Social-libéral
Le blog de Marc d'Héré
Le blog de Marc
d’Héré
Suite de la publication du livre "La déclaration du Président"...
LA PRESIDENCE
Le Président,
Hervé Tallec, 39 ans, premier conseiller
Michel Cervoz, 47 ans, directeur de cabinet
Catherine Liancourt, secrétaire particulière
PERSONNALITES DE LA MAJORITE
Charles Forneray, 56 ans, Premier ministre
Noël Sermiand, 55 ans, ancien ministre de l’Intérieur, président du « Mouvement Républicain », principal parti de la majorité
Nicole Hougret, 49 ans, ministre de l’Emploi, vice-présidente du Mouvement Républicain (MR)
Emmanuel Romano, 40 ans, ministre des Universités et de la Recherche
André Sertanoff, 57 ans, ministre de l’Economie et des Finances
Jacques Durand-Wilème, 62 ans, sénateur, président du « Centre Réformateur », parti allié du « Mouvement Républicain »
Jean-Marie Ferneville, 71 ans, président du Sénat, MR
Irénée Gavinel, 45 ans, président des « Sociaux Libéraux », petit parti de centre gauche qui a rejoint la majorité lors de l‘ élection présidentielle.
Claire Germaniaud, 48 ans, directrice de cabinet du Premier ministre
Nessim Tarik, 37 ans, conseiller politique du Premier ministre et son porte-parole
PERSONNALITES DE L’OPPOSITION
Henri Schmidt-Vercel, 60 ans, député, secrétaire général du « Parti Démocrate Socialiste », principal parti d’opposition de gauche
Hélène Rossio, 58 ans, députée, chargée des questions internationales du PDS
Jean-Louis Frey, 69 ans, sénateur,
Louise Fanchinelle, 49 ans, députée européenne, animatrice du courant « Toujours A Gauche » (TAG), du PDS
Nicolas Brochet, 58 ans, député, centriste d’opposition, président du « Parti Humaniste de la Réforme »
Chantal Morellot, 39 ans, porte-parole des « Ecologistes Radicaux »
Henri Beringer, 68 ans, président du « Front Patriotique », extrême droite
AUTRES PERSONNALITES
François Lachise, 65 ans, industriel
Lucien Drivet, 42 ans, avocat, secrétaire général du club de réflexion « Les Modernes Causeries du Lundi »
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Résumé des pages précédentes : Le Président a démissionné…Réactions de surprise des acteurs politiques à sa déclaration télévisée. Le lendemain matin, il reçoit le Premier ministre, Charles Forneray, pour lui expliquer les raisons de sa décision. Les candidatures commencent à fleurir : le socialiste Schmidt-Vercel, concurrencé par sa « camarade » Hélène Rossio, à gauche. A droite, le Président du parti majoritaire Noël Sermiand annonce officiellement qu’il est candidat…Le Premier ministre, en réunion de cabinet décide d’ annoncer le lendemain sa candidature, comme Nicole Hougret, ministre de l’emploi et très proche du Président démissionnaire…Le lundi soir, un débat de fond se déroule au sein du club « les nouvelles causeries du lundi »et permet un rapprochement entre le social libéral Irénée Gavinel et les deux ministres Nicole Hougret et Emmanuel Romano. Les candidatures se multiplient: après le candidat d’extrême droite et le centriste de la majorité Jacques Durand-Wilème, se présentent ce jour-là : le social libéral Irénée Gavinel, le centriste d’opposition Nicolas Brochet, la candidate écologiste, et le Premier ministre Charles Forneray dont l’intervention à la télévision n’est pas un succès…
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…SUITE…
Dans le grand appartement qui lui servait de bureau et qu’un milliardaire, très affectueux, qui se prétendait de gauche, mettait à sa disposition, un ancien journaliste, aigri par les échecs et les erreurs, devenu animateur d’un site Web spécialisé dans les ragots, les scandales vrais ou faux et les tentatives de mise en cause personnelle du Président, de ses proches, ou de responsables de la majorité, parlait bas, au téléphone. Il rappelait, sur un portable dont, par précaution il changeait la carte tous les quinze jours, un mystérieux correspondant qui promettait des révélations croustillantes sur des candidats ou de futurs candidats de la majorité, et lui fixait rendez-vous. Selon une méthode bien éprouvée et régulièrement utilisée par la gauche, celle-ci allait manifestement enrichir sa campagne au plan de l’éthique !
Chapitre 7
Samedi 29 octobre.
Deux nouveaux candidats s’étaient encore déclarés. Un candidat de la « Ruralité Dynamique », dont la photo - on le voyait bronzé, en chemise à carreaux, juché sur son tracteur - faisait penser à une réclame de 1950 pour Caterpillar, et, plus sérieuse, celle de la ministre de l’emploi, Nicole Hougret. Comme elle l’avait dit au Premier ministre, la candidature de Noël Sermiand qui symbolisait l’aile droite du parti, souvent présentée de manière caricaturale comme celle du capitalisme pur, dur et sans complexe, alors qu’elle était tout de même plus subtile et plus nuancée, l’obligeait, elle qui représentait l’aile chrétienne sociale du Mouvement, à poser la sienne. Il était nécessaire qu’un candidat de la majorité, une candidate en l’occurrence, puisse défendre, dans cette campagne, « une philosophie clairement humaniste et sociale, qui mette au centre de ses préoccupations et de sa politique, la dignité humaine, souvent oubliée, parfois niée, dans le monde impitoyable qui était le nôtre ». Elle estimait avoir d’autant plus sa place dans ce combat que la déclaration du Premier ministre lui avait paru fort terne et que les deux candidatures centristes manquaient de relief.
