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 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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16 septembre 2010 4 16 /09 /septembre /2010 07:33

 

Par Marc Cohen, pour Causeur.fr...

 

On peut penser tout ce qu’on veut de Viviane Reding ; on ne pourra pas lui contester d’être à la hauteur de sa fonction de Commissaire européenne en charge des droits de l’Homme. Ou du moins de l’idée que se fait de ce blurb un vieux noniste comme moi.

 

Sa crise de nerfs millimétrée face caméras de mardi, où elle expliquait façon Actors Studio que ça allait barder sur le dossier rom était un précipité de cauchemar européiste absolu. Tout était raccord :
- la forme : « MA patience est à bout » ; en clair, c’est moi, Viviane Reding, la chef ;
- le fond : il ne saurait se faire en France d’autre politique que celle décidée à Bruxelles ;
- les images : en convoquant dans son argumentaire les victimes de la Seconde Guerre mondiale, donc, disons-le, des camps d’extermination nazis, pour parler de reconduites à la frontière, la Commissaire relève de l’amalgame révisionniste – je l’ai déjà écrit mais je suis très très énervé par cette obscénité, alors je me répète. Et de par ses fonctions et son supposé bagage culturel, Mme Reding est aussi coupable, à mes yeux, que le tondu plein de bière ou le pelé gavé de shit qui taguent les synas à la croix gammée. Au passage, je trouve les institutions juives et les associations de déportés un rien timides sur ce détournement de cadavres. Laissons faire sans moufter, et bientôt on invoquera l’Holocauste pour une faute d’arbitrage lors d’un OM-PSG…

 

Tout cela est tellement grotesque qu’on en viendrait presque à être d’accord avec l’ineffable Lellouche quand il déclare mercredi sur RTL : « Ça n’est pas comme ça qu’on s’adresse à un grand pays comme la France. Nous ne sommes pas le mauvais élève dans la classe que la maîtresse tance, le délinquant devant le procureur. » Seulement presque d’accord, parce qu’en vérité c’est bien le même Pierre Lellouche qui n’avait pas de mots assez haineux, au printemps 2005, pour injurier les opposants au TCE.

 

Je me souviens même, de mémoire, d’une de ses saillies en plein débat télévisé d’avant référendum : si le non l’emportait, disait-il, l’Europe allait droit vers la guerre. Tout faux, l’ami Pierrot. On n’a pas eu la guerre, mais en échange, on a Viviane Reding qui se prend pour Mme le Préfet de la Région France. Et ça, Monsieur le secrétaire d’État aux affaires européennes, c’est un peu grâce à toi ! Cette Europe, c’est celle que tu voulais. Alors mange et tais-toi.

 

Mais revenons à nos moutons noirs. Un autre eurobéat (si ma mémoire de 2005 ne me joue toujours pas de tours), à savoir notre président en personne, a suggéré à Viviane Reding qu’on accueille les Roms au Luxembourg. Comme il a sorti cette bonne blague devant les sénateurs UMP, on pourrait penser qu’il parlait du jardin du Luxembourg, contigu à leur hémicycle. Mais non, il conseillait en fait au Grand Duché – dont est originaire Mme Reding – de mettre ses actes en accord avec les paroles d’icelle. Cette boutade a, semble-t-il, provoqué un pataquès monstre avec Luxembourg – cette fois, on ne parle ni du parc à enfants Bonpoint, ni du pays à banques opaques, mais de la capitale éponyme, allez vous y retrouver !

 

Je ne sais si ce bordel diplomatique avec nos voisins d’opérette finira en conflit armé, auquel cas Pierre Lellouche aura fini – quelle horreur ! – par avoir raison. Ce que je sais, en revanche, c’est qu’il n’y a pas là-bas de problème rom. Non parce que le chef de l’État répugne à y utiliser ces migrants à des fins de politique intérieure, ce qui serait somme toute louable. Plus simplement parce que la loi luxembourgeoise leur interdit, de fait, tout séjour prolongé (cf. document joint)

 

Alors bien sûr, on a su mettre les formes. Chez Viviane Reding, au Grand Duché des Droits de l’homme, on ne parle pas de roms, mais de « citoyens bulgares et roumains », et on ne les expulse pas, puisqu’on s’est donné la peine de leur faire une loi tout exprès pour qu’il ne puissent même pas entrer pour chercher un emploi… sauf s’ils en ont déjà un!

Et voilà comment la morale est sauve. Franchement, c’est pas beau, l’Europe ?

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Published by Marc Cohen - dans Europe
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Marc d'Here 23/09/2010 14:40


Une réponse cinglante, à ceux qui sur ce blog et ailleurs prétendaient que l'Europe condamnait la France sur la question des Roms:

Le chef du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, a affirmé que les expulsions de Roms par le gouvernement français n'avaient pas été ordonnées pour des raisons ethniques, a rapporté
aujourd'hui le Wall Street Journal.

"Ils n'ont pas été expulsés à cause de leur origine ethnique", a déclaré M. Zapatero lors d'une interview avec les journalistes du quotidien financier.

