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 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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17 juillet 2011 7 17 /07 /juillet /2011 20:39

 

Claude Imbert, Le Point du 14 7...

 

Dans les délassements de l'été, offrez-vous donc un peu de recul ! Et, d'en haut, vous verrez mieux où vogue la Nation. Où elle nous mène, embarqués que nous sommes dans le grand dérangement planétaire.

Vous conviendrez que notre pessimisme national vient surtout de quitter un monde ancien. Les clips et les "zaps" de la vitesse ont défait le temps d'autrefois et le déménagement a bousculé d'anciens pénates. L'avenir surtout n'est plus caressé de nos certitudes. Nous sommes, ces temps-ci, passagers de l'inconnu.

Il suffit, sans chercher midi à quatorze heures, de constater déjà l'agonie d'une ère où notre Occident tenait sans partage le haut du pavé. En une à deux générations, la globalisation du monde aura jeté, dans un même bain planétaire, les vieux riches que nous sommes et des milliards de pauvres de la fourmilière humaine. Comment y naviguer ? Ce n'est pas la mer à boire. Mais c'est une autre mer.

 

L'Histoire nous a si longtemps protégés qu'on croit sa bienveillance éternelle. Nous jouissons encore du fastueux parcours d'un Occident prince des techniques, maître des énergies mécaniques, électriques, conquérant colonial, alors assuré de détenir dans l'essor économique et démocratique les clés de l'avenir du monde. Chez les pauvres, seul le communisme aura rejeté nos sésames de l'économie de marché et proposé au monde sa voie alternative, avant qu'elle ne tourne à l'impasse chez les deux géants russe et chinois et ne serve partout de repoussoir.

 

Enfin - et nous y voici ! -, la solidarisation accélérée de la planète, loin de récuser nos recettes, les a, au contraire, accaparées. Elle ouvre aux pauvres une voie royale vers l'univers des riches, extirpe de l'absolue détresse des milliards d'hommes, éveille des continents assoupis. Cette globalisation qui nous effraie, les pauvres la chérissent. Dans le grouillement universel des tankers, des conteneurs marchands et d'Internet, leur croissance s'envole quand la nôtre piétine. Déjà, chez les pauvres, l'aspiration démocratique palpite, comme nous l'avions idéalement espéré. Mais, dans les fièvres de cette révolution mondiale, leur naturelle impatience dérange nos sacro-saints privilèges de ci-devants. Les sans-culottes de la planète se prennent à espérer quand nous désespérons.

 

Chez nous, Français, la mondialisation se diabolise de jour en jour. Ses atouts sont lents et mal perçus, ainsi de la baisse des prix des produits de consommation. A l'inverse, ses dommages nous sautent à la gorge : ainsi des fermetures d'usines condamnées par la concurrence. Les consommateurs y gagnent et ne le savent pas tandis que les travailleurs matraqués exhibent leur détresse. Ensuite,"la répartition des gains est inégale : les multinationales en profitent plus que les PME, et les actionnaires plus que les salariés"(1). Là-contre, l'utopie de la "démondialisation" et du protectionnisme national feint d'ignorer les nouvelles réalités des échanges mondiaux. La France, par ses sous-traitants, profite de Boeing comme les Américains d'Airbus. Contrairement à une idée reçue, les exportations françaises ne sont pas prioritairement victimes du dumping social chinois : c'est en Europe que nos ventes diminuent et dans le reste du monde qu'elles progressent.

 

Bref, l'idée d'une fermeture des frontières est aussi irréelle que dévastatrice : que deviendrait notre Nation si la rétorsion inévitable étranglait nos exportations ? Un pays européen, l'Allemagne, a, lui, choisi carrément le grand large : il a, par des réformes drastiques, relevé le défi. Avec ce même euro qui n'est donc pas le pelé, le galeux dont viendrait tout le mal.

La mondialisation n'est certes pas heureuse pour tout le monde. Des régulations "urgent", et d'abord dans la sphère financière. La maîtrise nationale reste nécessaire pour amortir les à-coups. Mais, pour les temps nouveaux, l'adversité, c'est, encore et toujours, le dégoût du travail, l'abus de l'assistance d'Etat. Et le délabrement de l'enseignement.

 

Cette mutation implacable des techniques, des moeurs et des rapports de forces mondiaux, la France l'aborde en gémissant. La Nation souffre des flux incontrôlés d'une immigration globalement fatale dans une Europe à la démographie asthénique. Les trois vieux piliers de la cohésion nationale sont ébranlés : la famille, l'Eglise, l'école. Notre espérance collective, arrimée à l'idée de progrès, s'étiole devant le prophétisme apocalyptique de l'environnement planétaire.

