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 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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11 octobre 2014 6 11 /10 /octobre /2014 05:11

 

Bernard Carayon

 

La droite emprunte depuis longtemps ses mots à la gauche : la peur de ne pas paraître assez à gauche est sa maladie honteuse. Un jeune parlementaire, saluant le « nouveau Sarkozy », se réjouit qu’il n’apparaisse plus comme l’homme d’une « droite conservatrice et réactionnaire » : la droite injurie souvent sa droite ; la gauche s’épargne cette maladresse avec sa gauche. “Exclusion”, “discrimination”, “phobies”, “sans-papiers”, “mariage pour tous”, tout est bon, à gauche, pour incarner le progrès, jeter l’anathème, interdire, forcément, “tout retour en arrière”. Sommes-nous condamnés à changer de langue, comme dans un pays occupé ? Un syllogisme donne le la : la gauche, c’est le progrès, le progrès c’est bon, donc la gauche est notre horizon collectif. Cessons de jouer les assesseurs au tribunal de l’inquisition morale !

Pourquoi considérer que le progrès incarne le projet de nos adversaires, quand tant d’échecs et de mensonges se marient avec tant d’espoirs piétinés ! Quel “progrès” d’ailleurs ? Celui de “l’esprit humain”, vanté par Marx, un sacré humaniste dont les lois pseudo-scientifiques portent en germe la révolution bolchevique et le génocide cambodgien ? “Progrès”, la “loi de la raison” imposée par les guillotineurs et les massacreurs de la Vendée ? “Progrès”, la bombe de Hiroshima, les manipulations génétiques et les décapiteurs en live sur nos ordinateurs ?

On ne se méfie jamais assez des mots qui créent des mythes : le “progrès” n’est que l’infini à la portée des naïfs. Parler tous la même langue, celle qui, de surcroît, nous culpabilise, c’est entrer dans cette mécanique infernale d’uniformisation des comportements et des pensées que dénonçait de Gaulle dans un discours prononcé à Oxford, le 25 novembre 1941.

La soumission aux mots et aux mythes de l’adversaire est une capitulation culturelle : notre émancipation, voilà l’enjeu véritable. La gauche hollandiste, qui voulait fonder une « République exemplaire », est déjà morte. Son logiciel intellectuel, celui de Terra Nova, think tank bobo, libéral-libertaire, en a depuis longtemps exclu les “sans-dents”, ouvriers et employés, au profit des cadres, des enseignants et des immigrés. Et les “sans-dents” mobilisés par Sarkozy en 2007 l’ont abandonné en 2012 parce qu’il n’était pas allé jusqu’au bout de ses transgressions : mobilisé par la crise de 2008, il a sous-estimé les questions sociétales, la rage des gens modestes qui, dans les cités et les villages, baissent la tête en croisant les bandes, le délitement de l’autorité publique et du pouvoir hiérarchique dans l’administration en raison de l’inexpérience de certains ministres.

Que l’ancien président revienne au peuple et à la République par le référendum, le style gaullien et les mots qui s’y rattachent, puissance, indépendance, rassemblement !

Qu’il ne se laisse pas imposer les mots et les codes qui signent notre déclin national, nos fractures sociales, notre “identité malheureuse”. “Conservateurs” ? « Le mot, certes, commence bien mal » (Thierry Maulnier), mais s’il s’agit de promouvoir la famille dans sa forme traditionnelle, le mérite et sa récompense dans l’ascension sociale, l’entreprise et sa vocation de créer, sans boulet bureaucratique, des richesses, si la démocratie doit renouer avec la souveraineté nationale et la République avec sa mission de renvoyer à l’intime les religions et de lutter contre les provocations civilisationnelles, alors oui, soyons “conservateurs” !

Et si être “réactionnaire”, c’est s’insurger contre des pouvoirs sans contrepoids, contre une poignée de juges et de journalistes qui ont pris l’habitude de condamner avant de juger et de juger avant d’entendre, si c’est s’opposer aux autorités européennes qui imposent à notre continent des règles dont elles exonèrent nos concurrents, alors, oui, soyons “réactionnaires” ! Mais cessons d’être dupes des mots auxquels ne croit plus un peuple exaspéré qu’on ne s’occupe plus des choses.

 

 

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Published by Bernard Carayon - dans Réflexion politique
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