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Contact: marcdhere.mdh@gmail.com 

 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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5 mars 2010 5 05 /03 /mars /2010 09:24


Le 23 janvier dernier La Gauche Moderne organisait un colloque sur "les gauches face à la crise".  Ci-dessous, le verbatim de mon intervention.

Je suis désolé de ne pas rester dans le même registre, parce que les interventions précédentes sur la situation de pays étrangers et cette vision de géopolitiques étaient très intéressantes. Je  vais pour ma part nous ramener  à la France et à la crise de la  gauche en France.

 

     On s’est un peu étonné que la  crise financière internationale n’ait pas profité à la gauche, elle qui a toujours condamné la finance internationale et qui voyait d'une certaine manière justifier ses craintes et ses critiques. Je crois qu’il y a en fait deux raisons essentielles à cela.
 

La première vient d’une erreur d’analyse.  On a prétendu que cette crise était une crise du libéralisme et que dans ces conditions il aurait été normal de faire appel à la gauche, à ses idées et ses propositions pour y répondre. Or je ne crois pas qu’il se soit agi  d’une crise du libéralisme, mais plutôt du développement d’une forme d’ultralibéralisme sans règle, alors que le libéralisme, lui, a toujours appelé des règles.  Parce que ce n’était pas une crise du libéralisme, ce n’était donc pas dans les proclamations anti libérales de la gauche que l’on pouvait trouver les solutions.  C’est la première raison qui explique que la crise n’ait pas, finalement, profité à la gauche socialiste.


La deuxième raison c’est que pour répondre à cette crise il fallait bien évidemment apporter des solutions nouvelles et que la gauche, en France, et particulièrement le Parti Socialiste, n’en proposent pas. Et c’est là-dessus que je voudrais insister.

 

     Je  reprendrais d’abord ce que disait tout à l’heure Jean-Hervé Lorenzi, quand il prétendait  que parler de « modernes » ou d’ « archaïques », cela n’avait pas grand intérêt.. Je pense en réalité que cela a du sens.  La pensée de la gauche française aujourd'hui est une pensée archaïque dans la mesure où, si  elle pouvait être valable il y a 30 ans, cette pensée n’a pas suivi l’évolution du monde et de la société. Ce n’est pas le fait d’être ancienne qui la rend archaïque mais le fait qu’elle soit restée  figée, alors que le monde qui  se transformait si rapidement, exigeait des analyses et des solutions nouvelles.    Ce qui rend moderne la pensée de la Gauche Moderne, ce n’est pas le fait qu’elle soit récente ou nouvelle, mais c’est qu’elle sait  s’adapter au monde qui change. Ce que n’a pas fait, je crois et je vais vous donner quelques exemples, le Parti socialiste qui est  resté accroché à ses dogmes.

 

Premier dogme, celui de l’omnipotence de l’Etat. Il n’est pas question de nier l’importance de l’Etat, notamment en tant qu’investisseur en tant que celui qui montre l’avenir. Mais on est à un moment où – du fait de la mondialisation,  des changements dans  la société devenue plus individualiste,  de la nécessité d’intervenir de manière beaucoup plus rapide, beaucoup plus réactive dans l’économie, etc…- cette conception de l’Etat omniscient, omnipotent et interventionniste n’est plus acceptable, plus opérationnelle.


Autre dogme, celui de la dépense publique et donc de l’accroissement de la fiscalité d’une manière ou d’une autre. Je crois là aussi que la modernité, c’est l’inverse, c'est-à-dire la limitation des dépenses publiques, des dépenses publiques improductives, pour limiter la pression fiscale permettant de  libérer les énergies et pour  retrouver des marges de manœuvre budgétaires et notamment des marges de manœuvre sur le plan social.

C’est aussi un dogme de mettre en avant la priorité de  la redistribution en oubliant qu’avant de redistribuer il faut produire et il y a tout un aspect de soutien à la production qui est  oublié ou nié par le Parti Socialiste.


C’est aussi, Linda nous en parlait tout à l’heure,  le maintien des avantages acquis, cette volonté de conservation, de refus de remettre en cause, d’adapter,  alors que l’on est dans un monde où l’on a besoin au contraire de réformes de structures, de davantage d’autonomie, où l’on a besoin, face à cet égalitarisme qui fait partie aussi des dogmes de la gauche, de répondre au contraire par des interventions ciblées, par ce que l’on a appelé –malheureusement le mot est horrible - la discrimination positive. A l’inverse de cette espèce d’égalitarisme de grande masse il faut au contraire faire plus pour ceux qui partent avec moins, intervenir de manière ciblée pour permettre à ceux qui partent avec des handicaps au départ, de les rattraper.  Quand une inégalité existe à l’origine, l’égalité de traitement est une manière de prolonger cette inégalité, alors qu’une forme d’inégalité compensatrice peut l’atténuer…

 

Donc, la gauche est restée accrochée à tous ces dogmes, il y en a d’autre comme un certain angélisme sur la sécurité etc.…, et elle  le reconnaît d’ailleurs puisque tous les responsables de gauche vous diront : «  la gauche doit se rénover » « la rénovation du Parti Socialiste est urgente ». Donc c’est une chose certaine avec laquelle ils sont d’accord : le Parti Socialiste doit se rénover.

