Jeudi 23 février 2012 4 23 /02 /Fév /2012 08:50

 

Suite de la publication du livre "La déclaration du Président"...

 

 Personnages principaux

 

LA PRESIDENCE

 

Le Président,

 

Hervé Tallec, 39 ans, premier conseiller

Michel Cervoz, 47 ans, directeur de cabinet

Catherine Liancourt, secrétaire particulière

                        

PERSONNALITES DE LA MAJORITE

Charles Forneray, 56 ans, Premier ministre

Noël Sermiand, 55 ans, ancien ministre de l’Intérieur, président du « Mouvement Républicain », principal parti de la majorité

Nicole Hougret, 49 ans, ministre de l’Emploi, vice-présidente du Mouvement Républicain (MR)

Emmanuel Romano, 40 ans, ministre des Universités et de la Recherche

André Sertanoff, 57 ans, ministre de l’Economie et des Finances

Jacques Durand-Wilème, 62 ans, sénateur, président du « Centre Réformateur », parti allié du « Mouvement Républicain »

Jean-Marie Ferneville, 71 ans, président du Sénat, MR

Irénée Gavinel, 45 ans, président des «   Sociaux Libéraux »,  petit parti de centre gauche qui a rejoint la majorité lors de l‘ élection présidentielle.

Claire Germaniaud, 48 ans, directrice de cabinet du Premier ministre

Nessim Tarik, 37 ans, conseiller politique du Premier ministre et son porte-parole

 

PERSONNALITES DE L’OPPOSITION

Henri Schmidt-Vercel, 60 ans, député, secrétaire général du « Parti Démocrate Socialiste », principal parti d’opposition de gauche

Hélène Rossio, 58 ans, députée, chargée des questions internationales du PDS

Jean-Louis Frey,  69 ans, sénateur,

Louise Fanchinelle, 49 ans, députée européenne, animatrice du courant « Toujours A Gauche » (TAG),  du PDS

Nicolas Brochet, 58 ans, député, centriste d’opposition, président du « Parti Humaniste de la Réforme »

Chantal Morellot, 39 ans, porte-parole des « Ecologistes Radicaux »

Henri Beringer, 68 ans, président du « Front Patriotique », extrême droite

 

AUTRES PERSONNALITES

François Lachise, 65 ans, industriel

Lucien Drivet, 42 ans, avocat, secrétaire général du club de réflexion « Les Modernes Causeries du Lundi »

 

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Résumé des pages précédentes : Le Président a démissionné…Réactions de surprise des acteurs politiques à sa déclaration télévisée. Les candidatures commencent à fleurir : le socialiste Schmidt-Vercel, concurrencé par sa « camarade » Hélène Rossio, à gauche. A droite, le Président du parti  majoritaire Noël Sermiand annonce officiellement qu’il est candidat…Pui le Premier ministre, comme Nicole Hougret, ministre de l’emploi, très proche du Président démissionnaire, et qui a –dit-on – une liaison avec son collègue ministre Emmanuel Romano…candidat lui aussi !… Et le candidat d’extrême droite et  le centriste de la majorité  Jacques Durand-Wilème, puis après   le social libéral Irénée Gavinel, le centriste d’opposition Nicolas Brochet, la candidate écologiste. La campagne s’anime et un premier sondage montre – coup de tonnerre-  que le candidat d’extrême droite et le socialiste sont à égalité, en tête …Réactions dans les états-majors…A gauche Hélène Rossio se retire au profit de Schmidt –Vercel…pessimisme dans la majorité, où personne ne veut se retirer. La défaite commence à se profiler à l’horizon. Les journalistes la tiennent pour acquise.  

 

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SUITE

 

Chapitre X

 

 

Lundi 7 novembre, dans la capitale.

 

 Rentré le  samedi matin de Toscane, le Président s’était plongé dans une campagne dont il avait été éloigné mais qu’il avait suivi tout de même d’assez près.

Que de changements en 15 jours. L’éclatement, puis l’effondrement de la majorité ne le surprenait pas outre mesure, même s’il lui était arrivé de penser que le bon sens et la raison auraient pu l’emporter. Voir arriver le socialiste au pouvoir n’avait rien pour le réjouir, mais le regard attristé qu’il portait sur la situation n’était pas dénué d’une petite part de délectation malsaine – et coupable-  en constatant que ces responsables de la majorité  qui avaient provoqué sa démission, pensant qu’il risquait de  les mener à la défaite, s’y dirigeaient  tous seuls, encore plus certainement.

