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Contact: marcdhere.mdh@gmail.com 

 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 15:16


Alain de Vulpian
m’adresse ces notes qui émanent d’une association réfléchissant aux évolutions de nos sociétés…Ils pensent distinguer à travers quelques signaux faibles, des tendances lourdes…Je reprends quelques unes de leurs observations.

 

Le basculement du système économique occidental est en cours.

 

Les crises financière, économique, climatique, épidémiologique, les réactions des gouvernants, des entreprises et de la société des gens, le sommet de Copenhague et ses à-côtés ont nourri des prises de conscience et accéléré des processus qui, pour certains d’entre eux, cheminaient depuis des années. Dans les pays très industrialisés une profusion de signaux faibles confirment que l’histoire s’accélère.

Beaucoup plus que des crises à surmonter : une révolution anthroposociologique à réussir.

 

L’idée s’installe d’une crise planétaire aux manifestations variées.

En Europe, l’intelligence émotionnelle collective tend à fusionner la préoccupation écologique et la nouvelle nécessité de réglementer la finance pour protéger la planète des catastrophes et désordres économiques et sociaux qu’elle induit.

La crise financière et économique, la crise écologique et à la limite la crise épidémiologique de la grippe A interagissent dans les têtes et se mêlent. Elles annoncent d’autres crises qui pourraient bien à leur tour fusionner avec elles.

La présence à l’esprit de la planète s’est considérablement renforcée.

 

Le remue ménage autour de la préparation de sommet de Copenhague, de sa préparation, de son déroulement et de sa conclusion met en lumière une autre fusion en train de s’opérer.

La société des gens, les blogs, les agents de changement et les ONG ont été très présents tout au long de la conférence. Avaaz.org souligne qu’à travers des milliers de veillées, de rassemblements et de manifestations, par une avalanche d’appels téléphoniques et de messages envoyés, à travers une pétition de plusieurs millions de signatures, une mobilisation sans précédent s’est organisée. Et ses revendications se sont élargies : il ne s’agissait plus seulement de préserver l’équilibre des climats, la biodiversité, les réserves de matières premières et de sources d’énergie mais aussi de contribuer à l’harmonie de l’écologie sociale planétaire (le développement harmonieux et équitable de l’économie et des populations de la planète). Jusqu’à présent les associations approchaient le problème climatique dans une perspective  essentiellement environnementale. Mais à Copenhague les écologistes et les altermondialistes se sont rapprochés et posent le problème climatique en termes plus politiques et de justice sociale.

 

La conviction s’installe qu’aucun de ces objectifs ne sera atteint sans une transformation profonde de nos modes de vie et de consommation, et l’idée pointe que celle-ci ne sera pas nécessairement une punition ; au-delà de la décroissance punitive ou de l’épanouissement frugal une croissance verte et humaniste est à notre portée qui fournirait du travail aux chômeurs et de la réussite aux entrepreneurs.

 

Quelques conversations entendues ici et là, quelques articles dans la presse laissent penser que l’idée pourrait être en train d’émerger, encore très minoritaire, que toutes les crises n’en font qu’une et que nous sommes en fait confrontés au défi de réussir une révolution anthroposociologique globale ou de construire une civilisation planétaire harmonieuse.

 

 

 

 

 

La déception de Copenhague pourrait favoriser une multiplication des initiatives bottom up.

 

56 journaux de 45 pays ont publié le 7 ou le 8 décembre un éditorial commun faisant appel aux chefs d’Etats de la planète pour que le monde s’engage sérieusement pour limiter le risque climatique.

 

Newsweek (14/12.09) fait état des résultats d’un sondage « world wide » sur le risque climatique :

-          60% des gens pensent que leur gouvernement devrait accorder une priorité plus importante au risque climatique

-          65% disent que leur gouvernement devrait prendre très rapidement des mesures radicales pour lutter contre le changement climatique

-          73% que les pays riches devraient aider les pays en développement à limiter les émissions.

