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PRESENTATION

 

 

Contact: marcdhere.mdh@gmail.com 

 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 06:12

 

EXCLUSIF - À quelques jours de l'élection, le candidat à la présidence de l'UMP assure, dans une interview au Figaro, que les primaires auront bien lieu en 2016 et affirme qu'une guerre entre Juppé et lui «serait suicidaire».

 

LE FIGARO. - Deux mois après votre retour à la politique active, votre regard sur la France et les Français a-t-il changé?

Nicolas SARKOZY.- J'ai fait dix-neuf réunions publiques, rencontré près de 70.000 militants. Je me suis engagé avec passion dans cette campagne. En trente ans de vie politique, je n'avais jamais vu une telle exaspération, une telle méfiance, une telle colère. Jamais je n'avais vu la France aussi tendue, aussi à cran, aussi inquiète. Mais jamais, en même temps, je n'avais ressenti chez nos compatriotes un tel besoin d'espérance. Cette situation nous crée une lourde responsabilité: celle de préparer et d'incarner l'alternance.

En 2004, vous avez été élu président de l'UMP avec 85 % des voix. Est-ce l'objectif que vous vous fixez?

En matière d'élection, je ne connais qu'un seul critère de succès vraiment incontestable: remporter la victoire. Et si c'est dès le premier tour, c'est encore mieux. Je ne me fixe pas d'autre objectif. Les observateurs tireront bien sûr des conclusions définitives de mon score, soit pour dire qu'il est décevant soit pour dire que la bataille était gagnée d'avance, mais en vérité, trois jours après, tout cela sera oublié. Quand on est élu, ce qui compte, c'est son projet et la rapidité avec laquelle on le met en œuvre. Mon premier défi si je gagne sera de réussir à rassembler la famille et à faire en sorte que la moindre différence entre ses membres ne se traduise pas aussitôt par un étalage de divisions que nous ne pouvons, en aucun cas, nous autoriser. Pendant deux ans, l'UMP a donné le spectacle navrant d'affrontements brutaux. Je veux réconcilier la droite avec elle-même, tourner cette page et rassurer les Français par notre calme, notre détermination et notre cohésion. Cela ne passera pas seulement par le rassemblement mais aussi par la force, la novation, la modernité de nos idées. Plus le message de nos adhérents sera clair, plus cela sera une mauvaise nouvelle pour nos adversaires.

«Je suis bien sûr favorable à une alliance entre la droite et le centre. Mais un centre qui a choisi de s'opposer à la gauche sans ambiguïté et avec clarté. Pas un centre qui est avec la gauche le matin et avec la droite le soir»

Ce n'est pas gagné, à entendre les sifflets qui, à Bordeaux, ont visé Alain Juppé

Je n'aime pas les huées, celles-ci pas davantage que celles qui m'ont visé dans le passé. Mais nous sommes en 2014. Le temps des militants godillots est révolu! Nos adhérents et nos électeurs veulent exprimer ce qu'ils ressentent ; ils veulent se sentir libres de le dire. Je ne serai pas celui qui cherchera à les bâillonner. Je veux être le président d'une formation politique où la parole est libre. Un parti politique n'est ni une caserne, ni une secte. Il doit être un lieu où la liberté d'expression est la règle.

Ces sifflets, pourquoi ne les avez-vous pas interrompus?

Croyez-vous que cela soit si aisé d'interrompre une salle de 5000 personnes qui manifestent leurs désaccords sincères et spontanés avec l'orateur? Au reste, ce n'est pas Alain Juppé qui a été sifflé, c'est ce qu'il a dit. Si j'avais dit la même chose, j'aurais été sifflé moi aussi. Beaucoup - en Aquitaine peut-être plus qu'ailleurs - ont été ulcérés par le fait que François Bayrou se mobilise pour faire élire François Hollande puis utilise les voix de la droite pour devenir maire de Pau. L'hypocrisie et le mensonge sont de moins en moins tolérés, pas plus ceux de François Hollande que ceux de tous les autres.

Mais, vous, êtes-vous aussi favorable à cette alliance?

