Samedi 18 février 2012 6 18 /02 /Fév /2012 22:55

Suite de la publication du livre "La déclaration du Président"...

 

 Personnages principaux

 

LA PRESIDENCE

 

Le Président,

 

Hervé Tallec, 39 ans, premier conseiller

Michel Cervoz, 47 ans, directeur de cabinet

Catherine Liancourt, secrétaire particulière

                        

PERSONNALITES DE LA MAJORITE

Charles Forneray, 56 ans, Premier ministre

Noël Sermiand, 55 ans, ancien ministre de l’Intérieur, président du « Mouvement Républicain », principal parti de la majorité

Nicole Hougret, 49 ans, ministre de l’Emploi, vice-présidente du Mouvement Républicain (MR)

Emmanuel Romano, 40 ans, ministre des Universités et de la Recherche

André Sertanoff, 57 ans, ministre de l’Economie et des Finances

Jacques Durand-Wilème, 62 ans, sénateur, président du « Centre Réformateur », parti allié du « Mouvement Républicain »

Jean-Marie Ferneville, 71 ans, président du Sénat, MR

Irénée Gavinel, 45 ans, président des «   Sociaux Libéraux »,  petit parti de centre gauche qui a rejoint la majorité lors de l‘ élection présidentielle.

Claire Germaniaud, 48 ans, directrice de cabinet du Premier ministre

Nessim Tarik, 37 ans, conseiller politique du Premier ministre et son porte-parole

 

PERSONNALITES DE L’OPPOSITION

Henri Schmidt-Vercel, 60 ans, député, secrétaire général du « Parti Démocrate Socialiste », principal parti d’opposition de gauche

Hélène Rossio, 58 ans, députée, chargée des questions internationales du PDS

Jean-Louis Frey,  69 ans, sénateur,

Louise Fanchinelle, 49 ans, députée européenne, animatrice du courant « Toujours A Gauche » (TAG),  du PDS

Nicolas Brochet, 58 ans, député, centriste d’opposition, président du « Parti Humaniste de la Réforme »

Chantal Morellot, 39 ans, porte-parole des « Ecologistes Radicaux »

Henri Beringer, 68 ans, président du « Front Patriotique », extrême droite

 

AUTRES PERSONNALITES

François Lachise, 65 ans, industriel

Lucien Drivet, 42 ans, avocat, secrétaire général du club de réflexion « Les Modernes Causeries du Lundi »

 

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Résumé des pages précédentes : Le Président a démissionné…Réactions de surprise des acteurs politiques à sa déclaration télévisée. Les candidatures commencent à fleurir : le socialiste Schmidt-Vercel, concurrencé par sa « camarade » Hélène Rossio, à gauche. A droite, le Président du parti  majoritaire Noël Sermiand annonce officiellement qu’il est candidat…Le Premier ministre, décide  d’ annoncer sa candidature, comme Nicole Hougret, ministre de l’emploi et très proche du Président démissionnaire…Le lundi soir, un débat au sein du club « les nouvelles causeries du lundi » permet un rapprochement entre le social libéral Irénée Gavinel et les deux ministres Nicole Hougret et Emmanuel Romano. Les candidatures se multiplient: après le candidat d’extrême droite et  le centriste de la majorité  Jacques Durand-Wilème, se présentent encore : le social libéral Irénée Gavinel, le centriste d’opposition Nicolas Brochet, la candidate écologiste. Le  Premier ministre Charles Forneray puis la ministre Nicole Hougret – qui a dit-on ne liaison avec son collègue Emmanuel Romano- officialisent leur candidature. La campagne s’anime et un premier sondage montre – coup de tonnerre-  que le candidat d’extrême droite et le socialiste sont à égalité, en tête …Réactions dans les états-majors…pessimisme dans la majorité, où personne ne veut se retirer. La défaite commence à se profiler à l’horizon.

 

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SUITE

 

Chapitre IX, 2

 

 

…Une question taraudait la presse. Comment la majorité pouvait-elle se résigner  à  une situation qui conduisait à un échec certain ? Pourquoi n’y avait-il, en son sein, aucune réaction de survie. C’était tout à fait incompréhensible.  L’émission « Questions d’actu »  se consacrait longuement à cette interrogation  « Pourquoi la majorité se suicide-t-elle » ?

