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PRESENTATION

 

 

Contact: marcdhere.mdh@gmail.com 

 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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5 janvier 2012 4 05 /01 /janvier /2012 08:26

 

Personnages principaux

 

LA PRESIDENCE

Le Président

Hervé Tallec, 39 ans, premier conseiller

Michel Cervoz, 47 ans, directeur de cabinet

Catherine Liancourt, secrétaire particulière

                      

PERSONNALITES DE LA MAJORITE

Charles Forneray, 56 ans, Premier ministre

Noël Sermiand, 55 ans, ancien ministre de l’Intérieur, président du « Mouvement Républicain », principal parti de la majorité

Nicole Hougret, 49 ans, ministre de l’Emploi, vice-présidente du Mouvement Républicain (MR)

Emmanuel Romano, 40 ans, ministre des Universités et de la Recherche

André Sertanoff, 57 ans, ministre de l’Economie et des Finances

Jacques Durand-Wilème, 62 ans, sénateur, président du « Centre Réformateur », parti allié du « Mouvement Républicain »

Jean-Marie Ferneville, 71 ans, président du Sénat, MR

Irénée Gavinel, 45 ans, président des «   Sociaux Libéraux »,  petit parti de centre gauche qui a rejoint la majorité lors de l‘ élection présidentielle.

Claire Germaniaud, 48 ans, directrice de cabinet du Premier ministre

Nessim Tarik, 37 ans, conseiller politique du Premier ministre et son porte-parole

 

PERSONNALITES DE L’OPPOSITION

Henri Schmidt-Vercel, 60 ans, député, secrétaire général du « Parti Démocrate Socialiste », principal parti d’opposition de gauche

Hélène Rossio, 58 ans, députée, chargée des questions internationales du PDS

Jean-Louis Frey,  69 ans, sénateur,

Louise Fanchinelle, 49 ans, députée européenne, animatrice du courant « Toujours A Gauche » (TAG),  du PDS

Nicolas Brochet, 58 ans, député, centriste d’opposition, président du « Parti Humaniste de la Réforme »

Chantal Morellot, 39 ans, porte-parole des « Ecologistes Radicaux »

Henri Beringer, 68 ans, président du « Front Patriotique », extrême droite

 

AUTRES PERSONNALITES

François Lachise, 65 ans, industriel

Lucien Drivet, 42 ans, avocat, secrétaire général du club de réflexion « Les Modernes Causeries du Lundi »

 

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Chapitre I

 

Dimanche 23 octobre, 20 heures 05, palais présidentiel.

 

« Vous venez de l’entendre, le  Président de la République a démissionné. Alors que l’on attendait une  confirmation  de  sa candidature à un deuxième mandat, il vient, dans une courte allocution, dense et grave, de créer la surprise en annonçant  qu’il  renonçait à exercer sa fonction. Nous vous invitons à regarder de nouveau la fin de l’intervention du  Président de la République.»

 

L’image du Président, quelque peu solennelle, revint à l’écran : 

« Si la  France n’est pas encore sortie de la crise, elle en a pris le chemin et  s’avère plus forte qu’elle ne l’était il y a quatre ans, pour affronter l’avenir. Mais, alors que des efforts restent indispensables, je ne dispose plus des moyens me permettant de  poursuivre l’œuvre de redressement et de modernisation de notre pays. La majorité est divisée en ambitions contraires,  plusieurs élus du parti majoritaire, inquiets et croyant  préserver leurs chances lors des élections prochaines, ne me suivent plus sur la voie des réformes difficiles qu’il faut encore entreprendre. Malgré l’action énergique du Premier ministre, dont je salue la loyauté, le projet « d’insertion des jeunes » et celui de « la prévention de la délinquance», ne trouveront pas de majorité au Parlement.  C’est pourquoi j’estime nécessaire, comme le veut la démocratie dans une telle situation, de redonner la parole au peuple, en démissionnant, à compter de demain lundi à 18 heures, du  mandat de Président de la République que vous m’aviez confié. Puissent les forces politiques, je pense en particulier à celles qui composent la majorité, se ressaisir et considérer l’intérêt de la France, avant le leur ou celui de leurs affidés.  Vive la République. Vive la France   »

 

-                    Voilà les termes par lesquels le Président de la République nous a annoncé sa décision. Nous vous ferons part, dans quelques  instants, des réactions recueillies auprès de personnalités de la majorité et de l’opposition, dont la surprise ne doit pas être inférieure à la nôtre. Que va-t-il se passer maintenant ? C’est ce que nous explique un  constitutionnaliste éminent, le professeur  Pierre-Louis Verdier, que nous avons interrogé.

