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 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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1 mars 2011 2 01 /03 /mars /2011 12:56

 

Par Youssef El Tounsi

 

Il a été reproché à la France de n’avoir rien vu venir, d’avoir tergiversé avant de prendre position en faveur des mouvements qui se sont produits dans les pays arabo-musulmans et depuis lors, d’être demeurée en retrait.

 

Des manifestations en Algérie, au Yémen, en Jordanie, à Bahreïn, au Maroc, en Syrie, en Irak… Peut on imaginer la France, prendre tout de go le parti des manifestants, et par la même, affirmer son hostilité aux régimes en place, avec lesquels elle a entretenu, depuis qu’ils existent, des relations conformes au droit international ?

 

Est-il du rôle de la France d’accompagner, sitôt qu’elles se produisent, les manifestations des pays du monde arabo-musulman, et pourquoi pas, des pays du monde entier, dès lors que l’on estime que leur cause est juste, même lorsque l’on n’en distingue pas les  perspectives.

 

Et quand bien même les distinguerait-on, le temps où des sociétés dominantes distribuaient des brevets de bien et de mal à leurs vassaux, au fur et à mesure des évènements qui se déroulaient sur leurs territoires, est révolu depuis belle lurette.

 

Pour des raisons qui tiennent à l’histoire de la décolonisation, les leaders du monde arabe ont au départ, assis leur autorité  sur un nationalisme souvent exacerbé. Ils ont ensuite élevé l’anti colonialisme, l’anti américanisme, l’anti sionisme, au rang de doctrine politique, et ont désigné l’occident, comme étant l’ennemi à l’origine de tous leurs maux. Ils ont alors contraint leurs peuples à accepter, au nom de ce combat factice, la pauvreté ou même la misère, et à faire le sacrifice de la démocratie et des libertés individuelles.

 

L’intégrisme religieux a été la conséquence la plus directe de cette politique, et c’est sur son fondement, que les pays arabo-musulmans ont justifié de leurs régimes auprès des pays occidentaux.

 

L’une des critiques majeures qui avait été faite contre la politique de Georges BUSH  sur son intervention en IRAK, avait été de dire qu’il était utopique de chercher à instaurer une démocratie dans un pays arabe. L’instabilité et les troubles graves qui s’en suivirent, confirmèrent cette argumentation. On entendit alors de toute part des déclarations surréalistes, nostalgiques de l’ordre que savait faire régner Saddam Hussein. 

 

Instruits, cultivés, éduqués, les peuples des pays arabo musulmans savent aujourd’hui que pour eux, le danger vient en réalité de ceux qui disaient vouloir les protéger et ils n’hésitent pas désormais à sacrifier leur vie pour s’en libérer.

 

Que doit faire la France ? Est-on sûr que les vieux démons, inculqués année après année, depuis temps de temps ne risquent pas de ressurgir dans ces populations malmenées ? Est-on sûr que toute intervention, ne serait ce que  verbale, insuffisamment mesurée, ne procure aux dictateurs aux abois un argument susceptible de leur accorder une rémission.

 

S’il suffisait de dénoncer et de menacer pour régler les conflits, la diplomatie serait un jeu d’enfant. C’est ce qui explique la prudence première d’OBAMA, et sa farouche détermination lorsqu’il lui apparaît que la messe est dite. 

 

Pour les peuples qui se soulèvent, le soutien de la communauté internationale, par son caractère universel et par la neutralité qui en résulte, a infiniment plus de poids que celui d’un Etat, dont l’intervention est toujours sujette à caution, plus encore s’il a été puissance coloniale. 

 

Le simple fait pour le Conseil de Paris d’avoir décidé de donner le nom de Mohamed BOUAZIZI, à une place ou à une rue de Paris, a entrainé la colère quasi unanime des tunisiens, parlant d’ingérence, de frustration et de récupération inacceptable d’un martyr…

 

Dans de tels conflits, le fait pour un Etat de prendre parti est encore interprété comme une façon de dicter aux peuples leurs choix, de leur dire ce que doit être leur conduite, alors qu’au bout du compte ils seront les seuls à en assumer les conséquences.

   

Par ailleurs, la volonté du peuple ne se confond pas toujours avec celle des manifestants, si pertinente soit-elle, et à  un régime despotique ne succède pas de facto une démocratie.

 

Que peuvent dire aujourd’hui les Etats-Unis et la France aux iraniens qui se trouvent  confrontés à l’un des pays les plus intégristes au monde, mettant en œuvre les pratiques les plus barbares, alors que ce sont eux qui ont contribué à chasser le Schah,  au nom de la démocratie et de la liberté, et à mettre en place le régime des mollahs.

 

Qui peut dire aujourd’hui ce que sera demain la Tunisie, qui vient d’écarter Mohamed GHANOUCHI, bras droit de BEN ALI depuis plus de 20 ans, resté en place à raison du vide politique devant lequel s’est trouvé ce pays, et de rappeler, pour le remplacer, BEJI CAÏD ESSEBSI, un ancien ministre de BOURGUIBA, âgé de 84 ans.

 

Qui peut dire aujourd’hui ce que sera demain l’Egypte avec le Haut Conseil Militaire des Forces Armées dont les généraux qui le composent ont tous été nommés par Hosni MOUBARAK ?  Et demain la Libye, après le départ du Guide Suprême…

 

Ces révolutions qui se caractérisent par l’absence de leader et même par l’absence de tout mouvement d’opposition structuré, qui serait en mesure de se substituer aux anciens régimes, rend leur avenir politique illisible.

