Mardi 14 février 2012 2 14 /02 /Fév /2012 07:25

 

(Un chapitre important!)

Suite de la publication du livre "La déclaration du Président"...

 

 Personnages principaux

 

LA PRESIDENCE

 

Le Président,

 

Hervé Tallec, 39 ans, premier conseiller

Michel Cervoz, 47 ans, directeur de cabinet

Catherine Liancourt, secrétaire particulière

                        

PERSONNALITES DE LA MAJORITE

Charles Forneray, 56 ans, Premier ministre

Noël Sermiand, 55 ans, ancien ministre de l’Intérieur, président du « Mouvement Républicain », principal parti de la majorité

Nicole Hougret, 49 ans, ministre de l’Emploi, vice-présidente du Mouvement Républicain (MR)

Emmanuel Romano, 40 ans, ministre des Universités et de la Recherche

André Sertanoff, 57 ans, ministre de l’Economie et des Finances

Jacques Durand-Wilème, 62 ans, sénateur, président du « Centre Réformateur », parti allié du « Mouvement Républicain »

Jean-Marie Ferneville, 71 ans, président du Sénat, MR

Irénée Gavinel, 45 ans, président des «   Sociaux Libéraux »,  petit parti de centre gauche qui a rejoint la majorité lors de l‘ élection présidentielle.

Claire Germaniaud, 48 ans, directrice de cabinet du Premier ministre

Nessim Tarik, 37 ans, conseiller politique du Premier ministre et son porte-parole

 

PERSONNALITES DE L’OPPOSITION

Henri Schmidt-Vercel, 60 ans, député, secrétaire général du « Parti Démocrate Socialiste », principal parti d’opposition de gauche

Hélène Rossio, 58 ans, députée, chargée des questions internationales du PDS

Jean-Louis Frey,  69 ans, sénateur,

Louise Fanchinelle, 49 ans, députée européenne, animatrice du courant « Toujours A Gauche » (TAG),  du PDS

Nicolas Brochet, 58 ans, député, centriste d’opposition, président du « Parti Humaniste de la Réforme »

Chantal Morellot, 39 ans, porte-parole des « Ecologistes Radicaux »

Henri Beringer, 68 ans, président du « Front Patriotique », extrême droite

 

AUTRES PERSONNALITES

François Lachise, 65 ans, industriel

Lucien Drivet, 42 ans, avocat, secrétaire général du club de réflexion « Les Modernes Causeries du Lundi »

 

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Résumé des pages précédentes : Le Président a démissionné…Réactions de surprise des acteurs politiques à sa déclaration télévisée. Les candidatures commencent à fleurir : le socialiste Schmidt-Vercel, concurrencé par sa « camarade » Hélène Rossio, à gauche. A droite, le Président du parti  majoritaire Noël Sermiand annonce officiellement qu’il est candidat…Le Premier ministre, décide  d’ annoncer sa candidature, comme Nicole Hougret, ministre de l’emploi et très proche du Président démissionnaire…Le lundi soir, un débat au sein du club « les nouvelles causeries du lundi » permet un rapprochement entre le social libéral Irénée Gavinel et les deux ministres Nicole Hougret et Emmanuel Romano. Les candidatures se multiplient: après le candidat d’extrême droite et  le centriste de la majorité  Jacques Durand-Wilème, se présentent encore : le social libéral Irénée Gavinel, le centriste d’opposition Nicolas Brochet, la candidate écologiste. Le  Premier ministre Charles Forneray puis la ministre Nicole Hougret – qui a dit-on ne liaison avec son collègue Emmanuel Romano- officialisent leur candidature. La campagne s’anime et un premier sondage montre – coup de tonnerre-  que le candidat d’extrême droite et le socialiste sont à égalité, en tête …Réactions dans les états-majors…pessimisme dans la majorité.

 

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SUITE

 

Chapitre IX, 1

 

Vendredi 4 novembre, dans la capitale.