 

-                     La situation, que l’on a déjà connue dans le passé, est prévue par notre Constitution. Dès demain  18 heures, puisque c’est le moment où la démission du Président prendra effet, le président du Sénat, Jean-Marie Ferneville assurera l’intérim de la Présidence de la République. Avec l’aide du gouvernement, il maintiendra la continuité de l’Etat, expédiera les affaires courantes et organisera une nouvelle élection présidentielle, qui devra avoir lieu dans un délai de 20 à 35 jours. Soit, pour le premier tour, les dimanche 13, 20 ou 27 novembre. Vraisemblablement,  c’est le 27 novembre qui  sera retenu afin de laisser à tous les candidats le temps de recueillir les 500 signatures d’élus exigées pour avoir le droit de se présenter,  et celui de faire campagne. Le  deuxième tour, qui doit avoir lieu 15 jours après le premier, serait alors fixé au  dimanche 11 décembre. 

 

Pour regarder son allocution, enregistrée une heure auparavant, le Président s’était installé dans le bureau de son premier conseiller, Hervé Tallec. Normalien sachant écrire, celui-ci était entré au cabinet du Président, alors ministre de l’Industrie et des Entreprises, pour rédiger ses discours. Venant de la gauche libérale, il s’était vite attaché à cet homme politique atypique, dont la tradition et les réflexes étaient de droite, mais qui, ennemi du conservatisme et opposé à toutes formes de privilèges, manifestait la volonté de faire évoluer la société pour mieux l’adapter au monde,  la rendre à la fois plus mobile  et plus équitable.  Le Président, quant à lui, avait vite remarqué  l’intelligence et la pertinence des analyses de ce jeune collaborateur et apprécié sa connaissance subtile du monde politique, qu’il observait en évitant soigneusement de s’y mêler. Devenu Président de la République, il en avait fait son principal conseiller, plus proche de lui encore que ne l’était son directeur de cabinet.

 

-                    Qu’en pensez-vous, Hervé ? c’était bon  je crois… Je n’ai pas trop dramatisé ? 

 

-                    Non, le ton était juste, Monsieur le Président, solennel mais avec la touche de proximité et même d’émotion contenue qu’il fallait, notamment sur la fin. C’est une très bonne intervention.  Ça doit être l’effervescence chez nos adversaires, et sans doute aussi chez nos amis.

 

-                    Nos amis, comme vous avez la délicatesse de les qualifier,  ne doivent pas être mécontents de ma démission qui  les libère, mais les plus lucides doivent se montrer anxieux aussi, car ils ne peuvent pas ignorer qu’ils vont entrer dans une féroce période de concurrence interne…  Mais écoutons un peu ce que disent d’intéressant les « personnalités de la majorité et de l’opposition », que nous a annoncées cette délicieuse présentatrice.

 

Ministres actuels ou anciens, parlementaires, dirigeants ou porte-parole de partis politiques,  universitaires, responsables économiques, qui se succédaient à l’écran, faisaient part  de leur surprise, voire de leur stupéfaction devant cette nouvelle, même s’ils l’interprétaient de manière différente. Dans la majorité et dans les milieux économiques, on   saluait, en général,  la dignité de l’attitude présidentielle. Ceux-là même  qui depuis des mois le critiquaient et s’opposaient à toutes ses initiatives, faisant mine d’être émus par son départ. Dans l’opposition,  on expliquait ce renoncement par la crainte d’une future défaite humiliante, certains allant même, comme Chantal Morellot, la jeune porte-parole des « Ecologistes Radicaux »,  toujours excessive et souvent agressive, jusqu’à parler de lâcheté et de désertion.

