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Contact: marcdhere.mdh@gmail.com 

 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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10 septembre 2010 5 10 /09 /septembre /2010 17:13

 

Deux articles récents que j’ai laissés, pour des raisons tenant à l’actualité, très peu de temps en « une ». Cette nouvelle publication permettra à ceux qui ne les avaient pas lus de le faire

 

Bockel respire grâce au discours de Grenoble

Un article de Philippe Cohen dans Marianne 2, du 07 septembre...

 

Jean-Marie Bockel, secrétaire d'état à la Justice, a fait la une avec d'autres sarkozystes de gauche sur le thème : pourquoi restent-ils ? Sous-entendu évident du quotidien : pourquoi les ministres d'ouverture la ferment ? Comment rester au gouvernement quand l'Elysée foule au pied les principes et les valeurs qui vous ont conduit à constituer l'aile gauche du sarkozysme ?

Jean-Marie Bockel n'en a cure. La question est sans doute pertinente pour Fadela Amara ou Bernard Kouchner, droits-de-l'hommistes estampillés. Mais lui, « le premier blairiste français », est tout sauf choqué par ce que la gauche appelle la tendance « sécuritaire » de Nicolas Sarkozy. Il a toujours manifesté son plein accord avec le Président sur la sécurité, loin d'un angélisme de gauche qu'il déplorait déjà au PS. Encore que, sur le plan de l'efficacité, même s'il a choisi de se taire, on devine qu'il n'est pas sûr que le discours de Grenoble - il était sur place et a pu constater de visu les réserves de Claude Guéant sur le discours - ait été profitable au Président.

Aussi, dès le 2 août, il a proposé ses services à Nicolas Sarkozy. Hortefeux et Besson incarnent la trique ? Lui peut représenter la dimension sociale de la sécurité. Une politique de la ville qui s'appellerait autrement. Vingt ans qu'il fait ça à Mulhouse. Surprise : le kaiser l'écoute quelques minutes et se montre même enthousiaste. Il lui concocte vite fait sur le gaz une mission sur « la prévention de la délinquance » que Claude Guéant, présent à l'entretien, s'empresse de lui finaliser.

Et Jean-Marie Bockel part en vacances rasséréné : il s'attendait déjà à rejoindre en octobre le groupe chevènementiste du Sénat et voilà qu'il peut à nouveau s'imaginer un avenir dans le gouvernement remanié. Lequel ? Ce ne sera pas en tout cas à un secrétariat d'Etat dépendant de la place Vendôme. La cohabitation avec Mam s'est avérée difficile et de fait ce ministère régalien n'a pas besoin de secrétariat d'état. Bockel ne demande rien, trop profil bas pour ça. Mais il rêve d'un ministère des transports...

Reste que, même s'il est bizarre de confier une mission à un secrétaire d'état - que faisait-il jusqu'alors ? du bridge ? - Jean-Marie Bockel est heureux d'avoir vu sa feuille de route confirmée à son retour de vacances, Claude Guéant le pressant de déboucher au plus vite sur des états généraux aboutissant à quelques mesures phares en octobre, avant la date annoncée du remaniement (novembre selon Guéant, mais est-ce bien crédible ?). Objectif : montrer que, contrairement à ce que prétend la gauche, le gouvernement tient bien les deux bouts de la chaîne, répression et prévention, même si cette dernière ne saurait se confondre, dans l'esprit de Bockel, avec l'angélisme de la gauche.

Mais au-delà de la lutte des places, il y a la politique. Et finalement, de tous les sarkozystes dits de gauche, Bockel se félicite d'avoir été le seul à avoir construit une force politique, Gauche Moderne. Oh, ce n'est pas un truc énorme, mais, comme avait dit le Che - son mentor - quand il s'est carapaté du PS, « mon royaume est petit mais c'est mon royaume ». Soit 1500 adhérents, une soixantaine de fédérations, un site internet et quelques élus, c'est quand même mieux qu'un parti de poche. Et en tout cas plus indépendant que le club d'un Eric Besson qui a fini par rejoindre l'UMP..

