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 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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19 septembre 2011 1 19 /09 /septembre /2011 13:52

 

Claude Imbert, Le Point du 01 09 2011...

 

Un capitalisme financier hystérique imposant ses caprices à des peuples hébétés et, chez nous, la dette publique, le chômage de masse, un pouvoir affaibli par le décri du président, voilà, se dit-on, qui livrera aux socialistes l'Elysée sur un plateau ! Est-ce si sûr ? Le PS, en tout cas, ne fait pas le faraud. Il n'est pas dans son assiette. Il attend que la primaire lui dispense un leader, un cap et du coeur au ventre. Une petite révolution.

 

Il fut un temps où la gauche française avait toujours 20 ans et l'espérance violente de la jeunesse. Son coeur battait à l'unisson des "damnés de la Terre". Elle dépliait pour tous son rouge tablier. Son "Internationale" chantait "Du passé faisons table rase (...), le monde va changer de base...". Mais voilà ! Le nouveau train du monde laisse la gauche sur le quai. Pourquoi ? Parce que la chute du communisme a congédié la déesse Révolution et que l'horizon de toute la gauche en est désenchanté. Le PC, seul, est défoncé. Mais le socialisme français subit, lui, les dommages collatéraux d'un effondrement historique.

 

D'autant que l'avenir du monde n'est plus ce qu'il était. Les damnés de la Terre ont pris leur destin à bras le corps. Ils renvoient à notre gauche de "riches" ses beaux discours contre l'oppression des faibles. Car les faibles, ce sont eux ! De la mondialisation et de sa jungle ils s'accommodent sans broncher. Ils attendent des lendemains qui chantent mais chanteront pour eux. Ils tiennent nos pauvres pour enviables. Ils n'aspirent qu'à les rattraper. Si bien que notre gauche qui fut jeune et ardente devient une ménagère de 50 ans empruntée et défensive.

 

Elle court après sa jeunesse et une marmaille dispersée.

 

Vous objectez que le socialisme français a déjà amplement liquidé sa nostalgie révolutionnaire. C'est presque vrai ! Mais, s'il demeure le plus à gauche de tous les socialismes européens, c'est qu'il souffre encore vaguement de la mise au tombeau de la Révolution. D'une douleur blanche, comme celle du mutilé souffrant de son membre perdu. Dans ce deuil inachevé, il lui reste un patrimoine, une tradition, un territoire d'opposition, les vestiges du magistère intellectuel acquis à sa cause, une religiosité diffuse dans la fonction publique, dans l'enseignement paupérisé... Et, pour ranimer la flamme, l'aspiration égalitaire, toujours plus vivace chez nous que chez nos voisins.

 

François Mitterrand fut le grand accoucheur de ce socialisme à l'identité flottante. Converti tardif, il a fait du PS un marchepied vers le pouvoir. Il est élu en 1981, en rassemblant toute la gauche dans le Programme commun. A contre-courant du monde, il prétend "rompre avec le capitalisme". Mais, en 1983, il sort de son chapeau une révolution empaillée et le capitalisme de M. Tout-le-Monde. Il expédie sa gauche, devenue notre ménagère de 50 ans, au supermarché des "avantages acquis", de la retraite à 60 ans, et après lui des 35 heures ruineuses, autant d'aménités financées par la dette publique. Le malaise identitaire du PS vient de cet escamotage : être promu, en 1981, sur une illusion et l'avoir, en deux ans, perdue. Mais tout ce tête à queue dans le brouillard, sans vraie reconstruction !

 

La grande affaire pour le PS, c'est de se réconcilier avec l'histoire et la géographie. Avec l'histoire, en visitant son cimetière. Avec la géographie, en constatant que la mondialisation qui déferle se meut dans l'économie de marché comme un poisson dans l'eau. Le système capitalisme s'y déploie comme le moins systématique des systèmes. Son organisme monétaire est détraqué, mais il va son chemin cahin-caha, ici avec des démocraties naissantes, là, comme en Chine, avec le dirigisme despotique du Parti. Notre fol endettement de vieux riches apparaît à tous les "émergents" comme le vice de vieillards exténués qui font payer à la postérité leurs derniers délices.

 

Cela, le PS l'a enfin compris ! Il laisse au Front de gauche, au Front national et à leurs sabres de bois le soin de guerroyer contre des moulins à vent. S'il parvient à gérer la délicate innovation de la primaire, le PS peut repartir d'un meilleur pied. En offrant au candidat désigné par le "peuple de gauche" une légitimité surplombant un appareil délabré, le PS épouse la logique de la Ve République.

Une ascèse pour nettoyer ses placards de leurs vieilleries idéologiques et redonner du corps à l'ectoplasme du parti. La crise, la dette enfermeront, bon gré mal gré, les candidats dans la règle d'or de budgets maîtrisés. Sur le chemin où le socialisme allemand a trouvé sa voie, le PS peut découvrir la sienne. Que cette gauche, dans le miroir de la crise, se refasse une jeunesse, c'est, ma foi, la grâce qu'on lui souhaite !

