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PRESENTATION

 

 

Contact: marcdhere.mdh@gmail.com 

 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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8 novembre 2010 1 08 /11 /novembre /2010 16:10

 

Extrait du livre "Plus belle la gauche- Pour une gauche moderne" de Marc d'Héré et Gilles Casanova...

 

 

...Nous voulons favoriser le rôle positif du marché qui est l’espace de la création de richesse et qui en est la condition. Parce que, laissé totalement à lui-même, il tend à augmenter les inégalités économiques par la domination des plus forts et à détruire la nature dans des proportions insupportables, il doit, pour fonctionner de manière optimale et relativement juste, s’inscrire dans un ensemble de règles permettant d’éviter les dérives qu’une liberté non contrôlée autorisent.

 

L’excès qui a consisté dans les dernières années et encore largement aujourd’hui, à exiger une rentabilité immédiate au détriment de la pérennité et des perspectives futures de l’entreprise est un grand danger. Cette rentabilité exigée par une logique financière poussée à l’extrême, nous explique qu’en pleine crise, en 2009, ce sont les réductions drastiques d’investissement et les licenciements qui provoquent des profits et des envolées boursières qui sont sans rapport avec la valeur réelle créée qui est très faible.

Cette politique absurde et illusoire qui vide de leur substance les entreprises au nom de la « création de valeur pour l’actionnaire » est de plus un obstacle à toute politique sociale, car non contente de limiter les investissements utiles en occultant le long terme, elle oublie que l’homme demeure la finalité de l’économie, ou refuse de voir cette réalité. La logique de rendement doit être régulée par une logique de responsabilité. Notre projet veut utiliser tout ce qu’il y a d’efficacité dans le capitalisme en le rendant plus équitable et plus responsable, instituer des règles ou des incitations qui l’orienteront vers une meilleure prise en compte de l’homme et de la justice. L’économie ne peut fonctionner sur le long terme d’une manière totalement indépendante des règles sociales, culturelles, morales même qui régissent la vie en société. La récente crise nous l’a montré.

 

Nous reconnaissons la concurrence comme un facteur de progrès, comme source du dynamisme et de l’innovation dont nos sociétés ont besoin, mais elle ne peut être sans limite. Elle doit pouvoir s’exercer de manière loyale, sans que des ententes la suppriment au profit d’opérateurs par trop dominants. Les autorités européennes doivent faire appliquer un droit de la concurrence qui permette de concilier la puissance de grands groupes européens et le maintien d’une diversité économique et sociale. C’est la libération des énergies, et la concurrence qui permettront le développement. C’est le développement qui nous donnera les moyens de la solidarité et du progrès social.

 

L’acteur économique principal est l’entreprise. Donnons-nous les moyens de jouer le jeu de l’entreprise – ce qui ne signifie pas forcément jouer le jeu des « patrons » – car les pays qui créent le plus d’entreprises sont ceux qui ont le plus de croissance et créent le plus d’emplois. Encourageons l’esprit d’initiative, soutenons ceux qui prennent des risques, réduisons les obstacles administratifs à la création d’entreprises et les réglementations pénalisantes, allégeons les charges qui pèsent sur elles, quitte à ce que ces allègements comme l’attribution d’aides, soient conditionnels et liés à des progrès dans la politique de recherche, dans la politique sociale. Facilitons le développement et l’accès au financement de nos PME, qui sont fortement créatrices d’emplois, et donnons leur la possibilité d’atteindre la masse critique qui les rendra capables de soutenir la concurrence internationale. Un « Small Business Act » à la française leur permettra d’emporter davantage de marchés publics et de croître.

 

La liberté des entreprises est une nécessité. Comme toute liberté elle ne peut s’envisager sans régulation et sans responsabilité. L’économie ne peut se concevoir comme un espace clos, une mécanique qui fonctionne selon des règles et des modalités indépendantes du monde qui l’entoure.

 

Ce qui est vrai pour l’économie l’est pour ses acteurs, et cet organisme vivant qu’est l’entreprise ne peut être appréhendé et fonctionner en dehors du milieu dans lequel il baigne. Les entreprises doivent jouer leur rôle d’acteur social et se convaincre qu’elles ont tout à gagner à inscrire leur développement dans le cadre d’une relation responsable avec la société, avec toutes leurs « parties prenantes », actionnaires, salariés, mais aussi clients, fournisseurs, sous-traitants, et les populations qui d’une manière plus ou moins directes dépendent de leurs décisions, de leurs actions, de leur fonctionnement.

L’entreprise doit être incitée à devenir « socialement responsable », et à admettre que respecter une éthique sociale peut correspondre à son intérêt. Un nombre croissant d’entreprises est amené à prendre en compte des indicateurs autres que purement financiers et à intégrer les dimensions sociales et environnementales dans leurs politiques. Certaines créent des fondations à but social, signent des partenariats avec des ONG pour favoriser leur démarche de développement durable. Des analystes financiers estiment que la prise en considération de l’éthique n’est pas contradictoire avec une bonne gestion et que les entreprises qui s’y appliquent, pourront réussir sur une longue période, grâce à leurs principes de développement et leurs méthodes de management, à apporter plus de sécurité et de valeur ajoutée à leurs actionnaires.

 

L’action « citoyenne » des entreprises peut prendre aussi un aspect local. Il peut s’agir de l’action en faveur de l’emploi d’un bassin ou d’une région, le recrutement de personnes handicapées, ou l’action en faveur de l’intégration et de l’insertion dans les quartiers difficiles. L’entreprise doit prendre conscience des conséquences de ses décisions sur l’urbanisation, l’utilisation des transports ou le niveau de pollution, comme sur les conditions de vie, l’état sanitaire et psychologique de ceux qui y travaillent ou qui sont installés dans son voisinage ou sa zone d’influence.

