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 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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9 décembre 2009 3 09 /12 /décembre /2009 08:38


Dans une tribune publiée par Le Monde, dans son édition datée du 9 décembre, Nicolas Sarkozy, s'exprime pour la première fois publiquement après le référendum en Suisse sur les minarets. Le président de la République rappelle les valeurs de tolérance et d'ouverture de la France et appelle au respect mutuel entre "ceux qui arrivent" et "ceux qui accueillent".

 

Par référendum, le peuple suisse vient de se prononcer contre la construction de nouveaux minarets sur son territoire. Cette décision peut légitimement susciter bien des interrogations. Le référendum impose de répondre à la question posée par oui ou par non. Peut-on répondre par oui ou par non à une question aussi compliquée, qui touche à des choses aussi profondes ? Je suis convaincu que l'on ne peut que susciter des malentendus douloureux, un sentiment d'injustice, blesser les âmes en apportant une réponse aussi tranchée à un problème qui doit pouvoir être résolu au cas par cas dans le respect des convictions et des croyances de chacun.

Mais comment ne pas être stupéfait par la réaction que cette décision a suscitée dans certains milieux médiatiques et politiques de notre propre pays ? Réactions excessives, parfois caricaturales, à l'égard du peuple suisse, dont la démocratie, plus ancienne que la nôtre, a ses règles et ses traditions, qui sont celles d'une démocratie directe où le peuple a l'habitude de prendre la parole et de décider par lui-même ?


Derrière la violence de ces prises de position se cache en réalité une méfiance viscérale pour tout ce qui vient du peuple. La référence au peuple, c'est déjà, pour certains, le commencement du populisme. Mais c'est en devenant sourd aux cris du peuple, indifférent à ses difficultés, à ses sentiments, à ses aspirations, que l'on nourrit le populisme. Ce mépris du peuple, car c'est une forme de mépris, finit toujours mal. Comment s'étonner du succès des extrêmes quand on ne prend pas en compte la souffrance des électeurs ?

Ce qui vient de se passer me rappelle comment fut accueilli le rejet de la Constitution européenne en 2005. Je me souviens des paroles parfois blessantes qui ont été proférées contre cette majorité de Français qui avait choisi de dire non. C'était opposer irréductiblement la France du oui à celle du non, ouvrir une fracture qui, si elle avait dû se creuser davantage, n'aurait jamais permis à la France de reprendre sa place en Europe.

Pour réconcilier la France du oui et celle du non, il fallait d'abord essayer de comprendre ce qu'avaient voulu exprimer les Français. Il fallait admettre que cette majorité ne s'était pas égarée, mais qu'elle avait, comme la majorité des Irlandais ou la majorité des Néerlandais, exprimé ce qu'elle ressentait et rejeté en toute connaissance de cause une Europe dont elle ne voulait plus parce qu'elle donnait le sentiment d'être de plus en plus indifférente aux aspirations des peuples.

Ne pouvant changer les peuples, il fallait changer d'Europe. La France du non a commencé à se réconcilier avec celle du oui à partir du moment où, au lieu de la juger, on a cherché à la comprendre. C'est alors que, dépassant ce qui la divisait, la France a pu prendre la tête du combat pour changer l'Europe.


RIEN NE SERAIT PIRE QUE LE DÉNI


Alors, au lieu de vilipender les Suisses parce que leur réponse ne nous plaît pas, mieux vaut nous interroger sur ce qu'elle révèle. Pourquoi en Suisse, pays qui a une longue tradition d'ouverture, d'hospitalité, de tolérance, un tel rejet peut-il s'exprimer avec tant de force ? Et que répondrait le peuple français à la même question ?

Au lieu de condamner sans appel le peuple suisse, essayons aussi de comprendre ce qu'il a voulu exprimer et ce que ressentent tant de peuples en Europe, y compris le peuple français. Rien ne serait pire que le déni. Rien ne serait pire que de ne pas regarder en face la réalité des sentiments, des préoccupations, des aspirations de tant d'Européens.


Comprenons bien d'abord que ce qui s'est passé n'a rien à voir avec la liberté de culte ou la liberté de conscience. Nul, pas plus en Suisse qu'ailleurs, ne songe à remettre en cause ces libertés fondamentales.