 

Le sommet de Copenhague ouvert le 7 s’est terminé le 19 décembre en laissant une impression dominante en Europe de profonde déception. Il sera intéressant de voir comment cette déception va se décanter.

 

Les avancées sont réelles. Les dirigeants des pays de la terre ont reconnu la réalité du défi écologique. L’ « accord de Copenhague » rédigé par une vingtaine d’Etats est approuvé par une centaine. Il enregistre l’engagement des principaux pays émergents à réduire leurs émissions. Il prépare un jeu de normes internationales permettant la comparaison des actions de tous. Certains pensent que la mention de la limite à 2% du réchauffement planétaire implique logiquement un niveau donné de concentration de gaz à effet de serre, donc des objectifs définis. Autre point positif : l’accord améliore les propositions de financement pour les pays pauvres.

 

Mais ceci est insuffisant par rapport aux attentes des peuples d’Europe. L’accord n’est pas un traité dûment signé et engageant les signataires sur des objectifs précis. Il n’est pas certain qu’il prépare la mise en place d’une organisme international de contrôle. Les objectifs qu’il évoque sont beaucoup moins ambitieux que ceux que souhaitaient l’Europe, le Brésil ou l’Afrique du Sud. Aucune décision concrète concernant l’établissement généralisé d’une taxe carbone n’a été prise. On a beaucoup remarqué le jeu des égoïsmes nationaux (notamment Etats Unis, Chine, Inde).

L’impression domine que les dirigeants politiques et les experts réunis à Copenhague ne nous ont pas clairement installés sur la voie de répondre au défi écologique et qu’ils ont été largement inspirés par les éternels égoïsmes nationaux. Sauf cas de crise aiguë, on ne peut pas compter sur les dirigeants politiques pour faire passer les exigences planétaires avant  les intérêts nationaux ou corporatifs.

Les dirigeants de l’Europe semblent fautifs. Nettement en avance sur la voie d’une économie décarbonée, ils ont fait preuve de timidité et n’ont pas su jouer leur rôle.

Une idée chemine dans plusieurs journaux et blogs : les dirigeants se sont discrédités, c’est aux peuples d’agir. C’est aux gens (citoyens, consommateurs et travailleurs), à la société des gens et à ses réseaux, aux entreprises les plus conscientes et peut-être à certains pouvoirs locaux d’agir. Devons-nous nous attendre à un foisonnement d’initiatives bottom up ?

 

….

Des dirigeants d’entreprises de plus en plus nombreux virent leur cuti.

 

Les banques sont restés très actives tout en faisant profile bas. Les fonds de placement se sont repliés. Les uns et les autres agissent auprès des pouvoirs pour éviter des réglementations trop sévères. Mais, simultanément, de nombreux fonds de placement s’orientent vers une finance à objectifs sociaux  et/ou écologiques. 

 

La résistance des entreprises polluantes perd de sa force.

Il est vrai que leurs lobbies sont restés très actifs. Pendant la préparation du sommet de Copenhague, ils ont déployé de grands efforts.. Le piratage informatique de la correspondance privée de quelques climatologues de renom a alimenté l’Internet et la presse pendant quelques semaines avant le congrès, cherchant à mettre en doute la réalité du consensus scientifique sur le réchauffement climatique. Le chef de la délégation saoudienne a évoqué ce « climategate » en conférence et a demandé une enquête internationale indépendante sur cette affaire.

Cependant, la conviction faiblit. D’après Le Monde du 24/12 les grands pays exportateurs de pétrole réunis au sein de l’OPEP ne cachent pas leur satisfaction devant la timidité des engagements pris mais le journal souligne qu’ils préparent déjà l’après pétrole notamment en investissant massivement dans l’énergie solaire ou photovoltaïque.

