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Contact: marcdhere.mdh@gmail.com 

 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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22 novembre 2009 7 22 /11 /novembre /2009 22:14

Notre ami, Claude Guignard, propose une réflexion à la Commission économique, de La Gauche Moderne...Quoique ce texte soit un outil de réflexion et de  travail,  je prends sur moi de  le publier...J'espère qu'il ne m'en voudra pas
...


La sortie de la crise actuelle commencée fin 2007 est la préoccupation des gouvernements de la planète en cette fin d’année 2009, bien plus que la température de la planète en 2030, qui est entachée d’ailleurs à peu près d’autant d’inconnues.

 

L’étude de la Grande Dépression n'est pas rassurante :

            La chronologie du déclenchement n’en est toujours pas élucidée en raison des causes multiples et interdépendantes. Et de plus seule la guerre de 39-45 a permis de sortir d’une léthargie de mini-reprises et mini- dépressions.

La leçon de cette grande dépression a certes été « ce qu’il ne faut pas faire,à savoir la politique du président républicain de l’époque, Hoover ».Ben Bernanke , le président de la FED, très bon connaisseur de la Grande Dépression, a donc mené la bonne politique,  alimenté le crédit, soutenu l’ industrie  et s’est refusé au protectionnisme , et a su  convaincre le président B. Obama.

Mais on est bien obligé de constater que ces mesures pertinentes n’ont pas permis de ramener l’économie américaine, et par voie de conséquence l’économie des pays industrialisés dans une situation stable de croissance. Or comme le démontre Daniel Cohen dans « La prospérité du Vice », la croissance est indispensable dans nos sociétés pour que les jeunes générations acceptent de continuer à financer les anciens (dont je suis) . Or tant que le chômage continuera  à augmenter, et cela à peu près partout dans le monde industrialisé, les déficits et les dettes des états vont atteindre dès 2010 des niveaux difficilement tolérables, leur poids sur les générations futures, détruisant à terme la cohésion sociale.

La grande différence par rapport à 1929,  est la perte de compétitivité des nations anciennement industrielles par rapport aux pays émergents (Chine-Inde) et cela va durer étant donnée leur réserve de gains, en productivité, mais aussi en services (cf sociétés de services informatiques hindoues, ou de recherches pharmaceutiques) et en  agriculture face aux nouveaux pays agricoles (Brésil, Argentine, Australie, Nouvelle Zélande, sans doute bientôt Ukraine) .

On va bientôt d’ailleurs mesurer les dégâts causés par l’abandon de l’industrie au profit des services (en particulier les services financiers, qui captent une part excessive du PIB), qui créent du confort mais peu de richesses. De même les réactions passionnelles et pas du tout argumentées économiquement (contre la malbouffe, contre les OGM et pour la promotion du bio, en fait importé en grande partie et au moins 30% plus cher) n’arrangent pas les affaires de notre agriculture.

 

Le défit est un peu effrayant : il faut repositionner nos pays dans la compétition mondiale à terme, alors qu’on manque à la fois de temps et d’argent.

La aussi, l’histoire économique n’est pas encourageante : La Grande Bretagne, malgré Keynes, ne s’est jamais remise du choix de 1921 de sacrifier son industrie, déjà dépassée par l’industrie allemande, au profit de sa finance, en soutenant la livre par des taux d’intérêt élevé.

Que faire pour maintenir la cohésion nationale par un minimum de croissance, dans un environnement de plus en plus compétitif, alors qu’il faut repositionner ou réorienter industrie, services et agriculture et qu’il n’y a pas beaucoup d’argent.

 

1° Il faut toujours établir des raisonnements quantitatifs : se méfier des formules essentiellement rhétoriques, telles que rendre la recherche compétitive, créer des emplois avec les industries vertes : ( combien, 1 million ?, deux  millions, trois millions ? et par quels raisonnements ?)

Tout investissement  doit «  in fine » générer soit des gains de productivité permettant d’améliorer la compétitivité et/ou des produits compétitifs sur le marché international du futur.

La sélection des investissements, en distinguant bien le moyen terme et le long terme, doit se faire sur ces critères de compétitivité sur les marchés de demain, bien analysés en volume et en évaluant la part accessible pour notre industrie nationale.

Il est nécessaire de mettre à jour ce « tableau de bord » de notre économie.