-                    Comment expliquer que la majorité se laisse aller à écrire devant nous cette « chronique d’un échec annoncé » s’interrogeait l’animateur, qui avait des lettres.

-                    Depuis la démission de leur chef, qu’ils ne supportaient plus, ils se retrouvent libres et perdus. C’est un corps sans tête, une équipe sans entraîneur, dont les divisions profondes apparaissent au grand jour. C’est la Yougoslavie à la fin de la dictature communiste, l’Irak après Saddam. Sous l’autorité du chef, les courants de pensée différents ne s’exprimaient pas, ou en sourdine,  les ambitions ne se dévoilaient pas, ou discrètement, attendant « le coup d’après ». Le départ précipité du chef, comme la disparition d’une chape de plomb, libère les énergies, et tout explose dans tous les sens.

-                    Je reconnais bien là l’originalité et le côté excessif de notre ami de « République », reprenait le chroniqueur de « l’Avenir », comparer le Président à Saddam Hussein est amusant mais je crois que c’est plus simple et finalement assez banal. Il n’y a plus de chef incontesté c’est vrai, et les deux héritiers naturels que sont le Premier ministre et le président du parti se battent pour recueillir l’héritage. C’est toujours comme ça, souvenez-vous de la lutte au sein du Parti Démocrate Socialiste il y a quelques années, entre les deux fils putatifs du « florentin » qui occupaient exactement les mêmes fonctions que les deux rivaux d’aujourd’hui…Et ils étaient parvenus, lors d’un congrès resté célèbre, à  tuer le parti…provisoirement, car on renaît toujours de ses cendres en politique.

-                    Mais pourquoi, devant l’évidence de l’échec si rien ne se passe, Forneray et Sermiand ne parviennent-ils pas à s’entendre. Comment est-ce possible ?…Sont-ils résignés à la défaite ? Qu’en pense l’éditorialiste de « Temps Nouveau » ?

-                    D’abord il reste quelques jours et rien ne dit qu’ils ne parviendront pas, au bout du compte à s’entendre, même si j’y crois assez peu. Ce qui rend la situation  quasiment insoluble ce sont deux raisons. D’abord des différences dans la conception même de la politique à mener : politique rigoureuse de réduction des dépenses publiques et des déficits pour le Premier ministre, et politique dynamique d’investissement pour Noël Sermiand.  Et chacun pensant sincèrement que la politique voulue par  l’autre est erronée  et dangereuse, refuse de lui céder.

-                    Pensez-vous vraiment que c’est la raison essentielle ? N’y a-t-il pas moyen de se mettre d’accord, sur des  compromis ou des synthèses ?

-                    Oui, ce serait sans doute possible, s’il n’y avait une autre raison, la vraie,  la principale.  Ils ont le même âge  ou à peu près et ils  sont, l’un et l’autre assez jeunes pour faire deux mandats. Celui qui cèdera sait que son rival, s’il est élu,  ou même s’il est honorablement battu, prend la tête pour dix ans. Et ça ils le refusent absolument.

-                    Donc aucune chance d’en sortir ?

-                    A priori non. Mais, on ne sait jamais, au dernier moment l’un des deux peut tout de même céder. Si cela devait arriver, je parierais sur Forneray, qui me paraît moins obstiné et peut-être, au final, moins ambitieux que son rival. Le hic pour la majorité, c’est que Noël  Sermiand a encore moins de chances que Charles Forneray de l’emporter.

-                    Pour redonner une chance à la majorité,  il faudrait que les trois autres candidats acceptent aussi de se retirer…Peut-on l’envisager ?

-                    Ces candidats, qui sont quatre si on y ajoute  Irénée Gavinel, représentent des courants de pensée qui ont une existence réelle et veulent, légitimement s’exprimer.  Peut-être seront-ils prêts à se retirer, à certaines conditions mais ils le feront plus facilement pour Charles Forneray que pour Sermiand.

