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 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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17 août 2012 5 17 /08 /août /2012 07:50

 

Par Philippe Tesson...

 

Le Point.fr, 15 août...

 

Personne en vérité n'attendait sérieusement des cent premiers jours du mandat de François Hollande qu'ils marquent l'histoire de France d'une empreinte irrésistible, de quelque fait d'armes héroïque, d'une décision spectaculaire, que sais-je, type nuit du 4 août ou pont d'Arcole. On peut rêver. Mais ce n'est pas le genre de François Hollande. François Fillon ne manque pas d'humour lorsqu'il suggère au nouveau président de prendre sans délai l'avion pour Moscou en compagnie d'Angela Merkel afin de persuader Poutine de lâcher le régime syrien ! On imagine mal la scène...

À défaut de panache, on pouvait espérer que ces cent jours permettraient à l'équipe parvenue au pouvoir de livrer, au-delà des quelques mesures qu'elle a fait adopter par le Parlement, des signes suffisants à rendre plus lisible la politique générale qu'elle va mener. L'intervention du président de la République le 14 juillet est restée à cet égard assez décevante. Depuis, plus rien. Fallait-il cent jours de délai et même davantage pour que le gouvernement passe aux actes ?

Car enfin qu'a-t-il été décidé d'importance depuis le 6 mai, sachant que selon les dires de la gauche Sarkozy conduisait le pays à sa perte, qui fût de nature à conjurer cette menace et à lutter avec efficacité contre la crise ? Et quel sens se dégage de l'action conduite durant ces trois mois par le président et le gouvernement, si l'on excepte quelques décisions ponctuelles comme celle relative à l'aménagement de la réforme des retraites, ou l'encadrement des loyers ou encore le retrait des forces françaises d'Afghanistan? La grande majorité des mesures adoptées n'ont obéi qu'à deux intentions : détruire la politique de Sarkozy et taxer l'argent. Tel est le bilan des cents jours de Hollande.

Dogmatisme

Le premier de ces deux objectifs a été réalisé contrairement à la volonté affichée de rassemblement et pour partie aux dépens de l'intérêt économique et budgétaire du pays - on pense en particulier à la fin de la défiscalisation des heures supplémentaires. Le second, à savoir la mise en place d'une nouvelle fiscalité frappant à la fois les particuliers et les entreprises, représente une prise de risque propre à peser un peu plus encore sur les chances de reprise économique, surtout à la veille d'une menace de récession. Mais le dogmatisme socialiste l'a emporté sur la raison. Il fallait de surcroît livrer au peuple des symboles. Ces cent jours peu glorieux auront été ceux de la revanche, politique, personnelle et idéologique.

Le nouveau pouvoir en sort-il renforcé ? On peut en douter. L'intéressant sondage Ifop publié la semaine dernière par Le Figaro   atteste non seulement une érosion particulièrement rapide de la confiance du pays en son président, mais une sévère condamnation de deux mesures phares récemment adoptées : la fin de la défiscalisation des heures supplémentaires et l'alourdissement de la fiscalité des droits de succession et des donations.

C'est donc dans une position de relative faiblesse que le président de la République et son gouvernement vont entamer réellement leur mandat. Qu'ils persistent dans les choix qui ont inspiré jusqu'à présent leur politique économique et qui pour la plupart n'ont pas, au contraire, allégé la dépense publique, cela risquerait d'approfondir la crise. Il n'est donc pour eux d'autre issue que dans un retour au réalisme, accompagné par une révision de leur discours. François Hollande est aujourd'hui menacé de payer le prix de celui qu'il a tenu sur l'argent durant toute sa campagne, un discours simpliste, vulgaire et démagogique. La défense de la justice sociale ne passe pas seulement par la stigmatisation du profit abusif. Le péché originel de ces cents jours aura résidé dans cette confusion.



Philippe Tesson

Le Point

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Published by Marc d'Here
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