Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

PRESENTATION

 

 

Contact: marcdhere.mdh@gmail.com 

 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

Recherche

11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 10:20

 

Par Elie Arié, dans Marianne2 du 09 juin...

 

Et si la France était atteinte d’une étonnante dissociation entre, d’une part, le discours que tiennent les Français, y inclus de droite (et pas seulement les journalistes et ceux qui commentent leurs articles), et, d’autre part, leur vision du monde et de l’avenir que seule l’inertie des réflexes conditionnés et du « politiquement correct » les empêche de formuler ?

Et si l’ « attachement au modèle-social-français-que–le-monde-entier-nous-envie » (on se demande d’ailleurs alors pourquoi, au lieu de l’imiter, il s’obstine à s’en éloigner de plus en plus : tous idiots, sauf nous ?) n’était qu’un hommage à un passé panthéonisé dont il serait malséant de dresser l’acte de décès, tout en n’en pensant pas moins ?

Car enfin, faisons l’effort de regarder les choses (c’est-à-dire nous-mêmes) en face.  

Le mouvement des « Indignados », qui touche à sa fin en Espagne, n’a jamais pu être relayé en France ; l’opuscule de Stéphane Hessel dont il tire son nom, « Indignons-nous » a fait un (relatif)  tabac, mais son auteur, ancien rocardien, soutenait DSK avant de se rabattre, faute de mieux, sur Aubry ou Hollande, dont on sait qu’ils ne changeront rien à nos sujets d’indignation ; celle-ci s’apparente davantage à une indignation de type métaphysique, comme celle que nous éprouvons face à des phénomènes contre lesquels nous nous savons impuissants, comme la vieillesse ou la mort, qu’à une indignation politique susceptible de déboucher sur autre chose que...la victoire électorale de la droite la plus libérale (Espagne, Portugal, Grande-Bretagne, et sans doute, demain, Grèce et peut-être France).

Ceux qui proposent concrètement « une autre politique » ont, malgré quelques différences entre eux,  un point commun : ils n’attirent pas plus de 5 % du corps électoral (Chevènement, Mélenchon, le PC, et sans doute Montebourg aux primaires du PS) : or, qui vote, sinon « les indignés » que nous prétendons être ?

En fait, le seul parti qui arrive à capitaliser électoralement cette indignation est le Front national, qui présente une particularité : même ceux qui votent pour lui savent qu’il ne viendra jamais au pouvoir, c’est d’ailleurs la raison essentielle de son succès –autre « non-dit » de notre vie politique. On y opposera l’incapacité de Ségolène Royal (présidentiable possible, elle) à remonter dans les sondages, malgré ses outrances démagogiques de blocages des prix, auxquelles personne ne peut croire.

L’hommage rituel au « programme-du-Conseil-National-de-la-Résistance-qu’il-faudrait-remettre- en-œuvre » s’accompagne d’une extraordinaire capacité à accepter tout ce qui achève son démantèlement, et, contrairement à une légende qui a la vie dure, la France est sans doute un des pays les plus facilement réformables qui soient ; deux exemples, et non des moindres, de cette mise à mort acceptée du programme du CNR :

1 -La réforme des retraites a été rondement menée (17 ans, c’est peu pour un tel bouleversement)  en quatre étapes :

-1993 : réforme Balladur allongeant la durée des cotisations et le mode de calcul (25 meilleures années, désindexation sur les salaires),
-2003 : réforme Fillon alignant la durée de cotisation du régime fonctionnaire sur celle du régime général,
-2007-2010 : réformes Sarkozy sur les régimes spéciaux, sur l’âge légal de départ et sur la durée des cotisations.

Ces réformes se caractérisent à la fois par la faiblesse des manifestations et grèves auxquelles elles ont donné lieu, et par le fait que l’opposition ne les remet pas vraiment en cause.

2- La généralisation progressive des dépassements d’honoraires des médecins, qui change la nature même du système de santé, s’opère dans une indifférence qui ne cesse de me surprendre mais que je suis bien forcé de constater.

Alors, peut-être faut-il tirer les conséquences de tous ces non-dits :

-et si la victoire de Sarkozy, en 2007, était fondamentalement due à son engagement à nous adapter à un monde dont les Français ne veulent pas, mais auquel ils se sont résignés ?

-et si les mêmes causes produisaient le même effet en 2012, encore renforcées par les promesses du PS de pression fiscale accrue sur les classes moyennes (sur qui d’autre ?) , qui la rejettent parce que, comme la majorité des Français, elles ont basculé, elles aussi, dans le « chacun pour soi » ?

Voilà : le « non-dit » vient d’être dit. C’est bien aussi le rôle des médias, non ?

 

Elie Arié

dans Marianne 2

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Elie Arié, Marianne 2 - dans Economie et social
commenter cet article

commentaires

plus que 329 jours 14/06/2011 17:18


"Si le taux de syndicalisation est si bas, c'est qu'il y a des raisons, vous ne pensez pas ?"

Sûrement. Mais critiquer les syndicats est à la mode.

"Je rejoins Marc pour dire que des évolutions, pour ne pas dire des réformes, sont nécessaires, ne serait-ce que pour maintenir à flot notre Sécu en particulier et nos comptes sociaux en général...
Les français le savent bien. "

C'est sûr qu'elles sont nécessaires avec tous les cadeaux fiscaux qu'on a filé aux plus riches. Donc, on tape sur les classes moyennes qui ne bronchent pas. Certains se plaignent mais n'agissent
pas, d'autres comme vous croient aux sornettes de nos politiques.


