Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

PRESENTATION

 

 

Contact: marcdhere.mdh@gmail.com 

 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

Recherche

22 novembre 2010 1 22 /11 /novembre /2010 14:00

 

Claude Imbert dans Le Point du 18 11 2010...

 

Que le monde nouveau soit " globalisé " et que la mondialisation s'impose,pour le meilleur ou pour le pire, à tous les Etats de la planète, fait innocemment rêver d'une gouvernance mondiale. Franchement, elle n'est pas pour demain ! Ce sommet à Séoul des 20 pays les plus riches de la planète ne laisse qu'une photo protocolaire. Et pour seul résultat tangible celui d'exister. On s'y parle mais encore pour ne rien dire.

 

Sarkozy, qui le préside pour l'avoir accouché dans le premier feu de la crise, n'attendait rien de ce lever de rideau. Il compte sur l'avenir pour déminer le conflit monétaire qui couve entre la Chine et les Etats-Unis et dont l'euro subit les remous. Un tel succès serait déjà appréciable, mais il n'est nullement garanti. Car Sarkozy n'a pour atouts que son énergie et l'entregent du " petit télégraphiste ".

 

Méfions-nous de l'équivoque mondialiste : si l'économie du monde se globalise, sa géopolitique, tout naturellement, ne cesse et ne cessera de diviser. Ni l'anxiété écologique d'une planète fragilisée dans son climat et qui s'épuise dans ses ressources ni les nouveaux rapports de forces ne suggèrent un quelconque apaisement.

 

Quelle conclusion pour nous autres Français ? Sinon que, avant de prétendre changer le monde, il est urgent de s'y adapter. Et d'y bâtir, avec nos nations, un pôle de puissance respectable et respecté. Nous en sommes loin. L'Europe, seul atout de dimension, garde une économie qui théoriquement le mérite. Mais ses divisions et son conservatisme la paralysent. Et à Séoul l'idée même de l'Europe n'a jamais flotté sur les tapis verts.

 

Bien que la mondialisation ait tout changé, l'Europe et la France plus que quiconque songent toujours à conserver l'assistanat d'un Etat-providence, édifié dans l'après-guerre et qui fit légitimement leur orgueil. Mais n'inventer l'avenir qu'avec un logiciel déclassé ne présage rien de bon.

 

Le fait politique majeur, mais toujours sous-estimé, de l'immense crise financière, c'est qu'elle n'a pas soulevé de révoltes massives contre le système capitaliste. Pourquoi ? Ici, chez les riches, parce que la ruine du plus radical des systèmes alternatifs - le communisme - laisse une trace indélébile. Mais ailleurs, dans le tiers-monde, parce qu'il a délivré des centaines de millions d'hommes de l'absolu dénuement. Et que loin d'y paraître comme l'instrument obligé de la domination occidentale, il permet, entre autres au géant chinois, peu à peu rallié à ses mérites, de damer le pion aux anciens maîtres du monde.

 

Le sommet de Séoul n'envisageait au mieux que la réforme des dérives financières du système, mais il consacrait, en quelque sorte, son établissement planétaire.

Chez nous, soit dit en passant, la gauche réformiste, résolue à s'adapter au monde tel qu'il est, devrait s'en trouver plutôt confortée. Car il devient clair que l'interlocuteur du prolétariat européen, ou de ce qu'il en reste, s'est élargi à l'empire illimité du marché mondial. L'incantation de ceux qui proposent, comme Mitterrand en 1981, une " rupture avec le capitalisme ", ne trouve dans le monde aucun écho. Elle sonne comme " Le temps des cerises " dans un concert pop.

 

Le seul impératif pour nos nations d'Europe dans le grand bazar international, c'est d'abord de ne point renoncer à ce qu'elles sont encore. Celles qui en ont les moyens, à commencer par l'Allemagne et la France, devront ensuite donner le branle à des initiatives européennes nouvelles. Faute de quoi l'Europe, " petit cap d'Asie ", ne cessera de péricliter.

Encore faut-il que nos nations gardent l'étoffe et la vitalité nécessaires. Qu'elles sachent discerner, dans le monde, les vrais ressorts de puissance sans rêvasser à quelque introuvable mondialisme dans l'amour fusionnel du genre humain. Les Etats, monstres froids, n'en ont cure.

