Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

PRESENTATION

 

 

Contact: marcdhere.mdh@gmail.com 

 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

Recherche

20 avril 2012 5 20 /04 /avril /2012 13:03

 

par Robert Bellec...

 

Ce qui me frappe dans le débat politique, le débat médiatique, et le débat public, c’est l’absence de l’essentiel, une vision.

Par exemple, on évite soigneusement la chose essentielle : à choisir préfère-t-on vivre dans notre société de type libéral, basée sur la liberté, l’entreprise, l’économie de marché, ou dans une société de type communiste avec une économie administrée, la toute puissance de l’état, un régime autoritaire ? En ne se posant pas la question explicitement, c’est le cas de Hollande notamment, on fait comme si on préférait la seconde solution, et on est le seul pays au monde à faire ce choix implicite, car même la chine fait en ce moment le chemin inverse. Mieux,  en parole on privilégie ce choix implicite, mais sans le faire vraiment. D’où l’incohérence du débat et des perspectives d’action. Et l’on  fait comme si tout vaut tout.

Sans vision, tous les thèmes abordés sont placés sur le même plan, ils ne sont pas ou mal pondérés, comme si on proposait sur un étalage des produits de même importance, à plat, sans perspective.

Prenons un exemple illustratif :

Pour construire une maison, on vous liste et on vous vante  les lampes, les fenêtres, la couleur des cloisons, le chauffage, la couverture, le plan, le prix, une piscine, la ventilation, les sols, le prix, le financement, la charpente, la nature des matériaux, la dalle du sous-sol, que sais-je, trente critères de choix.

Et on vous fait voter. Sans hiérarchiser, sans pondérer ces choix, tout sur le même plan. ça vous paraîtrait incongru, pour le moins.

 

Une vision c’est justement pondérer très fortement  quelques sujets  et les privilégier dans le choix :

-          Adéquation entre le choix d’ensemble et la capacité à le financer.

-          Qualité des matériaux et existence effective des composants promis ( tel élément extraordinaire existe-t-il conforme à la promesse ?)

-          Architecture, solidité, et cohérence d’ensemble des éléments,  apparence globale.

-          Privilégier les faits et les chiffres par rapport aux promesses, aux illusions, aux rêves éveillés.

 Sur 30 éléments listés  ces quatre éléments doivent représenter à mon sens 85% de la décision. Les 26 autres, 15% de la décision, car ils sont accessoires, modifiables, ou dérivent automatiquement des choix essentiels, à voir ensuite.

La vision est le contraire des illusions, et du « programme ». Celui qui vous aura proposé comme « programme » une maison extraordinaire, qui répond aux envies et aux rêves , sans inconvénients, « pas chère » , et en escamotant par un tour de passe-passe la capacité à la financer , et sans prouver ce qu’il vante, vous apparaître comme un charlatan. Ce qu’on n’admettrait pas pour sa maison, on l’admet pour son pays !

Une vision c’est donc  hiérarchiser, pondérer, privilégier les critères de fond par rapport à d’autres, et privilégier le réel, les faits, les contraintes,  les chiffres, par rapport au baratin et au rêve.

Dans cette campagne on fait le contraire. On surpondère les préférences accessoires, les intentions, les proclamations tonitruantes, les postures fanfaronnes, la toute –puissance quasi divine, par rapport aux faits, aux chiffres, aux contraintes, aux possibilités économiques, au réalisme.

Les intentions ! L’enfer est pavé de bonnes intentions. Les bons sentiments. Tout le monde sait depuis des siècles que les bons sentiments ne suffisent pas à faire une bonne politique. On l’a oublié.

Donc ce qui est vrai pour un choix privé, devrait être encore plus vrai pour la politique car n’est-ce  la même chose, en pire, en plus grave, en plus lourd de conséquences ?

Une vision politique ne consiste pas en une liste à la Prévert de sujets variés, avec une position improvisée ou dogmatique sur chacun ces sujets. Ça c’est juste programmatique, et encore.