Il faut absolument que les industriels concernés soient impliqués dans l’établissement des objectifs  et prennent des engagements, (comme c’est le cas pour Renault-Nissan, Peugeot et EDF sur la voiture électrique et hybride.)

2°) Il faut avoir un plan de sélection de nos activités (On ne pas tout faire) : industrielles, en agriculture, de services avec les études économiques qui permettent de contrôler l’équilibre budgétaire,  les résultats du commerce extérieur, les moyens de l’indépendance politique ( Budget de Défense), l’indépendance énergétique, entre autres.

3°) Il faut un minimum de coordination européenne, sans angélisme car nos amis sont aussi nos concurrents, mais éviter le manque de coordination France-Allemagne qui sévit dans le nucléaire : Siemens coopère avec les Russes, Areva avec les Japonais (Mitsubishi) et on envisage de vendre 40% d’Areva(La division TD= 35.000 personnes) à un de ses pires concurrents : General Electric ou Toshiba-Westinghouse ! Même si ce n’est pas fait, le discours des commerciux d’Areva ne doit pas être facile ! 

Il y a à mon avis urgence à commencer à réfléchir à cette problématique, et à la stratégie qui permettra d’associer politiques, nationaux et régionaux , aux experts industriels, agricoles, des services, de l’innovation.

Il n’a échappé à personne que le duo Juppé-Rocard, si estimables qu’ils soient, manquaient de support d’experts, et de réflexion dans la durée.

La méthode de la commission Attali m’a paru une formule propre à mobiliser les parties prenantes, tout en ouvrant sur l’étranger, et d’arriver à un résultat suffisamment consensuel et exploitable dans un temps raisonnable.

C’est donc cette démarche que je propose.

Claude Guignard

 

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Published by Claude Guignard - dans Economie et social
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commentaires

J.M. 24/11/2009 12:39


En clair :coordination européenne oui sans restriction si ce n'est qu'avec Monsieur Herman Van Rompuy et Madame Catherine Ashton, l'Europe sera représentée par des personnalités politique
européennes pour lesquelles je n'aurai pas voté lors d'une consultation de l'ensemble des Européens.


Marc d'Here 24/11/2009 13:41


C'est assez juste! Je le regrette aussi.


J.M. 24/11/2009 10:25


Commission Attali et comités d'experts

Certes, mais des 365 propositions de cette commission, combien ont été mises en oeuvre ?
Si le Centre d'analyse stratégique ne répond pas à la nécessité d'établir une... stratégie, faut-il réinventer un commissariat général au plan ? Ce matin le C.A.S. se proposait de définir des
priorités européennes. Il serait utile ou nécessaire de les connaître. Quant à la coordination européenne, une commission sur les questions d'énergie réclamée depuis longtemps par Paul Quilès,
notamment, fonctionne-t-elle ? Si faire brûler un cierge à Saint Pépin le bref, dont Claude connaît certainement toute l'histoire, et attendre des dernières personnalités désignées à la la tête de
l'U.E ne suffit pas pour que l'Europe soit reconnue comme une entité puissante, que faire ?


Marc d'Here 24/11/2009 10:40


Il n'est pas obligatoire de mettre en oeuvre toutes les recommandations d'une commission "d'experts" qui ne peut avoir qu'un rôle de conseil...rien de plus. La décision appartient au politique, au
pouvoir légitime.

Pour le reste, j'ai du mal à comprendre....


Elie Arie 23/11/2009 14:16


Analyse à compléter par:

Gréau : «Aucun pays développé ne pourra rembourser sa dette»

http://www.marianne2.fr/Greau-Aucun-pays-developpe-ne-pourra-rembourser-sa-dette_a182866.html

(Jean-Luc Gréau est un économiste travaillant autrefois pour le MEDEF, aujourd'hui proche de Chevènement...et pourtant non adhérent à la Gauche Moderne: bizarre...).


Marc d'Here 23/11/2009 16:54


Personne n'a jamais demandé le remboursement total des dettes. Il est évident que la totalité des pays développés conserveront une dette publique (et privée!) pendant des décennies...Et au delà! Je
pense que Chevènement, lui ,le sait parfaitement  et qu'il n'a pas besoin des dires d'un "économiste proche du Medef" pour le lui apprendre; Nous non plus!


doiret 23/11/2009 11:59


tout à fait d'accord