 

Les sondages qui étaient  maintenant publiés à une cadence accélérée, jusqu’à deux parfois dans la même journée, transformant cette campagne en gigantesque course de chevaux,   allaient tous dans le même sens, celui d’un deuxième tour opposant l’extrême droite au candidat démocrate socialiste. Le Président du Mouvement Républicain, Noël Sermiand, qui avait devancé Charles Forneray, se voyait lui-même dépassé, dans la dernière étude, par le centriste Nicolas Brochet. Celui-ci, qui faisait une campagne pleine de modération et de bon sens,  avait habilement orienté son discours vers la défense des classes moyennes « trop pauvres pour vivre de manière aisée, et trop riches pour bénéficier des aides et subventions » et la promotion d’une écologie responsable « incitative et non punitive » qui lui permettait de profiter du dogmatisme de la candidate écologique qui sombrait.

 

Le Premier ministre, pour sa part, vivait des jours très difficiles. On ne s’opposait pas à lui,  on lui conservait, en général, son estime,  mais on ne l’écoutait plus guère. D’ailleurs, il n’était même plus l’objet de critiques ou  d’attaques venant de l’extrême droite ou de la gauche. La veille, devant une salle intéressée, quoique peu enthousiaste, il avait fait un de ses meilleurs discours, sur l’indispensable  cohésion sociale et sur l’égalité réelle des chances qui, venant s’opposer à une conception formelle de  l’égalité pensée au travers du prisme de l’uniformité, en était une des conditions. « On ne peut poser le principe d’égalité comme s’il n’y avait pas de différence au départ entre les individus » disait-il avec conviction, ajoutant « quand une inégalité existe à l’origine, l’égalité de traitement est une manière de  la prolonger, alors qu’une forme d’inégalité compensatrice peut l’atténuer. Il faut donner plus à ceux qui partent avec moins si l’on veut que tous aient des chances égales de réussite et d’épanouissement » Cette affirmation, proche de la « discrimination positive » si décriée, ne fut, le lendemain, relevée par aucun opposant. 

Dans la suite de son intervention, citant l’éducation, « l’école de la République », comme un des moyens essentiels pour donner corps à cette égalité des chances,  il affirma que « l’échec scolaire marquait l’échec de l’école » et  préconisa  de décentraliser cette « grosse machine »  en donnant « davantage de responsabilités  et de possibilités d’initiative aux  chefs d’établissements et aux équipes pédagogiques, que ceux-ci  devraient pouvoir à la fois choisir et gérer ». On aurait pu s’attendre à des réactions d’hostilité ou à des contestations de la part des syndicats enseignants si prompts d’ordinaire à réagir et à s’indigner, comme il était devenu indispensable de le faire depuis la parution d’un opuscule empreint de bons sentiments et  de démagogie.  Il n’en fut rien, aucune réaction, pas le moindre communiqué, pas la moindre menace de grève.

 

Conscient des risques d’élimination de la majorité dès le premier tour de l’élection, ce qui représenterait une humiliation intolérable, il avait, sur les conseils de sa directrice de cabinet, Claire Germaniaud, appelé tour à tour, Nicole Hougret et Emmanuel Romano, pour leur demander, avec insistance, de se retirer. Si nous nous maintenons  tous les quatre, expliquait-il,  le socialiste Schmidt-Vercel sera élu, et il gagnera les législatives dans la foulée. Vous n’avez l’un et l’autre aucune chance, et  Noël Sermiand, qui est en tête de notre camp, non plus, car les centristes ne voteront en aucun cas pour lui au second tour, vous le savez bien. Je suis le seul à pouvoir être élu.  Si vous vous retirez, j’ai toute chance de  passer devant Sermiand dans les sondages, et je pourrai alors obtenir son retrait. Aucun des deux n’avait accepté, même si Nicole Hougret ne s’était pas montrée insensible à ses arguments. Mais, disait-elle, je ne pourrais envisager de  me retirer que si Noël Sermiand le faisait auparavant, et de toutes façons je veux en parler d’abord avec Emmanuel Romano.  Celui-ci pour sa part était inflexible. Il opposait un refus  ferme et définitif, qui surprit Charles Forneray, qui l’aurait cru plus souple et plus ouvert à la discussion.

