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Contact: marcdhere.mdh@gmail.com 

 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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23 mai 2010 7 23 /05 /mai /2010 10:41

 

Par Claude Askolovitch dans le JDD du 22 mai...J'ai modifié le titre, reprenant une expression de Claude Askolovitch dans son article...

 

Au bruit médiatique, on croirait que l’exacte frontière entre l’exploitation de l’homme par l’homme et le socialisme réalisé passe par la retraite à 60 ans.

 

 

Ainsi débat la France, qui choisit ses psychodrames aussi loin que possible des vrais sujets. Chacun se fabrique des Douaumont, et l’on mourra sur place pour la burqa, les 60 ans, les 35 heures ou le bouclier fiscal – et si l’on cède, on publiera un communiqué pour maquiller la reculade en joyeux bourrage de crâne. En réalité, une gauche au pouvoir, par l’allongement des durées de cotisations, viderait les 60 ans pour la majorité des salariés, et tout le monde le sait sans oser le reconnaître. La droite a besoin d’une gauche passive pour se grimer courageuse, la gauche a besoin de se maquiller inflexible pour se prétendre fidèle, et le jeu peut se poursuivre.

 

Cette exception française nourrit des quiproquos. Le dernier concerne Dominique Strauss-Kahn, socialiste global rattrapé par des passions locales auxquelles il prétend - encore - échapper.

Venu défendre la croissance et le FMI et lui-même, au moment où une droite et une gauche gauloises le rhabillent en parangon de l’austérité, DSK a réveillé une autre polémique, en disant simplement ce qu’il pensait, sur la retraite et l’espérance de vie, et le dogme vain des 60 ans, dans un monde où chacun se prépare à travailler plus en gagnant moins.

 

Sans l’avoir prévu, Strauss-Kahn nourrit son étrangeté. Différent des gauches françaises, ou différent même des Français ? C’est un problème pour lui, s’il ne ressemble pas à ceux qui l’attendent. C’est un sujet pour la France également, si elle persiste à raisonner en marge du monde, parce que celui-ci serait injuste.

 

Au cœur des évitements politiques, on retrouve toujours l’idée qu’on ne pourrait pas tout dire au peuple : qu’il faut plus travailler, ou que la rigueur s’impose, ou qu’il faudra bien augmenter les impôts pour maintenir nos protections. C’est ainsi que le verbe nous éloigne des faits. En réalité, ce que proposent les politiques – quelques vertus budgétaires tardives ou artificielles à droite, un rattrapage égalitaire à gauche – sont des amusettes au regard de l’enjeu : comment sauvegarder nos sociétés à l’heure de la crise et du déclin européen? La vertu et l’égalité, désormais, ne peuvent plus être des buts en soi, mais des conditions de la survie: ce qu’il faudra installer pour que la France, et l’Europe, s’adapte au nouveau monde. On est loin de cette prise de conscience.

 

Il y avait, il y a longtemps, un drôle de livre d’un drôle d’écrivain, Ilya Ehrenbourg, Juif russe et francophile, et favori un temps de Staline, qui avait saisi l’insouciance de la France du Front popu, à la veille de la guerre, toute à sa douceur de vivre et ses querelles d’enfants.

 

La Chute de Paris, dans ses premières pages, est comme un mantra tricolore, une tendre malédiction qui revient. Désormais, les guerres sont là, mais on se dispute sur les 60 ans, et l’on persiste à faire semblant.

 

 

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Published by Claude Askolovitch, le JDD - dans Chroniques
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commentaires

Elie Arié 24/05/2010 17:52


"La critique de la politique ou des choix du gouvernement en matière de retraite n'est pas de bonne foi"

AUCUNE critique contre le gouvernement n'est de bonne foi:-))).
Mais ton discours style "Pravda" n'est pas très efficace, l' Histoire l'a prouvé.


Marc d'Here 24/05/2010 17:58



Ce n'est pas le sens de ce que j'ai écrit...Et tu le sais parfaitement. Je trouve tout à fait acceptable de critiquer le gouvernement et je ne m'en prive pas...Ma phrase avait un autre sens.



marc d'HERE 23/05/2010 18:21


Ce qu'il y a de vrai dans l'article du JDD, c'est que aujourd'hui dans l'opposition, comme hier, les socialistes se refusent à voir la gravité de la situation et surtout se refusent à toute mesure
difficile. Les qualificatifs de démagogue et de laxiste peuvent, sans exagérer la polémique, être utilisés à leur encontre.
Leur attitude sur les retraites, comme sur leur refus de la modification constitutionnelle envisagée par Sarkozy le montre encore...


