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 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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28 juin 2010 1 28 /06 /juin /2010 15:59

 

Claude Imbert, Le Point du 24 06 10...

 

Au fur et à mesure qu'il s'éloigne, de Gaulle laisse la légende supplanter l'Histoire. Tant mieux si tant est qu'elle puisse inspirer nos temps présents. La légende vénère le sauveteur, en juin 1940, d'une France anéantie. Et le sauveteur, en 1958, d'une France asphyxiée par le drame algérien. Vertu du visionnaire et austérité patriote. Dans la France d'aujourd'hui, sommée d'en finir avec trois décennies de relâchement, l'admonestation du Commandeur garde sa pertinence.

 

Car, pour le reste, l'unanimisme bénin qui, à droite comme à gauche, accapare le gaullisme ne vaut pas un clou. La France a trop changé et le monde plus encore pour qu'on fasse dire n'importe quoi à son outre-tombe abusé. Mai 1968, déjà, l'avait désarçonné ; notre XXIe siècle serait impénétrable à ce géant du XXe, façonné par le XIXe. Les plus chenus rappelleront que quelques jours avant qu'il ne dégringole, en 1958, sur la pétaudière d'une République impuissante, il était traité d'inutile raseur, de vieillard fascisant. Et conspué ensuite en comploteur d'un " coup d'Etat permanent ". Alors, l'unanimisme...

 

On ne comparera pas 1940 et 1958 où s'illustra de Gaulle avec l'anxiété que le mot de " faillite "- dixit Fillon - fait rôder sur la Nation. Mais on appréciera, dans toutes ces misères, cette prophétie, constante chez de Gaulle, qu'en France " la médiocrité, à la longue, porte le drame ". Lorsqu'il éclate, c'est le même effarement d'un peuple douché en plein sommeil. Dans " L'étrange défaite " de 1940 (1), dans l'étrange aveuglement d'une Algérie française niant l'inéluctable émancipation des peuples, dans la découverte, aujourd'hui, que le panier percé d'une mirobolante providence d'Etat avait ruiné la Nation, c'est le même ahurissement, la même gueule de bois.

 

Pourtant l'isolement éclatant de l'" exception française " tirait toutes les sonnettes d'alarme. La retraite à 60 ans sous Mitterrand alors que toute l'Europe s'adaptait à la longévité accrue ! Les 35 heures, déclinant leur désastre sur la durée annuelle du travail, à rebours du monde entier ! L'acceptation cafarde du sempiternel et croissant déficit de la Sécurité sociale, la prolifération de services publics qui nous valent 400 000 fonctionnaires de plus qu'une Allemagne pourtant plus peuplée que nous de 20 millions d'habitants ; ces exorbitantes largesses des subventions nationales ou régionales, la décote inquiétante de l'innovation et de la compétitivité dans les classements internationaux, les niches à tricherie, le tout dans le ravissement festif et le culte du loisir, et toutes ces faiblesses au bout du compte entretenues par les déficits empilés de l'Etat, cette longue médiocrité, voici qu'elle crève, sous nos yeux, comme un fruit blet. Voici que la crise financière fait éclater la perversion, elle, bien enkystée, d'une dette publique qui approchera bientôt les 100 % du produit intérieur brut.

 

Ce sont, en vérité, après les trente années dites glorieuses de l'immédiat après-guerre, les trente piteuses (1981-2010) qui présentent l'addition. Et fragilisent la signature de la France.

 

Sarkozy, champion autoproclamé de la " rupture ", fut-il, est-il, sera-t-il le champion d'un redressement acrobatique ? Il n'aura pas profité de son avènement, brièvement populaire, pour amorcer le grand virage. Empêtré d'abord par des fautes tempéramentales de style et de méthode, il a noyé les 35 heures dans une sauce coûteuse. Il aura en revanche engagé une profusion de réformes, souvent inachevées, mais dont certaines portent déjà leurs fruits. Et sortent en tout cas le pays d'un mortel engourdissement.

 

Surtout, Sarkozy acquiert le mérite d'avoir, dans la crise, évité le pire par l'inspiration du G20 et du fonds de garantie européen. Et, dans un dialogue délicat avec l'Allemagne, d'avoir bien défendu ce qui reste d'Europe communautaire. Mais il n'aura que peu soigné la maladie endémique des déficits. Le voici, avec son énergie intacte, contraint, pour ne point se " chiraquiser ", d'affronter avec une rigueur enfin assumée les rêveries de l'opposition socialiste.

 

Martine Aubry a mis, dirait-on, de l'ordre au PS, ce qui n'est pas rien. Mais elle n'a toujours pas médité l'inanité de ses recettes dans le monde d'aujourd'hui. DSK pourrait lui expliquer qu'elles sont impraticables. Elles peuvent certes faire gagner le pouvoir, mais le pouvoir résigné d'un pays rabaissé.

 

La réforme des retraites - et sa forte symbolique - fut plutôt bien conduite. Elle a pour elle l'incontournable évidence démographique. Elle préface un plan de rigueur draconien dont la seule faiblesse est d'espérer des recettes nouvelles d'une croissance peu crédible. Mais enfin, le parti pris de rigueur commence de s'imposer...

La rigueur au service exclusif de l'intérêt national, ce fut de bout en bout le seul viatique du Général. C'est encore le seul que l'on puisse, sans abus, extorquer de la légende gaullienne.

 

 

Claude Imbert, Le Point

 

 

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Published by Claude Imbert, Le Point - dans Réflexion politique
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commentaires

Elie Arié 29/06/2010 19:55


Pendant ce temps là, les taux Grecs montent au delà de 10.5%. Dramatique.

A suivre, les taux Espagnols et Portugais.

Mais on préfère regarder ces deux là ce soir pendant 90 minutes plutôt que d'aller jeter un coup d'œil chez Bloomberg.


Marc d'Here 29/06/2010 22:45



Mais heureusement tu es là pour nous alerter...