 

Nous vivons, dirait-on, l'épreuve du homard. Pendant sa mue, il perd sa carapace comme notre Nation perd la sienne. Avant d'en retrouver une nouvelle, le homard, craintif, adopte le principe de précaution. Il est anxieux et ridicule. En somme, dans l'état vaguement pathétique du mutant.

 
Claude Imbert

 

 

1. Zaki Laïdi (Le Monde du 30 juin 2011).

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Published by Claude Imbert, Le Point - dans MONDIALISATION
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commentaires

Elie Arié 18/07/2011 13:12


@ cellobello

Il y a longtemps que notre médecine - médicaments innovants , appareillage (il n'existe aucune industrie française d'appareillage médical), publications -est une médecine totalement importée.


Marc d'Here 18/07/2011 16:27



Totalement?



cellobello 18/07/2011 09:51


Commentaires



"L'euro et, au-delà, l'Union affrontent donc désormais leur plus dramatique défi. L'accord franco-allemand vient, une fois encore, d'éviter la catastrophe. Et on ne peut qu'approuver ceux qui,
comme Sarkozy, refusent de jeter l'Europe avec l'eau du bain. Mais la vidange reste à faire. Car l'euro sent le sapin (voir en page 50). Un enfant comprendrait que la vraie solution, politique, est
moins grecque qu'européenne. Sans une refonte de toute la machinerie communautaire, sans une gouvernance économique, l'euro, déjà à vau-l'eau, ira au diable. Et l'Europe avec lui."

Le vrai danger de la campagne électorale c'est l'intox qui fait croire que le protectionnisme protège. Qu'en niant l'existence des autres, qu'ils soient européens ou mondiaux, tous les français
auront du travail (bien payé).
C'est une chance que le Montebourg et Mélanchon prétendent avoir un projet différent du FN. S'ils se regroupaient, nous aurions de quoi nous inquiéter.

Commentaire n°1 posté par cellobello le 06/07/2011 à 05h40


@ cellobello

Un protectionnisme européen sélectif, à l'image de celui que pratiquent les USA ou la Chine, mais basé sur des normes sociales et environnementales, accompagné par la maîtrise de la valeur de l'
Euro par rapport à celles du yuan et du dollar dont leurs Etats fixent unilatéralement leur valeur sans en faire la variable d'ajustement des marchés, est défendu par des économistes bien plus
"experts" que Mélenchon et Montebourg (Maurice Allais,Jorion, Jacques Sapir, etc.).

La fusion des électorats de Montebourg et de Mélenchon se fera: les sympathisants de gauche qui voteront pour Montebourg aux primaires du PS se reporteront, après son échec, sur Mélenchon au
premier tour des présidentielles.

Commentaire n°2 posté par Elie Arié le 06/07/2011 à 13h39


@Elie Arié

"Un protectionnisme européen sélectif, à l'image de celui que pratiquent les USA ou la Chine, mais basé sur des normes sociales et environnementales, accompagné par la maîtrise de la valeur de l'
Euro par rapport à celles du yuan et du dollar dont leurs Etats fixent unilatéralement leur valeur sans en faire la variable d'ajustement des marchés, est défendu par des économistes bien plus
"experts" que Mélenchon et Montebourg (Maurice Allais,Jorion, Jacques Sapir, etc.)"

Pensez-vous vraiment que les promesses de Mélenchon, Montebourg et Le Pen aient quoi que ce soit à voir avec une économie et une politique monétaire maîtrisées ?

Que racontent les trois protagonistes, avec peu de précisions sur le COMMENT faire, et par conséquent peu de variantes dans leurs discours ?
Ils nous promettent de supprimer les délocalisations et de rapatrier les emplois en France. Ce qui implique de supprimer la concurrence, qui vend moins cher. Et d’interdire les ventes sur internet.
Et de rétablir les frontières territoriales en interdisant de les franchir. Façon Corée du Nord.
Dans le même temps, ils mettront au pas les entreprises françaises. En traitant les bénéfices comme de l’argent de poche(le haïssable profit). Sans investissements et sans R&D, choisis par les
entreprises elles-mêmes, les lendemains seront radieux !
Dans le domaine de la médecine, par exemple, ça se passera comment en disant aux populations qu’il ne faut pas faire confiance aux entreprises françaises, qu’il faut les rendre exsangues, mais
qu’il est interdit d’importer des équipements et médicaments étrangers ?

Commentaire n°3 posté par cellobello le 07/07/2011 à 07h45