 

Noël Sermiand, conscient lui aussi du caractère dramatique de la situation, mais faisant une analyse différente de celle de Charles Forneray, sur les conditions d’une possible victoire, l’avait appelé pour lui demander de le laisser aller seul à la bataille,

-                    Tu vois bien qu’on ne peut continuer comme ça,  non seulement on va se faire battre mais on va  se ridiculiser en plus.

-                    Il n’est absolument pas question que j’abandonne, répondit Forneray, j’irai jusqu’au bout. Je suis Premier ministre, c’est avec moi que la politique de réforme a été menée, je veux la poursuivre et je suis le mieux placé et le plus légitime pour cela.

-                    Mais moi aussi je veux la poursuivre, tu le sais bien. D’ailleurs j’en ai aussi été l’auteur, en tant que ministre de l’Intérieur pendant plus de  trois ans, et ma volonté de  donner des impulsions nouvelles ne contredit en aucune façon l’action entreprise par le Président et le gouvernement, elle s’inscrit dans son prolongement.

-                    Mais avec toi, ce serait une autre orientation, plus libérale, plus brutale aussi peut-être, et cela la France ne peut le supporter, les Français ne le voudront pas. Même si tu parvenais au second tour, tu serais battu, car, dans le fond, ta politique inquiète et ne rassemble pas suffisamment.

-                    Mais enfin, ouvre les yeux.  Je te devance dans tous les sondages, c’est à toi, à Nicole et à Romano de me céder la place.

-                    Tu es en tête parce que Nicole et Emmanuel Romano sont candidats, et font d’ailleurs, l’un et l’autre, une belle campagne, or tu sais pertinemment que c’est à moi qu’ils prennent des voix. Si nous étions tous les deux seuls en lice je serais devant toi. Convaincs  Nicole et Emmanuel de se retirer et tu verras.

-                    C’est de l’inconscience, Charles, tu ne peux pas t’obstiner de la sorte,  tu nous mènes au désastre.

-                    Je pourrais te retourner le compliment. Je ne changerai pas d’attitude.

-                    Tu ferais sans doute un bon Président, Charles, mais je ne crois pas que tu fasses un bon candidat…

C’était, mot pour mot, ce que le Président lui avait dit, dans son bureau au lendemain de sa démission. Avait-il rencontré Noël Sermiand,  et que s’étaient-ils dits ?  Soutenait-il le président du parti dans sa campagne ?  S’étaient-ils mis d’accord contre lui? Il est vrai, pensa-t-il, que contrairement à ce qu’il lui avait promis, le Président ne lui avait pas publiquement apporté son soutien. …

-                    Tu ne me réponds pas, continuait Noël, qu’il n’écoutait plus…

-                    N’insiste pas, Noël, je ne me retirerai pas et je serai candidat. Fais ce que bon te semble. Je ne t’en voudrai pas pour autant,  mais c’est clair et définitif, je me présente.

 

Cette situation, impossible à débloquer, provoquait de sérieux remous parmi les  élus, les responsables et les militants de la majorité. Les députés notamment, s’inquiétaient fortement pour leurs sièges, sachant qu’une défaite à la présidentielle, avait toute chance de se prolonger par une déroute aux législatives. Chacun faisait ses comptes et bien peu étaient assurés de leur réélection. Ils faisaient pression sur la direction du Mouvement, pour que soit mis fin à cette division grotesque et synonyme de lourde défaite. Rien n’y faisait. Aucun argument ne pouvait convaincre les cinq candidats de la majorité de se retirer. Le blocage était complet. On allait à la catastrophe, mais le fait de le savoir n’était pas suffisant pour  parvenir à modifier les décisions des acteurs…Version triviale de la tragédie grecque, et de son caractère inexorable,  cette élection présidentielle mériterait sans doute de servir de contre-exemple et d’être étudiée dans les cours de science politique des années à venir.