 

L’excitation pouvait se lire sur les visages. Sur ceux des leaders de l’opposition bien sûr, persuadés que le retrait d’un Président qui, malgré le rejet qu’il provoquait, restait leur adversaire le plus dangereux,  augmentait leurs chances de victoire.  La députée socialiste Hélène Rossio disant, comme à son habitude crument  ce que les autres se contentaient de suggérer  « c’était la meilleure chose qui pouvait nous arriver ! Maintenant il n’y a plus de doute,  on va gagner ». Les responsables de la majorité, la plupart d’entre eux au moins, ne pouvaient pas cacher – même s’ils montraient quelque retenue dans l’expression  – qu’ils voyaient avec soulagement sortir du jeu   celui qui leur barrait la route et évaluaient déjà les possibilités que  cela pouvait leur ouvrir. Rares étaient ceux qui saluaient l’action réformatrice du Président, ou, comme les ministres Nicole Hougret et Emmanuel Romano, lui exprimaient leur reconnaissance pour avoir su, mieux et plus vite que d’autres chefs d’Etat, réagir face à la crise mondiale et en  préserver, autant que cela avait été possible,  les Français.

 

Deux politologues, habitués des plateaux de télévision, où ils passaient à peine moins de temps que dans leurs bureaux, se livraient à des analyses subtiles et bavardes, tendant à montrer que, même s’ils avaient pu dire le contraire, ils avaient toujours estimé non seulement possible, mais probable cette décision et expliquant, ce qui n’avait échappé à personne, que cela rendait la situation politique particulièrement incertaine.

                                                                             

-                    Que ferait-on sans eux ! Heureusement que ces messieurs - vous avez remarqué, les politologues sont toujours des hommes, et toujours solennels et pompeux-  sont là pour nous expliquer les choses ! Je n’ai pas noté une tristesse excessive dans les déclarations de la majorité. Charles, peut-être, paraissait assez touché… ce qui n’est pas malhabile. Nicole et Romano ont été très bien.

 

-                     Aucun, dans la majorité n’a l’air de se souvenir que c’est en grande partie leur opposition à votre projet « d’insertion des jeunes » qui a provoqué votre démission, fit observer Hervé Tallec. Il faudra rappeler, je pourrais m’en charger si vous voulez, que, pour des raisons contradictoires, ils y étaient tous opposés,  les uns avec  Noël Sermiand parce que cela allait ajouter une charge supplémentaire aux entreprises, les autres, les centristes et certains amis du Premier ministre, parce que ça allait, disaient-ils,  à l’encontre  de la politique de rigueur qu’ils préconisaient, ou dont ils s’étaient fait une posture. On peut dire ou écrire quelque chose comme ça, si vous le souhaitez.

 

-                     Préparez quelques mots en ce sens, on verra ce que l’on peut en faire, mais il est peut-être préférable de ne pas trop insister sur leur responsabilité en ce moment. Et puis, c’est un peu de notre faute aussi. On aurait dû laisser Nicole Hougret présenter dès le début ce projet audacieux qui était le sien, au lieu de le faire porter par le ministre des affaires sociales qui n’y croyait pas et qui a toujours peur de ce qui peut lui arriver s’il sort des sentiers battus. Nicole, avec toute sa combativité et son talent, n’a pas pu ensuite rattraper les choses. Alors que c’était une mesure équilibrée qui aurait dû convenir aux deux parties, chacun n’a voulu en retenir que ce qui n’allait pas dans son sens ou  pouvait présenter quelque risque politique.

 

-                    En réalité, Monsieur le Président, il y avait surtout, vous le savez mieux que personne, la volonté de montrer leur indépendance à votre égard, voire leur opposition, et tout leur était bon. Ils s’opposaient d’ailleurs aussi au projet de prévention de la délinquance, sans que l’on comprenne très clairement les raisons qui les y poussaient.

 

-                    C’est évident,  ils voulaient tellement que je change ! eh bien ! au lieu d’un Président différent, ils doivent être encore plus satisfaits à l’idée d’en avoir bientôt un nouveau.

 

-                    Chacun se voit  déjà candidat et élu ! La bagarre ne va pas tarder à commencer, à gauche comme à droite. Le spectacle ne devrait pas nous décevoir.

 

Le Président sourit, haussa les épaules et  se leva  pour aller dans son bureau prendre un appel, dont sa secrétaire particulière était discrètement venue l’informer. J’en ai pour une minute dit-il en sortant. Ce fut nettement plus long.

 

…A suivre…

Marc d’Héré

 

  Voir la suite du Chapitre I : http://marcdhere.over-blog.com/article-la-declaration-du-president-chapitre-i-2-96270169.html

 

 

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Published by Marc d'Here - dans Réflexion politique
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