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 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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2 décembre 2010 4 02 /12 /décembre /2010 11:35

 

Claude Imbert, Lepoint du 25 novembre...

 

Il a perdu des couleurs, des plumes et quelques illusions. Assiégé par la crise économique et financière, empêtré par une impopularité collante, Sarkozy quitte, dirait-on, sa politique buissonnière où il n'aura que trop gaspillé son énergie. Il était " trop ", il ne sera pas " moins " mais peut-être " autrement ". Le voilà ramené, sans ménagement, sur le circuit étroit d'une fin de quinquennat. L'arrivée se jugera moins dans une réélection aléatoire que dans le sort d'une nation en danger. C'est désormais, pour la France et son président, le corridor de la vérité. On peut déplorer qu'il s'y engage si tard, mais apprécier qu'il s'y engage enfin.

 

De même, constatons qu'après la guignolade du remaniement le pire y fut évité. Mais avant, hélas, quel spectacle que cette mascarade de prétendants émoustillés par les promesses répandues du monarque et son calamiteux calendrier ! Pour qu'un Sarkozy en habits neufs s'achète enfin la conduite qui s'impose, il aura fallu qu'une Ve République en goguette s'offre un tour de valse dans les bras de la IVe, que le pouvoir, fatigué par sa réforme des retraites, ait mijoté d'écarter Fillon-la-rigueur pour Borloo-la-joie, histoire de tâter d'une gonflette " sociale " dont on sait, en France, qu'elle se cache dans un panier percé...

 

Au bout du compte, les grondements de la conjoncture financière, la popularité de Fillon, la fermeté de Copé, les avis de Balladur auront dégrisé l'Elysée. De cette péripétie il reste bien sûr des dégâts. Ainsi ce placard au Centre d'un quarteron d'éclopés : les plus fragiles garderont à Sarkozy un chien de leur chienne et caresseront l'opinion dans le sens du poil (entendez au rebours de la vérité). Sans compter qu'on eût aimé, pour une politique libérale, que les libéraux (Novelli, Longuet) n'en soient point exclus. Mais enfin, vaille que vaille, le pire n'est pas sûr !

 

L'" intérêt général " de la Nation, voilà, nous assure Sarkozy, le seul et unique objet de sa fin de mandat. L'intérêt général est en France rarement aussi " général " qu'il devrait. On attend donc que Sarkozy dise enfin avec force et clarté celui qu'il désigne. Ce serait assumer le meilleur de l'héritage gaullien : non pas le vieux dogme gaulliste, et qui n'est plus de saison, mais le service gaullien de la vérité, celui de l'état réel de la Nation dans le monde tel qu'il est. Alors, il ne dirait plus que la crise est finie et que le regain de croissance est assuré. Il ne cacherait ni la gravité de la situation financière de la Nation ni son déficit alarmant de compétitivité. Il concentrerait les réformes sur l'essentiel, entre autres sur la fiscalité, et sans laisser croire que la double et heureuse suppression de l'ISF et du bouclier fiscal ne nécessite pas une fiscalité nouvelle.

 

Sarkozy ne peut offrir à la France l'annonce froidement résolue - et gaullienne - que Cameron délivre aux Anglais. Du moins peut-il enterrer la démagogie électoraliste qui ne lui aura guère profité. Ce qui demeure à son crédit, c'est sa gestion, il y a deux ans, de la crise au bord du gouffre, c'est la réforme des retraites, aussi insuffisante soit-elle, la maîtrise progressive de l'immigration clandestine, les pouvoirs accrus du Parlement, l'amorce du service minimum et l'autonomie progressive des universités. C'est l'aggiornamento, peu électoraliste mais capital, d'une politique étrangère qui, sur l'Otan et autres thèmes peu publics, efface d'archaïques crispations. Avec l'Allemagne, c'est d'avoir préservé les chances fragiles d'une indispensable relance européenne. Il est absurde de tenir ce bilan pour roupie de sansonnet !

 

L'accueil, pourtant, fait à sa nouvelle résolution montre qu'il n'est pas au bout de ses peines." Justice sociale ", ce fut le cri des victimes de la crise, le cri de toute l'opposition. Le spectacle de l'inégalité croissante, en France et dans le monde, attire partout un déluge d'imprécations. Sarkozy n'en est pas l'agent principal. La crise, de surcroît, a mis au rancart quelques promesses de sa campagne de 2007 qu'il est vain de lui opposer aujourd'hui.

Mais il traîne, par ses imprudences d'image, un sillage d'" ami des riches ". Quant aux affaires - Bettencourt et aujourd'hui Karachi -, tumeurs habituelles des basses époques avec leur sabbat de rumeurs et de soupçons, elles remettent une louche dans ce mauvais bouillon.

 

Au Parti socialiste, victime de son antique ambiguïté, les ténors de gauche exploitent encore le rêve populiste d'une redistribution radicale qui trouverait dans la " poche des riches " la fin des misères. Mais, soyons justes, on y entend aussi des voix plus réalistes. J'ignore si, dans le rituel hasardeux des primaires, un ticket DSK-Aubry permettrait d'enterrer les illusions des uns dans le réalisme des autres.

 

En tout cas, cette opposition-là ne sera pas le souci immédiat du président. Dans son corridor de fin de mandat, il lui faut trouver, seul, comment faire bouger la France sans diviser les Français. En vérité, une dure épreuve de vérité !

 

Claude Imbert

 

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Published by Claude Imbert, Le Point - dans Réflexion politique
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commentaires

Elie Arié 03/12/2010 11:45


Et ça ne commence pas très bien...

"Trois semaines après le remaniement du gouvernement, force est de constater que le rebond attendu n'a pas eu lieu. Pire, la courbe de confiance du président de la République connaît en cette fin
d'année son point le plus bas depuis l'arrivée de Nicolas Sarkozy à l'Élysée en 2007."


http://tinyurl.com/39kr44g


Marc d'Here 03/12/2010 12:42



Voir l'article que je viens de publier " popularité de Sarkozy"   qui relativise ce commentaire