 

L’ensemble de ces observations permet de dire que la politique de la France, vis-à-vis des pays arabo-musulmans est la plus cohérente qui soit et la seule possible. Sa ligne faite de réserve est sans aucun doute, celle qui aurait été conduite par la gauche au pouvoir.

 

La diplomatie française ne peut s’en tenir qu’à des évidences : soutenir le processus démocratique engagé, proposer le cas échéant des soutiens humanitaires.

 

Les pays arabes lui sont gré de ne pas aller au-delà.

 

La Tunisie est aujourd’hui un exemple pour le monde arabe. C’est un exemple que l’on dit historique. Sa réussite ou son échec est de sa responsabilité, comme le sera celle des autres pays qui ont suivi son exemple. Mais elle ne pourra être qu’une responsabilité exclusive.

   

Youssef El TOUNSI    

 

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Published by Youssef El Tounsi - dans Relations internationales
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commentaires

Marc d'Here 21/03/2011 00:05


Plus d'un mois après la démission d'Hosni Moubarak, le peuple égyptien s'est fortement mobilisé ce week-end pour participer au référendum sur la révision de leur Constitution. Une première après
des décennies d'élections truquées. Plus de 14 millions d'entre eux, soit 77,2% des électeurs, ont dit «oui» à un changement de la Constitution, contre 4 millions (soit 22,8%) de «non».
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La presse a d'ailleurs salué de manière unanime cette mobilisation «record» en la qualifiant «d'historique». Tous les titres ont mis en une des photos de longues files d'attente devant les bureaux
de vote d'où les électeurs ressortaient, arborant fièrement leur doigt trempé d'encre rose. Signe qu'ils avaient bien donné leur voix.


Elie Arié 05/03/2011 14:01


http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/03/04/le-gateau-electoral_1488419_3232.html

"Le gâteau électoral

Et si c'était ça le problème essentiel de Nicolas Sarkozy : un usage immodéré des sondages d'opinion qui le poussent à courir derrière une toute petite partie des électeurs alors qu'il lui faudrait
être président tout simplement. Comment expliquer autrement son insistance à mener le débat sur la laïcité, en réalité sur l'islam, alors que des voix de plus en plus nombreuses au sein de l'UMP le
lui déconseillent, choquées qu'après les dérapages du débat sur l'identité nationale, un nouveau boulevard puisse être offert au Front national (FN). Inquiètes aussi que "des changements
historiques" qui se produisent dans le monde arabe, la France donne le sentiment de ne retenir que la peur d'une horde de musulmans débarquant sur son sol.


Ce jeu avec le FN est aussi pervers que mortel. Il s'explique par la conviction qu'a M. Sarkozy d'avoir été élu, en 2007, "au peuple", et de ne pouvoir être réélu, en 2012, qu'"au peuple". A ceux
qui lui déconseillent de mettre en avant les thèmes sécuritaire et migratoire qui font le lit de Marine Le Pen, il répond par des chiffres et des courbes qui le confortent dans ses intuitions.
Comme en 2007 lorsque la droitisation de sa campagne avait heurté "les bien-pensants" mais l'avait mené à la victoire.

Cependant, deux choses fondamentales ont changé depuis quatre ans : M. Sarkozy est aux manettes et les résultats font défaut. Sur la sécurité qui était son antienne depuis 2002, la déception est
telle qu'elle l'a conduit à sacrifier Brice Hortefeux, son ministre le plus proche, sans être assuré que Claude Guéant, son confident, fera mieux Place Beauvau. Sur l'immigration, le pays poursuit
la même politique qui consiste à maîtriser les flux dans le cadre d'une stratégie qui, pour être efficace, devient de plus en plus européenne. Cela rend à la fois vains et contre-productifs les
coups de butoir nationaux. Et c'est ainsi que M. Sarkozy se retrouve pris au piège de ses déclamations, victime des peurs qu'il pointe mais qu'il ne jugule pas et qui finissent par plonger le pays
dans un état de mal-être proche de la dépression.

Une façon de sortir du piège serait de décoller le nez du chaudron pour retrouver du champ. C'était à l'évidence le but du déplacement de M. Sarkozy, jeudi 3 mars, au Puy-en-Velay (Haute-Loire) où
un vibrant hommage fut rendu "au magnifique héritage de civilisation" laissé par la chrétienté. Mais en écoutant le discours, on avait du mal à relier l'ode à la restauration de l'héritage et
l'affirmation du principe de laïcité, si bien que revenait l'impression que, dans la tête du président, prévalait d'abord le réflexe du candidat : la France est un gâteau électoral qui se découpe
en tranches et s'appréhende comme tel."

Françoise Fressoz (Chronique "Politique")


cellobello 04/03/2011 23:28


J'ai écouté Rocard ce matin (4 vérités ): parfait de A à Z.

en steaming sur: www.pluzz.fr/les-4-verites-2011-03-04-07h45.html


Marc d'Here 01/03/2011 22:42


Une analyse magistrale, et réaliste (et si contraire à la bonne parole du Monde et des socialistes) de la diplomatie de la France et de ses marges de manoeuvre.