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Contact: marcdhere.mdh@gmail.com 

 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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6 mars 2011 7 06 /03 /mars /2011 19:01

 

Portraits de candidats, par Eric Seydoux... 

 

Arnaud MONTEBOURG, dénonciateur public.

 

 

Sûr de lui, sûr de ce qu’il faut faire et de ce qu’il ne faut pas faire, grand donneur de leçons, sachant mieux que quiconque distinguer le bien du mal, le bon du méchant, l’honnête du malhonnête, il fonce droit devant lui, sans jamais se laisser effleurer par le doute, le verbe haut, rempli de ses convictions, de ses certitudes et de sa vérité.

 

Feignant de se maîtriser, il s’exprime toujours avec une colère rentrée, pour décrire des situations qu’il qualifie d’intolérables, d’ignobles, de scandaleuses, et dans la dénonciation desquelles il a acquis sa notoriété. Une sorte de dénonciateur public, y compris d’ailleurs de ses amis politiques ; la fédération des Bouches du Rhône du parti socialiste est en train actuellement d’en faire les frais. Sa voix est douce et trainante bien que ferme, son visage d’ange contraste avec les traits durs de ses lèvres, qui trahissent une intransigeance à la FOUQUIER TINVILLE.

 

Peu conciliant, il condamne, tout ce qu’il estime être déviance, dérapage, manquement, dans des jugements expéditifs et sans nuance. Avocat dans le privé, procureur en politique, il sanctionne, exclut, destitue,  sans état d’âme. Il a l’arrogance du bourgeois, l’assurance que procure le bien être, l’immodestie du parvenu.

 

Le culot est le secret de sa réussite, pas de complexe, outrecuidant au possible, beau causeur et beau gosse, ce quinquagénaire d’une élégance raffinée, servie par une décontraction naturelle, apparaît aux yeux de tous comme faisant partie des quadras du parti socialiste.

 

Sympathique pour ceux qui pensent comme lui, antipathique pour les autres, c’est une sorte de melting-pot entre Noël MAMERE et Jean-Luc MELENCHON.      

 

Ce n’est pas un doctrinaire, contrairement à l’impression qu’il donne. Pragmatique et éclectique, des projets pleins la tête, il a toujours une solution clé en main à proposer, pour régler chaque problème. Son programme s’intitule d’ailleurs: « Cent idées et le capitalisme coopératif. »

 

Sa grande ambition : la création d’une sixième République, qui serait une République idéale, mais qui à l’examen, n’est que le plagiat de la quatrième.

 

Il est vrai, à y regarder de plus près, qu’il y a chez cet homme un petit quelque chose de passéiste. Son éloquence toute radicale socialiste, sa verve surannée, la recherche d’une terminologie  précieuse, son admiration pour Edgard FAURE, son goût pour les grands déjeuners républicains et champêtres, font de lui un homme politique du siècle précédent. C’est le type de personnage que l’on aurait pu voir au lever du jour sur les prés, chemise blanche et pantalon noir, encadré d’hommes en noir et chapeaux hauts de forme,  régler ses comptes à la Gaston DEFERRE.

 

Candidat à l’investiture du parti socialiste, bien qu’il sache, même si d’aucuns lui reconnaissent une certaine prétention, qu’il n’a aucune chance.

 

C’est une candidature pour prendre date pour le court, le moyen et le long terme. Pour cette fois ci, il se contentera de se rallier à celui qui l’emportera aux primaires.

 

Ainsi, en cas de victoire il ne restera pas au bord du chemin. Il sera alors un Chevènement, prompt à la démission, ce qui cadrerait avec l’image qu’il veut donner de lui, ou bien, il rentrera dans le rang pour vivre benoîtement une douce vie ministérielle, ce qui correspondrait plutôt, selon ses adversaires,  à ce qu’il est réellement.

 

On ne voit toutefois pas très bien où il se situe vraiment, ni la plus value qu’il est susceptible d’apporter par rapport aux autres candidats. Le programme qu’il décline de temps à autres, à l’occasion de ses prestations télévisuelles, original et très personnalisé, fait plus penser à un programme de second tour de la présidentielle, qu’à celui d’un candidat au premier tour des primaires d’un parti.

