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 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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29 juin 2014 7 29 /06 /juin /2014 14:50

 

Le JDD

 

 

INTERVIEW - Pour l’ancien ministre du Budget Eric Woerth, "le gouvernement a tout faux".

 

JDD. Manuel Valls a annoncé des baisses d'impôts et renoncé à certaines économies pour apaiser sa majorité. Combien coûteront les gestes annoncés selon vous?
 

Eric WOERTH. Tout d'abord, les prévisions économiques du gouvernement sont trop optimistes, et les impôts ne rentrent pas dans les caisses. Cette année, il va manquer 5 milliards d'euros en recettes fiscales. Ensuite, en comptant la hausse des petites retraites, la nouvelle aide pour l'emploi à domicile, la demi-écotaxe, etc., il faut ajouter au moins 2 milliards d'euros. Nous sommes en plein dérapage. Le gouvernement a tout faux : on n'aura ni assainissement des comptes publics, ni croissance économique.

 

Quelles seraient les conséquences pour les comptes de la France?
 

Le gouvernement sera à 4 % de déficit cette année, peut-être même davantage, alors qu'il avait promis de s'en tenir à 3,8 % du PIB. Il fait de moins en moins d'efforts. Je constate que le rythme de réduction du déficit est plus faible aujourd'hui que sous le précédent gouvernement. Et que la dette de la France va franchir la barre des 2.000 milliards d'euros.

 

Mais l'exécutif doit faire face à la faiblesse de la croissance…
Ce marasme est franco-français, c'est l'exécutif lui-même qui en est responsable. Regardez autour de nous, en Allemagne ou en Grande-Bretagne, la conjoncture est bien meilleure, personne n'a peur de l'avenir. Le climat de désespérance est propre à la France, il est dû à l'impopularité du pouvoir en place et à des décisions qui vont dans tous les sens. Tout gouvernement de droite ferait mieux.

J

ugez-vous impératif de réduire le déficit à 3% du PIB l'an prochain?
C'est absolument nécessaire. Il en va de la crédibilité de la France, qui s'y est engagée devant ses partenaires européens. François Hollande avait obtenu de Bruxelles un sursis de deux ans pour redresser les comptes, maintenant il voudrait négocier un délai supplémentaire en contrepartie de son soutien à Jean-Claude Juncker au poste de président de la Commission européenne. C'est dramatique.

 

«Tout gouvernement de droite ferait mieux.»

 

Aucune marge n'est envisageable?
Des députés socialistes voudraient faire croire que la réduction du déficit va freiner l'activité, c'est une grossière erreur. Le niveau des dépenses publiques est considérable en France, s'il stimulait les entreprises, alors nous serions les champions du monde de la croissance et de l'emploi. Je crois au contraire que cet excès de dépenses est récessif. C'est une facilité de croire que nous nous sortirons de la crise sans faire d'effort.

 

Le Premier ministre a trop cédé, aux intermittents, sur l'écotaxe?
Manuel Valls est un faux ferme. Il veut montrer une autorité mais il recule sur chaque dossier. Finalement, il reprend la politique de Jean-Marc Ayrault. Les 50 milliards d'économies, c'est son prédécesseur qui en a parlé. Et on n'en connaît toujours pas le détail.

 

«Il faut une réforme profonde du Code du travail. »

 

Quelles mesures seraient les plus urgentes à prendre, selon vous?
Il faut baisser massivement les charges et les impôts des entreprises. Aller beaucoup plus vite et beaucoup plus fort que le pacte de responsabilité de François Hollande, que la gauche n'assume pas, et qui est contredit par les actes. Le président de la République avait promis en janvier de réduire la fiscalité des entreprises mais le gouvernement vient de prolonger la surtaxe d'impôt sur les sociétés. J'ajoute qu'il faut, en même temps, une réforme profonde du Code du travail.

Vous soutenez la proposition de François Fillon de mettre fin aux 35 heures?
Oui. J'ai travaillé sur ses idées, avec François Baroin. Cette réforme peut être bouclée en trois mois, par l'État, sans donnant-donnant inutile, sans circonvolutions avec les syndicats. Dans la fonction publique, il faut augmenter le temps de travail pour ne plus avoir à remplacer les départs en retraite. Dans les entreprises, des accords sont possibles. Ce n'est pas une question de libéralisme mais d'efficacité.

Nicolas Prissette - Le Journal du Dimanche

dimanche 29 juin 2014

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Published by Eric Woerth intérrogé par Nicolas Prissette. JDD
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