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 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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8 septembre 2014 1 08 /09 /septembre /2014 05:36

 

Par Laurent Valdiguié, dans le JDD...

 

Trois raisons de lire Merci pour ce moment, le livre confession de Valérie Trierweiler.

Ceci n'est plus (seulement) un livre. Merci pour ce moment est déjà autre chose. Un phénomène. Un miroir braqué sur notre époque. Sur nous. Notre rapport au pouvoir, au mensonge et à la vérité. Notre rapport aux politiques, notre appétit de tout savoir sur eux. Leur capacité ou non de changer l'avenir. Leur sincérité. En 2008, Bienvenue chez les Ch'tis a fait 20 millions d'entrées parce que les Français avaient envie de rire ensemble. En 2014, Merci pour ce moment va être lu par des (centaines de milliers de) lecteurs qui vont partager, avec Valérie Trierweiler, une envie de pleurer. Sur cette colère qui gronde. Sur cette déception qui envahit tout. Le moteur du livre, une histoire d'amour qui meurt, devient au fil des pages la métaphore d'une autre rupture, celle d'un président et d'un pays. Une histoire d'illégitimité qui tourne mal. Pour elle d'abord. Pour lui ensuite…

"Oui, ce livre est une grenade dégoupillée, confie au JDD un des responsables du PS. C'est l'histoire d'une séparation, d'un divorce, pas seulement intime, mais d'un divorce public. Ce récit est un poison mortel pour François, mais aussi, peut-être, pour une génération de politique…"

Il faut donc lire ce livre.

Malgré (et aussi à cause) de la fatwa qui pèse sur lui, cette quasi-interdiction brandie comme une sorte de défense réflexe, mercredi, par des proches du Président et jusque sur le plateau du 20-Heures de France 2, navire amiral du service public.Leur quasi consigne : "ne pas le lire ni en parler". C'est un détail, mais le matin même, Alain Juppé a fait ouvrir la librairie Mollat à Bordeaux avant l'heure prévue, pour avoir un exemplaire. Non seulement il faut lire Merci pour ce moment, mais tous ceux qui le liront… en parleront. Pour au moins trois raisons.

Un témoignage légitime

Des milliers d'articles ont été écrits sur le couple présidentiel, son installation à l'Élysée, sa rupture. À quel titre Valérie Trierweiler n'aurait-elle pas eu le droit, librement, d'en livrer sa propre version? Comme dans tout récit intime, chaque lecteur sait qu'il s'agit d'une "vérité". Subjective. Univoque. Son récit intime menacerait-il "les institutions et la démocratie", comme l'ont dit certains ? En quoi ce livre, si intime soit-il, même au risque de l'impudeur, empêcherait-il le gouvernement de gouverner, les lois d'être votées et l'administration de fonctionner?

Autre argument, il porterait atteinte à la "sacralisation" de la fonction. Davantage que certaines unes de magazines? Davantage que l'image du Président à l'arrière d'un scooter? À son crédit, le livre ne transgresse aucun secret d'État. Il ne révèle pas de coulisses interdites, les dessous d'une décision engageant le pays. Rien qui ne mette en danger les intérêts de la France, sa diplomatie… Très peu de développements sur le personnel politique. Juste un passage au vitriol sur Aquilino Morelle, "le conseiller spécial est très spécial", "pris dans les lacets de ses chaussures" ; une phrase pour dire que, selon Hollande, "Fabius a raté sa vie", et que "Royal en 2007 n'avait pas le niveau" ; une scène de "retournement de veste" de Bartolone évoquée en deux phrases comme "un échantillon du comportement humain dans le vivier vipérin de la politique", écrit-elle. À l'évidence, sur ce terrain, comme sur celui des journalistes ("j'en croise certains, à la maison, venus conseiller le candidat…"), Valérie Trierweiler s'est censurée.

Un récit touchant

Sur la violence du pouvoir, sa brutalité, son coût exorbitant pour ceux qui l'exercent. "En politique, il vaut mieux ne pas être du côté des perdants", dit-elle. Sur la modification qui s'opère, dès le soir de l'élection, à la façon d'une métamorphose, et qui, au final, pourrait aussi permettre de mieux comprendre le François Hollande d'aujourd'hui. Valérie Trierweiler ne s'épargne pas non plus. Elle dresse un portrait d'elle sans concession, sa jalousie, ses erreurs, la folie de son tweet…

De leur histoire d'amour, elle brosse un récit poignant. Sous cet angle, "son" François des jours heureux, celui qui "est fait pour le bonheur" et "dévore la vie avec un optimisme hors norme", est même émouvant… "Il n'y a pas que des choses négatives dans ce livre", a admis samedi l'ami du président, Me Jean-Pierre Mignard…

Un portrait édifiant

Mais ce qui fait de ce livre un ovni unique, c'est ce portrait terrible qu'il porte du président de la République en exercice à mi-mandat. Il y a là ses défauts supposés, dont celui-là, qui en cinq jours a fait le tour du monde : "…en réalité, le Président n'aime pas les pauvres. Lui, l'homme de gauche dit en privé, les "sans-dents", très fier de son trait d'humour", écrit-elle. L'attaque, depuis mardi, est combattue par tous les proches du Président. Normal. Mais le livre décrit à plusieurs reprises un Hollande coupé "des réalités quotidiennes", qui "connaît si peu le prix des choses…" et que la fonction présidentielle a peu à peu enfermé : "…je l'ai vu se déshumaniser, jour après jour, sous le poids des responsabilités et être gagné par l'ivresse des puissants, incapable d'empathie, écrit-elle dans un des passages les plus violents du livre. Se prendre pour un seigneur. Comme lors de ce dîner avec sa garde rapprochée de la promotion Voltaire, cela m'avait frappée : trente ans qu'ils attendaient le pouvoir. Ils l'avaient enfin et se considéraient comme des demi-dieux plein d'arrogance…" Autres facettes qui reviennent en boucle : son indécision ("les décisions durables n'existent pas chez lui") et sa duplicité ("cette science du mensonge qu'il cultive depuis si longtemps…")

Accablant. Oui, accablant.

dimanche 07 septembre 2014


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Published by Laurent Valdiguié, JDD - dans Réflexion politique
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commentaires

Elie Arié 23/09/2014 22:47

Et maintenant, Aquilino Morelle , l'homme aux chaussures bien cirées, annonce le sien.
C'est le nouveau truc pour garder son poste " Si tu me vires, j'écris un livre sur toi ! ", et, si la menace ne marche pas, le golden parachute de ceux qui n'en avaient aucun dans leur contrat .