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PRESENTATION

 

 

Contact: marcdhere.mdh@gmail.com 

 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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24 janvier 2010 7 24 /01 /janvier /2010 18:46


Chers amis,

 

La Gauche Moderne, aile gauche de la majorité, présidée par Jean-Marie Bockel a réuni son conseil national samedi 23 janvier afin de procéder à une analyse de la conjoncture politique, et à l’élaboration d’une orientation, qui en cette année 2010 doit viser principalement à la reconquête d’un électorat populaire, qui aujourd’hui ressent souvent un sentiment d’abandon de la part des partis de gouvernement, majorité ou opposition.

 

Si la phase la plus aigue de la crise financière semble derrière nous, le monde du travail, se voit confronté à la poursuite des délocalisations, à la montée continue du chômage, et maintenant, à la difficulté de son indemnisation qui entraîne la multiplication des situations de fin de droits. Dans cette situation de difficulté, que nos concitoyens les plus touchés par les effets de la Crise, vivent avec responsabilité et dignité, la reprise des profits bancaires, principalement assis sur la spéculation, sur les matières premières ou à la Bourse, l’envol des salaires de certains dirigeants, ou la reprise de la distribution de bonus démesurés aux traders, sont vécus comme une gifle qui conforte un sentiment d’abandon et d’injustice.

 

La majorité doit se tourner vers la Justice sociale

Si La Gauche Moderne entend demeurer fidèle à la majorité présidentielle et loyale à l’égard de l’action conduite par le Président de la République et le gouvernement, elle souhaite apporter sa contribution pour donner un nouvel élan à cette majorité présidentielle, afin notamment de mettre la valeur le travail et l’exigence de justice sociale au coeur du pacte républicain.

 

Les difficultés du monde du travail sont essentiellement causées par les graves déséquilibres économiques révélés à l’occasion de la crise, et qui ne sont pas à ce jour surmontés et

ce en dépit du volontarisme exprimé par le Président de la République, auquel nous adhérons pleinement.

 

Le système bancaire n’a pas effectué les remises en cause qui s’imposaient. Les moyens mis à disposition des établissements financiers par les États ont été aussitôt utilisés dans la spéculation, bien plus que dans la relance de l’économie réelle. Et la ronde indécente des bonus a finalement repris comme si de rien n’était, tandis que, prudemment, on coupe en deux –devant eux – les cartes de crédit des salariés qui viennent de perdre leur emploi.

 

On pourrait attendre de l’Union européenne qu’elle constitue pour ses entreprises et leurs salariés une protection efficace, mais les processus nécessaires tardent à se mettre en oeuvre.

Le Traité de Lisbonne a confirmé le choix fondateur de l’Union pour « la concurrence libre et non faussée », le temps est venu de mettre véritablement en oeuvre ce programme.

 

Réformer et renforcer notre modèle social

Comment imaginer que nos entreprises pourront durablement maintenir l’emploi en France et même en Europe, si la Chine, dont la monnaie est extrêmement sous-évaluée, présente un

différentiel de plus de 80 contre 1 dans le coût de la main d’oeuvre. La concurrence faussée est là ! Dumping monétaire, social, environnemental, l’Union européenne ne peut rester indifférente devant le nombre croissant de productions, qui dans tous les secteurs arrivent ainsi sur nos marchés en provenance de pays émergents. Notre responsabilité est de faire que la France demande à l’Union d’agir conformément à son intérêt et à ses traités. Qu’elle prenne des mesures propres à rétablir l’équité qui est la base du libre-échange. Ainsi nous pourrons montrer à nos concitoyens que nous allons à la racine des problèmes, que nous ne laissons tomber personne.

 

Dans le monde entier, notre modèle social est apparu comme un stabilisateur reconnu face au choc de cette crise, et il explique la bonne résistance de la France dans la tourmente.

