Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

PRESENTATION

 

 

Contact: marcdhere.mdh@gmail.com 

 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

Recherche

16 mai 2010 7 16 /05 /mai /2010 18:04

 

Claude Imbert, Le Point du 12 05 10...

 

Ceux que chagrinent, depuis trois décennies, l'illusion française et la débilité européenne ne voient pas la crise d'un oeil effaré. Car, imprévisible dans sa mise à feu, ses bonds et rebonds, la crise ne leur paraît, au bout du compte, que le précipité d'un long pourrissement. Le « panier percé » de maints Etats européens - dont le nôtre -, l'inachèvement politique de l'Europe à 27, toutes ces funestes évidences - ici rabâchées - n'auront perduré que dans l'ignorance des peuples, l'abaissement des élites et leur complaisance démagogique à éviter les vérités qui fâchent.

 

Le doigt des marchés nous montre aujourd'hui les lourds nuages de crédits dévalués, titrisés ou toxiques qui tournent sur nos têtes, et l'imbécile ne regarde que le doigt. Haro sur les marchés ! Ils ne sont certes pas sans vices. Mais leur mécanique implacable n'aura fait que sanctionner d'abord le délire occidental des crédits privés, puis l'entassement des emprunts d'Etat venus à la rescousse. Ajoutés aux lourds et anciens déficits publics, le total fait peur.

 

Si la démesure, si l'empire outrancier du virtuel, si cette cavalcade de plus en plus découplée de l'économie réelle fut celle des marchés eux-mêmes, elle fut d'abord celle de leurs mandants, celle des boulimiques du « toujours plus », celle d'Etats sans guides courant derrière leurs peuples.

 

Les marchés ont donc concouru à l'euphorie comme ils concourent aujourd'hui à la panique. C'est leur nature : ils n'ont pas d'entrailles. Ils ne visent qu'à s'enrichir dans le grand brassage mondial de l'argent entre prêteurs et débiteurs. Sous l'orage, on feint de découvrir la perversion des effets cumulatifs de leurs spéculations. Les politiques, l'Amérique d'Obama et les Etats européens cherchent à en réduire les méfaits. Très bien, mais pas facile !

D'autant que les Etats se trouvent emportés dans la spirale qu'ils dénoncent : ils ajoutent des monceaux de dettes nouvelles à la pyramide d'emprunts renouvelés qui les a jetés dans la panade. Les voici contraints d'emprunter pour assurer une relance qui, enfin, les désendetterait et, en même temps, contraints d'expliquer à des peuples habitués depuis trente ans à un mode de vie intenable qu'il faut en changer.

 

Il ne fallait pas, comme nos traders, avoir fait Polytechnique pour constater que l'empilement des crédits ne monterait pas jusqu'au ciel. Et qu'un jour viendrait où se trouveraient punies l'addiction nationale aux déficits et l'impéritie européenne. Les marchés peuvent certes dérailler dans les mirages accélérés du virtuel comme sous la pression du court terme, ils nous disent néanmoins ce que nous ne voulions pas entendre. Malgré quelques rares et lucides rabat-joie - genre Barre ou, aujourd'hui, Fillon, voire Hollande -, la démagogie des caciques avait abruti la nation d'anesthésiants. Si la dégelée que les marchés infligent nous réveille, tant mieux ! Si nous échouons, et l'Europe avec nous, les protectionnismes, de funeste mémoire, étrangleront d'abord les marchés, porteurs de mauvaises nouvelles. Puis la fertile liberté mondiale des échanges. Et on connaît la suite...

 

La France, quant à elle, reçoit en recommandé l'avis d'avoir à réduire en trois ans trente années consécutives de déficit public. Trente années de concession au moindre travail, aux 35 heures et à ses RTT exquises, aux emplois bidon, à l'euphorie festive, à la guimauve victimaire, tout le bric-à-brac de l'« exception française ». Trente années de comédie compassionnelle où une nation geignarde ne voit pas le « tiers état » du tiers-monde qui reluque avec envie le sort des plus pauvres de nos pauvres. Alors, branle-bas général et freins de rigueur ! Mais, dit la nourrice, sans prononcer son mot qui ferait pleurer les bambins...

 

L'euro est une réussite des temps de vaches grasses. Il est à la fois l'enfant de l'Europe communautaire et la seule garantie de son avenir. Il ne survivra pas - et l'Europe non plus - sans que nous dotions de règles et de garde-fous l'actuelle Babel européenne de riches et de pauvres, de cigales et de fourmis, de vertueux et de tricheurs. Depuis dimanche, l'Europe, devant l'incendie, prend les premières et bonnes résolutions. Et les marchés acquiescent. Mais ils garderont l'oeil...