 

Chez les socialistes, en revanche, la sérénité s’installait avec la déclaration d’Hélène Rossio annonçant enfin, « par esprit de responsabilité »,  son renoncement et sa participation au comité de campagne d’Henri Schmidt-Vercel. Celui-ci continuait son intelligente campagne, sur le thème, « oui on peut sortir de la crise dans la justice sociale, sans demander de sacrifices aux classes populaires ». Il y aura encore des difficultés, reconnaissait-il, mais il faut faire principalement peser les efforts sur les privilégiés. Non, il  n’est pas nécessaire de travailler plus ou plus longtemps, il faut travailler mieux et plus nombreux en réduisant le chômage, notamment en limitant le recours aux heures supplémentaires et  en relançant les emplois jeunes.    Oui,  il faut limiter les déficits, mais cela peut se faire sans diminuer le nombre de fonctionnaires et sans   bloquer leurs salaires, en réduisant les gaspillages, en faisant davantage contribuer les  détenteurs de capital qui ont amassé des profits importants et en taxant ceux qui, comme les banques, non seulement n’ont pas souffert de la crise mais en ont profité. Des réformes sont nécessaires mais elles doivent être négociées entre les partenaires sociaux : cette proposition présentait pour le candidat socialiste le double avantage de  le faire apparaître comme un homme ouvert et moderne, sans prendre le risque de voir les réformes se réaliser, les partenaires sociaux n’ayant pas la moindre chance de se mettre d’accord sur des changements substantiels !

Ce message équilibré, modéré et quelque peu démagogique passait bien, mais, pas plus qu’à droite, on ne constatait dans le camp socialiste, le moindre enthousiasme.  Un grand scepticisme régnait sur la campagne. En réalité personne ne croyait totalement à ce qui était dit. On penchait d’un côté ou de l’autre, ou on choisissait le centre, ce qui évitait d’avoir à choisir, mais on restait sur la réserve. Les candidats étaient ternes, les propositions sans aspérités, les Français, moroses et désabusés, s’ennuyaient.  Et, comble de tout, personne n’ignorait que les jeux étaient faits. Il y aurait un deuxième tour sans candidat de la majorité, entre le candidat du Front Patriotique et le candidat socialiste, la victoire n’échapperait donc pas à celui-ci.  Tout le monde en avait conscience. L’abstention serait certainement très élevée. 

 

...A SUIVRE...

 

Marc d'Héré

 

 

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PRESENTATION

 

Marc d'HERE 

 

Contact: ies1@hotmail.fr

 

 Militant socialiste (rocardien) depuis 1974, j’ai  accompagné en 1999 Jean-Marie Bockel, lorsqu’il a créé  le club politique  social libéral « Gauche Moderne ». J’en ai été le  secrétaire général jusqu’en 2006..

 

Engagé dans la défense du Traité Constitutionnel Européen, je propose à Bernard Kouchner, Elisabeth Guigou, Gérard Collomb et Daniel Cohn-Bendit de créer le « Comité de la Gauche pour le Oui » et j’en assure  l’organisation et le développement.

 

J'ai quitté le parti socialiste après le congrès du Mans (2005), ne pouvant accepter l’irréalisme et la démagogie des choix politiques effectués, et refusant une « synthèse » synonyme de confusion.  Ayant soutenu Nicolas Sarkozy lors de l’élection présidentielle, parce qu’il m’apparaissait le plus apte à réaliser les réformes et les changements profonds dont notre pays a besoin,  j’ai choisi de m’inscrire dans  la majorité présidentielle et j'ai adhéré à  La  Gauche Moderne. Aujourd'hui je suis animateur du  club politique le "Cercle des Libertés Egales" qui soutient la politique de réformes et la candidature de Nicolas Sarkozy à la présidentielle. 

 

J'ai publié  fin 2007« de Rocard à Sarkozy. Itinéraire d’un social libéral » éditions Christophe Chomant.

En février 2010, "Plus belle la gauche" avec Gilles Casanova aux éditions de Passy

En  mai 2011 "La déclaration du Président",  encore aux éditions de Passy

 

 

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