Ce modèle social, dont nous avons dit – ensemble – ses archaïsmes et son inadaptation au dynamisme nécessaire, doit être réformé, dans le sens d’une véritable sécurité sociale professionnelle. Il doit aussi pouvoir faire face aux défis du vieillissement de la population, et à l’augmentation des retraités. Mais le principe de son existence constitue indubitablement un pilier central de l’identité nationale, qui est aujourd’hui l’enjeu du débat que nous connaissons. Notre Constitution définit République comme laïque et sociale, deux valeurs constitutives de l’existence même de notre formation.

 

C’est dans cet état d’esprit que nous abordons le chantier de la réforme de notre système de retraite, persuadés que nous pouvons, par le dialogue social, parvenir à une vraie solution dynamique, en utilisant le levier que constitue le paritarisme, chaque fois que les forces vives qui le composent prennent la mesure des évolutions du monde et de leurs responsabilités. Pour cela, un nouvel élan est nécessaire, il doit conduire l’ensemble des forces qui soutiennent l’action présidentielle à définir ensemble le contenu du pacte social et républicain que nous devons enrichir et renforcer à la lumière de la présente crise qui invite avec pragmatisme et lucidité à remettre à plat notre modèle social, sans brader notre histoire et ses acquis. C’est ce que nous appelons la Réforme Juste.

 

Il y a un an, l’intervention des États a été l’élément décisif pour permettre de sauver le système bancaire et d’atténuer le choc de la crise au plan économique et financier. Le plan de relance et le Grand emprunt avaient pour fonction d’injecter suffisamment de moyens et d’investissements pour faire de notre pays une des locomotives de la reprise et, pour cela, tourner notre capitalisme vers les industries et la création de vraies richesses, plutôt que vers la finance spéculative.
Mais pour trouver une pleine efficacité, c’est à l’échelle européenne et donc sur des montants autrement massifs qu’il faut intervenir pour peser sur un système aujourd’hui si largement mondialisé. Notre rôle est aussi d’agir là. Sans actionner ce levier européen, chacun sait que nos efforts ne parviendront souvent qu’à des résultats limités. Plus d’Europe, mais mieux d’Europe, chaque fois que c’est possible, voilà la nécessité.

 

Mais dans le même temps le vent qui souffle du côté des élites économiques et médiatiques est tout autre. C’est celui de l’autisme, de l’arrogance et du retour aux credo de la globalisation néo-conservatrice, comme si la crise n’avait pas eu lieu, comme si elle ne devait entraîner aucune remise en question.

Nous le sentons bien, la majorité et l’exécutif subissent ainsi une pression idéologique forte, qui vise à minimiser l’action du Président de la République et même à la détourner dans un sens principalement conservateur, qui serait conforme aux intérêts de la petite fraction la plus riche de la population, qui a vu son patrimoine et ses revenus croître de manière démesurée et dont le destin fastueux est adossé à la mondialisation financière dans ce qu’elle peut avoir de moins productif de richesses réelles.

 

La politique de la France doit répondre aux attentes du cœur de la nation, producteur de vraies richesses. Elle doit reposer sur les salariés, les chercheurs, les artisans, les chefs d’entreprises, les industriels tournés vers l’innovation, la recherche et le développement. L’État réformé demeure la colonne vertébrale de la Nation, lui seul, en s’appuyant sur la créativité des forces du marché, demeure en capacité d’orienter un projet sur le long terme, sans être soumis au besoin de retour immédiat sur investissement. Un État stratège, garant de l’intérêt général, et promoteur d’un projet pour la France du XXIème siècle.

 

Des choix courageux pour préparer l’avenir

Nous souhaitons opposer à la campagne de diabolisation de nos déficits publics, une force qui exprime que l’investissement productif d’aujourd’hui est le prix de la construction de l’avenir des générations futures, et non un fardeau que nous leur laissons. Sans investissement, il n’est pas d’avenir, pas d’initiative, pas d’entreprise, et, dans la crise, l’investissement demande l’endettement. Un État n’est pas un ménage. La Gauche Moderne entend être un pôle d’équilibre pour que l’espérance et la confiance portées par le peuple français à l’égard du Président de la République, des orientations qu’il incarne, trouvent leur consécration dans les actes.