Les peuples d'Europe sont accueillants, sont tolérants, c'est dans leur nature et dans leur culture. Mais ils ne veulent pas que leur cadre de vie, leur mode de pensée et de relations sociales soient dénaturés. Et le sentiment de perdre son identité peut être une cause de profonde souffrance. La mondialisation contribue à aviver ce sentiment.


La mondialisation rend l'identité problématique parce que tout en elle concourt à l'ébranler, et elle en renforce en même temps le besoin parce que plus le monde est ouvert, plus la circulation et le brassage des idées, des hommes, des capitaux, des marchandises sont intenses, et plus on a besoin d'ancrage et de repères, plus on a besoin de sentir que l'on n'est pas seul au monde. Ce besoin d'appartenance, on peut y répondre par la tribu ou par la nation, par le communautarisme ou par la République.

L'identité nationale c'est l'antidote au tribalisme et au communautarisme. C'est pour cela que j'ai souhaité un grand débat sur l'identité nationale. Cette sourde menace que tant de gens dans nos vieilles nations européennes sentent, à tort ou à raison, peser sur leur identité, nous devons en parler tous ensemble de peur qu'à force d'être refoulé ce sentiment ne finisse par nourrir une terrible rancœur.


Les Suisses comme les Français savent que le changement est une nécessité. Leur longue histoire leur a appris que pour rester soi-même il faut accepter de changer. Comme les générations qui les ont précédés, ils savent que l'ouverture aux autres est un enrichissement. Nulle autre civilisation européenne n'a davantage pratiqué, tout au long de son histoire, le métissage des cultures qui est le contraire du communautarisme. Le métissage c'est la volonté de vivre ensemble. Le communautarisme c'est le choix de vivre séparément. Mais le métissage ce n'est pas la négation des identités, c'est pour chacun, vis-à-vis de l'autre, la reconnaissance, la compréhension et le respect.

C'est de la part de celui qui accueille la reconnaissance de ce que l'autre peut lui apporter. C'est de la part de celui qui arrive le respect de ce qui était là avant lui. C'est de la part de celui qui accueille l'offre de partager son héritage, son histoire, sa civilisation, son art de vivre. C'est de la part de celui qui arrive la volonté de s'inscrire sans brutalité, comme naturellement, dans cette société qu'il va contribuer à transformer, dans cette histoire qu'il va désormais contribuer à écrire. La clé de cet enrichissement mutuel qu'est le métissage des idées, des pensées, des cultures, c'est une assimilation réussie.

 

SE GARDER DE TOUTE OSTENTATION


Respecter ceux qui arrivent, c'est leur permettre de prier dans des lieux de culte décents. On ne respecte pas les gens quand on les oblige à pratiquer leur religion dans des caves ou dans des hangars. Nous ne respectons pas nos propres valeurs en acceptant une telle situation. Car, une fois encore, la laïcité ce n'est pas le refus de toutes les religions, mais le respect de toutes les croyances. C'est un principe de neutralité, ce n'est pas un principe d'indifférence. Lorsque j'étais ministre de l'intérieur, j'ai créé le Conseil français du culte musulman (CFCM) pour que la religion musulmane soit mise sur un pied d'égalité avec toutes les autres grandes religions.

Respecter ceux qui accueillent, c'est s'efforcer de ne pas les heurter, de ne pas les choquer, c'est en respecter les valeurs, les convictions, les lois, les traditions, et les faire – au moins en partie – siennes. C'est faire siennes l'égalité de l'homme et de la femme, la laïcité, la séparation du temporel et du spirituel.


Je m'adresse à mes compatriotes musulmans pour leur dire que je ferai tout pour qu'ils se sentent des citoyens comme les autres, jouissant des mêmes droits que tous les autres à vivre leur foi, à pratiquer leur religion avec la même liberté et la même dignité. Je combattrai toute forme de discrimination.


Mais je veux leur dire aussi que, dans notre pays, où la civilisation chrétienne a laissé une trace aussi profonde, où les valeurs de la République sont partie intégrante de notre identité nationale, tout ce qui pourrait apparaître comme un défi lancé à cet héritage et à ces valeurs condamnerait à l'échec l'instauration si nécessaire d'un islam de France qui, sans rien renier de ce qui le fonde, aura su trouver en lui-même les voies par lesquelles il s'inclura sans heurt dans notre pacte social et notre pacte civique.