Elie Arié 23/05/2010 12:56


Soyons rassurés, ni le PS ni le gouvernement n’ont l’intention de réussir une véritable réforme des retraites.

On accordera cependant un bon point aux dirigeants socialistes pour avoir présenté un plan de financement global, quand bien même nombre de mesures ne sont pas crédibles ou suffisantes pour faire
face aux besoins. Ainsi, décréter que l’on va créer 800 000 emplois n’a pas de sens en soi. À moins de laisser penser que Nicolas Sarkozy et son gouvernement font tout ce qu’ils peuvent pour
accroître le chômage en France: et, là, on bascule dans l'incantation et le manichéisme qui tiennent lieu de pensée à certains.

Qui peut croire aussi qu’on pourra durablement surtaxer les bénéfices des banques à 50 %? On peut le faire un temps, mais la compétitivité de l’économie bancaire française n’y résistera pas. Ne pas
confondre morale et efficacité économique.

A contrario, le gouvernement n’est pas crédible non plus en refusant de dévoiler ses propositions de financement. Le COR a déjà démontré, chiffres en mains, que la modification des seuls paramètres
du système des retraites (âge de départ, durée de cotisations)ne permettait d’économiser que 50 % du besoin de financement en 2030: indispensable, donc, mais insuffisant.

Je crois qu'il faut accorder à un gouvernement libéral et de droite le crédit d'avoir un raisonnement libéral et de droite : pour un gouvernement qui croit au libéralisme, le chômage ne se combat
pas par le partage du travail ni par des subventions à l'embauche, mais uniquement par tout ce qui peut, à ses yeux, favoriser la croissance à long terme, et il reste donc accroché au dogme "La
baisse des "charges" d'aujourd'hui sont les investissements de demain et les emplois d'après-demain" ; dogme qui reste vrai si on précise: "la baisse des "charges" en France d'aujourd'hui sont les
emplois d'après-demain en Chine".

Il n'y a pas que les politiques de gauche qui oublient d'intégrer, dans leurs raisonnements, que nous vivons dans une économie mondialisée. Plus exactement : il n'y a pas que les politiques de
gauche qui font semblant d'oublier d'intégrer, dans leurs discours, que nous vivons dans une économie mondialisée.

Parce que si les politiques de droite le disaient, ils seraient obligés d'admettre que leur seul but est le profit; et si les politiques de gauche le disaient, ils seraient obligés d'admettre qu'au
pouvoir, ils ne mèneraient pas une politique très différente de celle de la droite. Et ce n'est évidemment pas comme ça qu'on gagne des élections.

Dans un livre à paraître « Tous ruinés dans dix ans ? », Jacques Attali prédit une déflagration sociale d’ici une dizaine d’années en raison d’un niveau réel de la dette de 130% du PIB devenu non
finançable : mais l’horizon des politiques n’est pas de dix ans, il est celui de la prochaine échéance électorale, vitale pour Sarkozy sur le plan personnel, vitale pour le PS qui ne survivrait pas
à une quatrième défaite consécutive à la Présidentielle : des limites de la démocratie...


Marc d'Here 23/05/2010 14:57



La critique de la politique ou des choix du gouvernement en matière de retraite n'est pas de bonne foi...Et renvoyer dos à dos le PS et le gouvernement pas sérieux. D'autant que le gouvernement,
consulte pour l'instant, n'ayant fixé que des directions.


 Alors lire dans le commentaire que le fait que le gouvernement n'ait pas encore choisi, ( on estime donc que l'urgence est telle que prolonger la concertation jusq'au au 15  juin
est critiquable!!!) le rend tout aussi peu crédible que le PS, dépasse l'entendement.  Or c'est exactement ça qui est écrit!


J'ai mal compris si cette partie du  commentaire là, véritablement absurde, en plus d'être de mauvaise foi, vient d'Attali (ce que j'ai peine à croire), ou de toi, ce qui alors
cesserait de m'étonner. Rassure-moi vite