Oui, je suis bien sûr favorable à une alliance entre la droite et le centre. Mais un centre qui a choisi de s'opposer à la gauche sans ambiguïté et avec clarté. Pas un centre qui est avec la gauche le matin et avec la droite le soir. Dans cet esprit, je considère que Jean-Christophe Lagarde, le nouveau président de l'UDI, et l'ensemble des parlementaires de l'UDI sont des partenaires en qui nous devons avoir confiance. Ne comparons pas l'UDI, qui a gouverné avec nous, et les dirigeants du MoDem, qui ont fait campagne contre nous.

Beaucoup voient dans cet incident le début d'une guerre totale entre Juppé et vous…

Ils ont tort. Je connais Alain Juppé depuis 1975. Nous avons toujours travaillé ensemble en bonne intelligence. Nous avons certes des points de divergence dont nous débattrons peut-être un jour - après tout, ce serait légitime - mais il n'y a jamais eu et il n'y aura jamais d'hostilité personnelle. Je le dis solennellement, notre famille a besoin de tous ses talents. Personne ne pourra réussir seul. L'idée d'une guerre serait suicidaire et en tout état de cause est parfaitement étrangère à mon état d'esprit.

Il n'y aura pas de guerre des chefs?

Non.

«Dans le rassemblement tel que je le conçois (…), personne ne sera obligé de renier ses convictions. L'autorité qui a tant manqué à notre famille politique doit permettre d'accepter les différences»

Mettrez-vous des conditions au déroulement des primaires dont vous avez accepté le principe?

Je le redis: les primaires auront lieu, que personne n'en doute ou ne cherche à en faire un sujet de polémique. Elles auront lieu en 2016. Elles seront ouvertes, car des primaires qui ne seraient pas ouvertes se résumeraient à un vote interne. Elles seront organisées et contrôlées de la façon la plus consensuelle. Elles ne seront soumises qu'à deux exigences: les candidats devront s'engager à en respecter le résultat, c'est-à-dire à soutenir le vainqueur ; les électeurs devront manifester leur adhésion à un corpus de valeurs partagé par la droite et le centre et leur volonté de l'alternance. Je rappelle cependant qu'avant 2016 nous avons à préparer les cantonales et les régionales qui ne doivent pas disparaître derrière l'obsession présidentielle.

Votre position sur la loi Taubira a suscité de nombreuses critiques. Êtes-vous oui ou non favorable à son abrogation?

Oui, je l'ai dit à la réunion de Sens commun. Ma position a toujours été la réécriture de la loi Taubira car le problème du lien entre mariage et filiation n'est pas réglé comme l'ont montré les récentes décisions de la Cour de cassation et de la Cour européenne des droits de l'homme. Pour réécrire une loi, il faut bien abroger la précédente! Ceci posé, on ne va pas démarier les gens et il faudra remplacer cette loi par une autre qui reconnaîtra le droit à un mariage pour les homosexuels. Je répète par ailleurs que je ne crois pas à l'idée du droit à l'enfant. Je suis donc hostile à la GPA pour les homosexuels aussi bien que pour les hétérosexuels.

Votre position est-elle si différente de celle de Bruno Le Maire?

Je ne commente pas les prises de parole des uns et des autres. Ma proposition permettra le moment venu le rassemblement le plus large parce que c'est une position d'équilibre.

Allez-vous faire voter les adhérents de votre parti sur ce sujet?

Le vote doit devenir la règle dans un parti moderne. Il n'y aura pas d'autres façons de trancher les débats au sein de la formation élargie que j'appelle de mes vœux. Il faudra que notre famille politique se mette d'accord sur un socle de réformes essentielles, qui s'appliquera quel que soit le choix de celui ou de celle qui sortira vainqueur des primaires. Le moment arrive où chacun de nous va devoir privilégier ce qui rassemble sur ce qui divise.

La campagne a aussi été marquée par les révélations du journal Le Monde sur un déjeuner entre François Fillon et Jean-Pierre Jouyet. Croyez-vous votre ancien premier ministre lorsqu'il dément avoir demandé l'accélération de la marche de la justice dans les affaires vous concernant?