Un grand changement s’est opéré en quelques mois. Il n’y a plus, même aux Etats Unis, de front uni des entreprises pour s’opposer à une croissance verte. The Economist (12/12) évoque le cas des « lobbyists excités et des Républicains outragés » qui s’opposent au « tsunami régulateur » qui se prépare pour souligner que l’attitude de la plupart des entreprises devient beaucoup plus nuancée. Des entreprises approuvent les réformes en préparation. La Chambre de Commerce des Etats Unis, d’après The Economist le plus vénérable des corporate lobbies,  a du modérer son opposition après que quatre firmes prééminentes (Apple, PG&E, Exelon et PNM Ressources) aient démissionné, que Nike ait démissionné du board et qu’un autre membre du board, Duke Energy, ait réduit sa contribution en signe de protestation. De son côté, Newsweek (du 14/12) publie un gros papier « A business revolution » centré sur le Communiqué sur  le Changement Climatique signé par plus de 800 dirigeants d’entreprises demandant un accord global ambitieux en direction d’une économie  décarbonée.

 

Dans les états-majors des grandes entreprises européennes des prises de conscience cheminent rapidement.

° Le discrédit de la finance et de la grande entreprise dans le corps social, le rejet des dirigeants par une partie du personnel, le stress au travail, la perte de vitalité et de résilience sont des problèmes qu’on ose mettre sur la table et qui commencent à être perçus comme stratégiques.

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° Des états majors de plus en plus nombreux réalisent qu’en s’orientant vers une économie décarbonée ils vont trouver des pistes de développement rentable. Et, dans leur sillage une partie du public semble prendre conscience qu’au-delà de la décroissance punitive et de la frugalité vertueuse une croissance verte et humaniste est à notre portée qui fournira du travail aux chômeurs et des succès commerciaux aux entrepreneurs avisés.

 

° Bon nombre de dirigeants ont réalisé au cours des derniers mois que leur entreprise, centrée sur la profitabilité à  court terme, ne s’était pas suffisamment préparée à inventer ses voies de développement d’avenir dans un contexte très différent de celui qu’on croyait permanent. Par exemple, les dirigeants de l’automobile ont du constater que la voiture électrique ou semi électrique n’était pas une idée pour plus tard mais un produit capable d’éveiller une demande immédiate, demande à laquelle ils étaient incapables de répondre faute d’avoir engagé en temps voulu les recherches et les investissements nécessaires. Certains ont également pris conscience .que le « service automobile » tel qu’il était actuellement proposé suscitait chez de nombreux automobilistes des souffrances qui s’accumulaient et qu’il aurait fallu imaginer et leur proposer depuis quelques temps déjà un service de déplacements aisés qu’on essaye maintenant de concevoir. De son côté, la SNCF a fait une découverte équivalente ; son Président, Guillaume Pepy, interviewé par  Le Monde (18/11/09), évoquait « la nouvelle vocation de la SNCF : une entreprise française de service de mobilité durable dont les ambitions sont internationales » dont le train ne serait plus qu’un élément ; il disait son « énorme regret » que la SNCF n’ait pas pris l’initiative d’exploiter le vélib.

 

° Les dirigeants se multiplient qui sont sensibles à la présence dans leur entreprise d’agents de changement et d’agents de blocage et de contestation. La recherche-action sur « Dix ans d’apprenance » a bien montré qu’ils perçoivent l’utilité des premiers et sont tentés de s’appuyer sur eux. Une idée fait réfléchir : si l’entreprise s’ouvre, des agents de blocage pourront devenir des agents de changement et inversement si l’entreprise se ferme.

 

° Des entreprises, comme des fondations ou des agences publiques s’impliquent de plus en plus souvent dans des réseaux collaboratifs. Les réseaux collaboratifs sont probablement  l’une des grandes innovations sociogénétiques de ces toutes dernières années. Après les réseaux personnels, les sociosystèmes (micro et macro), les philées et les mouvances, les ONG, les réseaux sociaux, etc. émergent les réseaux collaboratifs. Ce sont des réseaux qui se tissent entre non seulement des personnes et des réseaux mais qui impliquent aussi des organisations (entreprises, fondations, municipalités, …) et des « choses » (produits, services, énergies, objets, indicateurs de mesure, etc.).

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Published by Alain de Vulpian et amis - dans Réflexion politique
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