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 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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29 mai 2010 6 29 /05 /mai /2010 11:20

 

Nicolas Baverez, Le Point du 27 05...

 

 

Le PS a retrouvé depuis le scrutin régional des électeurs et une stratégie fondée sur l'alliance avec les écologistes en lieu et place des communistes ; il lui reste, pour aborder 2012, à choisir un leader et à définir un projet politique. Or sa ligne commence à se dessiner. Le 27 avril, le conseil national a adopté un nouveau modèle économique, social et écologique établi sur une production plus sobre en ressources, une garantie d'accès aux biens communs (éducation, santé et culture), un partage de la valeur ajoutée favorable au travail par la limitation des écarts de salaires, une révolution fiscale assise sur la hausse des prélèvements sur le capital et les hauts revenus, enfin la mise en place d'« écluses sociales ou environnementales » dans le commerce international.

Martine Aubry a placé ce modèle alternatif sous le signe d'une « offensive de civilisation » se fixant pour objectif l'émergence d'une « société du soin ». Enfin, les propositions pour la retraite universelle et personnalisée publiées le 18 mai préconisent le maintien de la retraite à 60 ans, l'institution d'une retraite à la carte et la prise en compte de la pénibilité, le tout au prix de 45 milliards d'euros de prélèvements supplémentaires d'ici à 2025.

 

Ces propositions soulignent l'absence de crédibilité du PS pour gouverner la France. Elles visent de fait moins à définir un modèle alternatif de développement qu'à réaliser l'unité de la gauche. D'où la dérive vers l'utopie et des slogans aussi généreux que flous : le « réformisme radical » ; « produire mieux et utile plutôt que produire plus » ; substitution du « juste échange » au libre-échange ; « ajouter de la vie aux années et pas seulement des années à la vie » ; « capacité de chacun d'être consom'acteur ».

L'improbable synthèse entre sociaux-démocrates et gauche radicale n'a été obtenue qu'autour d'une politique des bons sentiments qui culmine dans la société du soin, fondée sur un principe de compassion universelle. Elle repose sur le déni du réel, faisant l'impasse sur les problèmes cruciaux de la maîtrise des dépenses et des dettes publiques, de l'effondrement de la compétitivité et de la lutte contre le chômage de masse.

Surtout, ce pseudo-modèle novateur se réduit à la réhabilitation des vieilles recettes qui ont échoué depuis un quart de siècle : l'étatisme avec le contrôle des salaires, l'ouverture de nouveaux droits sociaux universels à réparation ou la résurrection des emplois jeunes ; le dirigisme avec la création d'un pôle public d'investissement industriel ; le protectionnisme avec les taxes sociales et environnementales aux frontières ; le fiscalisme avec un déluge d'impôts supplémentaires dont les conséquences seraient dévastatrices pour la compétitivité et l'emploi dans un pays où les prélèvements atteignent le niveau record de 47 % du PIB et qui connaît un chômage structurel de masse depuis les années 70.

 

Le projet socialiste, en prétendant répondre aux défis du XXIe siècle avec les idées de 1981, ignore les changements du monde, notamment le basculement du capitalisme vers l'Asie et l'essor des pays émergents. La recherche de nouveaux modes de production s'effectue indépendamment des crises de la mondialisation et de l'Europe.

Aucune conséquence n'est tirée de la dégradation de la situation de la France, sinon de nouvelles dépenses de redistribution en dépit du surendettement. Le réinvestissement dans les services publics tourne le dos aux études de l'OCDE ou de la Cour des comptes qui soulignent l'effondrement des performances de l'éducation nationale ou du système de santé en démontrant qu'il ne s'agit pas d'un problème de moyens.

Les réflexions sur les retraites évacuent l'évolution démographique et les 32 milliards de déficits qui ruinent le principe de la répartition et qui relèveraient de « discours anxiogènes ».