"Les mesures ont été adoptées dans le cadre de la loi. Les principes d'intégration doivent fonctionner, mais l'ordre public doit également être respecté dans les camps qui n'ont pas les conditions
sanitaires ou sécuritaires adéquates", a-t-il ajouté.


Le socialiste Zapatero défend mieux la France que les socialistes Français!


Marc d'Here 23/09/2010 10:59


Dans le Figaro d'aujourd'hui, un portrait de Viviane Reding par Luc Ferry qui a eu l'occasion de la rencontrer en tant que ministre. Il prouve d'ailleurs en citant les termes exacts, qu'à la
différence de ce que disaient certains, y compris sur ce blog, avec la mauvaise foi qui les caractérise, elle a bien fait une comparaison "aussi stupide historiquement qu'insultante" entre la
politique de la France à celle des nazis "C'est une honte...Nous avons de sinistre mémoire les déportations pendant la deuxième guerre mondiale, alors recommencer cela!"...

Voilà ce qu'a déclaré cette passionaria, soutenue longtemps par Barroso (qui a fini par la lâcher!).

Depuis l'affaire est réglée pour tout le monde...sauf pour Viviane Reding qui veut à toute force mettre officiellement la France en accusation...Ce que Barroso, vexé et rancunier, risque
effectivement d'accepter...

S'opposer à la Commission Cela ne nuira pas à Sarkozy...au contraire!

Dans ce même article Luc Ferry dit que "l'anti sarkozysme tourne au délire"...Comment le nier?


Marc d'Here 22/09/2010 15:02


Une réponse cinglante, à ceux qui sur ce blog et ailleurs prétendaient que l'Europe condamnait la France sur la question des Roms:

Le chef du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, a affirmé que les expulsions de Roms par le gouvernement français n'avaient pas été ordonnées pour des raisons ethniques, a rapporté
aujourd'hui le Wall Street Journal.

"Ils n'ont pas été expulsés à cause de leur origine ethnique", a déclaré M. Zapatero lors d'une interview avec les journalistes du quotidien financier.

"Les mesures ont été adoptées dans le cadre de la loi. Les principes d'intégration doivent fonctionner, mais l'ordre public doit également être respecté dans les camps qui n'ont pas les conditions
sanitaires ou sécuritaires adéquates", a-t-il ajouté.


Le socialiste Zapatero défend mieux la France que les socialistes Français!


Marc d'Here 19/09/2010 18:32


Une proposition interessante de Frédéric Lefebvre:

"Je souhaite que l'entrée de la Roumanie dans l'espace Schengen soit subordonnée à ses efforts et sa volonté d'intégrer ses citoyens Roms".
"Quand un pays décide qu'un certain nombre de ses concitoyens ne sont pas les bienvenus dans leur propre pays et les renvoie en expliquant que c'est des citoyens apatrides alors que chacun sait
qu'ils ont des passeports roumains, que ce sont des citoyens roumains, c'est ce pays qui se met en infraction", a-t-il ajouté.


Marc d'Here 16/09/2010 21:15


Extrait d'un compte rendu du JDD.fr:

Interpellé sur sa politique vis-à-vis des Roms, le chef de l'Etat s'est expliqué jeudi lors d'une conférence de presse durant laquelle le président français s'est posé en homme blessé par la
comparaison entre sa politique et les évènements de la Seconde Guerre mondiale, notamment formulée par la commissaire européenne à la Justice Viviane Reding , envers qui il a eu des mots très durs.
"Les mots dégoutants, honte, l'évocation des juifs (..) c'est quelque chose qui nous a profondément choqué" a-t-il déclaré.

"L'Europe unanime condamne ces propos outranciers" a-t-il assuré. En particulier, le chef de l'Etat a annoncé que le président de la Commission européenne, José Manuel Barrosso, s'était
"désolidarisé de la violence des propos" de Viviane Reding.
Pour Nicolas Sarkozy, la France n'est pas isolée et la polémique sur les Roms n'a pas lieu d'être. Certes, il a bien reconnu que la circulaire du 5 août "pouvait être mal interprétée". Mais le
premier cercle du gouvernement n'était pas en cause, rappelant aussi que le texte avait été remplacé dès sa sortie dans la presse.

Hormis cette circulaire, seule erreur reconnue, Nicolas Sarkozy estime qu'il"agit dans le strict respect du droit européen", estimant que les Roms "ne faisaient l'objet d'aucune forme de
discrimination ou de ciblage". Pour lui, la liberté de circulation n'est pas entamée. Les camps sont évacués car ils occupent des terrains illégaux et parce que "nous refusons l'installation de
bidonvilles dégradant pour ceux qui y vivent et pour les riverains".

Inflexible, le président a donc annoncé à plusieurs reprises que les démantèlements de camps se poursuivraient. Comme la Roumanie l'a demandé, Nicolas Sarkozy a toutefois reconnu que la question
méritait d'être portée au niveau européen. "La Commission dispose de crédits pour cela, nous attendons avec impatience ses propositions… sur ce sujet comme sur d'autres d'ailleurs ", a ajouté le
président.


