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 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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30 avril 2014 3 30 /04 /avril /2014 07:15

 

Par , Le Point.fr

Mais la situation de son lointain successeur est tout autre. Dans les heures qui précédaient le vote, l'entourage du Premier ministre espérait contenir à trente le nombre de députés récalcitrants... Or, selon un pointage précis, ils sont 41 socialistes à s'être désolidarisés parmi les 67 élus à s'être abstenus !

À l'instant où Claude Bartolone, président de l'Assemblée nationale, annonçait le résultat final, Manuel Valls n'a pu masquer une grimace. Mieux que quiconque, il sait que ce chiffre est un sérieux coup de semonce. Le 8 avril, lors du vote de politique générale du gouvernement, 11 députés s'étaient abstenus. Vingt et un jours plus tard, ils sont 30 de plus ! À ce rythme de défection, la majorité ne tient plus qu'à un fil. Le bloc de gauche s'établit à 340 députés. 306 avait approuvé le discours de politique générale, montrant déjà que 34 élus doutaient. En trois semaines, 75 représentants de la majorité ont déserté... L'heure de vérité peut sonner dans un mois lorsque le budget rectificatif pour 2014 sera présenté au Parlement. Il intégrera concrètement les économies annoncées cette semaine et poursuivra la politique sociale-libérale du gouvernement. Et cette fois-ci, chaque voix comptera !

Une guérilla parlementaire ?

La "magie vallsienne" s'est déjà dissipée. Elle n'agit plus sur les adversaires. Pour une voix gagnée sur l'UMP (celle de Frédéric Lefebvre), le nouveau Premier ministre perd le soutien de ses alliés écologistes et du MDC, qui l'avaient pour la plupart soutenu lors de sa nomination. Et ne parvient pas à faire le plein de ses propres voix ! Et maintenant ? Deux scénarios s'opposent. D'abord, celui de la prise de pouvoir du Parlement. Fini, les godillots qui votent les yeux fermés.

Désormais, les députés vont faire entendre leurs voix, ils vont imposer des amendements, se bagarrer, quitte à rendre encore plus illisible la politique du gouvernement que Valls justement était chargé de clarifier. Le second est plus radical : sentant la catastrophe poindre, les parlementaires pourraient précipiter leur chute pour mieux renaître ultérieurement... Concrètement, ils voteraient contre l'actuel gouvernement, entraînant sa démission et la tenue d'élections législatives anticipées. François Hollande ne croit pas à ce coup d'éclat tant il estime que les élus du peuple sont attachés à leurs indemnités et ne veulent pas se retrouver sans mandat et au chômage après un scrutin qui s'annonce calamiteux pour la gauche. C'est probable. Mais une guérilla entre le pouvoir exécutif et le Parlement est-elle préférable ? Il est déjà acquis qu'à l'automne le Sénat basculera à droite.

 

Matignon devra donc s'échiner à convaincre les Français, le PS et le Parlement du bien-fondé de sa politique. Cela fait beaucoup pour un seul homme... D'autant que Valls, médecin des âmes et des coeurs, ne peut guère soigner le mal dont souffrent les patients parlementaires. Ceux-ci ne cachent plus que leurs ruades s'adressent à François Hollande, dont ils ne comprennent ni l'attitude, ni la politique, ni les contradictions. C'est lui qu'ils ont voulu sanctionner, espérant que, en dépit de sa surdité, l'Élysée comprendra leur désarroi. La passe d'armes de mardi après-midi ne sera donc pas isolée. Elle amusera les commentateurs et les journalistes mais désespérera un peu plus encore Billancourt et les Français.

À l'Assemblée nationale, la majorité est à 289 voix. Mardi soir, Manuel Valls a obtenu le soutien de 265 députés pour approuver son plan d'économies de 50 milliards d'euros. Trois semaines après sa nomination, le deuxième Premier ministre de François Hollande est minoritaire. Rien de grave dans cette situation. De 1988 à 1992, Michel Rocard ne disposait que d'une majorité relative au Palais-Bourbon. Pendant trois ans, il s'est adjoint au coup par coup les suffrages des centristes ou des communistes pour mener à bien sa politique. À ses côtés, son conseiller Guy Carcassonne s'assurait du soutien individuel de quelques députés pour éviter à Rocard de trébucher sur les projets de loi. Michel Rocard tint pendant plus de trois ans avant d'être congédié par François Mitterrand. Pour d'autres raisons...

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Published by Jérôme Béglé
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