Jean-Pierre 14/06/2011 16:39


Si le taux de syndicalisation est si bas, c'est qu'il y a des raisons, vous ne pensez pas ?

Je rejoins Marc pour dire que des évolutions, pour ne pas dire des réformes, sont nécessaires, ne serait-ce que pour maintenir à flot notre Sécu en particulier et nos comptes sociaux en général...
Les français le savent bien.


plusque329jours 14/06/2011 14:02


@Elie Arie,

Je ne pensais pas que mon commentaire était aussi idéalisé. Je suis conscient que les combats sont de plus en plus difficiles et je pense que les salariés devraient s'organiser beaucoup plus et au
moins au niveau européen. Mais, lorsqu'on voit le taux de syndicalisation, on a bien évidemment du souci à se faire. Pas évident non plus pour les salariés de se mobiliser dans certaines boîtes car
la participation à des mouvements de grève entraîne la mise à la porte et tous les salariés n'ont pas les moyens financiers pour se lancer dans un mouvement de grève. Même si on entend certains
imbéciles proclamer que les jours de grève sont payés. Ensuite, il y a le bourrage de crânes de toutes nos élites pour assener qu'on n'avait pas le choix, on devait la faire cette réforme des
retraites comme on nous dira dans quelques semaines qu'il faut une 2nde journée de solidarité pour la dépendance. Ainsi, on va s'attaquer aux RTT qu'on a tout de même obtenu grâce à un gouvernement
de gauche, ne l'oublions pas tout de même.


Marc d'Here 14/06/2011 14:51



Où avez-vous vu que les employés qui se mettent en grève sont licenciés? C'est évidemment faux.



Elie Arié 14/06/2011 10:25


@ plus que 329 jours...ou 329 jours + 5 ans?

Je n'ai évidemment pas la même lecture idéalisée que vous:

-le NON au TCE, pour lequel j'ai fait campagne, n'a rien changé (même sans traité de Lisbonne) au fonctionnement de l' Union Européenne: l'Acte Unique Européen (libre circulation des capitaux
européens et extra-européens), les traités de Maastricht (approuvé par référendum), de Nice et d' Amsterdam restaient en vigueur;

-la réforme des retraites de 2010 n'a donné lieu qu'à de petites promenades familiales du samedi (pour faire venir plus de monde) et à des ordres de grève qui n'ont pas été suivis, même dans le
secteur public;elle venait compléter les précédentes réformes, que j'ai rappelées, qui sont passées comme une lettre à la poste (pas en grève): ce n'est évidemment pas comme ça qu'on fait reculer
un gouvernement.

Cette passivité ne fait qu'encourager les pouvoirs publics à continuer des réformes qui ramènent, dans toute l'Europe, les partis de droite au pouvoir.

Pourquoi se raconter des histoires à soi-même?


Marc d'Here 14/06/2011 10:31



J'ajouterai que ces réformes, quelles qu'en soient les conséquences en terme électoral, étaient nécessaires et il est heureux que Sarkozy ait pu et su les mettre en oeuvre.



plus que 329 jours 13/06/2011 21:34


Non, Monsieur Arié, il n'y a pas que des résignés en France (et dans d'autres pays) contre la politique imposée aux peuples. Je suis bien d'accord que c'est très décevant que des hommes politiques
pronant la rupture avec ce démantèlement systématique des services publics et des acquis sociaux soient si bas dans les sondages et n'ont aucune chance. Mais contrairement à ceux que vous dîtes,
des hommes et des femmes dans ce pays ont bougé notamment contre cette réforme injuste des retraites en faisant grève et en manifestant (j'en faisais parti). N'oubliez pas qu'une majorité de
français ont dit non au traité européen et ont de ce fait dénoncé la politique imposée par les bureaucrates de Bruxelles, soutenus pas les politiques français de l'UMP et de ses alliés et du PS.
Mais vous savez aussi qu'on leur a volé leur victoire en pondant un texte quasi identique cette fois-ci sans passer par la voie du peuple. Avouez donc que les gens estiment que leur vote ne sert
plus à rien. e qui est très grave car les gens vont se tourner vers les partis extrémistes, on le constate partout en Europé. Et ce sera la conséquence de la trahison de tous les politiques qui
nous prennent pour des imbéciles. Ils viendront ensuite pleurer mais il sera trop tard.


Elie Arié 13/06/2011 19:26


Je ne propose rien; je constate simplement que les Français, même s'ils proclament l'inverse, se sont faits à l'idée d'un démantèlement (très progressif, bien entendu: on est encore loin des
États-Unis) de leur système de protection sociale.


Marc d'Here 13/06/2011 21:34



Plutôt que démantèlement, parlons plutôt d'évolution nécessaire d'une protection sociale qui ne peut plus fonctionner correctement. L'Etat providence n'a plus les moyens, les protections par
"grandes masses " doivent laisser place, progressivement, à des protections plus ciblées et souvent sous condition de ressources.



cellobello 13/06/2011 18:54


Quel embrouillamini pour nous faire croire que le système de Protection Sociale français est mauvais et -surtout- qu'il serait mis à mal. Par Sarko, votre mauvais objet du moment, bien entendu.

Vous nous proposez le système de protection sociale de quel pays? Les Etats-Unis?


Larnaudie Patricia 13/06/2011 14:03


Entièrement d'accord! L'opuscule qui sert "de Bible"aux indignés chez nous,ne fera que le lit du FN!!!!
Pathétique....


GP 12/06/2011 06:56


Excellente analyse !