 L’autre changement qu’il avait pu constater résidait dans la manière   dont les Français le jugeaient et qui n’était plus la même qu’avant son départ. Il avait le sentiment que se passait, en accéléré, ce qui s’était produit pour son prédécesseur, et se demandait si l’annonce de sa démission et l’espèce de  cacophonie qui régnait depuis son départ, ne l’avaient pas soudain rendu populaire, ou presque. Il l’avait constaté lors du match de football international, auquel il s’était rendu le soir même de son retour d’Italie. Lorsque son visage apparut un instant sur l’écran géant du stade, non seulement les huées habituelles ne se firent pas entendre, mais il y eut  même quelques applaudissements. Cela l’intrigua   et il y pensa à de multiples reprises, durant ce match un peu ennuyeux, auquel il avait du mal à s’intéresser. Noël Sermiand, installé à quelques places derrière  lui, avait remarqué aussi ce changement d’attitude de la foule, comme Nicole Hougret  qui, assise à sa droite, lui sourit, posa sa main sur son bras et lui murmura câline,  « tu ne serais pas en train de redevenir populaire toi ? ».

En sortant de la tribune officielle, il dit à Nicole  et à Noël Sermiand qui s’était approché « alors, ce n’est pas bientôt fini ces conneries ? Où allez-vous comme ça ? Il faut vous mettre d’accord sur un seul nom, et vite. Je vais m’en occuper si vous en êtes incapables. »

 

Le dimanche matin, après un long jogging,  il était passé à son bureau, où il fut rejoint par Hervé Tallec, qui lui détailla la situation telle qu’il la voyait.  Comme à l’accoutumée, le Président partageait en tous points son analyse.  Il s’était entretenu avec son chargé de communication qui lui avait confirmé que la victoire des socialistes était inéluctable, quel que soit le cas de figure, puis avec  Jean-Marie Ferneville, qu’il avait convenu de rencontrer, en fin de journée, à son domicile du  Sénat, où il logeait toujours.  Il avait ensuite appelé le ministre de l’économie et  des finances, André Sertanoff, au sujet du projet de réforme fiscale qu’ils avaient élaboré ensemble et qui aurait dû représenter un point central de la campagne de la majorité. C’était un excellent projet, qui permettait de moins taxer les revenus des entreprises et des salariés moyens en pesant davantage sur les revenus du capital et sur les importations. Il vérifiait plusieurs points techniques, et se montrait surpris que ni  Forneray ni Sermiand ne l’aient clairement repris, ou en tous cas n’en n’aient pas fait un élément fort de leur programme. Seul Irénée Gavinel et Emanuel Romano l’avaient repris à leur compte,  mais ils étaient l’un et l’autre peu audibles. Il en parlerait à Charles Forneray à qui il avait fixé rendez-vous pour  lundi matin.

Il demanda à Emmanuel Romano s’il pouvait passer le voir. Celui-ci vint immédiatement et ils discutèrent un long moment dans le vaste bureau, un peu froid, du Président, puis en marchant lentement jusqu’au parc, rempli, en ce magnifique dimanche d’automne, de familles et d’enfants qui jouaient. Les passants le reconnaissaient et, pour la plupart, le saluaient et  lui souriaient.

 

Ce lundi matin, après avoir parcouru la presse, il attendait dans son bureau le Premier ministre. Il était huit heures quand celui-ci entra. Le Président l’accueillit gentiment, lui demanda comment il supportait la pression de la campagne, lui dit un mot de la Toscane que le Premier ministre, plutôt familier des destinations exotiques, connaissait peu.

-                    Tu devrais y aller plus souvent. C’est magnifique, Florence, Sienne ou Lucques bien sûr, mais aussi la campagne qui est littéralement dessinée, avec les lignes d’arbres au sommet des collines, le gris des oliviers et les masses sombres des cyprès qui  s’en échappent et s’élancent vers le ciel…Et les vignes hautes…Enfin, je ne veux pas jouer au poète, mais, quelle harmonie, quelle douceur…Nous avons décidé d’y retourner au printemps. 

-                    Et ta campagne à toi, continua-t-il, sans transition, comme on dit à la télévision ?

-                    Pas facile…Tu as vu les sondages, personne ne décolle vraiment, on se tient tous en trois ou quatre points. Il y a un peu de monde aux meetings,  les gens sont intéressés mais il n’y a pas d’enthousiasme,  on ne sent pas de tendance se constituer.

-                    Sauf pour Beringer et pour le socialiste qui va être élu dans un fauteuil.  Et Sermiand qui te dépasse ! Comme c’est parti, tu es archi-battu…Ton positionnement est illisible, pris entre Sermiand qui veut changer presque tout de ma politique et Romano qui seul veut la poursuivre. Toi, on ne sait pas trop… Tu dis que tu  veux prolonger ce que nous avons fait ensemble, mais tu ne le valorises pas et tu ne reprends pas des points essentiels du programme que je voulais présenter. Et tu  te retrouves coincé entre le dynamisme libéral de Sermiand et la générosité sociale-chrétienne de  Nicole. On ne te situe pas ! Et même  sur des thèmes comme celui de la participation, que tu as eu raison de relancer, ou de la réforme fiscale qui est un vrai sujet politique, on ne t’entend pas.