Jean-Marie Bockel joue donc sa partition à deux mains. La première sera, espère-t-il, ministérielle, et la seconde politique. Elle se joue sur la stratégie de l'Elysée pour 2012, à travers le choix entre deux options. La première serait une simple répétition de la séquence 2006-2007 avec, d'abord, la consolidation du socle électoral « à droite toute » et le grignotage des territoires du Front National. C'est la voie empruntée par le discours de Grenoble, sans doute à l'instigation de Patrick Buisson et de Maxime Tandonnet, le conseiller immigration de l'Elysée.
 

Bockel espère que la séquence actuelle, peu convaincante, finira par persuader le Président de ce qu'il faut passer tout de suite à une séquence plus « soft », qui permettrait au Parti Radical et à Gauche Moderne d'aider la majorité à gagner des voix au centre-gauche. Ce n'est pas pour rien que le parti valoisien l'a invité à son université d'été.

 

Philippe Cohen

Marianne 2

 

 

 

 

J’aime les missions difficiles

Entretien de Jean-Louis Borloo, avec Carl Meeus, dans le Figaro Magazine du 03 09...  ...EXTRAIT...

 

 

Il est dans la - courte - liste de ceux qui peuvent succéder à François Fillon. Et, contrairement au Premier ministre, Jean-Louis Borloo ne tient pas à faire entendre sa «différence» avec Nicolas Sarkozy. Sur la sécurité comme sur les réformes, le numéro 2 du gouvernement se dit totalement en phase avec l'Elysée...  

L e Figaro Magazine - La polémique sur la fermeture des campements illégaux et les expulsions de Roms a pris une ampleur considérable en France. Vous ne vous êtes pas encore exprimé sur ce sujet. Qu'en pensez-vous ?

Jean-Louis Borloo - Il s'agit d'un sujet délicat et difficile, à traiter bien évidemment avec la plus grande humanité, qui ne concerne pas moins de six pays européens et qui nécessite l'implication de l'Europe. Quelle est la situation ? Tout le monde reconnaît qu'il existe un problème, la multiplication de camps insalubres, invivables, illégaux et où les Roms vivent dans des conditions absolument intolérables, notamment pour les enfants. C'est un problème que connaissent tous les maires de France, de droite comme de gauche. Il s'agit d'appliquer des décisions de justice prises à la requête de propriétaires publics - souvent des municipalités - ou privés. Ces décisions de justice peuvent ordonner l'évacuation avec le concours de la force publique...la France est un Etat de droit.

 

Comprenez-vous l'émotion suscitée par les images d'évacuation de ces camps ?

Mais qu'est-ce qui est le plus humain? Laisser les campements se réinstaller quelques kilomètres plus loin, au risque de créer de nouveaux Sangatte, même si ce n'est pas le même phénomène? Ou appliquer ce qu'on appelle l'aide au retour humanitaire, avec accueil, suivi social et réinsertion dans le pays d'origine, en accord avec celui-ci. C'est une procédure qui avait été mise en place par le ministère de la Cohésion sociale et saluée en son temps. Y a-t-il une proposition alternative? Le problème, ce ne sont pas les Roms, qui sont européens, mais les camps insalubres et illégaux....

J'ai été choqué par nombre de commentaires faciles, approximatifs, faits d'amalgames, alors que sur des sujets aussi humains et sensibles, la vérité exige la précision.

 

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 Au-delà du cas des Roms, c'est l'accent mis par Nicolas Sarkozy cet été sur la sécurité qui a soulevé la polémique...

Il faut relire le discours de Grenoble, là aussi, plutôt que faire des commentaires. Que dit-il ? La délinquance a diminué dans notre pays, mais elle a changé de forme. On a à faire face maintenant à quelques dizaines d'individus hors de toutes les règles sociales et républicaines dans certaines agglomérations. A Grenoble, les policiers ont été menacés de mort. Les policiers et les gendarmes font un métier difficile et dangereux pour assurer la sécurité de nos concitoyens et de leurs enfants. L'an dernier, 24 d'entre eux sont morts dans l'exercice de leur fonction et 13.200 ont été blessés. Que le président de la République, avec son ministre de l'Intérieur, prenne ce sujet à bras-le-corps, me paraît quand même la moindre des choses.

 

Faut-il aller jusqu'à évoquer la déchéance de la nationalité pour les délinquants multirécidivistes ?