-                     Oui, encore que ce ne soit pas aussi limpide, les positions des uns et des autres se croisent souvent selon les questions, et on ne peut exclure les inimitiés personnelles.

-                    Une solution possible, reprit l’éditorialiste de « Temps Nouveau », c’est que survienne un troisième homme devant qui les deux leaders, et les autres, accepteraient de se retirer, un homme à la politique moins affirmée, compatible avec les deux, et suffisamment âgé, pour ne pas avoir d’ambition au-delà de cinq ans. Comme vous le savez, cet homme existe.

-                    Vous voulez parler de Jean-Louis Ferneville.

-                    Evidemment, le Président par intérim, et je crois savoir qu’il y pense fortement. Plus que ça même, vous avez vu qu’il est très présent, qu’il se déplace et qu’il reçoit beaucoup, plus qu’un Président par Intérim n’est tenu de le faire.  Il  a reçu tour à tour Sermiand et Forneray, et très longuement s’agissant du Premier ministre…Est-il absurde d’imaginer qu’il leur a proposé de se dévouer pour la France et pour éviter le déchirement du parti ?...Evidemment, il n’a pas la moindre chance d’être élu mais au moins pourrait-il figurer au second tour et éviter ainsi au Mouvement Républicain, une élimination humiliante.

-                    Et si c’était le Président démissionnaire qui mette tout le monde d’accord, il en serait à son deuxième mandat, impossible  qu’il en fasse un troisième, cela rassurerait les autres.

-                    Non lui sûrement pas, repris le journaliste de « L’Avenir », il ne va pas pousser le ridicule jusqu’à changer d’avis si peu de temps après sa déclaration dramatisée,  d’autant qu’en ce qui le concerne j’ai un scoop, voyez, je fais un cadeau à votre émission, dit-il en s’adressant à l’animateur qui, excité, se soulevait de son siège, pour le Président, l’objectif aujourd’hui c’est l’Europe.

-                    L’Europe ? La présidence ?

-                    Evidemment la Présidence, pas pour être commissaire à l’agriculture. En Italie, il n’est pas resté en Toscane et  n’a pas fait que du tourisme culturel, il a fait un saut à Rome, où il aurait rencontré le Chancelier allemand au cours d’un dîner dans un restaurant du Transtevere et il en serait ressorti très satisfait. Certains affirment qu’il  aurait également rencontré au Quirinal le Président de la République italienne,  un homme plus influent qu’on ne pense. Hervé Tallec, son premier conseiller, est allé au même moment à Londres et Sertanoff, le ministre de l’économie et  des finances, qui lui est tout dévoué,  à Varsovie et Madrid.  Tout cela est intéressant non ?

-                    Mais les autres pays ne voudront jamais du représentant d’un grand Etat à la tête de l’Europe, surtout de cet autocrate, grinça l’éditorialiste, de « République », en grattant sa joue mal rasée.

-                    Détrompez-vous, ils ont vu ce que c’était que d’avoir nommé le représentant d’un petit pays à la tête de l’Union Européenne. Le Président est convaincu qu’ils seront prêts aujourd’hui, vu la situation, à choisir une personnalité d’envergure, ayant la capacité de bien représenter l’Europe et de la faire avancer. Un Allemand, impossible, trop puissant, les Anglais ne sont pas assez européens, il n’y a pas de candidat en Italie, l’Espagne est trop mal en point, et les pays de l’Est ne sont pas encore suffisamment intégrés ;  la France a toutes ses chances. Le Président le sait et c’est son ambition, je vous confirme qu’il y travaille sérieusement, comme pour tout ce qu’il fait.

-                    Et c‘est pour cette raison qu’il aurait démissionné ?

-                    Chi lo sa ?....

