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 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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15 octobre 2010 5 15 /10 /octobre /2010 15:19

 

Par Elisabeth Levy, dans causeur.fr...

 

La jeunesse est dans la rue – en tout cas, quelques dizaines de milliers de ses représentants. Cette menace, toutes les générations l’ont proférée à l’adresse des gouvernants. Battre le pavé fait partie des rites d’initiation. Après tout, si ce groupe mythique que l’on appelle « les jeunes » s’incarne, de loin en loin, dans l’action collective, cela veut peut-être dire que l’individu-roi n’a pas totalement triomphé.

 

Alors, bien sûr, on peut juger que les lycéens sont à côté de la plaque en s’opposant à une réforme qui permet, faute de mieux, de sauver les meubles de la retraite par répartition. On peut trouver inquiétant et même déprimant qu’ils se soucient de l’âge auquel ils pourront cesser de travailler avant même d’avoir commencé, comme si l’âge adulte n’était plus un état désirable mais un mauvais moment à passer, comme si passer du lycée à la maison de retraite était la dernière utopie que l’on ait en rayon.

Il est vrai que, comme l’a excellemment observé Luc Rosenzweig, ces petits-enfants de soixante-huitards que l’on menace du chômage depuis l’enfance, voient leurs parents trimer quand leurs grands-parents, après avoir joui sans entrave et goûté aux joies des stocks-options, hésitent entre croisière et camping-cars : il y a sans doute de quoi être découragé.

 

Il n’est pas certain, cependant, que ce soient les plus précaires ou ceux qui sont le plus menacés de le devenir qui défilent dans nos rues et bloquent leurs lycées. « Chez moi, on est neuf. Alors je dois aller en cours pour avoir un bon métier plus tard. Ce blocage sabote notre avenir », déclare dans Libération Ryad, élève au lycée Voltaire. Bref, la révolte est encore largement un luxe de petits-bourgeois. Interrogée dans le même article, Sophia qui fait partie des initiateurs du blocus reconnaît qu’elle fait un peu ça « pour louper les cours ». Sophia aimerait être agent immobilier « pour avoir une belle maison et gagner assez d’argent pour finir dans l’humanitaire ». Si ce n’est pas de l’idéalisme. On notera au passage que ce 15 octobre, soit, plus d’un mois après la rentrée, Lucie-Lou, élève dans le même lycée, a réussi à assister à son cours de philo, le premier de l’année.

 

À les entendre s’exprimer, on se dit aussi que ces grands bébés ne comprennent pas grand-chose aux slogans qu’ils ânonnent avec une maitrise de la langue de bois digne des vieux routiers de la politique et du syndicalisme. Pour ma part, ce qui me rend perplexe, c’est l’aisance avec laquelle ils se considèrent à la fois comme des victimes et des ayants-droit : on dirait que leur problème n’est pas de changer le monde mais qu’on l’aménage pour eux. En se comportant comme des créanciers qui réclament leur dû, nos jeunes rebelles prouvent au moins qu’ils sont des Français comme les autres.

 

En les caressant dans le sens du poil, les socialistes qui sont assez contents que Sarkozy fasse le sale boulot, même mal, font preuve de démagogie et d’une bonne dose d’hypocrisie. Reste qu’en agitant le spectre de la violence pour discréditer les manifestants, c’est le gouvernement qui se montre irresponsable.

Avoir peur de la jeunesse ou faire semblant d’avoir peur, c’est admettre qu’on est incapable de maintenir l’ordre. Que le gouvernement critique politiquement ceux qui le défient dans la rue, c’est de bonne guerre, qu’il tienne bon face aux grévistes, c’est logique, mais la mission du ministre de l’Intérieur et de la police est aussi de garantir l’exercice du droit de manifester. Après tout, peut-être que les jeunes sont cons, mais ça aussi, c’est un droit.

 

Elisabeth Levy

 

Causeur.fr : http://www.causeur.fr/manifs-interdites-au-moins-de-18-ans,7628

 

 

Remarque complémentaire de  Marc d'Héré

 

 Pendant que les grèves s'effilochent et tendent piteusement vers zéro, les syndicats s'énervent, les  manifestations de lycéens deviennent violentes,  Chérèque, de plus en plus irresponsable,  lance dans la mélée  les routiers CFDT avec comme objectif de bloquer le pays...Heureusement  que le gouvernement garde son calme.  

 

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Published by Elisabeth Levy, Causeur.fr - dans Chroniques
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commentaires

Larnaudie Patricia 16/10/2010 22:35


Entièrement d'accord avec l'article d'E. Levy!
Une jeunesse en pré retraite...Je crois qu'il n'y a qu'en France que l'on puisse voir cela!Pauvre vieux pays!
Les jeunes que je côtoie ont des rêves plein la tête,de l'énergie à revendre,une curiosité insatiable pour le monde ...Même s'ils savent bien que nous ne vivons pas au royaume des bisounours...Non,
ils ne sont pas tous perroquets et cons! Heureusement!
Le seul bémol, c'est qu'ils s'apprêtent tous à quitter notre cher vieux pays tellement ils sont conscients de ses blocages,de ses aigreurs,de son immobilisme!!!
Dommage, ils ne rencontreront jamais celui(15 ans)que j'ai vu l'autre soir à la télé et qui hurlait sa profonde solidarité avec les cheminots!!!!


Marc d'Here 16/10/2010 23:00



Toujours merci de ces remarques. A bientôt



Marc d'Here 15/10/2010 21:24


264 casseurs, sans doute lycéens pour la plupart, ont été interpellés à l'occasion des manifestations violentes d'aujourd'hui.