La déchéance de la nationalité existe déjà. Je l'ai moi-même appliquée ! C'était au ministère de la Cohésion sociale quand un individu, qui venait d'acquérir, en plus de sa nationalité d'origine, la nationalité française, a été reconnu coupable de l'organisation de l'attentat contre le commandant Massoud. J'ai signé le décret ! A l'époque, personne n'a critiqué cette décision. Que l'application de cette mesure soit étendue dans le cadre d'un acte équivalent touchant un policier de la République me paraît légitime.

 

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Après trois ans au ministère de l'Ecologie, considérez-vous votre mission achevée ?

C'est un travail fascinant et continu. En trois ans, la mutation écologique de notre pays a été lancée, et elle est irréversible. Les résultats sont déjà là : hausse de 600% en deux ans de la production d'électricité photovoltaïque, hausse de 9 % de l'éolien, construction en cours de 265 kilomètres de lignes de transports urbains dans nos villes, soit plus qu'au cours des 34 dernières années, lancement de cinq nouvelles lignes de TGV, conversion de 17.000 exploitations à l'agriculture biologique... J'ajoute que grâce au Grenelle de l'environnement, 20.000 exploitants agricoles tirent déjà un revenu complémentaire des énergies renouvelables. D'ores et déjà, la France a le parc de voitures neuves le plus sobre en carbone d'Europe, et un rapport du Parlement canadien classe notre pays en tête du G8 pour ses résultats en matière d'environnement. Il y a de quoi être fier de la mutation engagée par tous les acteurs du pays et par les Français.

 

Votre nom est cité parmi les successeurs possibles de François Fillon...

La démocratie, ce n'est pas le jeu des pronostics. Le Président a annoncé une nouvelle étape. Il peut le faire avec la même équipe ou avec une autre. C'est lui qui choisit les hommes et les femmes qu'il estime être le plus en harmonie avec lui et capables de mettre en place cette nouvelle étape en s'appuyant sur les réformes conduites avec courage depuis 2007.

 

Mais à quel poste ?

J'aime les missions difficiles! J'ai follement aimé ce que j'ai fait à Valenciennes, l'agglomération la plus sinistrée d'Europe, qui avait perdu toute confiance en l'avenir. Ça a été difficile, parfois douloureux, mais tellement enthousiasmant. On m'a confié ensuite le plan de rénovation urbaine, ce plan de 40 milliards d'euros concernant 500 quartiers et qui a amélioré la vie quotidienne des plus fragiles de nos compatriotes. Ensuite, on m'a confié la lutte en faveur de la cohésion sociale. A l'époque, le chômage était à plus de 10%. Je me suis attelé à cette tâche. J'ai peut-être eu de la chance, mais enfin on a presque doublé la production de logements en France, et le chômage est passé de 10,2 à 7,2%. Ensuite il y a eu le Grenelle de l'environnement. A chaque étape, cela a été le résultat d'une méthode, concertation, mobilisation de toutes les énergies, et le travail de toute une équipe.

 

En quoi doit consister la nouvelle étape annoncée par le Président cet automne ?

Le monde de 2010 est très différent de celui de 2007. Et très différent de celui de 2012. La crise a failli emporter le modèle occidental - nous sommes passés très près du chaos économique et social - et nous avons pu compter sur le président de la République, président en exercice de l'Europe, ce que personne ne conteste....

  En France, des réformes inévitables et difficiles ont été menées - carte militaire et judiciaire -, et maintenant celle des retraites. De nouveaux équilibres ont été trouvés - droit de grève mais droit au transport, autonomie des universités et moyens considérables pour les campus -, et les premiers signes encourageants en matière d'emploi. Le cap doit être mis sur l'accentuation de la compétitivité, l'emploi, notamment des jeunes. Croissance et cohésion sociale sont donc les priorités, ainsi bien entendu que le déficit des comptes publics, auquel il faut s'atteler avec la plus grande fermeté. Tous nos référents économiques et sociaux sont à réinventer. C'est un sujet technique .... mais  c'est aussi un sujet moral : peut-on laisser aux générations suivantes des dettes gigantesques ? Ce n'est pas concevable.