 

Le ministère de l'Identité nationale disparaît cette semaine de notre gouvernement. Mais, depuis que fut enterré, chez nous, le débat sur notre identité, elle ressort chaque jour de sa tombe. Elle gémit quand elle ne hurle pas dans toute l'Europe.

Le culte de la sacro-sainte diversité tourne à un multiculturalisme menaçant pour notre République. L'Allemagne de Merkel vient elle-même de le rejeter avec éclat. Ce n'est pas protéger les minorités que de tolérer leur affranchissement de la loi sur des critères ethniques et religieux. C'est une faute que de demander à notre laïcité de tirer sa révérence devant des exhibitions d'identité islamique. C'est freiner une intégration qui ne s'opère que dans et par la loi. Il y a lieu de s'inquiéter lorsque le maire de Sarcelles déclare : " Casser les ghettos, c'est trop tard ! La France se communautarise, qu'on le veuille ou non... " Le ciel nous préserve de jeter ainsi le manche après la cognée !

 

Le monde nouveau n'est pas devenu une mer d'huile par la grâce du marché. Il reste un océan tumultueux où seules les nations fortes pourront naviguer en paix.

Partager cet article

Repost 0
Published by Claude Imbert, Le Point - dans MONDIALISATION
commenter cet article

commentaires

Elie Arié 23/11/2010 14:32


Une question: puisque blairisme il y a, pourquoi ne pas avoir choisi de soutenir plutôt DSK, qui le théorise (pompé sur Giddens, mais Blair aussi) et le défend depuis si longtemps?

À tout prendre, il me semble que ceux qui le soutiennent, à l'intérieur du PS, sont bien plus nombreux que ceux qui le soutiennent dans la majorité présidentielle, et que vous auriez pu y peser
bien davantage.


Marc d'Here 23/11/2010 15:00



DSK a été un soutien épisodique à Blair. D'ailleurs, preuve s'il en était besoin, en 2005 au congrès du Mans, il a signé la motion majoritaire qui était tout sauf blairiste, et non celle de
Gauche Moderne qui l'était davantage.


Rien n'était possible pour nos idées au sein du PS ( moins de 1% pour notre motion), qui refusait toute évolution et toute réforme.


C'est dans le programme de Sarkozy que nous avons trouvé, une volonté de changement et de réforme qui correspondait presqu'exactement à nos convictions. Et cela continue, avec quelques
déceptions inévitables,  ce qui explique que notre soutien persiste.


Je sais que te parler "d'idées" et de "convictions" doit te sembler du chinois, et que tu auras du mal à concevoir que l'on s'engage pour des raisons si futiles...Et pourtant!


 



cellobello 23/11/2010 13:20


Il y a une autre façon de parler d'avenir: quelle est la façon la plus sûre de réaliser les réformes nécessaires au fonctionnement social-libéral?
Dans cette approche, le couple "valeurs/pragmatisme" prévaut sur la diabolisation de quiconque n'endosse pas une des étiquettes des gauches traditionnelles.
Pour décrypter avec qui il est possible d'avancer, il est nécessaire d'être au clair sur l'essentiel, pas de s'accrocher aux étiquetages.


Marc d'Here 23/11/2010 13:41



Très juste.



Elie Arié 23/11/2010 11:54


"Rien de ce qui est humain ne m'est étranger", et LGM constitue une bonne illustration des faiblesses humaines.


Marc d'Here 23/11/2010 12:46



Si tu veux dire que La Gauche Moderne n'est pas parfaite et présente bien des faiblesses, je te l'accorde. Cela dit c'est de ta part une échappatoire , qui n'ote rien au fait que La
Gauche Moderne t'intéresse tout particulièrement, ce qui est plutôt encourageant.



Elie Arié 23/11/2010 11:09


Petite analyse perso sur "la Gauche Moderne" et son avenir.
__________
Rappelons d’abord que la « Gauche Moderne » n’a ni le monopole ni l’antériorité du « blairisme » au PS : si le terme y reste tabou, DSK l’est au moins autant qu’elle, avec son concept déjà ancien
de « socialisme de production » social-libéral, destiné à remplacer le classique « socialisme de distribution » social-démocrate, et à empêcher l’apparition de la pauvreté qu’il ne serait plus
possible de compenser par des allocations de remplacement du revenu.

Ce mouvement était destiné à rester distinct de l'UMP,et à constituer l’aile « sociale-libérale » de la majorité présidentielle pour équilibrer les tendances trop droitières de l’ UMP .