 

Puisque la Grèce est à l'ordre du jour, demandons à son aïeule de nous prêter un homme et une idée ! L'homme, c'est Damoclès, un euphorique qui voyait tout en rose. Pour lui apprendre que l'Histoire est tragique, son souverain fit suspendre, retenue par un seul crin de cheval, une épée au-dessus de sa tête. Tel est désormais le sort de l'euro.

Quant à l'idée, c'est l'« hybris », la démesure que les anciens Grecs tenaient pour le mal absolu. « Toujours, le Ciel rabaisse ce qui passe la mesure...

 

 

Claude Imbert, Le Point

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Claude Imbert, Le Point - dans Economie et social
commenter cet article

commentaires

Marc d'Here 09/06/2010 09:04


"Très bien" c'est le terme usité par Benoît Hamon mercredi sur Europe1 pour qualifier l'initiative d'Angela Merkel et de Nicolas Sarkozy, de rédiger une lettre à l'attention du président de la
commission européenne, José Manuel Barroso, l'appelant à "accélérer les travaux" pour un "encadrement renforcé" des marchés financiers.

JDD


Marc d'Here 20/05/2010 23:10


Nicolas Sarkozy et David Cameron se sont promis jeudi soir de "travailler ensemble", notamment sur les questions européennes, malgré l'euroscepticisme déclaré du nouveau Premier ministre
britannique, à l'issue de leur premier dîner de travail à l'Elysée.

"J'ai dit à David Cameron combien je serai heureux de travailler main dans la main avec lui en Europe, mais aussi dans le cadre de nos activités du G8 et du G20", a déclaré M. Sarkozy lors d'une
conférence de presse.

"Nous avons besoin des Anglais en Europe, c'est absolument stratégique. Je suis sûr qu'un homme comme David Cameron, qui a de l'ambition pour son pays, me comprend également", a insisté le
président français.

"Il est dans l'intérêt de la Grande-Bretagne que la zone euro soit un succès, que l'euro soit une monnaie efficace, que l'économie de la zone euro se redresse, que ses déficits se redressent, que
les économies de la zone euro qui connaissent des difficultés soient aidées", a indiqué en écho M. Cameron.

"Il est très important que la zone euro soit forte, stable et connaisse la croissance. C'est dans notre intérêt national", a insisté le nouveau chef conservateur du gouvernement britannique.

AFP


Elie Arié 18/05/2010 17:51


Tout à fait d'accord avec cette déclaration de DCB, et, en particulier, sa conclusion : "Est-ce que vous croyez que c'est sur la place publique qu'on va négocier?"; c'est exactement ce que je
disais, car le journal télévisé de TF1, c'est la place publique.


Marc d'Here 18/05/2010 18:26



Et cette polémique (dans laquelle tu t'es engoufré) est donc ridicule...Comme le dit DCB!



Marc d'Here 18/05/2010 10:25


Daniel Cohn-Bendit (Europe Ecologie) a jugé aujourd'hui "absolument ridicules" les protestations du porte-parole du PS Benoît Hamon sur les conditions du retour en France de Clotilde Reiss, qui
était retenue en Iran, et demandé aux socialistes d'arrêter de "jouer aux vierges".

"Clotilde Reiss a été libérée, c'est bien, et si le gouvernement a fait tout ce qu'il a pu pour la libérer, eh bien c'est comme ça", a déclaré le leader d'Europe Ecologie sur Canal+. "On ne peut
pas être content de la libération et en même temps tiquer parce que le gouvernement a fait ce que devait faire un gouvernement".

"On ne peut pas demander à un gouvernement de libérer, de dealer, et après de mettre ça sur la place publique", a-t-il ajouté, alors que M. Hamon avait estimé que le gouvernement devait
"s'expliquer" sur "les contreparties" au retour de la jeune française au lieu de "maquiller les choses". "Moi je trouve cette manière d'opposition absolument ridicule (...) Est-ce que vous croyez
que c'est sur la place publique qu'on va négocier?", a demandé M. Cohn-Bendit.

AFP


Marc d'Here 18/05/2010 10:20


Le député socialiste de l'Essonne Manuel Valls a regretté mardi la polémique sur les conditions du retour en France de Clotilde Reiss, estimant que le PS devait "faire attention à la façon dont
(il) s'oppose". "Je n'aime pas beaucoup cette polémique. Moi, je me réjouis d'abord essentiellement du retour de Clotilde Reiss", a déclaré M. Valls sur France 2.