 

Peut-on réduire les déficits sans augmenter les impôts ?

Pas forcément. Il y a toute une palette de choses à faire. Je crois qu'il faut aller vers une convergence de la fiscalité du travail et des revenus financiers. C'est un sujet d'équité fiscale. Il y aura un effort collectif de la nation. Mais ce sera un effort productif, généreux, pour les enfants de la nation.

 

Supprimer le bouclier fiscal et l'ISF, est-ce une bonne solution ?

L'effort partagé doit être frappé au coin de l'équité. Quelle solution le Président choisira-t-il après avoir écouté les idées des uns et des autres ? Je réserve les miennes au Président...  

 

Vous ne tenez pas, comme François Fillon, à montrer votre « différence » avec le Président ?

Moi aussi, je suis différent du Président et du Premier ministre. C'est une évidence. Heureusement qu'il y a des gens différents qui travaillent ensemble. L'important, c'est que cette différence s'exprime dans le débat interne pour l'enrichir.

 

Faudra-t-il en 2012 un candidat du centre à côté de Nicolas Sarkozy ?

....Un candidat incarne un rêve et un projet de société, soutenu par des familles de pensée. Aujourd'hui, les radicaux, les démocrates chrétiens, la gauche sociale- démocrate qui ne se retrouvent pas forcément dans le PS, les écologistes modernes qui ne se retrouvent pas dans le parti écologiste français, tous ces gens-là ne se parlaient plus, n'échangeaient plus. Je veux rétablir le courant au centre, entre ces familles...  C'est pour cela que samedi à Lyon, à l'invitation du Parti radical, la plupart d'entre eux seront là ou représentés: les centristes de l'UMP, ceux du Nouveau Centre, les chrétiens-démocrates, les gaullistes sociaux, mais aussi La Gauche moderne, Génération Ecologie... Ils ne viennent pas pour créer une écurie Borloo, mais pour recréer cette famille de pensée et apporter cette richesse-là à la majorité. Il faut réinventer notre modèle. Il faut rebâtir les grands rêves de la France et de l'Europe. Je crois à une France compétitive, industrielle, à une France solidaire et humaniste. Le rêve européen doit aussi évoluer. Je le trouve trop figé. C'est de tout cela dont nous parlerons.

 

Et vous porterez les couleurs de ce mouvement en 2012 ?

Je ne le fais pas pour ça, ni pour moi. Je veux bien en être l'animateur, le porteur, le rêveur, mais pas forcément le dirigeant. Avant de savoir s'il faut un candidat, construisons. Je ne suis pas dans une logique de scission ou de division. Chacun peut rester dans son port d'attache. Je fais cela pour enrichir la majorité. Sur l'essentiel, nous sommes d'accord et nous sommes dans le même camp. Mais nous sommes différents et c'est une force.

 

Vous n'êtes donc pas favorable à un candidat à côté de celui de l'UMP ?

Je suis prudent car responsable. Il ne faut pas un 21 avril à l'envers, où le candidat de la droite ne serait pas qualifié pour le second tour à cause d'une multiplicité de candidatures dans son camp....

 Elaborons d'abord ensemble les 10 propositions, axes stratégiques d'action, qui répondent aux enjeux de notre pays et aux attentes des Français, dans un monde en mutation accélérée. Les autres questions viendront après.

 

Voulez-vous être l'inspirateur d'un programme pour Nicolas Sarkozy ?

Le Président, s'il est candidat, aura besoin de se nourrir aussi de nos idées et de toutes les sensibilités.

 

Extrait d'un article du Figaro Magazine du 3 septembre

 

 

 

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Published by Marc d'Here - dans Vie Politique
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commentaires

Elie Arié 11/09/2010 19:08


Ah, dommage...Si Bockel devenait Premier Ministre, je t'aurais bien vu au poste de porte-parle du gouvernement.


Elie Arié 11/09/2010 16:30


Ce jumelage de deux articles concernés respectivement à Bockel et à Borloo laisse supposer que Bockel viserait, lui aussi, le poste de Premier Ministre...


Marc d'Here 11/09/2010 19:07



Non. Mais ce jumelage n'est pas tout à fait innocent et a une autre signification.