivent privilégier la consommation, et les pays déficitaires, qui doivent cibler l'investissement. D'où la nécessité d'un gouvernement économique de la zone euro qui puisse être étendu au Royaume-Uni et d'une révision des missions de la BCE.
 Au sein du G20 enfin, qui offre une occasion exceptionnelle, aux antipodes de l'échec de la conférence de Londres en 1933, qui accéléra la dépression mondiale, d'imaginer une régulation adaptée à l'âge d'un capitalisme universel dont l'Occident n'a plus le monopole.

Nicolas Baverez
Le Point du 12 02 09

Par Nicolas Baverez, Le Point - Communauté : Soutenir les réformes - Voir les 5 commentaires - Publié dans : Réformes
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PRESENTATION

 

Marc d'HERE 

 

Contact: ies1@hotmail.fr

 

 Militant socialiste (rocardien) depuis 1974, j’ai  accompagné en 1999 Jean-Marie Bockel, lorsqu’il a créé  le club politique  social libéral « Gauche Moderne ». J’en ai été le  secrétaire général jusqu’en 2006..

Engagé dans la défense du Traité Constitutionnel Européen, je propose à Bernard Kouchner, Elisabeth Guigou, Gérard Collomb et Daniel Cohn-Bendit de créer le « Comité de la Gauche pour le Oui » et j’en assure  l’organisation et le développement.

 Quittant le parti socialiste après le congrès du Mans (2005), ne pouvant accepter l’irréalismeet la démagogie des choix politiques effectués, et refusant une « synthèse » synonyme de confusion, je crée  avec quelques amis socialistes  et centristes,  un mouvement politique réformiste,  de centre gauche « Initiative Européenne et Sociale » (IES)  que je préside depuis janvier 2006.

 

 Ayant soutenu Nicolas Sarkozy lors de l’élection présidentielle, parce qu’il m’apparaissait le plus apte à réaliser les réformes et les changements profonds dont notre pays a besoin,  j’ai choisi de m’inscrire dans  la majorité présidentielle. Adhérent de La  Gauche Moderne, le parti de Jean-Marie Bockel , je suis membre du Comité Permanent, chargé du Projet,  et Coordonateur de la Région "Pays de la Loire" 

 

 J'ai publié  fin 2007« de Rocard à Sarkozy. Itinéraire d’un social libéral » éditions Christophe Chomant. Les personnes intéressées par ce livre peuvent s’adresser à l’éditeur : christophe.chomant@wanadoo.fr ou m’adresser un mail à ies1@hotmail.fr

 

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