Elie Arié 18/05/2010 00:22


Tu as publié ici assez d'articles de moi pour savoir que je ne suis pas un opposant systématique.
Et je ne suis pas certain que tes contre-arguments profitent beaucoup à Sarkozy...


Marc d'Here 18/05/2010 07:20



Il peut arriver, notamment sur la santé, que tu approuves  telle ou telle action du gouvernement...C'est un domaine que tu connais et tu es donc amené à onstater que dans ce domaine la
politique gouvernementale est bonne. Quel dommage que tu ne connaisses pas d'autres domaines!


Mais ton opposition à la personne Sarkozy et à la moindre de ses interventions est, elle, systématique. J'évoque dans mon livre cette opposition souvent haineuse  de ces
"intellectuels de moyenne gamme", bobos parisiens notamment, vis à vis de Nicolas Sarkozy...Max Gallo y a consacré aussi un article (repris sur ce blog). Je trouve que tu en es une assez
juste illustration.



Elie Arié 17/05/2010 22:03


Je ne vois pas en quoi ce constat -qui n'est pas une polémique, mais un rappel des faits- serait "politicien"; il illustre une fois de plus ce talent extraordinaire de Sarkozy à détruire lui-même
sa crédibilité.Le spectacle qu'il offre aujourd'hui d'un Président devant manger son chapeau ne va pas l'aider.

Est-ce qu'on annonce publiquement, au début d'une négociation -parce qu'il ne pouvait pas il y avoir de libération sans négociations - qu'on ne fera pas telle ou telle concession? On le dit à
l'interlocuteur, mais c'est d'une maladresse ahurissante que de le dire à la télé.

Une négociation ne peut réussir que si elle est secrète.


Marc d'Here 17/05/2010 23:49



Je vois que tu insistes et que tu te vautres, comme tout bon opposant systématique, dans une nouvelle polémique...En attendant celle de la semaine prochaine...


Mais à la fin, cela risque de lasser. Attention,trop d'impôt tue l'impôt dit-on...Je crois que trop de polémiques peut  tuer la polémique, ou son impact. Et si cela  profitait à la
victime?


 



Elie Arié 17/05/2010 18:58


Il n'y a plus besoin de "révéler" quoi que ce soit, et je te rappelle la déclaration de Nicolas Sarkozy au JT de TF1 du 24 Septembre 2009:

"C'est du chantage. (...). Est-ce que vous croyez que je suis un homme à échanger l'assassin de Chapour Bakhtiar contre une étudiante ? (...) Il n'y aura pas d'échange et le président iranien le
sait bien."


Marc d'Here 17/05/2010 21:07



J'aurais été étonné que tu ne t'engouffres pas dans cette polémique politicienne...Depuis l'affaire Frédéric Mitterrand où tu avais emboîté le pas de Marine Le Pen avec jubilation, tu n'en rates
pas une! Au moins avec toi, on n'est jamais déçu!



Marc d'Here 17/05/2010 18:39


Le parti socialiste et Martine Aubry par la voix de leur porte parole ont eu comme réaction à la libération de Clotide Reiss " On veut savoir quels marchandages ont conduits à cette libération?
A-t-on payé, Combien?"...Voilà la réaction immédiate de Martine Aubry par l'intermédiaire de son porte-parole.

Outre que c'est indigne, c'est irresponsable. Il est évident que même s'ils étaient amenés à "payer", les pays ne peuvent pas le reconnaître sauf à encourager les enlèvements et les prises d'otages
étatiques ou terroristes...Martine Aubry, par la voix non démentie de son porte parole a montré son irresponsabilité...Mais elle y a vu d'abord un moyen de "critiquer" ou de gêner Sarkozy!
C'est pitoyable!


Elie Arié 17/05/2010 12:02


Il est très intéressant de relire, aujourd'hui, les articles de toutes sortes de personnalités, de tous bords, parfois très haut placées -pas toutes- expliquant, en 2008, au début de la crise,qu'il
ne s'agissait que d'un minuscule incident technique qu'une simple aide provisoire aux banques reléguerait rapidement aux oubliettes; voire (Alain Minc) qu'il s'agissait d'une crise purement
psychologique.


Marc d'Here 17/05/2010 13:50



C'est vrai...Cela dit, le côté psychologique de la crise ou du moins de son accélértion est tout à fait évident. Mais il n'y avait pas que ça.