 

Après l’émission, ils prirent un verre, avec le directeur et les chroniqueurs politiques de la chaîne, qui les avaient rejoints. Entre eux, loin des micros, l’unanimité régnait, l’élection était jouée et Henri Schmidt-Vercel, le premier secrétaire du Parti Démocrate Socialiste, serait le nouveau président de la République. La majorité, ou ce qui en restait, tellement elle apparaissait émiettée, n’avait plus aucune chance. Soit, ce qui était pour tous le plus probable, les candidats ne s’entendaient pas et dans ce cas la majorité serait éliminée dès le premier tour, soit ils parvenaient, miraculeusement, à s’entendre autour d’un candidat  et ce candidat serait battu au second tour, écrasé même par le candidat socialiste. Et pourtant celui-ci faisait une campagne bien terne, mais c’était plié. D’ailleurs, on voyait bien déjà, des hauts fonctionnaires, et d’autres moins hauts, se remettre à rencontrer, inopinément, des responsables socialistes, lors de réceptions en ville, de manifestations officielles ou de colloques et passer de longs moments avec eux. On recevait, disait-on au siège du parti, quelques propositions très directes de collaboration – dans l’intérêt national-  et des CV prestigieux…  C’était joué, pourtant  il ne fallait pas trop le dire, il fallait bien faire semblant, et laisser croire à un suspense, pour conserver de l’audience à des émissions telles que celle-ci, et soutenir les ventes des  journaux. Ce qui excitait l’intérêt  des journalistes politiques c’était déjà la future composition du gouvernement de gauche. Si la plupart d’entre eux s’accordaient sur la nomination de Jean-Louis Frey au poste de premier ministre (le chroniqueur de « République » croyait, lui, aux chances du centriste Nicolas Brochet) et d’Hélène Rossio à celui de ministre des Affaires Etrangères, les discussions étaient vives sur l’importance des places qui seraient attribuées aux différents partis satellites ou alliés. Ils s’interrogeaient aussi sur la marge de manœuvre dont pourrait disposer Henri Schmidt-Vercel,  plus ou moins prisonnier de la frange gauchiste de son parti et de l’extrême gauche, à qui il devrait son élection C’était une vraie question. C’était la question. Au cours d’un débat entre le haut fonctionnaire de l’Inspection Générale des Finances que l’on présentait comme le probable ministre de l’économie du futur gouvernement de gauche, et André Sertanoff l’actuel titulaire du poste, celui-ci avait lancé «je ne mets pas en cause le réalisme et l’esprit responsable de monsieur Schmidt-Vercel, ni le vôtre - encore que - mais quelle serait votre marge  de manœuvre, avec des alliés aussi encombrants et aussi exigeants que les communistes, les écologistes radicaux, et, non moins gênants, l’aile radicale de votre propre parti ? » Le socialiste avait eu beaucoup de peine à défendre l’idée que  leur liberté serait pleine et entière.

 

...A SUIVRE...

 

Marc d'Héré

 

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PRESENTATION

 

Marc d'HERE 

 

Contact: ies1@hotmail.fr

 

 Militant socialiste (rocardien) depuis 1974, j’ai  accompagné en 1999 Jean-Marie Bockel, lorsqu’il a créé  le club politique  social libéral « Gauche Moderne ». J’en ai été le  secrétaire général jusqu’en 2006..

 

Engagé dans la défense du Traité Constitutionnel Européen, je propose à Bernard Kouchner, Elisabeth Guigou, Gérard Collomb et Daniel Cohn-Bendit de créer le « Comité de la Gauche pour le Oui » et j’en assure  l’organisation et le développement.

 

J'ai quitté le parti socialiste après le congrès du Mans (2005), ne pouvant accepter l’irréalisme et la démagogie des choix politiques effectués, et refusant une « synthèse » synonyme de confusion.  Ayant soutenu Nicolas Sarkozy lors de l’élection présidentielle, parce qu’il m’apparaissait le plus apte à réaliser les réformes et les changements profonds dont notre pays a besoin,  j’ai choisi de m’inscrire dans  la majorité présidentielle et j'ai adhéré à  La  Gauche Moderne. Aujourd'hui je suis animateur du  club politique le "Cercle des Libertés Egales" qui soutient la politique de réformes et la candidature de Nicolas Sarkozy à la présidentielle. 

 

J'ai publié  fin 2007« de Rocard à Sarkozy. Itinéraire d’un social libéral » éditions Christophe Chomant.

En février 2010, "Plus belle la gauche" avec Gilles Casanova aux éditions de Passy

En  mai 2011 "La déclaration du Président",  encore aux éditions de Passy

 

 

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