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 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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20 juin 2012 3 20 /06 /juin /2012 09:52

 Philippe Tesson, Le point.fr du 20 06...

 

Après la leçon administrée au nouveau gouvernement français par Angela Merkel à la veille des législatives : la croissance certes, mais sous la condition d'une diminution de la dette publique, la croissance certes, mais sous la condition du renforcement des entreprises, voici l'insolent défi lancé par David Cameron, Premier ministre britannique, à François Hollande : bienvenue aux capitaux français en fuite vers la Grande-Bretagne, ils paieront "nos services publics et nos écoles".

 

Décidément, nos partenaires européens ne nous ménagent pas. Ce n'est pas très agréable à entendre. D'un côté l'Allemagne qui nous sermonne, de l'autre l'Angleterre qui nous nargue. Au milieu, François Hollande qui persiste et signe au moment où les nuages s'accumulent sur le paysage économique français.

On ne s'étendra pas sur la saillie d'un goût douteux que s'autorise Cameron. Mais après tout, elle répond à une logique, celle de sa politique et de son idéologie, et à une autre logique, celle des intérêts de ceux des capitalistes français que n'étouffe pas le scrupule. Et puis le Premier ministre britannique a bien le droit de dire sa vérité.

 

Plus sérieuse est la remontrance de la chancelière et très grave ce qu'elle signifie, c'est-à-dire une profonde déchirure dans l'entente franco-allemande. Tout le monde est d'accord sur le principe de la croissance. Mais que signifie la croissance sans les moyens propres à l'assurer ? Sur ce chapitre, Hollande répond : la réduction des dépenses publiques et l'impôt. La réduction des dépenses publiques ? À peine élu, avant même la mise en place de la nouvelle Assemblée, il alourdit le déficit en décrétant, selon sa promesse, l'abaissement de l'âge de la retraite pour une partie des salariés. Demain, l'augmentation de l'allocation de rentrée scolaire. Après-demain, le smic.

Contresens économique

L'impôt ? Avant même de faire voter les majorations annoncées durant la campagne et dont on connaît l'ampleur, une nouvelle taxe de 3 % sur les dividendes distribués par les entreprises est prévue, ainsi qu'un relèvement de la taxe sur les transactions financières. Qui peut croire que ces solutions fiscales vont favoriser la croissance, quand on sait que les bénéfices des entreprises françaises sont à leur plus bas niveau depuis vingt-cinq ans, qu'ils sont les plus faibles d'Europe et que des milliers d'entreprises sont au bord de la faillite, selon Patrick Artus, chef économiste de Natixis (voir Le Monde d'hier) ? L'impôt, oui, mais s'il ne s'accompagne pas de dépenses nouvelles et s'il ne frappe pas à la source de la croissance, c'est-à-dire à l'énergie productive, à l'industrie, en alourdissant ses charges.

 

C'est au prix d'un contresens économique élémentaire que François Hollande paie ses engagements politiques. Il paralyse les forces de la croissance quand il faut les libérer ainsi que le fait l'Allemagne depuis dix ans par les moyens que l'on sait : l'allègement des charges, la diminution du coût du travail, la limitation des dépenses.

Comment ne pas comprendre l'irritation d'Angela Merkel quand, de surcroît, Hollande en appelle à la solidarité européenne, à une mutualisation des dettes, à la création d'eurobonds et autres solutions, dont on n'ignore pas qu'elles seraient essentiellement financées par l'Allemagne ? Comment la chancelière accepterait-elle ce sacrifice s'il n'était pas payé en retour par un sacrifice français ?

 

Ce différend entre nos deux pays est d'autant plus grave qu'il menace l'Union européenne alors que la situation dramatique que traverse le continent exige qu'elle soit renforcée. Merkel fait à ce sujet à nos partenaires européens des propositions positives, propres à faire avancer l'Europe politique. L'obstination idéologique de François Hollande, qu'on a pourtant connu comme Européen convaincu, va-t-elle priver à la fois la France et l'Europe d'une occasion de déjouer la crise ?

 

Philippe Tesson, Le Point.fr

 

 

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Published by Marc d'Here
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