Marc d'Here 16/09/2010 19:26


Quelques extraits de la Conférence de presse de Nicolas Sarkozy.

«La France a agi et continuera à agir dans le strict respect du droit européen.» Jeudi après-midi, Nicolas Sarkozy a profité du sommet européen de Bruxelles pour balayer les critiques émises à
l'égard de la politique française sur la question des Roms. Maintenant le cap, le chef de l'Etat a assuré lors d'une conférence de presse que la France continuera à «démanteler tous les camps
illégaux» se trouvant sur son territoire, «quels que soient ceux qui s'y trouvent».


Nicolas Sarkozy a précisé qu'au total, 500 campements illicites ont été démantelés au mois d'août, tous après des décisions de justice». A 80%, les personnes concernées étaient des gens du voyage,
pour la plupart d'origine française. «Ces chiffres démontrent qu'il n'y a eu aucune forme de discrimination" .


"En tant que chef de l'Etat, je ne peux pas laisser insulter mon pays» at-il dit en réponse aux propos de Viviane Reding, qui avait comparé en début de semaine la politique française d'expulsion
des Roms à la Seconde Guerre mondiale, avant de présenter ses regrets mercredi soir. Les propos «outranciers» et «gravement injurieux» de Viviane Reding ont «profondément choqué la totalité des
chefs d'Etat et de gouvernement». "Mme Reding s'est excusée pour ses propos gravement injurieux. Restons en là.»


Elie Arié 16/09/2010 18:44


"Un fonctionnaire français": passons...

Rappelons la phrase exacte de mme Reding:

"J'ai été personnellement choquée par des circonstances qui donnent l'impression que des personnes sont renvoyées d'un Etat membre uniquement parce qu'elles appartiennent à une certaine minorité
ethnique. Je pensais que l'Europe ne serait plus le témoin de ce genre de situation après la seconde guerre mondiale."

Et sourions en lisant que Sarkozy "a pris acre des excuses de Mme Reding"...excuses qu'elle n'a jamais présentées!

Tout ce qu'elle a dit, c'est:

"Je regrette les interprétations qui détournent l'attention du problème qu'il faut maintenant résoudre."

Et précisons enfin ("Le Figaro"):

"Sur le fond, la Commission n'en démord pas. Son chef a volé mercredi au secours de la commissaire luxembourgeoise pour clamer haut et fort que l'exécutif européen a un droit de regard sur la façon
dont chaque État membre applique les traités européens. Le collège des vingt-sept commissaires - Michel Barnier compris - a apporté mercredi un soutien unanime à Viviane Reding dans le bras de fer
politico-judiciaire qui l'oppose à la France sur l'expulsion des Roms. "


Marc d'Here 16/09/2010 18:25


Il semble que la France et son Président se sortent plutôt bien de cette journée.

L'ensemble des chefs d'Etat et de gouvernement ont condamné les propos inadmissibles et injurieux de Viviane Redin (par ailleurs "lâchée" par le courageux Barroso!).

Cela va décevoir ceux (y compris dans la presse française et sur ce blog) qui se léchaient les babines en comptant tous les Etats qui semblaient condamner la France! Patatras il ne reste que Fidel
Castro...

Cela dit, Sarkozy, européen convaincu et responsable, reconnaît à la Commission le droit de poser des questions et la France, bien évidemment y répondra comme de juste.Et, comme de juste aussi,
elle continuera à mener la même politique, qui est en tous points légale (la regretable circulaire d'un fonctionnaire a été corrigée)et conforme au droit européen.


Marc d'Here 16/09/2010 16:14


"Il y a eu un échange très violent entre le président de la Commission et le président français" sur la question des Roms, a affirmé M. Borissov. La Commission européenne soupçonne la France avec
les renvois de Roms de ne pas respecter la législation européenne sur la liberté de circulation des citoyens européens et a menacé Paris d'engager des poursuites devant la justice européenne.

Le premier ministre bulgare a précisé que "rien n'a été décidé" au cours du sommet sur la question des Roms et que les dirigeants européens chercheront "lors d'un prochain sommet" de mettre au
point "une stratégie sur le long terme pour trouver une solution à ce problème".


Elie Arié 16/09/2010 15:56


Il n'y a pas que Mme Reding (qui n'a jamais parlé de La Shoah...), l'affaire prend maintenant des proportions.

Critiquent publiquement l'attitude de la France sur les Roms et soutiennent Mme Reding :

-le président belge de l'UE (Yves Leterme), le président de la Commission (José Manuel Barroso), l'Autriche, l'Allemagne, les États-Unis, la Finlande, le Luxembourg, Cuba, l'ONU, le Parlement
Européen (résolution du 8 Septembre)...

Seuls soutiens de la France: Berlusconi et la Ligue du Nord de Bossi: on a les alliés que l'on peut...

Voir:

http://tinyurl.com/22s2z73