Acteur intégré à la vie sociale, l’entreprise a tout à gagner à un environnement harmonieux, prospère et dynamique. Les pouvoirs publics pourraient, de manière décentralisée, inciter les partenaires sociaux à négocier une « charte de l’entreprise citoyenne », identifiant les comportements qui, sans remettre en cause l’objectif de profit, permettraient d’inscrire l’activité des entreprises dans une démarche de responsabilité et de solidarité. Elle couvrirait le domaine du recrutement, notamment en adoptant des règles anti discriminations, de la formation continue et de l’apprentissage, des conditions de travail permettant de limiter le stress, du reclassement des salariés licenciés, de la revitalisation des territoires, du développement local, de la protection de l’environnement.

 

Espace où s’affrontent, naturellement, des intérêts contradictoires, l’entreprise peut aussi devenir un lieu de partenariat, où se réalise, dans une situation faite à la fois de coopération et de tension « leur synthèse. » Le contrat à durée déterminée ne doit être qu’une exception. Un CDI, réformé, assurant une réelle sécurité tout en étant évolutif dans l’extension de ses garanties en fonction de l’ancienneté et de la fonction occupée, doit devenir la norme. Le temps partiel choisi, sera considéré, dans le cadre d’accords entre les partenaires sociaux, comme un droit du salarié. L’égalité entre hommes et femmes ne peut souffrir d’exceptions, ni en terme de salaire ni en terme de déroulement de carrière. Il est temps aussi que l’entreprise redécouvre l’avantage d’une pyramide des âges cohérente et donne leur place aux travailleurs plus âgés dont elle a autant besoin que de plus jeunes. La flexibilité nécessaire aux entreprises, pour s’adapter aux variations de la situation économique, pour limiter leurs coûts tout en accroissant leur productivité comme les y oblige une concurrence multiforme, doit se négocier avec les compensations à donner aux employés. Si le droit du travail doit mieux s’adapter aux évolutions de l’économie et aux exigences de la rentabilité, les salariés doivent en contrepartie obtenir des garanties, en termes de protection et de formation. Ce sera la mise en œuvre de cette idée, éminemment sociale-libérale, de la flexi-sécurité, dont la nécessité s’affirme plus que jamais dans la période difficile que nous vivons.

 

L’organisation de l’entreprise (de la grande entreprise au moins) pourrait se faire autour d’un Conseil de Surveillance composé – dans une proportion proche de la parité Hommes/Femmes – de représentants élus des actionnaires, mais aussi des cadres dirigeants et des salariés. Il désignera et contrôlera le Directoire de l’entreprise. Pour aller contre la logique de l’immédiat induite par le capitalisme financier, on consolidera la représentation des intérêts à long terme: les titres bloqués sur une longue période disposeront de plusieurs « droits de vote » contre un seul pour les titres négociables à tout moment, l’épargne qui restera investie dans la durée dans la même société pourra bénéficier de dividendes supérieurs et se verra favorisée fiscalement.

 

Les rémunérations des managers de grandes entreprises qui atteignent des niveaux aberrants, et auxquelles s’ajoutent des « parachutes dorés » en cas de départ, sont ressentis comme des provocations, et contredisent même les principes du capitalisme en tendant à supprimer tout risque pour les dirigeants, alors que celui-ci est la justification de gains importants. Ces rémunérations ne peuvent être sans limites, les indemnités de départ seront fiscalisées, pour l’entreprise et le bénéficiaire, et ne pourront être attribuées que dans le seul cas de résultats positifs, les retraites chapeaux ne seront plus autorisées.

Les distributions de stock options, aux effets pervers car conduisant à privilégier la valeur boursière à court terme et non les performances réelles de l’entreprise, seront interdites. Pour le cas particulier des « traders » dont on a tant évoqué la responsabilité au moins indirecte dans le déclenchement de la crise financière, il faudra revoir les montants et les systèmes d’attribution des « bonus », pour éviter que leur caractère excessif et leur distribution laxiste les entraîne à des prises de risques inconsidérées. On les limitera, et on étalera leur versement sur plusieurs années, en fonction des résultats concrets obtenus sur le long terme, avec imputation des pertes au même titre que des gains.

 

L’entreprise doit adopter un fonctionnement dans lequel l’auto organisation (on parlait il y a 50 ans d’autogestion) doit trouver une part. Elle doit pouvoir obtenir la participation de ses salariés à ses projets de développement, dans lesquels ils doivent trouver motivation, possibilité d’apporter une réelle contribution et juste récompense de leur implication.

Les entreprises manifesteraient une vision à courte vue si elles ne consacraient pas une part significative de leurs bénéfices à une amélioration de la rémunération des salariés, et notamment de ceux qui y ont le plus contribué. Au-delà de la participation aux résultats et de l’intéressement qui doivent se généraliser, cette rémunération doit s’étendre à la participation au capital. L’actionnariat salarié, les plans d’épargne abondés par les entreprises et bénéficiant d’avantages fiscaux, résultant d’accords d’entreprise ou interentreprises, peuvent, en associant plus étroitement les salariés à la stratégie et aux résultats de l’entreprise, leur faire prendre en compte les intérêts de celle-ci et s’affirmer comme un élément important d’un nouveau contrat social...

 

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Published by Marc d'Here - dans Entreprises - syndicats
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