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 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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16 décembre 2009 3 16 /12 /décembre /2009 18:07

Par Elie Arié...publié aussi sur Marianne2
...

Une des réformes hospitalières les plus importantes, pour lequel votre serviteur se bat depuis une trentaine d’années, vient de voir le jour dans l’indifférence générale : à partir de janvier 2010, les patients pourront se renseigner sur leurs lieux de soins, classés selon dix indicateurs de qualité (reste à savoir comment : Internet ne suffira évidemment pas).

Pour l’année 2008, les principaux critères de qualité utilisés sont : la consommation de produits hydro-alcooliques, un indice de bon usage des antibiotiques, surveillance des infections du site opératoire, indice Icalin (qui reflète le niveau d’engagement de l’établissement) et un score qui agrège ces quatre indicateurs. On peut y ajouter d’autres indicateurs, comme le taux d’infections nosocomiales de l’établissement.
Ces indicateurs n’ont que peu de rapport avec les « palmarès » régulièrement publiés dans les hebdomadaires, à partir de critères jamais clairement précisés, mais dont le succès prouve bien qu’ils répondent à une vraie demande ; chacun d’entre nous, quoi qu’il en dise -et les médecins les premiers- , dès qu’il doit être hospitalisé pour une affection un peu sérieuse, se pose aussitôt la question : « C’est qui, le meilleur ? « . Mais la seule façon d’éviter la prolifération de « guides Michelin sauvages «  consiste à établir des indicateurs fiables, et à expliquer ce qu’on peut en tirer et ce qu’ils ne peuvent pas dire. (ceux qui seraient intéressés par davantage d’explications techniques sur les indicateurs de résultats les trouveront
ici )

Il s’agit là d’un progrès démocratique majeur, qui s’attaque à l’une des inégalités sociales les plus criantes et les plus méconnues de notre système de soins : l’inégalité face à l’information. Certains d’entre nous ont les connaissances ou les relations pour savoir, en fonction de leur maladie, quel service hospitalier rechercher et lequel éviter, d’autres sont contraints à faire confiance au mythe administratif selon lequel  toutes les structures se valent (mythe qui sévit dans bien d’autres domaines : collèges, lycées, universités, etc., et dont personne n’est évidemment dupe).

Il faut, bien entendu, espérer que cette mesure s’applique aussi aux hôpitaux privés (cliniques), ce qui sera source de quelques surprises douloureuses, et mettra fin au mythe si solidement ancré selon lequel « le privé, c’est plus cher mais c’est mieux que le public ».
Cette mesure est le complément indispensable à la récente réforme du mode de financement des hôpitaux, dite « tarification à l’activité » ou T2A , consistant à allouer davantage de crédits aux hôpitaux qui ont une activité plus importante et à mettre l’argent là où il manque le plus : mais travailler plus ne suffit pas, il faut aussi pouvoir prouver que l’on travaille mieux. Cette double transparence, sur l’activité réelle et la qualité réelle, qui s’est longtemps heurtée à la résistance de tous les corporatismes médicaux et administratifs, semble aujourd’hui une avancée démocratique irréversible.

Mais on n’est pas encore au bout du chemin, une autre réforme majeure attend : l’alignement du mode de rémunération des médecins des hôpitaux privés sur celui des médecins du secteur public, par la généralisation du salariat et la suppression du paiement à l’acte (ce qui mettrait fin à la pratique si inégalitaire des dépassements d’honoraires) ; ébauchée dans le projet de la récente réforme hospitalière dite HSPT (qui prévoyait la suppression partielle des dépassements d’honoraires dans les cliniques en situation de monopole géographique), elle a dû être retirée par le gouvernement face à l’hostilité de sa majorité parlementaire ; la suppression du paiement à l’acte s’inscrivait pourtant dans la logique, instaurée par cette loi, de la convergence tarifaire entre secteurs public et privé, et s’imposera tôt ou tard ; on peut simplement regretter que l’opposition socialiste ait préféré voter contre cette réforme, au lieu de proposer cet amendement qui aurait constitué un autre progrès social majeur , mis le gouvernement face à ses contradictions, et permis de la voter malgré l’hostilité d’une partie des parlementaires UMP.

Elie Arié

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commentaires

Elie Arié 18/12/2009 11:56


Non, non: dans le public comme dans le privé, on trouve le pire comme le meilleur, et les critères de qualité permettront de faire le tri.


Marc d'Here 18/12/2009 12:59



D'accord...



marc d'HERE 18/12/2009 10:34


Merci de cet article intéressant Elie, malgré ton obsession du "public" forcément mieux que le "privé"!


Elie Arié 17/12/2009 18:17


Reste à la Gauche Moderne à faire passer cet article à Sarkozy, qui ne lit peut-être pas tous les jours ton site...


Marc d'Here 17/12/2009 23:05


C'est possible en effet