 

Le PS s'est installé dans le déni d'une histoire dont il refuse le caractère tragique et d'une économie ouverte dont il récuse les risques. En campant dans un univers virtuel, il se coupe de l'action politique. En témoigne son repli hexagonal qui le sépare de la gauche européenne. La social-démocratie suédoise est méconnue, qui a concilié compétitivité et haut niveau de protection sociale.

Une chape de plomb s'abat sur les tournants vers la rigueur opérés par les gouvernements Papandréou en Grèce (réduction du déficit de 10 points de PIB en cinq ans) ou Zapatero en Espagne (coupes de 65 milliards d'euros des dépenses incluant la diminution de 5 % de la rémunération des fonctionnaires et le gel des retraites). Au total, s'il devait être appliqué, le programme du PS promet bien à Dominique Strauss-Kahn de diriger la France, mais en tant que directeur général du FMI.

 

Sous une unité factice, le PS reste traversé par la lutte entre la gauche cynique et démagogue de Guy Mollet et de François Mitterrand, désormais incarnée par Martine Aubry, et la gauche sociale-démocrate et responsable de Jean Jaurès, Léon Blum et Pierre Mendès France, ralliée à Dominique Strauss-Kahn. L'actuelle direction du PS décline tous les préceptes de la vieille gauche, aussi radicale dans ses principes qu'opportuniste dans sa pratique : primauté absolue accordée à la conquête du pouvoir et mépris pour la cohérence qu'impose son exercice ; prise du parti à gauche puis du pouvoir au centre ; culte de l'ambiguïté et refus des choix requis pour gouverner ; double discours entre les promesses nationales et les engagements européens. C'est précisément contre le mensonge habillé d'abstractions théoriques que Jaurès a cherché à ancrer le réformisme. Jaurès qui expliquait que « le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire, c'est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe et de ne pas faire écho aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques ». 

 

Nicolas Baverez,

Le Point

 

 

 

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Published by Nicolas Baverez, Le Point - dans Parti socialiste
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commentaires

marc d'HERE 25/06/2010 18:44


Selon la Direction, les militants du PS ont été 34% à participer au vote sur la "rénovation" du parti. Par rapport aux inscrits, 28% ont adopté ce texte! Quand on connaît les méthodes du PS on peut
penser que ce chiffre ridiculement bas est encore "gonflé" par rapport à la réalité.

Manifestement la rénovation est le cadet des soucis des militants socialistes...On s'en doutait, mais la confirmation en est donnée.


ascensi 29/05/2010 22:19


Pour moi la meilleure phrase de Baverez, celle qui résonne à mon oreille comme étant la plus juste, autant à l'égard du PS actuel que de l'histoire des "réformateurs", est celle-ci: "C'est
précisément contre le mensonge habillé d'abstractions théoriques que Jaurès a cherché à ancrer le réformisme. Jaurès qui expliquait que le courage, c'est de chercher la vérité et de la
dire...".
Pour le reste je suis très étonné par sa tonalité agressive, plus agressive que tout ce qu'il a pu écrire contre les spéculateurs qui détruisent notre économie de marché. Pourquoi Baverez
veut-il
que la gauche tienne un discours d'une telle teneur, je cite : "il faut désormais maîtriser les dépenses et les dettes publiques" alors que la fine fleur du capitalisme mondial s'applique
depuis
quatre ans à essayer de reboucher un trou qu'elle ne cesse de creuser toute seule? Ne serait-ce pas se foutre du monde et exciter la populace que d'appeler à des sacrifices après tout cela? Je
trouve son argumentation méprisante et révélatrice d'une élite intellectuelle qui ne pense qu'à sauver un système pervers. S'il y a effectivement, de la part du PS, une "évocation de vieille
recettes qui ont échoué", il en est une qui renait par cette même évocation... et elle n'a rien de périmée : c'est l'indignation populaire et l'envie d'en découdre avec les puissants. Mais on
dirait que Baverez veut "bouffer du socialo", c'est bon signe car, en face, on est de plus en plus nombreux à vouloir "bouffer du capitaliste", fut-ce au prix de visions utopiques (l'égalité).
L'étatisme en fait-il partie ? Rien n'est moins et c'est sûrement pour cela que notre "déclinologue" en fait des cauchemars! Si mensonge il y a au PS c'est de ne pas assumer cette aspiration
"révolutionnaire" qui bouillonne dans le ventre du pays. Alors oui le PS temporise minablement en évoquant "L'ouverture de nouveaux droits sociaux" mais en n'appelant jamais les gens à
descendre
dans la rue. Baverez juge ces gentilles prescriptions "calines" avec une férocité inouie... je les considère plutôt comme hautement morales et nécessaires. Seul point dommageable ces cadeaux
imaginaires détournent de leur vraie mission les gens de gauche : descendre dans la rue et EXIGER des reculs politiques IMMEDIATS. Quant à la pure logique économique, le PS en serait-il
dépourvue?
Démonstration risible de l'auteur lorsqu'elle survient après les subprimes, Madoff, Kerviel, Goldman Sachs, les plans de sauvetage des banques, les krachs en série, Dubaï, l'Islande, la
Grêce...
etc etc... Que faut-il à Baverez pour saisir que son monde est en train de crever? Le PS n'est qu'une petite rose innofensive par rapport à ce que l'avenir réserve à un chroniqueur journaliste
qui
est aussi un conseiller du prince. Le vent tourne. Encore et toujours.