 

La volonté politique pas plus que la souveraineté populaire ne peuvent être mises sous la tutelle des marchés financiers, ou celle des rentiers faiseurs d’opinion. Mais aussi, comme l’a justement rappelé le Premier Ministre, François Fillon, avec constance, nous devons juguler les dépenses de fonctionnement de l’État et être impitoyables avec la dépense improductive et les gaspillages qui sont une insulte aux sacrifices de nos concitoyens. Nous devons être attentifs et alerter – là encore l’Union européenne – à l’encontre de la constitution en cours d’une nouvelle bulle spéculative qui se nourrit des dettes des États, dont la solvabilité devient problématique.

 

La constitution puis l’éclatement d’une telle bulle porteraient un coup terrible aux efforts des États, aux comptes des entreprises, au patrimoine des épargnants et à l’emploi. Pour cela une stricte maîtrise des comptes publics est notre devoir. Cela ne saurait cependant être opposé aux nécessités de préparer l’avenir. Faut-il enjoindre aux États de revenir à marche forcée à l’équilibre budgétaire au risque de condamner la zone euro à une décennie de croissance atone ou coordonner une politique d’investissements ciblés et efficaces ? C’est dans la maîtrise de cet équilibre délicat que nous montrerons la force politique de notre majorité.

 

Sur l’ensemble de ces questions la majorité a besoin d’un nouveau souffle pour donner au cap fixé par le Président de la République une incarnation, une traduction politique.

 

Rééquilibrer le partage de la richesse créée

Pour La Gauche Moderne, un rééquilibrage s’impose, notamment sur cet enjeu essentiel du partage de la valeur ajoutée en trois tiers, entre l’investissement productif, la juste rémunération des actionnaires et enfin, la juste rémunération du travail. C’est un axe majeur de la politique qu’a voulue Nicolas Sarkozy. Ce débat devra avoir lieu sans tabou.

 

Quelles initiatives européennes sont nécessaires pour faire prévaloir et respecter les normes sociales et les normes environnementales qu’elle doit fermement préserver ? Comment rendre le commerce mondial plus juste, c'est-à-dire la concurrence moins faussée tant entre pays occidentaux que dans les États émergents ?

 

Quels instruments mettre en oeuvre pour procéder à un tel rééquilibrage ? Comment préserver une cohésion sociale menacée par la déflation salariale, les délocalisations, les exigences exorbitantes, sur les salariés, comme sur les sous-traitants, portées par les croisés de la « valeur actionnariale » ?

 

La gauche institutionnelle française, dans une attitude inédite en Europe, s’enlise dans une vacuité doctrinale et arbore une rhétorique protestataire d’autant plus pathétique que les dirigeants socialistes sont comptables dans les faits de la mise en place des structures économiques à l’origine de la crise.

Face à ce vide sidéral d’une opposition dangereusement inconsistante, nous entendons continuer à oeuvrer pour que la politique de réforme impulsée par le Président de la République s’amplifie et crée les conditions d’un plus juste partage de la richesse créée, d’un changement de trajectoire du capitalisme, qui sache renouer avec l’investissement et l’innovation, d’une France plus juste, plus fière d’elle-même qui affirmera ainsi son rang et la portée de son message dans le concert des nations.

 

Beaucoup reste à faire, pour une telle ambition, la Gauche Moderne est prête à se mobiliser, mais elle entend aussi faire entendre sa différence et son originalité pour aider Nicolas Sarkozy à être effectivement le Président de la République qui aura mis la valeur travail au centre de sa pensée et de son action.

 

La Gauche Moderne

Conseil national du 23 janvier 2010

 

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Published by La Gauche Moderne - dans La Gauche Moderne
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