Chrétien, juif ou musulman, homme de foi, quelle que soit sa foi, croyant, quelle que soit sa croyance, chacun doit savoir se garder de toute ostentation et de toute provocation et, conscient de la chance qu'il a de vivre sur une terre de liberté, doit pratiquer son culte avec l'humble discrétion qui témoigne non de la tiédeur de ses convictions mais du respect fraternel qu'il éprouve vis-à-vis de celui qui ne pense pas comme lui, avec lequel il veut vivre.


Nicolas Sarkozy

Le Monde du 9 décembre 2009

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Published by Nicolas Sarkozy dans Le Monde - dans Société
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commentaires

marc d'HERE 22/01/2010 00:10


Nicolas Sarkozy présidera mardi après-midi une cérémonie au carré musulman du cimetière militaire national de Notre-Dame de Lorette (Pas-de-Calais), plusieurs fois profané ces dernières années, a
annoncé aujourd'hui la présidence de la République.

Le chef de l'Etat prononcera à cette occasion une allocution dans laquelle il "saluera la mémoire de tous les soldats morts pour la France, quelles que soient leurs origines et leurs croyances", a
ajouté l'Elysée.

Lors de la cérémonie, il sera accompagné des ministres de l'Intérieur Brice Hortefeux, de la Défense Hervé Morin, de l'Immigration Eric Besson et des secrétaires d'Etat au Développement durable
Valérie Létard, élue du Nord et tête de liste de liste pour la majorité présidentielle pour les régionales dans le Nord-Pas-de-Calais, et de la Défense Hubert Falco.

Le président du Conseil français du culte musulman Mohammed Moussaoui avait évoqué la visite à venir de Nicolas Sarkozy au carré musulman de Notre-Dame-de-Lorette à l'issue d'un entretien avec le
chef de l'Etat.

AFP


marc d'HERE 22/12/2009 22:31


L'UMP envisage une loi s'opposant à avoir le visage masqué dans les lieux publics. Cette loi reviendrait à interdire le port de cagoules et bien sûr la Burqa...Le PS et le Modem sont contre et ne
veulent pas que l'on interdise la Burqa!


Elie Arié 10/12/2009 13:33


Si tu t'es convaincu toi-même, c'est déjà ça: mais j'en doute, il suffit de te relire.


Marc d'Here 10/12/2009 14:29


Tu me relis, c'est sympa. Et me relisant, tu ne me contredis toujours pas...J'en suis satisfait!


Elie Arié 10/12/2009 13:18


"Perdu du temps" est le terme qui convient.


Marc d'Here 10/12/2009 13:27



Finalement pas  perdu tant que ça, puisque tu ne contestes pas mes remarques.

Il n'est pas mauvais, après tout, que la vérité s'impose, même si cela oblige à passer du temps sur des assertions farfelues. 



marc d'HERE 10/12/2009 11:24


Oui, toutes tes affirmations, (voir quelques commentaires plus haut) sont fausses, elles témoignent soit d'une grave faiblesse d'analyse, soit d'une grande mauvase foi. Bien entendu il doit y avoir
des deux.

Gandrange: Il est faux d'affirmer que Sarkozy n'y a plus pensé alorsqu'il a permis de trouver des solutions, partielles certes (entre temps il y a eu une crise mondiale!)mais bien plus favorables
aux salariés que le plan initial. Et il esr revenu rencontrer les syndicats!

Europe: mais oui, la France du Non s'est réconciliée avec celle du oui...Il ne reste que quelques vieux souverainistes aigris pour prétendre le contraire.

Mais oui c'est grâce à Sarkozy que l'on a pu revenir sur le rejet du traité constitutionnel, signer et ratfier le traité de Lisbonne, qui certes ne règle pas tout, mais permet un grand pas en avant
de l'Europe.

