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 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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28 avril 2010 3 28 /04 /avril /2010 05:46

 

 Claude Imbert dans Le Point du 22 avril...

 

 

Les voyageurs victimes du volcan islandais et de ses cendres comme les vaccinés de la grippe A font grimper la polémique contre l'empire de la précaution. Je n'y ajouterai pas mon grain de sel. A elle seule, la réaction de l'Etat à la tragédie de Xynthia est plus convaincante. Le pouvoir y aura, de prime abord, imposé aux victimes des mesures insupportables. Après quoi il dut en rabattre, invoquer un « malentendu », et consentir en fait une volte-face.

La péripétie invite à méditer deux vices de l'actuelle gouvernance : une démesure du principe de précaution. Et la précipitation exécutive d'une présidence bien réactive mais outrecuidante.

 

Le prompt engagement de l'Etat quant au sort des habitants de zones inondables fut de bon aloi. Et de même, celui de dédommager sans mégoter les occupants de demeures déclarées vulnérables et dont ils accepteraient la destruction. Mais l'intention, d'abord proclamée, de détruire aussi des maisons que leurs occupants désirent conserver est, elle, très contestable.

 

Sans discuter le bien ou le mal-fondé du zonage des expropriations projetées, la soumission du droit de propriété à l'oukase éventuel de destruction est inquiétante. Là, on respire à plein l'emprise funeste du fameux principe de précaution : il dévoie le devoir légitime de prévention. La prévention tend à se prémunir d'avance contre des risques identifiés. Tandis que le principe de précaution envisage à l'aveugle une masse indéfinie de risques potentiels. Depuis que l'idéologie du progrès est en perdition et que l'écologie pourfend les OGM, les antennes-relais, la pollution automobile et le nucléaire, ces risques envahissent l'imaginaire. A quand le principe d'angoisse ?

 

Voici un Etat qui prétend imposer à des occupants rétifs de vider des lieux qu'il avait les moyens - il n'en manque pas - de déclarer inconstructibles, fût-ce contre l'avis de communes prodigues en délivrances de permis. Les préfets ont, dit-il, multiplié les mises en garde, mais l'Etat ne s'est point résolu à interdire.

Ce qui le fait passer d'un excès à l'autre, c'est une catastrophe sans précédent historique : la conjugaison d'une dépression atlantique avec un épisode de grandes marées et d'un régime de vents violents. Soit un déferlement que les grandes tempêtes de 1877 et 1940 n'avaient pas égalé.

 

Et c'est tourneboulé par cette extraordinaire infortune que l'Etat prétend expédier ses bulldozers contre des risques éventuels épargnés par un si long passé. Dans sa reculade, l'Etat assure désormais que chaque destruction, envisagée mais contestée, dépendra des tribunaux et de leurs divers recours. Un moindre mal ! Sachons, en tout cas, que le ministère de l'Ecologie tient en France pour menacés, sinon de submersion du moins d'inondation maritime ou fluviale... plus de 500 000 habitants. Il y a de quoi faire !...

 

Avant de les inquiéter, que l'Etat songe d'abord à réformer les digues, qu'il admette qu'on peut désormais construire en terre inondable, comme aux Pays-Bas, en Floride ou à Venise. Dans le monde, la surcote annoncée du niveau des mers n'a nulle part vidé un littoral surpeuplé. Et les risques sismiques n'ont fait émigrer de leurs pénates ni les Japonais ni les Californiens installés sur des failles redoutables.

Prévenir, soit ! Mais protéger la France comme un jardin d'enfants, non ! Elle compte encore quelques adultes.

 

Dans cette affaire comme en d'autres, l'Etat aura exhibé les défauts du circuit court que l'Elysée imprime à sa gouvernance. Il consiste, sous la charge émotionnelle, à imposer depuis le sommet des solutions tranchantes et péremptoires. On approuvera certes les décisions rapides qui évitent les atermoiements d'une concertation bavarde. Mais la juste mesure existe qui n'évite pas d'associer les rouages compétents de la machine publique, quitte, du sommet, à en fouetter le zèle.

 

En Charente-Maritime et en Vendée, il aura fallu la rébellion d'élus locaux - ainsi de Ségolène Royal ou du député UMP Jean-Louis Léonard - pour discipliner les déboulés du sommet. On imagine que si deux ministres, qui ne sont pas manchots - Dominique Bussereau et Jean-Louis Borloo -, avaient pu faire peser d'emblée leur expérience, on eût évité couacs et volte-face. Le circuit court de l'Elysée a pour limite le court-circuit qui détraque toute la mécanique.

 

Ce n'est déplorer ni l'autorité ni l'énergie de l'Elysée que de délivrer le Prince et ses conseillers d'une impulsivité nocive. De Gaulle, icône de l'autorité, remuait mais respectait ses ministres, préfets et diplomates. Peu encombré de l'accessoire, il ne se mêlait que de l'essentiel. Depuis juin 1940, il savait que rien de grand ne se fait sans risque. Et que... sous la menace d'une crue de la Seine, l'Elysée lui-même est en zone inondable !

 

Claude Imbert, Le Point

 

 

 

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Published by Claude Imbert, Le Point - dans Réflexion politique
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commentaires

Larnaudie Patricia 28/04/2010 22:11


Oui, mais rappelons nous quel est le Président qui a inscrit le principe de précaution dans la Constitution???
Actuellement,aucun écolier ne joue plus aux billes. Résultat:si l'on ne risque plus d'avaler une bille faute de billes...les jeux dangereux se développent avec parfois des morts,comme le jeu de "la
tomate"pendant lequel l'enfant cherche à retenir le plus logtemps possible sa respiration(il en devient écarlate)jusqu'à l'évanouissement voire plus grave!!!Tout cela à l'abri des regards...Va-t-on
mettre les écoliers sous respirateurs dans les cours d'école???Le sinistre de l'histoire c'est que certains vont jusqu'à en perdre la vie...
Question inondation,je me rends régulièrement en Camargue,aux Saintes Maries de la Mer,petite ville construite sous le niveau de la mer...les camarguais ont l'habitude de vivre avec les dangers de
la mer et les caprices du Rhône,les taureaux et chevaux aussi!Si la prévention y est appliquée,les gardians ont su conserver un minimum de bon sens!!D'ailleurs,à propos d'écologie,une certaine
ministre de l'Environnement-Ségolène Royal-avait un beau matin décidé depuis son ministère que la Camargue seraitParc National au lieu de Parc Régional!Effets d'annonce à son habitude sans
concertation avec les éleveurs,riziculteurs,agriculteurs!!Résultat:une immense manifestation à Paris de gardians à cheval,histoire de bien lui faire comprendre que la Camargue n'était pas une
réserve d'indiens!!!Mme le Ministre a rangé son magnifique projet au rayon des objets..perdus!!!