 

Je ne vote certes pas à sa primaire. Mais je lui souhaite bon vent. Dans une démocratie éreintée par trente années d'incuries, l'avènement d'une opposition rénovée servirait, à sa manière, l'intérêt national. La gauche n'a que trop rêvé. Faut-il, ce coup-ci, rêver pour elle ?

 

Claude Imbert, Le Point

 

 

  Voir aussi "Trois portraits de candidats" d'Eric Seydoux: http://libertesegales.canalblog.com/archives/2011/09/18/22075688.html

 

 

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Published by Claude Imbert, Le Point - dans Parti socialiste
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plus que 228 jours 21/09/2011 22:42


"Vous vous trompez ou plutôt vous voulez nous tromper... "

Votre argumentation est redoutable ! La cour des comptes, c'est beaucoup plus sérieux que vos messages de déni. Mais, on s'amuse beaucoup de vos commentaires.


Marc d'Here 21/09/2011 23:09



Comme je le rappelais à Arié, la Cour des Comptes ne reproche pas à Sarkozy d'avoir creusé les déficits. Elle note que la crise et les mesures de soutien priss à juste titr par le Président y
sont pour beaucoup. Pour le reste ce sont les gouvernements depuis 30 ans qui en sont responsables, gouvernements de gauche comme de droite...Et Sarkozy s'en est plutôt bien sorti!



plus que 228 jours 21/09/2011 17:12


Je vous l'ai déjà dit. La crise a bon dos. Les milliards distribués pour des cadeaux fiscaux n'étaient pas là pour faire face à la crise. Il n'y a que les naïfs pour le croire.


Marc d'Here 21/09/2011 22:10



Vous vous trompez ou plutôt vous voulez nous tromper...



Elie Arié 21/09/2011 16:53


"L'accroissement des déficits est du, pour l'essentiel aux mesures prises pour répondre aux effets de la crise "

Faux: d'après la Cour des Comptes, l'essentiel du déficit n'est pas dû à la crise, mais à la politique gouvernementale.

http://www.liberation.fr/politiques/0101618290-emballement-du-deficit-la-cour-des-comptes-epingle-le-gouvernement


Marc d'Here 21/09/2011 18:32



Non monsieur! Ils sont dus pour une part importante à la crise, et pour une autre part à "la politique menée depuis 30 ans!


Sarkozy, dans ce jugement du socialiste Migaud, s'en sort plutot bien...Même si Martine Aubry dit le contraire...



plus que 229 jours 20/09/2011 21:25


"La stratégie que j'ai entendue jeudi soir est une stratégie qui conduit à accroître notre déficit".

La stratégie de Sarko et de Fillon, c'était laquelle depuis 2007 ? Le déficit n'a pas cessé de s'acroître durant ces années pendant lequelles ils éteint au pouvoir. Alors, c'est très osé de donner
des leçons aux socialos quand on a creusé les déficits avec les cadeaux fiscaux, la défiscalisation des heures sup etc...


Marc d'Here 21/09/2011 06:58



L'accroissement des déficits est du, pour l'essentiel aux mesures prises pour répondre aux effets de la crise (la plus importante depuis près d'un siècle), et en protéger au mieux les
Français...Ainsi qu'à une politique volontariste d'investissements négligés depuis 25 ans!



Marc d'Here 20/09/2011 07:55


François Fillon hier lors d'un meeting UMP à Pons, Charente-Maritime: "J'ai regardé avec intérêt l'émission télévisée consacrée aux primaires du Parti socialiste", a déclaré le Premier ministre,
qui a trouvé "l'exercice utile à la démocratie". "Je dois dire que j'ai été atterré par les propositions des six candidats", a-t-il ajouté. "Un élément m'a paru important : l'essentiel de
l'émission a tourné autour de la question des déficits", "cette question a longtemps été ignorée à gauche, elle a longtemps été taboue, et c'est donc une bonne chose que le Parti socialiste ait
enfin pris conscience du problème". "Les déficits, ce n'est pas un problème de droite ou de gauche, c'est un problème national", a-t-il lancé. "Conscience du problème ne signifie malheureusement
pas conscience des efforts que réclame la résolution de ce problème".


"À mon sens, les Français, à l'issue de ce débat ne savent toujours pas où, comment et en taxant qui, le Parti socialiste compte dégager des économies pour réduire nos déficits", "En revanche, nous
avons parfaitement compris que la promesse d'un retour à la retraite à 60 ans, la promesse de recruter 60 000 enseignants supplémentaires et 10 000 policiers allaient coûter très cher", a-t-il
poursuivi. "La stratégie que j'ai entendue jeudi soir est une stratégie qui conduit à accroître notre déficit".