J'ai pris acte des explications de François Fillon.

Vous avez dit que vous aviez été «trahi par la quasi-totalité des ministres d'ouverture» et vous avez ajouté: «Ce ne sont d'ailleurs pas les seuls si j'en juge par l'actualité.» Fillon vous a-t-il trahi?

J'ai été injuste parce que imprécis. Éric Besson et Jean-Marie Bockel ont été irréprochables. Quand on a été ministre et qu'on a eu l'honneur de servir la France, on n'a pas le droit de renier ce que l'on a fait et l'équipe avec qui on l'a fait.

Rangez-vous dans cette catégorie ceux qui, à l'instar de Nathalie Kosciusko-Morizet ou de Nadine Morano, ont critiqué votre position sur la loi Taubira?

Mais non, cela n'a rien à voir! Dans le rassemblement tel que je le conçois, et surtout sur des sujets aussi personnels, personne ne sera obligé de renier ses convictions. L'autorité qui a tant manqué à notre famille politique doit permettre d'accepter les différences. Je veux porter une ligne d'équilibre qui encouragera chacun à faire un pas vers l'autre. Mon obsession, c'est le rassemblement.

«Il faut désidéologiser le débat fiscal français. La seule question est de savoir si l'on opte pour une fiscalité pragmatique qui nous permettra de lutter à armes égales avec les autres, notamment nos voisins européens»

À plusieurs reprises vous avez dit que la France devrait choisir entre l'Europe et l'ISF. Êtes-vous favorable à l'abolition de l'impôt sur la fortune?

Il faut désidéologiser le débat fiscal français. La seule question est de savoir si l'on opte pour une fiscalité pragmatique qui nous permettra de lutter à armes égales avec les autres, notamment nos voisins européens. Je ne souhaite pas que la France quitte l'Union européenne ou la zone euro, donc, oui, je pense qu'il faut supprimer l'ISF, qui n'existe nulle part ailleurs en Europe.

Que pensez-vous de l'annonce faite par Bruxelles d'accorder à la France quatre mois de plus pour réduire ses déficits?

C'est très bruxellois. On ne décide pas mais on vous prévient qu'on va décider plus tard… Mais ne confondons pas la cause et les conséquences: si l'on veut faire reculer la dette, il faut réduire les déficits, et si l'on veut réduire les déficits il faut s'attaquer vigoureusement à la dépense publique. C'est pourquoi la priorité de notre projet doit être la réduction de la dépense publique et donc la diminution sensible du nombre de fonctionnaires.

Comprenez-vous le patron du PS, Jean-Christophe Cambadélis, lorsqu'il demande l'exclusion du commissaire européen qui a formulé des critiques virulentes contre notre pays?

Dieu sait que je combats la politique désastreuse de M. Hollande! Mais, jusqu'à mon dernier souffle, je resterai un patriote. Quand on insulte la France, je ne peux pas l'accepter.

Pendant la campagne de 2012, vous aviez fait campagne sur le thème des frontières, tout en défendant le maintien de l'AME. Aujourd'hui, vous demandez sa suppression…

C'est que, dans l'intervalle, l'AME a explosé! La facture est passée de 500 à 800 millions d'euros! La situation de l'immigration est devenue hors de contrôle et d'une gravité extrême. Savez-vous que dans trente ans le Nigeria sera plus peuplé que les États-Unis? C'est pour cela que je veux un nouveau Schengen, afin d'harmoniser et de renforcer nos politiques migratoires.

Mais entre la sortie de Schengen et la négociation de ce Schengen II, comment sera protégé le pays?

Ce qui est important, c'est qu'aujourd'hui il y a une volonté partagée en Europe de renforcer les politiques de contrôle de l'immigration, ce qui démontre un large souhait d'aboutir très vite à de nouvelles règles.

Croyez-vous que Marine Le Pen sera présente au second tour en 2017?

Le risque existe. C'est bien pourquoi je suis pour des primaires qui permettront à la droite et au centre de se rassembler derrière un même candidat dès le premier tour de la présidentielle de 2017.

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Published by Le Figaro - dans Réflexion politique
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