Mais, c’est mon sentiment, il est dans l’incapacité de le faire. Non pas qu’il ne sache pas ce qu’il faudrait faire. Mais il ne pourra pas le faire. Et c’est en cela que la situation de la gauche, de la gauche institutionnelle, m’apparaît particulièrement désespérée. Les socialistes ne  pourront  pas se rénover pour plusieurs raisons.

 

S’ils veulent se rénover, ce n’est évidement pas pour aller vers d’avantage de radicalité, vers les altermondialistes ou la gauche extrême. Le Parti Socialiste est un parti de gouvernement, il se veut un parti de gouvernement, donc s’il allait vers une rénovation ce ne pourrait être que pour aller vers le sérieux, le réalisme, disons vers le réformisme…Et ce chemin ils ne pourront pas le prendre.

 

 D’abord du fait de leurs alliances. Ni le parti communiste ni  la gauche radicale n’accepteront d’aller vers le réformisme. Or, pour les socialistes, l’ alliance avec ces forces, au moins au second tour des élections, est une nécessité absolue  qu’ils ne voudront pas remettre en cause, car cela leur ferait perdre toute chance d’arriver au pouvoir !.

 

Deuxième raison, plus  importante encore, c’est que l’espace du réformisme est aujourd’hui occupé par Sarkozy. Si  le Parti Socialiste voulait aller vers ce réformisme, alors il lui faudrait dire qu’il faut alléger l’Etat, qu’il faut l’autonomie des universités, qu’il faut réformer les retraites dans le sens où  nous voulons le faire, il devrait dire qu’il faut d’avantage de sécurité... L’ensemble des mesures qu’ils pourraient préconiser sont, grosso modo, celles prises par Sarkozy. Ils n’ont pas d’espace. Celui-ci  est presque entièrement  occupé par Nicolas Sarkozy.  Donc ils n’ont pas la possibilité d’aller dans ce sens, sauf à dire, comme nous, qu’effectivement on adopte cette manière de voir mais qu’en contrepartie on n’est pas dans l’opposition à Sarkozy. Il n’y a pas de place si on veut à la fois prôner une politique réformiste et être dans l’opposition brutale et fondamentale à Sarkozy. Alors, comme ils voudront conserver cette posture d’opposition frontale, ils seront dans l’incapacité d’aller vers la modernisation.  

 

Croire à la rénovation du PS  est illusoire. C’est pourquoi la gauche institutionnelle  ne sortira pas de la crise profonde qui est la sienne.   Nous en sommes persuadés, c’est  en réalité autour de La Gauche Moderne et sur la base de ses valeurs, de ses analyses,  de sa vision de l’avenir et de ses propositions que la rénovation de la gauche aura une chance de se faire…C’est dire à quel point est grande notre responsabilité.

Marc d'Héré

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Published by Marc d'Here - dans Réflexion politique
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commentaires

Elie Arié 06/03/2010 15:01


Tu compteras le Languedoc-Roussillon, que le PS n'emportera pas, comme une victoire de la majorité présidentielle?


Marc d'Here 06/03/2010 15:35


Non, mais évidemment comme une défaite de Martine Aubry et des socialistes.


Elie Arié 05/03/2010 13:26


Il faudra m'expliquer pourquoi 3 Régions sur 22 constitueraient une victoire, même petite ( je te signale qu'on vote dans les 22, et que, moi, j'aurais imaginé qu'une victoire se situerait au-delà
de 11...).
On ne peut pas dire que l'ambition vous étouffe...


Marc d'Here 05/03/2010 15:48


On vote dans 27 régions. En 2004 la majorité n'a remporté qu'une région l'Alsace. La Corse n'a été présidée par un membre de la majorité qu'à cause des divisions de la gauche et des nationalistes.
Donc si en 2010 il y a 3 voire 2 régions pour la majorité ce sera un progrès par rapport à 2004.

RAPPEL en 86 et 92, la gauche n'avait été majoritaire que dans 2 régions: Nord PC et Limousin!

Le PS lui a mis la barre à 100%,  qu'une seule région échappe au PS ( Languedoc-Roussillon par exemple)  et ce sera un échec pour Martine Aubry!