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Contact: marcdhere.mdh@gmail.com 

 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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17 octobre 2011 1 17 /10 /octobre /2011 09:35

 

Extraits de « Plus belle la gauche- pour une gauche moderne », de marc d’Héré et Gilles Casanova, publié en février 2010 aux éditions de Passy

 

Nous devons aller vers une Europe capable de choisir et de mener des politiques. S’il faut réagir contre la propension de la Commission Européenne à traiter de manière technocratique d’une multitude de sujets touchant à la vie quotidienne, l’Europe doit disposer d’une plus grande capacité, à proposer, à décider rapidement et à agir, pour les questions économiques sociales et environnementales, ainsi que pour la politique extérieure à chaque fois que ce sera possible, compte tenu de la différence dans la perception du monde et des relations internationales existant encore entre des pays récemment sortis de l’orbite soviétique et des pays qui vécurent de l’autre côté la guerre froide.

Au-delà des institutions, les progrès et les avancées de l’Europe sont affaire de politique et de volonté, comme Nicolas Sarkozy l’a montré lors de la récente présidence française de l’Union. Parce que l’unité et l’efficacité n’exigent pas l’uniformité, on peut envisager une Europe ne reposant pas sur un seul mode de fonctionnement mais s’enrichissant d’accords partiels et de coopérations renforcées. Construisons une Europe des projets.

Au sein de cette Europe, unie tout en acceptant la diversité, le noyau représenté par l’Euro-groupe doit se renforcer. Pour tirer tout le profit possible de notre monnaie commune, pour faire sortir l’ensemble de l’Europe d’une certaine mollesse économique, et la rendre plus réactive, un « gouvernement économique » des États de l’Euro, efficacement dirigé, s’avère de plus en plus nécessaire. La Banque Centrale Européenne ne peut conserver comme seul objectif la lutte contre l’inflation, on doit y ajouter – comme c’est le cas pour la Banque Centrale des États-Unis – la recherche de la croissance. Il serait utile aussi, tout en affirmant son indépendance, de faciliter ses contacts avec l’exécutif européen, plus encore que ne le prévoient les traités.

L’Europe a dans sa mission d’assurer la protection de ses citoyens. Mais, l’Europe qui protège ne peut pas être l’Europe qui s’enferme. Si nous devons repousser la tentation du protectionnisme qui représenterait un danger mortel pour nos économies, nous n’avons pas vocation à devenir un espace ouvert à tous les vents, sans contrôle, sans maîtrise, sans responsabilité. On ne peut accepter toute forme ou tout niveau, aussi élevé et injuste soit-il, de dumping social, fiscal ou environnemental. Nous « devons être ouverts mais pas naïfs », a pu dire fort justement Michel Barnier, lors des dernières élections au Parlement européen. Ce sont des protections raisonnables qui éviteront le protectionnisme. Les échanges qui sont une nécessité absolue, doivent pouvoir se dérouler sur un mode équilibré et coopératif, avec des contreparties qui permettent à chacun d’être gagnant. L’Europe doit pouvoir aussi protéger ses intérêts stratégiques, en permettant par exemple à la Commission de mettre son veto en cas de prise de participation étrangère dans des actifs européens qui seraient considérés comme stratégiques.

Protéger les Européens c’est à l’évidence permettre l’élévation constante des garanties données aux salariés et aux citoyens. La Gauche Moderne y est particulièrement attachée et a eu, à plusieurs reprises l’occasion de l’affirmer. C’est aussi rendre l’Europe plus forte dans le cadre d’une mondialisation qui s’impose à tous. C’est lui permettre de développer une stratégie économique et politique, d’accroître sa compétitivité et de créer des emplois durables. Elle le fera prioritairement en encourageant le développement de la formation, et en concentrant les efforts budgétaires et les investissements sur la recherche et l’innovation – d’abord pour l’énergie[1], les transports et les nouvelles technologies environnementales, fortement créatrices d’emplois. Elle le fera aussi en encourageant les échanges et les coopérations intra européennes, en favorisant une politique de ré industrialisation, en développant les pôles de compétitivité, en favorisant l’émergence de grands groupes européens, en permettant le lancement de programmes d’infrastructures, en réorientant la Politique Agricole Commune et en limitant son coût. Elle le fera en développant une stratégie commune de sortie de crise et de réduction des déficits. Le maintien à un haut niveau des politiques structurelles et des aides régionales, concrétisera la solidarité vis à vis des régions les plus pauvres et particulièrement  des pays de l’ancien bloc de l’Est.