-                    Peut-être as-tu raison. C’est vrai que j’ai du mal à saisir cette campagne, et pourtant crois-moi, je veux y aller et je veux la gagner. J’y crois mais il faut que Sermiand se retire et me laisse la place. Tu dois le convaincre de le faire, sinon la majorité va s’enfoncer et risque de disparaître.

-                    Il n’y a plus de majorité. En tant qu’entité collective rassemblée autour de valeurs et d’objectifs, elle est morte, ne surnagent que quatre ou cinq individus qui ont chacun leurs qualités, mais qui ne représentent plus rien.  Je ne peux pas désigner le candidat, je n’ai plus le poids nécessaire, tu le sais parfaitement.  C’est vous qui devez le faire, vous-même. Il faut vous mettre d’accord, voyez-vous tous et choisissez. Sinon vous êtes morts, et la majorité va s’effondrer aux législatives qui suivront la présidentielle. Et si les socialistes gagnent, surtout avec un prudent comme ce Schmidt-Vercel, on en prend pour 10 ans…Tant pis pour vous, après tout…mais je ne peux pas dire tant pis pour la France !

-                    Oui, il faut un candidat unique mais ce ne peut être que moi.  Je ne me retirerai jamais pour Sermiand. Tu voudrais que je le fasse ?

-                    Non, bien sûr ! C’est toi le meilleur, c’est toi qui, malgré ce que je te disais tout à l’heure, continueras tout de même le plus fidèlement ce que nous avons commencé à entreprendre. Mais je ne veux pas croire que ce soit cuit.  Ecoute, il faut obtenir qu’aucun de vous quatre ne dépose sa candidature demain et que vous acceptiez de mettre la campagne entre parenthèse une journée. Je vais demander à Lachize, de vous réunir tous les quatre ou les cinq…Il a un manoir très agréable à  moins de cent bornes, tu le connais bien sûr, qu’il vous y enferme et vous n’en sortirez qu’avec un candidat unique. C’est la dernière chance, la  seule.  Si vous n’y arrivez pas, les socialistes gagnent. Je ne veux pas participer à cette réunion, je n’ai rien à y faire,  mais si vous souhaitez que je vienne, j’y serai en une heure. Il faut que vous vous décidiez. Ça te va ?

-                    Bien sûr mais je n’y crois pas trop !

-                    Toujours pessimiste. Il faut que ça marche ! J’appelle Lachize. Allez, haut les cœurs, on peut encore gagner…en tous cas, on aura essayé, continua-t-il plus bas, alors que le Premier ministre s’éloignait. 

 

 

...A SUIVRE...

 

Marc d'Héré

 

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PRESENTATION

 

Marc d'HERE 

 

Contact: ies1@hotmail.fr

 

 Militant socialiste (rocardien) depuis 1974, j’ai  accompagné en 1999 Jean-Marie Bockel, lorsqu’il a créé  le club politique  social libéral « Gauche Moderne ». J’en ai été le  secrétaire général jusqu’en 2006..

 

Engagé dans la défense du Traité Constitutionnel Européen, je propose à Bernard Kouchner, Elisabeth Guigou, Gérard Collomb et Daniel Cohn-Bendit de créer le « Comité de la Gauche pour le Oui » et j’en assure  l’organisation et le développement.

 

J'ai quitté le parti socialiste après le congrès du Mans (2005), ne pouvant accepter l’irréalisme et la démagogie des choix politiques effectués, et refusant une « synthèse » synonyme de confusion.  Ayant soutenu Nicolas Sarkozy lors de l’élection présidentielle, parce qu’il m’apparaissait le plus apte à réaliser les réformes et les changements profonds dont notre pays a besoin,  j’ai choisi de m’inscrire dans  la majorité présidentielle et j'ai adhéré à  La  Gauche Moderne. Aujourd'hui je suis animateur du  club politique le "Cercle des Libertés Egales" qui soutient la politique de réformes et la candidature de Nicolas Sarkozy à la présidentielle. 

 

J'ai publié  fin 2007« de Rocard à Sarkozy. Itinéraire d’un social libéral » éditions Christophe Chomant.

En février 2010, "Plus belle la gauche" avec Gilles Casanova aux éditions de Passy

En  mai 2011 "La déclaration du Président",  encore aux éditions de Passy

 

 

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