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 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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6 février 2010 6 06 /02 /février /2010 21:36

Claude Imbert
, Le Point du 04 02
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L'adversaire principal de Nicolas Sarkozy n'est ni Villepin ni Martine Aubry, c'est, en lui-même, cette énergie survoltée, cette démesure, ce « trop » qui lui vaut à la mimandat une défaveur persistante de l'opinion. Elle déprécie à l'excès les résultats dont sa présidence peut être créditée. La forme, chez lui, nuit au fond. 


Il n'y a rien d'illégitime à ce qu'il ait exploité, dans l'hyperprésidence, les atouts exécutifs de notre monarchie républicaine
. Rien d'illégitime à ce qu'il en ait fait l'instrument d'une « rupture » nécessaire. Sa faute fut d'avoir soumis à la « rupture » l'instrument lui-même, d'avoir infligé au modèle présidentiel un traitement à quoi l'opinion rechigne par atavisme plus culturel que politique.
Egotisme euphorique : il aura, pour son avènement, exhibé sans retenue ses péripéties conjugales. Puis des séjours intimes et tape-à-l'oeil, impropres à préserver l'aura de dignité et de sérénité du rôle. Sarkozy a depuis reboutonné le costume, mais il paie son débraillé initial. D'avoir ensuite trop chahuté le gouvernail présidentiel en aura desservi la fonction. D'avoir chéri une impossible proximité populaire aura privé le pouvoir des vertus d'autorité et de respect public que génère une certaine distance. D'avoir couru à tous les créneaux de toutes les réformes - les unes fondamentales, les autres subalternes - aura brouillé l'entendement puis l'adhésion populaire.

Banalisé comme la météo dans les journaux télévisés du 20 Heures, Sarkozy est de plus en plus entendu et de moins en moins écouté : manquent un cap et une cohérence lisibles. Le visionnaire se perd dans l'affairement du court terme et de l'anecdote, jusqu'au fait divers. C'est, pour finir, ce tempo trépidant qui, étouffant toute pondération, aura exposé le pouvoir à une séquelle d'insolites aveuglements suivis de reculs en rase campagne : promotion éclair de Jean Sarkozy ; affaire Proglio ; taxe carbone instituée, dit-il, « pour l'exemple » mais mal ficelée et retoquée par le Conseil constitutionnel. Et que dire de Clearstream ? Aussi convaincu soitil - il n'est pas le seul ! - que la détestation déclarée de Villepin ait pu exploiter contre lui des faux listings bancaires, Sarkozy, depuis son empyrée présidentiel, aurait dû laisser courir la justice et s'abstenir de propos imprudents. Ils n'auront qu'exhaussé Villepin dans une notoriété, voire une commisération inutiles. Sans compter, bien sûr, que ce pancrace sommital ne profite qu'à l'opposition. 


Il serait, cela dit, injuste de juger le bilan de la mi-mandat avec ces seuls critères.
Et de s'associer à l'exécration hystérique dont le président se trouve, ici ou là, harcelé. La crise financière aura démontré que l'énergie, la rapidité, la vista de Sarkozy avaient, dans une circonstance critique, bien servi la nation. Plus généralement - et c'est l'essentiel ! -, Sarkozy aura réveillé et fait bouger la France. On dira que bien des réformes entreprises sont inachevées. Oui, mais elles ont ouvert des portes jusqu'ici verrouillées : l'autonomie des universités, la réforme de l'implantation judiciaire, la rationalisation de l'hôpital et de la carte militaire, la fusion de l'ANPE et des Assedic ont enfoncé un coin dans des bastilles intouchables. L'institution du RSA en place du RMI, l'abrogation de la taxe professionnelle pesant sur les entreprises, la réduction d'impôt sur les heures supplémentaires pour corriger la désastreuse loi des 35 heures, l'assouplissement du travail le dimanche, la réforme de la représentativité syndicale, la réforme constitutionnelle sont tantôt accomplis, tantôt seulement ébauchés. Du moins rompent-ils tous avec la dictature du statu quo. L'Expansion chiffre à 38 % le nombre des promesses tenues à mi-mandat, ce qui n'est pas un si mauvais score, compte tenu de la crise. Et bien sûr d'une résistance populaire toujours droguée à l'assistanat d'Etat. 


L'agenda 2010 se chargera de recentrer la présidence sur deux objectifs fondamentaux : les retraites et les déficits.
La réforme capitale des retraites s'appuie sur l'évidence mathématique du rapport déséquilibré des actifs et des retraités. Mais, après la volte-face de Martine Aubry, cette évidence-là sera niée par l'opposition. Et les syndicats ne se montreront pas tous enclins à l'union nationale qu'exigeraient là-dessus la réalité démographique et le sens commun. Nos grands voisins européens s'y sont ralliés. La France, en rade, y affiche encore une répugnance atavique à la réforme.
Le sort de cette réforme des retraites expédiera donc un message tonitruant à tous ceux qui, en France et en Europe, s'inquiètent de nos vertigineux déficits publics. L'enjeu convertira, espérons-le, la présidence à deux préceptes majeurs : la clarté et la gravité.

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Published by Claude Imbert, Le Point - dans Réflexion politique
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