Une vision c’est une articulation étayée entre sujets hiérarchisés, c'est-à-dire un panorama qui pondère chaque sujet, le relie aux autres, définit les priorités, et ce de deux façons : en ordre d’importance, et en ordre d’urgence. Ce qui n’est pas la même chose. Une vision permet de proposer une stratégie cohérente et en phase avec  les buts qu’on se fixe, et leur niveau d’importance. En ce sens, aucun des candidats ne présente complètement une vision pour la France, même si on peut percevoir quand même une ébauche chez Sarkozy, encore insuffisante. Aucun autre. Même chez Bayrou, ou le moralisme  et les intentions étouffent le reste, je n’ai notamment rien entendu sur l’entrepreneuriat, l’une des seules clés pour l’avenir.

Second exemple parlant, prenons le cas de Mélenchon, c’est éclairant. Sa posture  pose trois  graves questions  :

La première : ses affirmations et ses diagnostics de condamnation de la  société libérale sont ils sérieux et étayés ?  Non, sujet non traité, il affirme, sans rien étayer. Fantaisiste. Et on l’accepte.

La seconde  : est-il raisonnable pour la France d’aller, seule au monde, en direction d’un régime vaguement soviétique, ou léniniste,  à peine édulcoré ? ( alors que, paradoxe, la Chine est en train d’en sortir). Sujet non traité. Il fait comme si ce sujet n’existait pas.

 

La troisième  : dans la mesure où il ne dit pas clairement si son programme se déroule dans le cadre de l’acceptation du contexte d’économie de marché, ou dans un cadre Etatiste, hors de l’économie de marché, du coup tout le reste est de la bouillie pour les chats. Cela n’a plus aucun sens, car selon la réponse, les conséquences sont radicalement différentes. Point escamoté. Aucun journaliste ne lui a posé la question.

Un peu comme si on disait qu’on va faire un match de football, mais sans savoir si on a un adversaire, sans admettre les règles, sans terrain, sans arbitre. C’est simplement insensé au sens propre, dépourvu de sens. Et pourquoi pas en haut du Mont Blanc ? C’est inepte. Et admis.

Le fait de ne pas présenter une vision (qui pose clairement tous les termes de l’équation, les pondère, les relie)  permet tous les tours de passe-passe imaginables, toutes les balivernes, tous les mensonges, toutes les duperies. On l’admet.

Il en va de même pour Montebourg, du reste. Et aussi et surtout pour Hollande qui cultive le flou pour ne pas faire apparaître cette totale absence de vision. Mais aussi tous les autres candidats. Aucun n’a privilégié la vision. ( « On ne sort de l’ambiguïté qu’à son détriment » rabâchent les socialistes. Peut-être, mais le rôle des journalistes et commentateurs  n’est-il pas de faire sortir le loup du bois ? Ils ne l’ont pas fait, pourquoi ?) . Car à cet égard, les journalistes, les médias, en ne jouant pas leur rôle, participent à ce mensonge collectif. Ils n’osent pas, ( à quelques exceptions près) car il serait politiquement très incorrect de mettre François Hollande ou même Mélenchon en difficulté. On a le droit pour le Pen et Sarkozy, voire Artaud et l’autre. Celui qui le ferait pour Hollande serait mis au banc de la gent médiatique et marqué du sceau de l’infamie, traité de vendu, de traitre, de fasciste. Comme dans les années 50, rien n’a tellement changé. Alors on leur pose des questions convenues, sachant qu’eux viennent avec leurs réponses, comme disait Marchais.

En pratique, qu’en conclure ?

Notre choix devrait donc se concentrer sur quelques questions essentielles, et uniquement sur quelques questions essentielles :

-          Sans une économie forte a-t-on une chance d’échapper au désastre annoncé ? C'est-à-dire à cette lente régression depuis 30 ans, sous Mitterrand et sous Chirac (avec la parenthèse de la crise mondiale de 2008, qui nous touche comme les autres) ?

-           Sans une économie forte, peut-on rembourser la dette, et financer les services  publics, financer  le social, la santé,  la justice, la police, les infrastructures, la recherche, l’école ?

-          Sans compétitivité des entreprises et la création de richesse qui en découle, peut-on avoir une économie forte ?