 

Il a fait, comme l’on dit, le buzz à deux occasions, si l’on oublie la triste dénonciation des tribunaux de commerce, qui devaient, à raison de « leurs nombreux et graves dysfonctionnements » constituer le scandale du siècle dernier.

 

C’est indiscutablement la mise en cause de TF1 et de ses journalistes, faite off, ce qui a eu le mérite de la sincérité, et « l’ignoble injustice », dont sa compagne journaliste a été victime, au prétexte « fallacieux » qu’il était candidat aux élections primaires du parti socialiste.

 

Le premier évènement n’a pas eu l’air d’émouvoir plus que cela, le landerneau journalistique de notre bonne vieille France qui en a vu d’autres. Arnaud MONTEBOURG a été conforme à lui-même. Il a mis en cause avec une brutalité sans égal un grand média national, témoignant de son absence de mesure, assez inquiétante pour quelqu’un qui prétend vouloir jouer un rôle de responsable politique au plus haut sommet de l’Etat. 

 

Pour le second, avec sa compagne, ils ont reçu un unanime soutien de tout ce qui compte dans le paysage médiatique. Ils ont été déclarés grandes victimes du PAF, ce qui lui a apporté, à titre personnel, une grande jubilation intérieure, étant enfin à son tour, par compagne interposée,  la victime de l’une  de ces injustices qui jalonnent notre pays, et qu’il a tant dénoncées.

 

Cela lui a tout de même procuré l’avantage, ainsi qu’à sa compagne qui l’y a précédé, de passer chez Laurent RUQUIER dans son émission du samedi soir « On n’est pas couché ».

 

Même ZEMMOUR les a soutenus sans la moindre restriction.

 

Décision injustifiée, stupide, non fondée…attentatoire aux libertés, discriminatoire pour les femmes, injurieuse pour l’intégrité de la journaliste…a-t-on entendu de toutes parts.     

 

La mesure prise par l’employeur d’Audrey de la suspendre de son émission politique télévisuelle, serait donc une pure turpitude,  comme il vient d’être dit.

 

Mais en réalité, de quoi s’agit-il ?  

 

Des émissions sont produites sur de nombreuses chaînes de télévision, consistant à interroger des hommes ou des femmes politiques. A l’occasion d’une élection, le rôle du  journaliste, ou comme en l’espèce de la journaliste qui conduit les entretiens, est de poser des questions auxquelles des candidats vont devoir répondre. Ces émissions contribuent à forger l’opinion des téléspectateurs qui les regardent.

 

Selon les questions que le journaliste pose, selon la façon dont il les pose, l’intonation qu’il y met, l’ironie ou la gravité dont il peut faire preuve ; selon la manière dont il présente les faits qui sous tendent la question ou l’éclairage qu’il leur donne ; selon l’impertinence ou la bienveillance qu’il a à l’endroit de celui qu’il reçoit ; selon l’écoute dont il va faire preuve selon qu’il l’interrompe pour le contredire ou le laisse s’exprimer à loisir, selon les relances faites qui vont dans le sens de l’argumentation de l’invité  ou au contraire qui la contrarient, selon, selon, selon…le journaliste, même à son corps défendant,   va influencer   la qualité de la prestation, et peut influencer le téléspectateur.

 

La tenue d’une émission politique par la compagne -ou le compagnon- d’un responsable politique, lorsque des élections, auxquelles il est lui-même candidat se profilent, n’est pas une situation anodine.

 

Peut on en effet affirmer que la journaliste la plus honnête et la plus professionnelle qui soit, puisse questionner l’homme qu’elle aime, -ainsi qu’elle l’a elle-même qualifié- dans le cadre d’une épreuve de désignation à une élection majeure, sans que cela ne pose le moindre problème ni à elle-même, ni au média support de l’émission, ni aux téléspectateurs, ni aux autres concurrents, et que cela n’en posera pas plus lorsque ces derniers seront à leur tour, soumis à la question, sur le plateau de la compagne de leur adversaire ?

 

Si les politiques et les journalistes font de plus en plus bon ménage, l’amour qui les anime a une limite, la vertu.   

 

C’est étonnant qu’un Arnaud MONTEBOURG, grand pourfendeur devant l’éternel du conflit d’intérêt, n’y ait pas songé. Mais l’amour ne rend il pas aveugle ?

 

Eric Seydoux

 

 

 

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Published by Eric Seydoux - dans Vie Politique
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