Bockel a failli perdre son poste ministériel, une première fois, en 2008, lorsque, secrétaire d'État chargé de la Coopération et de la Francophonie, il avait annoncé que « la Françafrique, c’était
fini » - revivant la même mésaventure qui avait mis fin, une trentaine d’années plus tôt, à la carrière d’un de ses prédécesseurs, Jean-Pierre Cot, sous la Présidence de François Mitterrand, pour
des propos identiques : la politique de la Françafrique est aussi constante que sa condamnation officielle.

Cet acte fut la première et la dernière manifestation de « gauche » de « la Gauche Moderne » : depuis, celle-ci s’est caractérisée par le soutien inconditionnel et totalement langue de la politique
sarkozyste et de tous ses virages successifs, allant, parfois, jusqu’à déborder l’UMP sur sa droite avec sa proposition de « flat tax »; d’ailleurs, aujourd’hui, Bockel participe aux réunions des
centristes : la « Gauche Moderne » ne peut se laisser déborder sur sa gauche par les centres, "modernes" ou pas !

Dès lors, la présence de Bockel au gouvernement, comme celle des autres « Ministres d’ouverture », perdait toute raison d’être : ils ont confondu solidarité gouvernementale et béni-oui-ouisme, se
gardant bien, à tout moment, de tenter de faire valoir leur sensibilité particulière, d’exprimer publiquement leur révolte contre leur impuissance organisée, au besoin en mettant en jeu leur
démission, à une époque où cette menace aurait pu avoir un certain poids, car elle aurait mis trop tôt en évidence le mythe que constituait cette « ouverture ».

Ils ont ainsi découvert et démontré qu’un gouvernement n’a pas besoin de suivistes inconditionnels qui ne lui apportent rien (c’est là le rôle des militants), que la seule reconnaissance que
pouvait leur valoir cet effacement volontaire était...leur « remerciement » aujourd’hui acté, que la politique n’est qu’un rapport de forces dans lequel on n’existe plus si on renonce à user de la
sienne ; en définitive, c’est leur hantise de perdre leurs portefeuilles ministériels qui leur aura justement valu de les perdre : n’est pas Chevènement qui veut.


Marc d'Here 23/11/2010 11:45



Ton interprétation critique  de l'action et des motivations de LGM, ne peut cacher l'intérêt que tu lui portes (et qui, depuis le début, ne s'est jamais démenti). Je t'en
remercie. 



cellobello 23/11/2010 07:55


"Le sommet de Séoul n'envisageait au mieux que la réforme des dérives financières du système, mais il consacrait, en quelque sorte, son établissement planétaire.

Chez nous, soit dit en passant, la gauche réformiste, résolue à s'adapter au monde tel qu'il est, devrait s'en trouver plutôt confortée"

Nous avons en effet l'avenir devant nous.

Reste à réussir à convaincre...ce qui est une toute autre affaire, dans des univers politiciens claniques et auprès d'électeurs informés par des médias peu soucieux du long terme.

Déjà, de rendre lisible une réalité économique complexe, en raison de ses interactions internationales, sera un exploit en tant que tel.

C'est sur cela que portent vos livres en cours d'élaboration?

Bonne journée.


Marc d'Here 23/11/2010 08:25



On en reparlera plus tard...



Elie Arié 22/11/2010 20:56


Un mensonge ne pouvant être, par définition, que factuel, il devrait être plus facile à réfuter qu'à censurer...On verra bien.


Marc d'Here 22/11/2010 21:04



Je ne les accepte pas sur ce blog et au delà du fait lui-même je n'accepte pas les menteurs!



Elie Arié 22/11/2010 20:21


Sarkozy, la "force tranquille" :

http://tinyurl.com/2c9mfhg


Marc d'Here 22/11/2010 20:49



Je ne publiais plus les "commentaires" d'Elie Arié depuis plusieurs semaines, après qu'il ait eu recours à des arguments mensongers.


Il utilise couramment la mauvaise foi, je m'y fais mais je ne veux pas accepter le mensonge pur et simple. Le cas s'était déjà produit...3 semaines sans commentaires puis je les ai acceptés
à nouveau et il a remis ça.


Provisoirement je lui redonne la parole...Nous aurons donc la joie de bénéficier de ses remarques!