-          Lequel des candidats est le moins éloigné d’une vision de cette compétitivité, de la place de la France réelle dans le monde réel, et d’un chemin pour sortir de nos mauvaises habitudes ?

-          Enfin, on ne cherche pas un Président  parfait, gendre parfait, le plus sympa, le plus amusant, mais celui qui fera le moins de mal à notre avenir.

Pour ce qui me concerne, entrepreneur, sans attache partisane, ma réponse est sans ambiguïté :

-          Avec la crise Sarkozy était obligé d’accroître la dette. Il a maintenu le pouvoir d’achat, c’est un exploit. Hollande le sait, comme tout le monde, et il ment. Ce n’est donc pas un critère honnête de rejet.

-          Avec son entourage et les partis qui le soutiennent (comme la corde soutient le pendu , parfois) Sarkozy ne pouvait faire en 5 ans la rupture complète nécessaire avec le Mitterrando-Chiraquisme qui nous a ruinés. Il a commencé.

-          Tous sous-estiment caricaturalement  l’importance de l’économie, de la compétitivité, de la création de richesse, et ne comprennent pas que sans cet élément structurant  toutes les autres promesses sont impossibles, irréalisables.

-          Mais cette incompréhension est  plus profonde, de beaucoup, chez les socialistes et leurs alliés, qui croient encore que l’intention suffit à créer son objet. Pour eux la création de richesse, l’essentiel à mes yeux, est un OPNI , Objet Politique Non Identifié, comme pour Mitterrand et Chirac, et en ce sens Hollande est le prolongement du Mitterando Chiraquisme qui nous a tant fait régresser, et qui va finir de nous ruiner avec les socialistes au pouvoir, car nous n’avons plus de marges de manœuvre, et ils n’ont aucune conscience de cette équation.

-          Chez Hollande il n’y a aucune vision, juste un programme à plat et des intentions égalitaires  proclamées depuis 30 ans par  la gauche plurielle, depuis deux siècles de république, depuis deux millénaires de christianisme. Sans résultat, le constat est partagé par tous.  Ceci prouve que l’égalité ne se proclame pas, ne se décrète pas, elle se rend possible par une vision, qui intègre les facteurs de création de richesse. Car comment répartir le supplément de création de richesse, alors qu’on s’appauvrit ? Sauf, comme dans toutes les expériences de ce type, à se retrouver tous égaux dans la misère, ou dans la mort ? C’est effectivement le choix.

-          Hollande n’est pas le principal problème, la coalition hétéroclite qui le soutient est un obstacle encore plus grave que sa propre incapacité, à mettre en œuvre une vision cohérente, qui n’existe pas du reste.

-          Si on pense que la France est dans un tel état d’inconscience, d’aveuglement,  et d’illusion, qu’il faut qu’on  toucher vraiment le fond pour rebondir, il faut voter Hollande. Mais ça va être dur, très dur. Surtout pour la classe moyenne qui va tout payer cash.

-          Si on ne veut pas de cette potion terrible pendant 5 ans au moins, il faut voter pour "le moins éloigné" d’une vision et d’un chemin possible, lui donner une chance de réaliser ce que la crise et certains de ses alliés ont empêché . Donner une chance, qu’il n’a pas eu, à Nicolas Sarkozy. Et faire pression pour qu’il aille le plus possible dans la bonne direction : c'est-à-dire, d’abord mettre en œuvre les conditions pour permettre aux forces vives de  créer de la richesse, ensuite la mieux répartir, et sans tuer la poule aux œufs d’or, l’envie de faire, de créer, d’entreprendre.

Si cela c’est être libéral,  il est urgent d’être libéral pour être réellement social.

Robert Bellec

 

 

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Robertb Bellec - dans Réflexion politique
commenter cet article

commentaires

lds 23/04/2012 14:00

Votre analyse me semble juste ou tout du moins rationnelle, sans entrer dans les détails, mais ce n'est pas avec des analyses rationnelles qu'on remporte les élections.
Non pas que nous soyons condamnés à subir des politiques dénuées de réalisme économique, mais plutôt qu'une politique réaliste et efficiente ne suffit pas en soi, il faut aussi un discours pour la
vendre et y faire adhérer.