Une autre raison, peut-être la plus décisive, tenait à son ambition, qu’elle cachait fort bien sous une attitude enjouée et enjôleuse, ainsi qu’à sa volonté de se placer et de prendre date pour l’avenir. Elle était assez jeune pour se donner cinq ou dix ans, mais assez réaliste pour savoir qu’il fallait entrer tout de suite dans l’arène, ne pas laisser les autres, à peine plus âgés qu’elle, la distancer. Et elle le faisait à fond, avec l’obstination dont cette jolie femme ne manquait pas, réputée pour défendre avec acharnement ses convictions et ses intérêts, et ne se laissant pas arrêter par les obstacles, les attaques ou les mises en cause personnelles. Alors qu’elle était parfois soupçonnée d’une proximité ambiguë avec le Président, qu’elle accompagnait régulièrement dans ses déplacements à l’étranger, une rumeur, complétée par quelques photos équivoques, avait couru sur le Net, lui attribuant une relation intime avec son collègue, le ministre des universités Emmanuel Romano. Une liaison entre deux membres d’un même gouvernement, tous deux mariés par ailleurs, ce n’était pas forcément très courant - conséquence inattendue mais naturelle du rajeunissement des responsables politiques et des progrès de la parité- et pouvait s’avérer gênante. Alors que Romano, embarrassé, démentait, elle se garda bien de le faire, se contentant de répondre, en public, « démentir ? Et pourquoi ? C’est flatteur, il a dix ans de moins que moi et il est plutôt mignon » et en privé « ils peuvent raconter ce qu’ils veulent, ils ne m’empêcheront pas de faire ce que je veux de mon cul ! ».
Les distributeurs de tracts encombraient à nouveau les allées des marchés et les bouches de métro, les premiers meetings s’étaient déjà tenus, les maires ruraux étaient assaillis de demandes de parrainage et sur les différentes chaines de télévision la parole était régulièrement donnée aux candidats ainsi qu’à leurs soutiens. Curieusement, aucune vraie polémique n’était encore venue troubler ou animer, selon les opinions, une campagne que, pour cette raison, les médias trouvaient, en cette première semaine, morne ou ennuyeuse. Même lorsque Jacques Durand-Wilème accusa « finement » le centriste d’opposition Nicolas Brochet, de « nager en eaux troubles », cela n’entraîna aucune réaction notable. Pas davantage, lorsque le candidat d’extrême droite en appela à l’indignation populaire à l’occasion d’ un viol commis par un homme déjà condamné pour agression sexuelle, prématurément libéré et non suivi par des services négligents. Peut-être blasé et sans illusion sur le caractère laxiste des magistrats et des services judiciaires, le public ne réagit que très faiblement et le début de polémique s’estompa.
Lorsque certains, comme le Premier ministre, comme Hélène Hougret ou même l’écologiste extrémiste Chantal Morellot, essayaient de mettre en avant des idées, exprimaient des convictions ou faisaient des propositions, cela n’intéressait en rien des journalistes qui n’en comprenaient pas toujours l’intérêt. Certains semblaient même penser que c’était incongru, et que la campagne raccourcie exigeait de s’exprimer par slogans, formules, phrases destinées à provoquer, et surtout, ce qui les excitait au plus haut point, attaques personnelles. Il se murmurait, justement, dans certaines rédactions qu’un des candidats de la majorité, pouvait être prochainement l’objet de mises en cause de caractère financier ou sexuel, certains disant même, gourmands, financiers et sexuels… Enfin ! Ils frétillaient, on allait peut-être parler de ce qui les intéressait, et ferait vendre leurs journaux, davantage à n’en pas douter que leurs ternes reportages et leurs analyses sans relief, qui se ressemblaient toutes.
...A SUIVRE...
Marc d'Héré
Contact: ies1@hotmail.fr
Militant socialiste (rocardien) depuis 1974, j’ai accompagné en 1999 Jean-Marie Bockel, lorsqu’il a créé le club politique social libéral « Gauche Moderne ». J’en ai été le secrétaire général jusqu’en 2006..
Engagé dans la défense du Traité Constitutionnel Européen, je propose à Bernard Kouchner, Elisabeth Guigou, Gérard Collomb et Daniel Cohn-Bendit de créer le « Comité de la Gauche pour le Oui » et j’en assure l’organisation et le développement.
J'ai quitté le parti socialiste après le congrès du Mans (2005), ne pouvant accepter l’irréalisme et la démagogie des choix politiques effectués, et refusant une « synthèse » synonyme de confusion. Ayant soutenu Nicolas Sarkozy lors de l’élection présidentielle, parce qu’il m’apparaissait le plus apte à réaliser les réformes et les changements profonds dont notre pays a besoin, j’ai choisi de m’inscrire dans la majorité présidentielle et j'ai adhéré à La Gauche Moderne. Aujourd'hui je suis animateur du club politique le "Cercle des Libertés Egales" qui soutient la politique de réformes et la candidature de Nicolas Sarkozy à la présidentielle.
J'ai publié fin 2007« de Rocard à Sarkozy. Itinéraire d’un social libéral » éditions Christophe Chomant.
En février 2010, "Plus belle la gauche" avec Gilles Casanova aux éditions de Passy
En mai 2011 "La déclaration du Président", encore aux éditions de Passy
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