La flexisécurité – élément emblématique du social libéralisme – parce qu’elle répond aux exigences de performance économique et de justice sociale en permettant à la fois de donner aux entreprises la souplesse, condition de leur compétitivité et aux salariés la formation et la sécurité nécessaires à leur épanouissement personnel, doit être le socle du modèle économique et social européen. Les éléments qui la constituent doivent résulter de négociations entre acteurs sociaux.

L’Europe est appelée à jouer un rôle moteur dans l’action internationale entreprise pour la moralisation et la transformation du capitalisme. Elle doit peser de tout son poids pour qu’une régulation financière s’impose au niveau international, et doit au plus vite établir en interne, toutes les règles qui avec cet objectif pourront, sans défavoriser ses entreprises et ses citoyens par rapport aux autres, s’appliquer à son territoire sans attendre un accord international Cela pourra concerner une meilleure supervision des banques et organismes financiers, leur orientation vers l’économie réelle plus que vers la spéculation, la juste rémunération du risque, et l’harmonisation de la protection des épargnants. Les relations des banques européennes avec les paradis fiscaux qui maintiendront inchangées leurs pratiques seront interdites.

L’Europe doit s’affirmer comme un acteur de la coopération internationale pour la défense des droits de l’Homme, contre tous les intégrismes, ainsi que pour le maintien ou le rétablissement de la paix. Cela rend nécessaire la constitution d’une défense européenne, à laquelle nos partenaires devraient être incités à participer davantage, capable d’agir en coopération étroite avec l’Otan, d’autant plus complètement que celle-ci aura reconnu l’existence et l’importance stratégique de cette défense européenne.

L’Europe doit s’ouvrir sur le monde, et notamment sur les régions qui lui sont proches. Particulièrement concernée pour des raisons historiques et culturelles par les pays et les peuples méditerranéens,  elle sait bien qu’il existe une dangereuse fracture économique, démographique, sociale entre les rives de cette mer, qu’il est urgent de réduire.  L’Union Pour la Méditerranée, constituée des 27 pays européens et de la quasi-totalité de ceux bordant le sud et l’est de la Méditerranée, s’efforcera de développer un fructueux dialogue des cultures et de répondre aux défis qui se posent à la région : développement économique, migrations, environnement, énergie et développement durable, sécurité et terrorisme. Elle pourra s’affirmer aussi comme un outil pour la paix au Moyen-Orient.

 

 



[1] Prenons modèle sur l’ancienne CECA, pour créer une Agence Européenne de l’Energie, chargée de la recherche d’énergies nouvelles, de leur exploitation, de leur développement, financée notamment par une « taxe carbone » instituée dans tous les pays d’Europe et à ses frontières.

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Published by Marc d'Here et Gilles Casanova - dans Europe
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commentaires

Marc d'Here 21/11/2011 08:23

Après la Grèce, l'Espagne...Tous les pays d'Europe, refusant le déclin et désireux de vaincre la crise, se débarassent des socialistes...Il serait incompréhensible et catastrophique, alors qu'une
coordination maximum est nécessaire entre tous ces pays, que la France, seule, élise un socialiste...Et quel socialiste!!

Elie Arié 18/10/2011 14:25


« Ce n’est pas de l’intérieur qu’on peut faire bouger l’UMP », déclare aujourd'hui Patrice Gassenbach, patron de la fédération parisienne du Parti Radical...La Gauche Moderne aurait pu le lui dire
depuis longtemps, elle en a fait l'expérience!