Mais oui, il peut se féliciter d'avoir permis la création d'un Conseil français du culte musulman, qui permet, d'avoir une représentation de cette religion, qui représente plus de 6 millions de
personnes et qu doit être traitée, quoique tu penses!, comme les autres réligions. Tout n'est pas réglé, tout n'est pas facile dans cet organisme mais c'est un progrès indéniable.

Oui, c'est grâce à sa détermination que le problème des paradis fiscaux, que l'on refusait jusque là de traiter sur un plan international a été pris en main. Ce problème que l'on voulait ignorer a
été traité, des progrès réalisés et d'autres sont à venir.

Quand à ta première phrase et ta dernière, ce ne sont que des polémiques, qui tu en conviendras n'appellent pas de réponse, tant elles sont gratuites. Voilà, j'ai perdu beaucoup de temps à répondre
à tes inepties...J'y étais obligé.


Elie Arié 09/12/2009 13:33


"Toutes tes affirmations sont fausses! "

Ouf, merci! Je suis soulagé d'apprendre que les emplois de Grandange ont été sauvés, que le traité rejeté par referendum n'a pas été ratifié par le Parlement, que c'est bien Sarkozy et non un Belge
quelconque qui préside l' Union Européenne, que le Conseil Représentatif du culte musulman est bien représentatif et apolitique, que la Suisse, le Lichtenstein, le Luxembourg, etc ne sont plus des
paradis fiscaux...

Le tout, c'est d'être bien informé.


Marc d'Here 09/12/2009 15:08


Je vais répondre à chacune, c'est une des obligations, pas drôles, d'un responsable de blog, perdre son temps à répondre à des sottises. Mais bon, je le ferais...quand j'aurais un peu de temps.
Sans doute avant demain. En attendant je confirme évidemment que tout ce dont tu accuses Sarkozy dans ton commentaire est faux...et sot!


Elie Arié 09/12/2009 12:09


Analyse paer "le Monde" et par les députés UMP de cette Tribune Libre de Sarkozy dans "le Monde":


http://www.lemonde.fr/politique/article/2009/12/09/sarkozy-veut-eviter-que-le-fn-confisque-le-debat-sur-l-identite-nationale_1278020_823448.html#ens_id=1258775


Marc d'Here 09/12/2009 13:25


Tous les avis sont autorisés, dans notre beau pays de liberté...


Elie Arié 09/12/2009 11:25


Comme toujours, beau discours sans rapport avec les actes (Sarkozy commence de plus en plus à être surnommé "le Grand Ventriloque")pour tenter de rattraper le débat électoraliste sur "l'identité
nationale" qui a foiré.

Les exemples sont légion:

-« Je reviendrai dans l’usine pour annoncer la solution qu’on aura trouvée »,avant de s'empresser d'oublier Gandrange;

-"La France du non a commencé à se réconcilier avec celle du oui à partir du moment où, au lieu de la juger, on a cherché à la comprendre. C'est alors que, dépassant ce qui la divisait, la France a
pu prendre la tête du combat pour changer l'Europe»." et ratification du même traité rejeté par referendum par le Parlement;

-« la France a pu prendre la tête du combat pour changer l'Europe »? Qu'aurait donc changé Nicolas Sarkozy de l'Union européenne ? Celle-ci n'a toujours pas de gouvernement économique, et elle
continue d'être infoutue de protéger ses salariés d'une mondialisation qui paupérise les classes moyennes et précarise sa classe ouvrière…

-il se félicite d'avoir créé le Conseil français du culte musulman, qui a selon lui permis que «la religion musulmane soit mise sur un pied d'égalité avec toutes les autres grandes religions». Il
occulte totalement le fait que la représentativité du CFCM est régulièrement contestée. Et que sa création a surtout signifié la reconnaissance, en France, d'un islam politique, tant son rôle
semble dépasser les simples considérations religieuses — notamment en raison de la présence de l'UOIF dans les instances dirigeantes du CFCM.

-"le problème des paradis fiscaux est réglé"..parce qu'on a retiré les principaux de la liste.

La technique "Guaino écrit mes discours, je prends mes décisions, l'un n'a aucun rapport avec l'autre" est maintenant éventée, faudra trouver autre chose.


Marc d'Here 09/12/2009 13:24


Affligeant, cher Elie...Jusqu'où descendras-tu?
Toutes tes affirmations sont fausses!