Marc d'Here 29/05/2010 23:17



Bigre! Et tu parles de "l'agressivité" de Baverez!


 



Marc d'Here 29/05/2010 15:03


L'analyse de Baverez metbien à jour l'incapacité du PS à se rénover et à rénover ses idées...J'ai publié sur ce blog un article "PS: la rénovation en panne" qui dit, avec moins de talent, des
choses proches...

En fait, le PS ne peut sortir du piège Sarkozyste. Sarkozy a pris tout l'espace de "la réforme juste et réaliste". Le Ps n'a plus que deux possibilités: soit aller dans le sens de Sarkozy en s'en
distinguant de manière marginale ( c'est DSK ou Rocard), soit s'enfoncer dans la radicalité archaîque du discours à la , c'est le choix d'Aubry...et c'est un choix qui ne peut Mitterrand conduire
qu'à la défaite ou en cas, peu probable, de victoire au reniement et à ...l'échec plus tardif.

Ce n'est bien sûr pas les tenants du "poltiquement correct" qui peuvent voir cela!


Elie Arié 29/05/2010 15:01


Quand tu ne trouves rien à répondre, tu es très amusant.
J'espère que c'est volontaire!


Elie Arié 29/05/2010 14:33


Et ajoutons ceci: le gouvernement conservateur anglais vient d’annoncer un prélèvement sur les plus-values financières qui passera de 18% à 40 voire 50%: qu'en pense M. Baverez?


Marc d'Here 29/05/2010 14:48



De plus en plus passionant...Te voilà dialoguer avec Baverez, maintenant?



Elie Arié 29/05/2010 14:28


Baverez mélange ici:

-des considérations justes ( l'effondrement des performances de l'éducation nationale ou du système de santé en démontrant qu'il ne s'agit pas d'un problème de moyens, les réflexions sur les
retraites évacuent l'évolution démographique et les 32 milliards de déficits qui ruinent le principe de la répartition et qui relèveraient de « discours anxiogènes"),

-des considérations discutables ( un protectionnisme sélectif de l' UE, à l'image de ceux pratiqués par les États-Unis, la Chine ou le Japon, de façon à corriger la concurrence faussée par le
dumping social est préconisé par beaucoup d'économistes, y inclus libéraux),

-des mensonges éhontés (la Suède a conservé un taux de prélèvements obligatoires plus élevé que celui de la France, les États-Unis et la Grande-Bretagne ont augmenté les tranches d'imposition les
plus élevées depuis le début de la crise, le plan d'austérité du Portugal soutenu par l'opposition de droite comporte des mesures de hausse de la fiscalité).


Marc d'Here 29/05/2010 14:47



Tu te trompes sur tout! Mais continues à adresser tes commentaires, c'est distrayant!